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La promotion du dialogue social et la réussite de l'oeuvre éducative dans les établissements secondaires

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par Stéphane BALO
Institut Supérieur de Management de Koudougou - Master en Management et Gestion des Ressources Humaines 2014
  

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III-5-3 Les voies de la régulation sociale

La théorie de la régulation sociale est une théorie développée par le sociologue français REYNAUD J.D. depuis les années 1970. Elle met la négociation et les règles au centre des rapports sociaux. Présenter la théorie de la régulation sociale revient à rappeler son objet qui est l'étude de l'action et de ce qui la contraint : elle privilégie l'individu agissant qui prend des décisions sociales. Pour REYNAUD J.D. (1999, p. 233) « l'action sociale est une interaction réglée et finalisée » et ce sont ces interactions réglées qui forment le système. L'étude de l'action sociale est alors celle de l'interaction de sujets qui définissent collectivement son orientation, élabore le sens qui leur convient dans le cadre de rapports de pouvoir qui distribue l'initiative de manière inégale. Dans notre cas, les interactions entre les professeurs et leur administration déterminent l'orientation qu'ils se donnent quant à leur mission qui est d'éduquer les élèves qui leur sont confiés.

Pour REYNAUD J.D., le syndicat n'est pas extérieur, mais bien au coeur de l'entreprise dans laquelle il contribue de manière endogène à la production normative : la négociation ne vise pas à déstabiliser l'entreprise, mais à faire de l'opposition entre employeurs et syndicats une opportunité pour qu'ils définissent ensemble des règles communes et légitimes, sans intervention extérieure. Alors, la présence des syndicats comme le SNESS, le SYNTER et le SYNAPAGER ne doit pas être perçue par l'administration scolaire comme une menace, une déstabilisation de leurs stratégies administratives. Elle signifie juste une recherche de meilleures conditions de travail afin d'améliorer les résultats scolaires des élèves. Pour REYNAUD J.D., la négociation professionnelle ne fixe pas seulement un salaire ou une indemnité, mais elle invente des règles pour les fixer et en même temps, ces règles conditionnent les interactions entre les protagonistes.

Cette situation permet d'entrer dans le champ de négociation en transformant un employé en un représentant capable de négocier avec l'employeur sur l'aménagement du temps de travail alors même qu'il n'est pas syndiqué. Curieusement, avec ce type d'acteur peu expérimenté, ces accords locaux sont bien plus favorables que les accords conclus lorsque les organisations

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syndicales sont présentes, ce qui témoigne de l'importance des « régulations intermédiaires » dans la construction d'un ordre social légitime. Dans les lycées, il y a le délégué du personnel qui est élu par tous ceux qui y travaillent. Il agit sans bord syndical (dans le principe) et représente le personnel à des concertations ou aux instances officielles avec l'administration scolaire. Ce changement de paradigme le conduit à partir de l'action sociale. Dans ce cas, par des actions concrètes et planifiées avec les autres travailleurs, il régule le système et contribue à construire des normes et des valeurs. Et REYNAUD J.D. (1999, p. 112) ajoute : « pour faire image, le paradigme de la régulation sociale n'est pas à chercher dans la secte religieuse, mais dans la convention collective de travail ». La théorie de la régulation sociale se fonde sur le paradigme de l'acteur social irréductible, dont la caractéristique majeure est son autonomie, c'est-à-dire sa capacité de construire des règles sociales et d'y consentir.

En somme, la notion de régulation sociale permet d'expliquer la manière dont les individus réagissent à des contraintes, interprètent la situation, inventent des cadres cognitifs pour trouver le sens, se mobilisent et s'affrontent sur des jugements à propos de l'efficacité de tel ou tel mode d'organisation. On s'écarte de tout déterminisme ou disposition : l'accent est mis sur ce « fait social » qu'est l'action et non sur une suite d'évènements dont il suffirait de retrouver les enchaînements pour comprendre leurs relations avec l'action

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard