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Analyse comparée de la méthode ABC et celle des coà»ts complets dite des sections homogènes pour la détermination et la gestion des coà»ts dans une entreprise industrielle. Cas de la SODECO (Société de Déparchage et de Conditionnement )

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par Yvette BWIZIGIRO Gilbert NTAHOKAJA
Université du Burundi - Licence en économie 2009
  

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III.4. Apports de la méthode ABC

L'appréhension des apports de la méthode ABC repose sur quelques questions essentielles. Il s'agit en effet de voir en quoi la méthode se détache des autres méthodes de calcul des coûts (particulièrement des méthodes classiques des coûts complets) et en quoi ces distinctions peuvent apparaître plus pertinentes ou plus adaptées au contexte économique actuel ainsi qu'aux nouvelles préoccupations des entreprises générées par ce contexte.

ABC s'illustre en premier lieu comme un outil de mesure, ainsi nous verrons d'abord ce que cette méthode apparaît apporter dans le calcul des coûts de revient. Mais les apports de la méthode ABC ne semblent pas se limiter à ce niveau.

En effet, au-delà du calcul des coûts, elle offrirait certaines possibilités ayant trait au pilotage de l'entreprise. Ainsi, nous verrons que cette méthode aurait un impact au niveau de l'approche même de l'entreprise et de son pilotage.

1. Apports au niveau du calcul des coûts de revient : vers une grande fiabilité

Comme nous l'avons déjà signalé, la caractéristique majeure de la méthode ABC est de s'intéresser aux activités et non plus aux sections. C'est sur la base de ce principe central que la méthode ABC tend à se distinguer de la méthode des sections homogènes. Aussi un des apports les plus mis en avant dans la littérature traitant de la méthode ABC est-il celui d'un calcul des coûts de revient plus fiable pour l'analyse stratégique et la gestion des coûts à travers la gestion des activités.

Avec la méthode ABC, beaucoup de charges indirectes par rapport au produit deviennent directes par rapport aux activités. Ainsi la méthode permettrait de repérer précisément les ressources consommées surtout pour la partie mal analysée constituée des activités de support. Ceci est d'autant plus important que, comme nous le précisions, les activités de support sont aujourd'hui prédominantes dans les processus de production.

Dans la comptabilité par activités, la majeure partie des coûts, y compris indirects, sont analysés et leurs facteurs de variabilité sont identifiés.

A chaque produit est attachée une nomenclature d'activités qui décrit la manière dont le produit consomme les activités et sert de calcul du coût de revient du produit.

En effet, la méthode ABC utilise des inducteurs d'activités (ou unités d'oeuvre) pour répartir le coût des activités entre les produits. Or, ces unités d'oeuvre ne sont pas uniquement liées proportionnellement aux quantités de charges directes consommées ou aux volumes fabriqués (nombre d'heures de main-d'oeuvre directe ou d'heure-machine).

Ainsi, l'apport de la méthode consiste à différencier les prestations nécessaires et à en mesurer l'impact sur les coûts. Il deviendrait alors plus aisé de distinguer les activités à valeur ajoutée et celles sans valeur ajoutée.

2. Contribution de l'ABC au pilotage de l'entreprise

Dès lors que nous avons montré que le calcul des coûts par le biais de la méthode ABC semble s'avérer plus approprié aux caractéristiques actuelles de la production (avec une large part de charges indirectes), les apports de cette méthode apparaissent dépasser le seul champ du calcul et toucher davantage aux possibilités de diagnostic et plus loin de pilotage. 

En effet, sur la base de ce qui a été évoqué précédemment, la méthode ABC semble s'illustrer comme un outil permettant un meilleur diagnostic des causes à l'origine des coûts. Notons que « ceci peut-être très utile notamment en conception ».

En identifiant les activités responsables des coûts majeurs dès cette phase, il est possible d'orienter les efforts pour baisser le coût global du produit. P. LORINO19(*) explique, en effet, que l'optimisation économique d'un produit ne peut être efficacement appréhendée que sur la totalité de son cycle de vie et en s'intéressant notamment aux choix de conception.

L'analyse par activités fournit des références et un langage commun à toutes les phases du cycle, pilotées de manière intégrée. Elle ne se concentre pas uniquement sur le contrôle des phases opérationnelles aval, mais tend à prendre en compte le fait que la majeure partie des coûts du cycle de vie est prédéterminée par les choix de conception. Elle vise, par ailleurs à analyser les phases transitoires du cycle (introduction du produit, fin de vie) qui tendent à peser de plus en plus lourd.

Tout cela apparaît donc concourir à de plus grandes possibilités d'amélioration du rendement financier du produit.

En effet, cette approche conduirait à une meilleure appréhension de la création de la valeur20(*).

