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La rationalité comme fondement du bonheur

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par Pasteur MUGISHO
Philosophat Isidore Bakanja (Bukavu) R.D.Congo - Graduat en Philosophie et Sciences Humaines 2016
  

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IN MEMORIAM

Mes regrettés grands pères

MWEZE Patrice

MATWALI Marcel

Mes chers enseignants

LUKONGE Alphonse

M'KAHENDWA Astride

Mon oncle Paul et le p. Manzotti

D'heureuse mémoire

INTRODUCTION GENERALE

Notre travail a pour titre : « La rationalité comme fondement du bonheur chez Aristote ». Le choix de ce sujet est motivé par le souci des hommes de notre temps. En effet, la question du bonheur est l'une des questions fondamentales qui talonnent l'esprit humain. Tout homme veux vivre heureux. Comment y arriver ? A travers l'histoire, il y a un certain nombre de tentatives visant à donner une réponse efficace à cette interrogation combien profonde. Pour certains, le bonheur est dans l'accumulation des richesses, dans les plaisirs, dans les honneurs et la gloire ou même dans le pouvoir. Pour d'autres, le bonheur consiste à vivre selon la vertu. Telle est la compréhension d'Aristote. Notre souci est d'interroger ce sage grec, dont l'esprit scientifique et la morale nous ont marqué, sur ce que serait, d'après lui, le principe fondamental sur lequel reposerait tout bonheur vrai.

Aristote qui va guider notre recherche est un penseur grec qui, approximativement est né en 384 av. J.C. à Stagire (aujourd'hui Stavros), sur les bords de la mer Egée1(*). Il est l'un des quatre enfants de Nicomaque, médecin célèbre de Phaétis, issu d'une grande famille de Chalcis. En 336, alors âgé de 18 ans, le jeune Aristote arrive à Athènes ; il entre à l'Académie et y reste pendant vingt ans, jusqu'à la mort de Platon son maître. Il collabore à l'enseignement du maître qui l'appelle « le cerveau de l'école ». De 343 à 340 il est précepteur du jeune Alexandre (fils du roi Philipe de Macédoine), qui était né en 356. En 336, Aristote ouvre son école, le Lycée, en rivalité avec Xénocrate, qui dirigeait alors l'Académie. Un an après la mort d'Alexandre le Grand (323), Aristote meurt, âgé de soixante-deux ans.

Un bon nombre de ses écrits sont perdus. Ce qui est connu est un assemblage de notes de cours qui font montre du génie scientifique, métaphysique et morale de ce grand maître. On reconnait comme oeuvre d'Aristote : Histoire des animaux, Organon, De l'âme, De la génération et de la corruption, Ethique à Nicomaque, Ethique à Eudème, Philosophie première, La grande morale, Physiques, Politiques, Météorologies et beaucoup des dialogues comme Sur la justice, Sur l'éducation, Sur l'amitié etc.

Appelé à accompagner les fidèles dans leurs questionnements les plus sublimes, tout futur missionnaire devrait se sentir interpellé par cette quête du bonheur. En effet, plus les hommes cherchent leur bonheur, compris comme la satisfaction complète qui remplit toute la conscience humaine, plus nous lisons sur le visage d'aucun, une angoisse existentielle dont la source serait à chercher dans une certaine insatisfaction. Alors, cette situation nous presse à nous demander si le bonheur qui procurerait le grand contentement ne serait pas à situer ailleurs plutôt que dans la possession ou la jouissance des biens matériels.

En effet, la question du bonheur a toujours préoccupé l'esprit humain depuis la nuit des temps. L'homme, depuis toujours, s'est posé la question de sa fin ultime avant de se poser celle de l'origine du monde. Les réponses apportées ont été diversifiées selon les tendances, les courants de pensées et pourquoi pas les milieux géographiques et culturelles où l'on vit.

Pour le commun de mortel, par exemple, le bonheur est compris comme l'accumulation des biens, une vie facile,... Pour d'autres, le bonheur consiste à avoir le plus des plaisirs possibles. Face à cette diversité des réponses notre problématique se fonde comme suit : le bonheur serait-il vraiment dans l'accumulation des biens, dans les plaisirs ou bien il est à chercher ailleurs ? Cet ailleurs serait où ? En d'autres termes : qu'est ce que le bonheur ? Quels sont ses principes fondateurs ? Pour que le bonheur soit permanent, sur quoi doit-il se fonder ?

