WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

à‰valuation de la valeur nutritionnelle des aliments sauvages traditionnels consommés par les différentes communautés rurales de la province du sud-Kivu en RDC : cas des Bashi, Barega et Bafuliro.

( Télécharger le fichier original )
par Justin OMBENI
Institut supérieur des techniques médicales de Bukavu - Licence en nutrition et diététique 2014
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2.7. Etat de lieux des PFNL en RDCongo

Ce n'est que ces dernières années que des études systématiques sont faites sur l'utilisation des PFNL, notamment en étudiant les filières et en procédant aux inventaires des PFNL des diverses régions de la RD Congo.

Bien qu'embryonnaire, plusieurs études ont montré que de nombreux produits forestiers non ligneux sont couramment utilisés ou ont une valeur reconnue. Certains sont exploités de façon très intensive, d'autres moins. L'intensité de l'exploitation est fonction de la demande domestique et/ou commerciale du produit (Toirambe 2005).

Dans ce point, il sera question de donner des principaux PFNL qui jouent un rôle capital et visible dans l'amélioration des conditions de vie des populations qui les exploitent et/ou qui les commercialisent. Ainsi, rappelons que les PFNL présentés ici font l'objet d'une compilation des informations de la littérature et des enquêtes ponctuelles réalisées auprès de différents acteurs du secteur PFNL. On trouvera ci-dessous, les différents PFNL regroupés en trois catégories signalés plus haut : les PFNL d'origine végétale, les PFNL d'origine animale et les PFNL fongiques.

2.7.1. Aliments sauvages traditionnels (AST) d'origine végétale

Dans cette catégorie, on distingue :

(i) AST végétaux comestibles

La vie des ménages dans les villages et dans les villes est soutenue par une mosaïque de plantes et de cultures destinées à la consommation. Plus de 100 espèces de produits végétaux non ligneux destinées à l'alimentation humaine sont connus. Dans son étude sur le « Renforcement de la sécurité alimentaire en Afrique Centrale à travers la gestion et l'utilisation durable des produits forestiers non ligneux, Toirambe (2005) a montré que 21 espèces présentent une importance au niveau national et 45 espèces au niveau local ou provincial.

L'usage relatif aux organes végétaux montre que les fruits (45% d'organes comestibles) sont couramment recherchés et consommés par la population congolaise, suivis des feuilles (38%) qui sont préparées comme légumes.

Les tubercules ou rhizomes (11%) sont consommés comme aliment de base ou d'appoint et les autres organes, notamment les écorces (2%) et les petits morceaux de bois (1%) sont traditionnellement utilisés comme condiments ou en assaisonnement.

Il sied de signaler que deux à trois organes de certaines espèces sont consommés, cas de : Afrostyrax lepidophyllus ( Huaceae)avec trois organes (écorce, morceau de bois et graines), Hua gabonii (Huaceae)avec trois organes (écorce, morceau de bois et graines), Aframomum laurentii ( Zingibéracées)avec deux organes (fruits et nectar), Capsicum frutescens ( Solanaceae)avec deux organes (feuilles et fruits), Cucurbita maxima ( Cucurbitaceae)avec deux organes (feuilles et graines), Elaeis guineensis avec deux organes (bourgeon et noix), Scorodophleus zenkeri avec deux organes (écorce et fruits), Impatiens masisiensis (Balsaminaceae)avec deux organes (feuilles et fruits), Lasimorpha senegalensis avec deux organes jeunes feuilles et rhizomes), Lagenaria sphaerica ( Cucurbitacées)avec deux organes (feuilles et graines), Lagenaria siceraria (Cucurbitaceae)avec deux organes (feuilles et graines), Raphia sesse ( Arecaceae)avec deux organes (bourgeon et fruits), Solanum aethiopicum ( Solanaceae)avec deux organes (feuilles et fruits), Tristemma incompletum (Melastomataceae)avec deux organes (feuilles et fruits), Xanthosoma qagittifolium avec deux organes (feuilles et tubercules).