3. Apports de l'ABC : vers une nouvelle approche de l'entreprise

Au-delà de ces différents apports supposés, la méthode véhiculerait selon un certain nombre d'auteurs comme P.L Bescos et C.Mendoza, une nouvelle approche de l'entreprise. Cette conception sous-tendrait d'ailleurs la plupart des apports mis en avant.

La méthode ABC permettrait d'avoir une vision plus globale de l'entreprise par la mise en évidence des processus dans lesquels plusieurs activités sont impliquées. Elle conduirait, en effet, à une vision moins parcellaire. La prise de conscience des interdépendances permettant de cerner le rôle de chaque activité dans la chaîne de valeur. Ainsi, l'accent est très souvent mis sur le terme de processus.

Aussi, selon P. L. BESCOS21(*) « la réussite d'une stratégie donnée passe de plus en plus par une approche transfonctionnelle de l'organisation ».

L'auteur souligne, en effet, que les interdépendances se multiplient à l'intérieur de l'entreprise ; alors la maîtrise de ces dernières devient un facteur clé de succès essentiel. Il s'agit donc de rompre avec la logique de découpage par fonction et de percevoir l'entreprise comme traversée par « différents processus dont la maîtrise exige une action coordonnée de toutes les fonctions concernées ». L'amélioration des processus reposerait donc sur un diagnostic des causes de performance ou contre-performance d'une activité tenant compte de l'interdépendance entre les différentes activités.

Notons également que l'appréhension de l'entreprise proposée par la méthode ABC serait susceptible de favoriser une approche plus dynamique de la prise de décision.

L'analyse de l'entreprise comme un système structuré en activité permettrait d'identifier les niveaux de décision où une action peut être conduite. On se situe alors dans le champ du management de l'entreprise.

Ainsi, la méthode ABC et, plus particulièrement, la notion d'activité permettrait de rapprocher les principes de calcul des coûts des principes de management.

Ainsi, après avoir recensé les différents apports supposés de la méthode ABC, nous devons maintenant rendre compte des principales limites émises au sujet de cette même méthode.

Les principales limites de la méthode ABC

Malgré la pertinence de la méthode ABC dans l'estimation et la maîtrise des coûts de revient par rapport à la méthode des sections homogènes, cette méthode ne manque pas des critiques :

Ø La principale limite consiste dans le choix entre la précision de l'analyse qui suppose un grand nombre d'activités liées dans un système d'une complexité telle qu'il devient impossible à gérer et la concentration des activités qui suppose une perte d'homogénéité et donc un subventionnement entre produit.

Ø Le coût d'obtention des données : la méthode ABC nécessite de réaliser des relevés au coeur même des processus à chaque fois que l'on souhaite une analyse des coûts réels. Le coût de mise en oeuvre doit pouvoir être absorbé par les gains réalisés.

Ø Alors que la méthode ABC est une méthode très pertinente dans le calcul des coûts, ceci ne sera pas le cas pour la SODECO. En effet, nous avons déjà vu que la mise en oeuvre de la méthode ABC peut être complexe et par là chère en temps et en argent. Cette mise en oeuvre demandera beaucoup de moyens à la SODECO sans qu'elle lui apporte un calcul des coûts de revient plus fiable. C'est pourquoi on a nié l'argument qui stipule qu'un des apports les plus mis en avant dans la littérature traitant de la méthode ABC est celui d'un calcul des coûts de revient fiables pour l'analyse stratégique.

Choix de la méthode

Les analyses que nous venons de faire nous montrent que chacune de deux méthodes présente des apports et limites à la fois et chacune de sa manière. Elles constituent deux analyses différentes d'une même technique.

Chaque méthode répond à un objectif propre. Si la méthode des sections homogènes a pour objectif principal la détermination des coûts de revient du produit de l'entreprise, celle de la méthode ABC est tournée vers une analyse des activités.

Aussi la méthode des sections homogènes consiste à répondre à la question « Où les coûts sont-ils engagés » alors que la méthode ABC vise à répondre à la question « Pourquoi les coûts ont-ils été engagés ? ».

Mais avant de connaître pourquoi les coûts sont engagés, il faut connaître au préalable les coûts.

Ainsi, nous choisissons pour la SODECO, la méthode des sections homogènes car :

- La SODECO est une entreprise qui n'emploie pas une C.A.E. alors qu'elle a besoin, dans son souci premier de connaître le coût de revient de produit fabriqué. Et cette méthode est moins chère par rapport à la méthode ABC.

La méthode ABC pourra être utilisée de façon progressive et avec expérience sur certains éléments, comme l'accroissement des charges indirectes, la variation des activités, etc.

* 19 P. LORINO, Op.Cit p75

* 20 P. LORINO, Op.Cit., p.84

* 21 P. L. BESCOS, Op.Cit

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