L'hypothèse que ce travail va vérifier se formule de la manière suivante : si le bonheur est le bien suprême et parfait, d'autres biens comme la joie, le plaisir,... si éphémères soient-ils, n'auraient plus de place dans l'ordre naturel des biens ; l'homme ne s'occuperait uniquement que du seul bien se suffisant à lui-même. En plus, si les principes de l'activité de l'intellect conduisent directement au bonheur, il suffirait de les appliquer pour vivre immédiatement heureux. Et si en fin, la rationalité est le vrai fondement du bonheur chez Aristote, aucun être rationnel ne serrait malheureux car chaque homme a en lui ce principe fondamental qui semble une prédisposition au bonheur.

Les questions philosophiques sur le bonheur, ont toujours existé depuis que la morale fait partie des disciplines philosophiques. Aujourd'hui la question ne devrait plus être posée uniquement pour la fin de la vie sur la terre mais particulièrement pour chaque acte posé par l'homme étant donné que nous voulons affirmer avec l'auteur que la somme des plusieurs meilleures fins constitue, de quelques manières, le bonheur de l'homme à condition que ces fins ne soient pas entravées par quelques inclinations ou déviations qui vont contre la vertu. Cela suscite l'une des questions principales de la morale : que dois-je faire pour être heureux? L'agir humain mis en question ici, doit être guidé par quelques principes rationnels et rationnalisant. Ainsi l'agir humain étant devenu rationnel et rationalisé, peut alors devenir ce sur quoi repose le bonheur c'est-à-dire son fondement. C'est ce qui fait de notre préoccupation un travail philosophique.

Pour vérifier toutes ces hypothèses, nous allons nous servir de la méthode déductive. Elle consiste à relier des propositions dites prémisses à une proposition dite conclusion et préserve la vérité. Prémisses et conclusion qui sont ainsi reliées par une règle de déduction assurent que si la règle est valide et si les prémisses sont vraies, la conclusion est, elle aussi, vraie. On dit alors que la conclusion est une conséquence des prémisses, ou parfois que la conclusion vient des prémisses. Il s'agit donc de partir de ces deux prémisses : le bonheur est la fin de tout acte humain ; or, tout acte humain doit être fondé (selon Aristote) sur la rationalité ; et déduire logiquement que : la rationalité est le fondement du bonheur.

Hormis l'introduction et la conclusion générales, notre travail comportera trois chapitres. Le premier chapitre traitera de l'ordre naturel des biens. Son objectif sera d'analyser les évidences qui obscurcissent la vision béatifique du bien. Ainsi nous démontrerons que le bonheur se distingue de la jouissance matérielle et des tous les biens de la vie active qui sont éphémères. Le deuxième chapitre, quant à lui, se penche sur la question des principes de la rationalité en tant qu'elle ouvre sur le bonheur. Nous envisagerons démontrer, enfin, dans le troisième chapitre, que la voie rationnelle est le moyen par excellence pour aboutir à un bonheur intégral.

Honnêteté scientifique oblige. Notre travail s'est heurté à certaines difficultés comme l'impossibilité d'atteindre l'original de notre livre de base lequel on ne saurait même pas exploiter à cause de la langue. Il y a également la pluralité de traductions des livres d'Aristote dont on ne sait laquelle choisir. En plus, on constate une certaine popularité de notre préoccupation primordiale qui est le bonheur. Il est traité à la fois par la culture du bon sens et par l'esprit scientifique. C'est ainsi que nous avons utilisé comme livre de base Ethique à Nicomaque et non Ethique nicomacéenne ou Ethique de Nicomaque. Ce premier étant le plus ancien comme traduction et un peu plus conforme à la réalité. En ce qui concerne la popularité du thème, nous avons choisit l'esprit scientifique pour orienter le bon sens qui, quelques fois, est erroné.

Voilà pourquoi ce travail n'a aucune prétention d'être exhaustif. Mais il aura atteint son objectif si ceux qui nous liront comprendront que le vrai bonheur n'est pas à chercher dans les biens transitoires de la terre comme non plus dans les plaisirs mais dans la contemplation. Pour l'atteindre, il faut emprunter le seul chemin possible : la rationalité. C'est dans la mesure où l'homme se fonde sur la raison qu'il peut tenir un discours logique et vrai sur le bonheur.

* 1 Nous trouvons la biographie d'Aristote sous plusieurs formes avec certaines dates approximatives. Nous avons pris en compte la biographie qui nous est donnée par J. Barthélemy SAINT-HILAIRE à la fin de Ethique à Nicomaque qu'il a traduit dans l'édition de 1992.

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