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Evaluation des dégàąts causés par l'exploitation forestières sur les tiges d'Avevir: cas de l'ufa 10 060 de la SCTB, est Cameroun


par Lionel Constantin FOSSO
Université de Dschang, FASA - Ingénieur des Eaux, Forêts et Chasses/Master II Professionel 0000
  

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2.2.3.5 Parcs à bois en forêt

La construction du parc à bois s'entreprend habituellement en même temps que celle de la piste de débardage principale. Afin de réduire la surface dégagée pour l'infrastructure, il faut veiller à limiter au minimum le nombre de parcs ouverts (FAO, 2003a). Cette dernière relève une variation de la superficie moyenne des parcs à bois sur les chantiers entre 600 et 1200 m² et recommande que la superficie des parcs ne dépasse pas 1000 m².

Dans le cadre du projet API Dimako, Mbolo (1994) et Jardin (1995) ont mené des études en forêt secondaire de type semi-caducifoliée et en forêt primaire sempervirente respectivement dans la zone expérimentale du projet API sur le site des anciens permis de la SFID et dans la licence 1804 de la SFID au Sud de Mbang. L'étude de Jardin s'est opérée dans une poche d'exploitation de 586,9 ha. Les dégâts en surface sur la route, le parc, les pistes de débardage et les places d'abattage sont présentés dans le tableau 2.

Tableau 2: Récapitulatif des dégâts en surface

Forêt secondaire semi-caducifoliée

Forêt primaire sempervirente

Routes II et parcs

1,03

1,65

Pistes de débardage

3,75

2,3

Sites d'abattage

0,89

1,57

Total

5,67

5,52

Source : Jardin (1995).

De ces études, il ressort que :

· Les dégâts en surface totalisent 32,4 ha soit 5,52% de la surface étudiée en forêt primaire. Ce chiffre est similaire à celui obtenu par Mbolo (5,67%) mais pour un prélèvement à l'hectare un tiers plus faible en nombre de tiges et 1,2 fois plus fort en volume.

· Le débardage apparait comme la cause de dégât la plus importante.

· Les places d'abattage sont beaucoup plus grandes en forêt primaire sempervirente (524 m2 contre 180 m2) car les arbres exploités sont d'un volume unitaire beaucoup plus fort (20 m3 au lieu de 12 m3) et sont constitués pour une bonne part des émergents de la forêt présentant un large houppier.

Mbolo a évalué les dégâts sur le peuplement et sur la surface terrière. Les résultats sont présentés dans le tableau 3.

Tableau 3 : Impact de l'exploitation de 6,08 m3/ha de bois d'oeuvre sur le peuplement

Opération

N

N/ha

N/pied

VR(%)

ST(m2)

ST/ha

ST/pied

VR(%)

Route secondaire

240

1,71

3,48

11,78

21,33

0,15

0,31

10,37

Parcs

141

1,01

2,04

6,92

17,8

0,13

0,26

8,66

Piste de débardage

1020

7,29

14,78

50,04

91,25

0,65

1,32

44,38

Abattage

637

4,55

9,23

31,26

75,22

0,54

1,09

36,59

Total

2038

14,6

29,54

100

205,6

1,47

2,98

100

Source : Mbolo (1994).

N = Nombre de tiges ; N/ha = Nombre de tiges par hectare ; VR = Valeur relative ; ST = Surface terrière ; ST/ha = Surface terrière par hectare.

De cette étude il ressort que :

· Le débardage et l'abattage sont les opérations les plus dangereuses de l'exploitation, représentant à elles seule 81,30% de dégâts en nombre de tiges et 80,97% de dégâts en surface terrière.

· Pour 140 ha, on a au total 16.660 tiges de DHP supérieur ou égal à 20 cm.

· Dans la parcelle d'étude, il y'a eu 1124 tiges de plus de 20 cm de DHP abimées et perdues. Ainsi 6,75% de ces tiges ont été endommagées dont 3,83% d'abimées et 2,92% de perdues. Ces 1124 tiges représentant une surface terrière de 190,70 m2, soit 1.36 m/ha.