L'étude de Biloso (2008), sur de la valorisation des AST des Plateaux de Batéké en RDC montre que 169 espèces de PFNL appartenant à 65 familles des plantes sont valorisées. Les PFNL végétaux comestibles sont les plus exploités dans la zone d'étude. Il s'agit de Pteridium sp, du vin indigène (de palmier à huile et de raphia), de Dioscorea praehensilis, de Talinum triangulare et du rotin. La consommation du Pteridium sp. par le ménage, son prix de vente, sa disponibilité dans les écosystèmes, la distance à parcourir par rapport aux lieux de prélèvement, le statut matrimonial du chef de ménage, la distance par rapport au marché et l'appartenance à une structure locale sont des facteurs explicatifs déterminants dans le choix de l'exploitation ce AST qu'est le Pteridium sp. (Biloso 2008). Les ignames sauvages, différentes espèces d'Afromomum sont bien originaires de la forêt dense humide africaine (Hladik et al. 1997). Comme en en Afrique de l'ouest, les ignames cultivées constituent la nourriture de base de certaines communautés pour lesquelles Miège (1954, cité par Hladik, 1997) et Coursey (1972 in Hladik 1997) ont évoqué l'idée d'une «civilisation de l'igname» (expression).

Les feuilles de Megaphrynium macrostachyumsont utilisées par les populations des villages de Botsima, Bekumankake et Besoi situés en bordure Nord-Est du Parc National de la SALONGA, pour la préparation de la Chikwangue. En plus des légumes cultivés (feuilles de manioc, de patates douces ou d'amarante) les enfants vont parfois ramasser dans la forêt des feuilles sauvages qui se développent en abondance à certaines périodes de l'année (Dhetcum et Lejoly 1997): Awono et al. (2008) dans son enquête sur les PFNL, indique que Dacryodes edulisest un des PFNL les plus appréciés sur le plan alimentaire. Il se retrouve dans toutes les régions de la RDC.

L'enquête a encore montré la préférence du Dacryodes edulis comme aliment : il représente un poids de 31,44%, suivi par les champignons (18,20%), les chenilles (12,99%) et le fumbwa (Gnetum) (11,43%). L'importance du Dacryodes edulis en termes d'aliment dans les ménages de production baisse par rapport à son poids en termes de revenus (55,37%). C'est dire que ce produit, sans négliger sa valeur alimentaire pour les ménages producteurs, leur est plus utile pour les revenus générés que pour l'autoconsommation (Awono, et al. 2008).

Pour Mialoundama (1997), parmi les feuillages comestibles des forêts humides de l'Afrique centrale et de la RDC en particulier, celui de petite liane du sous-bois du genre Gnetum (appartenant au groupe des Gymnospermes, ordre primitif de Gnetale avec une seule famille, Gnetaceae) est tout particulièrement apprécié des consommateurs qui en font la collecte. Le Gnetaceae se constitue de l'unique genre qui comprend environ 30 espèces, principalement des arbres et arbustes des régions tropicales d'Asie, d'Amérique et d'Afrique (Martens 1971 cité par Mialoundama 1997). En Afrique, il n'existe que deux espèces, Gnétum africanum et G. buchholzianum, dont l'aire de répartition s'étend depuis le Nigeria, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Gabon, le Congo, le Zaïre (RDC), jusqu'en Angola.

Les feuilles de ces deux espèces sont consommées depuis les temps immémoriaux. Elles sont commercialisées par les femmes pendant toute la durée du cycle annuel, sur le marché de l'Afrique centrale et même dans certaines villes d'Europe. Cependant, en raison de la collecte intensive de cette ressource forestière spontanée et de certaines pratiques culturales qui en réduisent l'habitat, les espèces du genre Gnetum sont menacées de disparition en Afrique. D'où la nécessité de penser à sa domestication.

Dans la région d'Ituri, Ichikawa (1996) rapporte que parmi les quelques 500 espèces de plantes vasculaires récoltées dans la région, les Mbuti en consomment une centaine des PFNL (41 fruits, 25 graines, 13 tubercules et 21 feuilles). En outre, ils boivent la sève de 4 espèces végétales et consomment quelques 20 espèces de champignons.

L'offre de ces PFNL comestibles est généralement fonction de la saisonnalité des produits. La fixation des prix se fait suivant la loi de l'offre et de la demande et également des autres facteurs notamment du coût de revient, de la qualité du produit (état de périssabilité), de la dimension ou grosseur du produit ainsi que du coût de transport. Relativement à leur valeur marchande, les prix unitaires moyens de principaux PFNL comestibles dans les différentes villes visitées pendant les mois de juin - juillet 2006 (prix moyens de vente collectés dans des grands marchés de ces villes et les unités de vente ramenées au kilogramme, Taux de change : 1$ = 450Fc).

