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La francophonie et la prévention des conflits post électoraux en Afrique:cas de la Côte -d'Ivoire

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par Stéphane Aloys MBONO
Université de Lyon 3 - Master  2011
  

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Paragraphe 2 : La Francophonie, un acteur subsidiaire de prévention des conflits post électoraux

La Francophonie, a joué un rôle minimal ou minimum dans la prévention du conflit armé post électoral ivoirien de 2010. De par sa prestation dans ce pays, on peut convenir qu'elle n'était pas au coeur de la situation qui a prévalu, qu'elle était en retrait. C'est ce qui peut être retenu du caractère subsidiaire de son action en tant qu'acteur de prévention des conflits que lui reconnait pourtant sa charte. Cette subsidiarité peut se voir à travers son rôle d'appui(A), mais aussi par rapport au rôle de relais joué par elle(B).

A- Le rôle d'appui joué par la Francophonie

Quels que soient les objectifs poursuivis : la paix, la coopération multilatérale ou le développement justifiés par le partage de la langue française, la Francophonie ne conçoit son action que sur le mode de l'aide et tous ses synonymes (assistance, collaboration, concours, coopération, secours, soutien). Eux tous laissent entrevoir son rôle d'appui, de renfort, de réserve80(*) . La spécificité de la Francophonie se marque dans le rôle « subsidiaire »81(*) qu'elle accepte de jouer : « L'humilité et le réalisme nous obligent à admettre que la Francophonie ne peut être sur tous les fronts, et qu'elle est d'abord là pour faire ce que d'autres ne feront jamais à sa place »82(*). Son rôle demeure donc « accessoire ». Lorsque surgissent des situations de crise - comme celle qu'a connue la Côte d'Ivoire - il appartient à la Francophonie, selon les mots de son Secrétaire général, d'apporter son concours à toute initiative politique83(*): «D'une façon générale, la Francophonie joue toujours un rôle dans la mesure où il n'y a pas de médiateur. Il s'agit d'éviter que, en plus d'un conflit entre protagonistes, il n'en existe un entre médiateurs »84(*). Dès lors, lorsque d'autres médiateurs sont présents, soit la Francophonie collabore avec eux, soit elle se retire car elle a pour principe, afin d'éviter les incohérences, de laisser agir l'Organisation régionale compétente comme cela a été le cas en Côte d'Ivoire avec la CEDEAO, l'UA , voire même l'ONU qui ont toutes reçues l' appui nécessaire de la Mission d'information et de contacts dépêchée par Abdou Diouf. Ce rôle d'appui ne se limite pas qu'aux initiatives des Organisations, elle s'étend aussi aux actions étatiques, comme on a pu l'observer avec les rencontres visant à soutenir et appuyer les actions d'acteurs étatiques qui se sont investis dans la crise ivoirienne. Il est question ici de parler de la rencontre qui a eu lieu entre la délégation de la Francophonie et le Représentant spécial du Facilitateur qui est le Président du Burkina, Faso Blaise Compaoré85(*) le 26 novembre 2010. Il est aussi important de souligner l'appui aux actions entreprises par la France à travers son unité militaire(la Force Licorne) présente sur le sol ivoirien qui a participé à la mise en place de la résolution du Conseil de sécurité appelant à une opération visant le départ du candidat reconnu perdant à l'élection. La Francophonie, par rapport à la faible mobilisation qu'on a pu noter de sa part, était condamnée à ne jouer qu'un rôle d'appui. Ceci étant rendu nécessaire par le fait que la plupart des Organisations présentes se sont fait voir tout au long de l'évolution de la crise ivoirienne jusqu'à l'aboutissement que constituait l'organisation des élections présidentielles qui nous concerne. Que ce soient l'ONU, l'UA, la CEDEAO, le Burkina Faso, l'Afrique du Sud, le Ghana, la France, tous ont été présents de manière significative dans l'évolution de la crise déclenchée au lendemain du décès du Président Félix Houphouët-Boigny en 199386(*). Celle-ci prend naissance après le décès du « vieux »87(*) et connait un regain de tension avec la notion d' « ivoirité »,puis se cristallise avec la division du pays en deux zones contrôlée par deux forces militaires88(*) à l'issue du coup d'état manqué du 19 septembre2002.La Francophonie a certes intervenu lors de la signature des accords d'ACCRA II le 07 mars 2003 ,mais il n'en demeure pas moins qu'elle n'a pas brillé par sa participation à toutes les négociations au sujet de ce pays, même la dernière89(*) ayant permis de mettre en place les éléments nécessaires pour que l'on puisse aboutir à cette élection de sortie de crise90(*).In fine ,la Francophonie s'est résolue à jouer un rôle d'appui en ceci qu'elle s'est contentée de soutenir les actions des autres acteurs en présence qui oeuvraient pour un bon déroulement du processus électoral, gage d'une période post électorale dépourvue de conflit éventuel.

* 80 Voir l'article 1 de la Charte de la Francophonie adoptée le 23novembre2005 à Antananarivo.

* 81 Massart- Pierard (Françoise) « La Francophonie, un nouvel intervenant sur la scène internationale » revue internationale de politique comparée vol 14 numéro1 PP63-94.

* 82 OIF, Rapport du Secrétaire Général de la Francophonie 2004-2006

* 83 ibid

* 84 BOUTROS-GHALI B., « Boutros Ghali », Interview, Le Vif/L'Express, 18 octobre 2002, p. 73.

* 85 Rapport Mission d'information et de contacts op.cit P.27.

* 86 Bon nombre de spécialistes s'accordent à dire que la vraie source du conflit ivoirien provient de la longévité d'Houphouët Boigny (1961-1993) au pouvoir qui n'a pas pu léguer un héritage de paix durable à ses successeurs qui ont plutôt prospéré dans la haine et l'exclusion.

* 87 Ainsi était appelé de façon affectueuse le Président Félix Houphouët-Boigny.

* 88 Il s'agit notamment des Forces Armées Nationales de Cote d'Ivoire (FANCI) loyales au pouvoir en place, et des Forces Nouvelles(FN) qui contrôlent les zones du nord, de l'ouest et du centre.

* 89 Allusion est faite ici à l'Accord de Ouagadougou de 2007 ainsi qu'aux accords complémentaires jetant les bases d'une élection avec un minimum de consensus entre les acteurs.

* 90 En effet, les différents protagonistes du conflit ivoirien ont convenu que les élections constituaient la meilleure manière de sortir de la crise qui perdure dans ce pays depuis près d'une décennie, ceci passant bien entendu par un ensemble d'autres mesures viables comme le désarmement des rebelles entre autres afin de revenir à la normalité politique.

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