· La classe de diamètre 15 cm est la plus affectée par les dégâts et représente à elle seule 44,85 % des tiges et 7,25% en surface terrière cela peut s'expliquer par le fait qu'elle est aussi la classe de diamètre la plus représentée en nombre de tiges et que les petits arbres sont plus fragiles à la destruction que les gros.

· La répartition en valeur relative du nombre total de tiges abimées et perdues est de 5,25% d'essences principales, 7,36% d'essences complémentaires et 87,39% d'autres essences.

Kwopi (2000) a mené une étude sur l'évaluation des dégâts d'exploitation dans le cadre du projet So'o Lala. Ce projet d'une superficie de 39.728 ha couvre les arrondissements d'Akonolinga et de Bengbis dans les régions du Centre et du Sud-Cameroun. Cette étude s'est effectuée sur une surface de 1688 ha avec un taux de prélèvement de 0,518 arbre/ha et 4,73 m3/ha. L'estimation des dégâts sous forme de surface détruite et d'arbre endommagés est présentée pour chaque opération d'exploitation dans le tableau 4.

Tableau 4: Impact sur le sol de l'exploitation de 4,738 m3/ha de bois d'oeuvre

Opération

L /ha

S /ha

VR

SP(%)

N

N/ha

VR(%)

Route secondaire

7,27

104,68

14,78

1,04

1980

1,173

39,74

Parcs

 

81,46

11,52

0,8

2305

1,366

40,06

Pistes de débardage

65,1

401,17

56,8

4,01

8510

5,041

10,87

Abattage

 

119,32

16,87

1,19

8442

4,88

9,32

Total

72,4

706,63

99,97

7,04

21237

12,46

100

Source : Kwopi (2000).

L = longueur S= superficie ; VR= valeur relative ; SP= superficie perturbée ; N= nombre de tiges

De cette étude, il ressort que :

· Avec une récolte de 4,73 m3/ha, 7,04 % de la surface est perturbée et 8,63% des tiges ont été endommagées.

· Le débardage et l'abattage sont les opérations les plus préjudiciables de l'exploitation représentant à elles seules 79,38% de dégâts en nombre de tiges et 80,64% de dégâts en surface terrière.

· Le débardage est l'opération la plus préjudiciable au sol de l'exploitation avec 56,8% de responsabilité et que l'abattage et la route secondaire perturbent le sol avec presque la même ampleur.

· La surface perturbée lors de l'abattage est en réalité moindre car certaines trouées d'abattage sont superposées entre elles ou avec les pistes de débardage.

· Les dégâts graves au niveau du peuplement résiduel affectent essentiellement les petits diamètres. La classe de diamètre 15 cm représente à elle seule 36,32% de dégâts en nombre de tiges.

Outouochiwouo (2010) a mené une étude dans l'UFA 10 025 (AAC 1-5) de la SFIL située dans la région de l'Est du Cameroun. Un récapitulatif des zones perturbées par les différentes activités d'exploitation forestière et leur pourcentage par rapport à la superficie exploitée (240 ha) est présenté dans le tableau 5.

Tableau 5 : Récapitulatif des zones perturbées.

Site perturbé

Surface perturbée (m2)

Pourcentage

Route principale

18 662

0,78%

Route secondaire

28 411,5

1,90%

Parc à grumes forêt

6 037,60

0,25%

Trouée d'abattage

54 293,4

2,26%

Piste de débardage

100 490

4,20%

Total

207 894,50

9,39%

Source : Outouochiwouo (2010).

De cette étude, il ressort que :

· L'exploitation de l'AAC 1-5 a occasionné une perturbation de la surface de la forêt de l'ordre de 207 894,5 m2, soit 20,8 ha représentant 9,39 % de la surface exploitée.

· Les pistes de débardage occupent près de la moitié (48 %) de la surface perturbée dans l'AAC 1-5 par l'exploitation forestière. Elles sont suivies par les trouées d'abattage avec 26%.

· Le sol est décapé et est soumis à une forte compaction par le passage des engins et véhicules qui assurent le transport des produits alors qu'au niveau des pistes de débardage et les trouées d'abattage, le sol n'est pas entièrement mis à nu.

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