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En quoi le comportement d'un parieur influence-t-il sa réussite ?


par Clément Battistini
Sports Management School - Bachelor 2014
  

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3.3) Enseignements issus des résultats et préconisations

Comme mentionné au chapitre 1.3.2, nous avons listé les diverses variables susceptibles d'affecter l'issue d'une rencontre et, par voie de conséquence, d'influencer les décisions d'un parieur-type. De l'analyse de ces variables, nous avons tirés 11 hypothèses s'appuyant sur les différences comportementales que pouvait présenter un parieur avant d'effectuer un pari. Dans le but de vérifier la validité de ces hypothèses, nous avons affecté à chacune d'entre elles une question simple et, via un formulaire de type QCM, les avons posées à un panel de parieurs. Les réponses des joueurs interrogés ont permis d'établir le profil du joueur français lambda et de brosser son mode de fonctionnement lors de l'élaboration d'un pari.

Le parieur actuel est très majoritairement un homme ; il est plutôt jeune et il joue depuis quelques années ; il s'intéresse peu de savoir s'il est gagnant ou perdant sur l'ensemble des paris qu'il effectue (aucun n'a pu donner la valeur de son ROI% avant qu'on ne le calcule) ; il s'estime avoir un niveau de connaissances sportives plutôt correct et joue en majorité moins de 3 matchs par pari ; il mise sur plusieurs disciplines sportives et prépare systématiquement ses paris ; il est sensible à tout ou partie des informations sportives à sa disposition et son outil de prédilection pour glaner lesdites informations est Internet ; il préfère se fier à la cote plutôt qu'à la probabilité qu'elle induit et il se définit comme un joueur d'instinct plus que calculateur.

Rappelons que la taille de l'échantillon sondé a été calculée sur la base d'un taux de confiance de 95 % et que les résultats présentés sont affectés d'une marge d'erreur de 5 %.

Afin d'éviter tout risque d'erreur dans la recopie des réponses, le questionnaire a été présenté sur l'écran du PC portable utilisé pour se connecter au site et calculer le ROI% des sondés. Les réponses ont ainsi été cochées directement dans le logiciel d'enquête et d'analyse de données.

Les résultats obtenus ne sont pas exactement ceux que l'on s'attendait à avoir. En effet, sur les 11 hypothèses bâties d'après l'analyse des paramètres précités, cinq seulement se sont avérées.

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Nous allons passer en revue les hypothèses qui ont été confirmées par les résultats de l'enquête et, de la même manière, nous allons résumer les hypothèses « réputées )) vraies mais qui ont été infirmées par le sondage.

La première variable qui est confirmée concerne le lien étroit qu'il existe entre la réussite d'un pari et l'étendue des connaissances sportives du parieur. Il semblait assez logique de penser qu'un parieur qui mise sur l'équipe qu'il affectionne et/ou supporte sans connaître les spécificités de la compétition concernée (championnat de France, Ligue 1, Coupe d'Europe ou Ligue des champions) ni des contraintes du moment (suspension, blessures, météo, etc.) a moins de chances de faire des paris gagnants qu'un joueur bien informé. Le résultat ne laisse aucune ambiguïté et seuls les spécialistes s'avèrent avoir un ROI % moyen positif.

La seconde hypothèse vérifiée concerne le nombre de matches misés par pari. D'un point de vue purement mathématiquement, plus ce nombre est grand, plus le risque est élevé. Bien évidemment, il existe des stratégies personnelles mais les résultats sont sans équivoques.

Le troisième paramètre pressenti à juste titre comme influençant la réussite du parieur est la nature de l'information qu'il privilégie. Certaines informations ont un impact très relatif sur l'issue du match alors que d'autres sont visiblement capitales pour gagner ses paris. L'hypothèse suivante corrobore celle-ci puisque les résultats montrent que ne pas attacher d'importance à ces informations en général a un impact délétère sur la réussite du parieur.

La cinquième et dernière hypothèse validée relève, elle aussi, des mathématiques. Les parieurs ne se souciant pas des cotes ni de vérifier s'il y a « value bet )) gagnent moins que ceux y veillant.

Parmi les 6 hypothèses infirmées par les résultats de l'enquête, l'ancienneté du parieur n'affecte pas positivement ses performances alors que l'on aurait pu croire que plus on joue depuis longtemps, meilleure est notre prédiction. Le pari reste une pratique incertaine.

Le fait de miser sur de nombreux sports laissait imaginer une augmentation du risque et donc une réduction de la réussite du parieur. En pratique, il n'y a pas d'effet notable. Les parieurs

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trouvent sur Internet toutes les informations nécessaires pour devenir des spécialistes dans plusieurs disciplines. Ne pas avoir d'impact sur la réussite sous-tend que les bons parieurs sont bons dans plusieurs sports et les parieurs médiocres restent médiocres dans plusieurs sports.

De la même manière, une plus grande fréquence d'analyse des informations pouvait laisser présager une amélioration de la réussite or il n'y a pas d'effet notable. Cette donnée montre qu'il n'est pas suffisant de rechercher des informations, il faut savoir en tirer la quintessence.

L'hypothèse suivante infirmée concerne l'origine des informations sportives. Si les sites d'actualités sportives semblent bien un peu plus porteurs que les autres sources, la différence n'est pas notable en termes d'incidence sur la réussite du parieur, c'est-à-dire sur son ROI %.

La dernière hypothèse qui ne s'est pas vérifiée concerne le type du parieur : réfléchi ou intuitif. Le parieur « réfléchi » a bien une réussite légèrement meilleure que le parieur « immédiat » mais pas suffisamment pour permettre de valider l'hypothèse associée.

Nous clôturerons ce paragraphe par des préconisations destinées à aider les parieurs à améliorer leur réussite. Pour ce faire, nous allons dresser le portrait du parieur « modèle ». Le parieur modèle possède d'excellentes connaissances sportives ; il ne mise jamais sur plus de 2 matches par pari ; il attache de l'importance à toutes les informations sportives et prioritairement au jeu à domicile, à la fatigue du moment et l'enjeu de la partie.

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