(ii)AST végétaux utilisés dans la pharmacopée traditionnelle

La diversité des plantes médicinales répertoriées témoigne de l'importance accordée à la pharmacopée traditionnelle par la population congolaise. Au regard de la liste de 166 espèces, 13 espèces présentent une importance nationale, à savoir : Aframomum laurentii, Cola acuminata, Garcinia kola, Hymenocardia acida, Mondia whitei, Morinda morindoides, Pentadiplandra brazzeana, Piper guineensis, Prunus africana, Quassia africana, Rauwolfia vomitoria, Renealmia africana, Zingiber officinale.

Awono et al.(2008) dans son étude sur les AST au Bas-Congo a pu mettre en évidence au cours de son enquête, les vertus curatives de Dacryodes edulis qui soigne plusieurs maladies dans les villages. L'analyse statistique montre que plus de 3/4 de la population totale des villages d'enquêtes, traitent leur mal de dents à base du Dacryodes edulis. Puis, une deuxième catégorie de personnes (10%) utilise le Dacryodes edulis pour soigner la diarrhée. Celle qui utilise le Dacryodes edulis pour assurer la régulation des seins pour un lait maternel abondant et de bonne qualité, occupe le troisième rang avec 6%.

Les maladies telles que les brûlures, l'amaigrissement chronique, le zona, le hoquet et la dysenterie viennent avec au moins 3% de la population interrogée comme utilisant le Dacryodes edulis pour les guérir. Le reste des maladies citées viennent avec un poids non négligeable mais inférieur ou égal à 2%. Il est important de noter qu'il y a bien des personnes dans les villages d'enquêtes, qui soignent plus d'une maladie sur la base du Dacryodes edulis. Il n'y a donc pas une exclusivité par rapport aux différents groupes tels que donnés dans les pourcentages ci-dessus. C'est dire combien le Dacryodes edulis est important dans les communautés du Bas Congo, au-delà de sa valeur alimentaire et économique.

Parmi les divers autres usages médicinaux répertoriés, les plus fréquents concernent le traitement des maux suivants : l'impuissance sexuelle, la lombalgie, l'anémie, l'hémorroïde, la filariose, la diarrhée, les coliques, la malaria. Le traitement de ces maladies ou parfois la vente des produits intervenant aux soins sanitaires apporte un supplément de revenus aux amateurs de la phytothérapie. Mais pour la plupart de cas, la souffrance ou la maladie qui frappe un membre de communauté affecte l'économie de tout le monde. C'est pourquoi, le traitement prévu pour soigner le malade se fait avant tout dans le sens de trouver une solution non pécuniaire à la situation du patient. En plus, au village, chacun est d'abord son propre thérapeute (Toirambe 2005).

Il sied de signaler que la connaissance de plantes médicinales met chaque adulte (homme ou femme) en mesure de soigner certaines maladies qui peuvent frapper les membres de la communauté. Non seulement ces adultes disposent de connaissances efficientes mais également de remèdes plus personnels qu'ils détiennent de leurs ancêtres et qu'ils transmettront à leurs descendants. Dans cette prise en charge de ses propres états de maladie, chaque paysan contribue à la santé de tous. Les phytothérapeutes congolais perçoivent clairement la variation de teneur des principes actifs intervenant dans les traitements de différentes maladies. C'est ainsi qu'ils recourent aux différents organes végétaux: écorces, feuilles, fruits, inflorescences, racines, tiges, sève, ... (Toirambe 2006).

Les phytothérapeutes congolais perçoivent clairement la variation de teneur des principes actifs intervenant dans les traitements de différentes maladies. C'est ainsi qu'ils recourent aux différents organes végétaux : écorces, feuilles, fruits, inflorescences, racines, tiges, sève, etc. Ainsi, la figure 3 met en évidence la proportion de chaque organe végétal utilisé dans la préparation des remèdes. De cette figure, nous observons la prévalence des feuilles avec 41% d'organes utilisés, suivie des écorces (29%), des fruits/graines (9%), des racines (5%) et des tubercules/rhizomes (5%).

Les feuilles et les écorces se révèlent donc des organes végétatifs qui contiendraient les principes actifs recherchés par les phytothérapeutes. Ces organes sont bien connus par leur rôle circulatoire des sèves brutes et élaborées et des déchets métaboliques. Ces derniers, comprenant entre autres des alcaloïdes, des hétérosides, des tannins, des saponines, etc., qui sont des substances biochimiques couramment utilisées dans les traitements chimiothérapeutiques (Wome 1985).

Conjointement à l'usage commercial des AST comestibles, il se développe, à la suite des coûts élevés des produits pharmaceutiques, un commerce des plantes médicinales tant dans des villages qu'en milieu urbain.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld