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La moralité, fondement de l'humanité dans fondements de la métaphysique des murs d'Emmanuel Kant.

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par KRIMINATCHA KONE
UNIVERSITÉ FÉLIX HOUPHOUET-BOIGNY (ABIDJAN- COCODY)  - Master 2016
  

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2- Le cadre théorique

Le Travail d'Études et de Recherche qui a pour sujet « La moralité, fondement de l'humanité dans Fondements de la métaphysique des moeurs d'Emmanuel Kant », s'inscrit dans le vaste champ de la philosophie politique et morale, en l'occurrence la philosophie de l'éducation. La philosophie de l'éducation est une science dont la tâche est de penser tout ce qui est en rapport avec l'éducation. De ce fait, il existe un lien entre le sujet et la philosophie de l'éducation. Ce lien pourrait s'expliquer d'abord par le caractère pratique de l'éducation, puis la sagesse ou l'intelligence qui l'accompagne. La philosophie étant, certes, considérée comme l'oeuvre de la culture grecque a finalement investi de nombreux domaines au point qu'elle intègre leurs formulations.

Ainsi parler de philosophie de l'éducation, c'est évoquer la science qui se propose de penser les conduites humaines. En effet, l'éducation, dans l'Europe du XVIIIe siècle, a favorisé une pensée morale dominée par les principaux courants, à savoir le Piétisme, le Rationalisme moral. Le XVIIIe siècle a également consacré, non seulement la critique de l'éducation, mais en plus la décadence des moeurs ou des dérives sociales. Dans cet esprit, les dérives sociales dans le domaine religieux avec des pratiques conformes à la lettre, et non à l'esprit moral de la religion, et la corruption qu'a entrainé le respect aveugle et formel de l'autorité extérieure, ont été considérées comme le résultat d'un manque d'éducation. Dès lors, qu'implique le choix de la philosophie de l'éducation ?

La philosophie de l'éducation est évoquée dans la mesure où notre sujet prend en compte les dimensions morale et éducative. D'abord, la philosophie, se définissant comme l'amour de la sagesse s'est progressivement constituée comme un art de vivre. Elle suppose une culture de la raison pour une existence intelligente et intelligible. Or l'éducation revêt une dimension pratique et éthique. D'un tel point de vue, la philosophie de l'éducation se présente comme une

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science des moeurs6. Puis en intégrant la sagesse philosophique à la pratique éducative, la moralité mise en question trouve sa consistance d'autant plus qu'on ne saurait prétendre ou parvenir à des fins morales, éthiques et humaines sans amour ni sagesse.

C'est ainsi qu'Emmanuel Kant dans les Fondements de la métaphysique des moeurs se propose de nous instruire sur les structures essentielles de le la vie morale dont la moralité. Dans ce même ordre d'idées, la philosophie de l'éducation, pour ainsi dire, associe la morale qui a pour fondement la connaissance du bien et du mal. De même, cette discipline est relative aux conduites humaines, qui commandent la culture des valeurs humaines. C'est en ce sens que Mai Lequan parlant de la dimension morale et éthique de l'éducation promue par Schultz et Knutzen écrit ceci : « Pour ces auteurs, il faut purifier la conscience morale et religieuse en expurgeant tout élément empirique et en la fondant sur la raison »7.

Par la raison, la nécessité de l'éducation est inclinée. Il en est de même pour le sens de la culture des valeurs chez l'homme qui inclut la vertu comme courage telle que nous l'enseigne l'éthique des maîtres du Piétisme, que sont Schultz, Knutzen, Francke et Gehr. Ainsi l'éducation, dans ces conditions consacre la modification des traits de caractères. Elle rend l'homme redevable à son « espèce, à la société des hommes sociables et des citoyens, à l'État »8. Suivant cette logique, la philosophie de l'éducation constitue, d'une certaine manière une lutte contre les maux pouvant porter atteinte à l'humanité et à son affirmation dans le monde. Par conséquent, elle se rapporte aux éléments innés et aux traits généraux physiobiologiques de la constitution de l'homme. C'est à juste titre qu'Émile Maximilien Littré soutenant la finalité éthique de l'éducation affirme que :

6 Jean-Jacques Burlamaqui, Éléments de droit naturel, Paris, PUF, 1983, p. 86.

7 Mai Lequan, La philosophie morale de Kant, Paris, coll. « Folio Essais », 2001, p. 52.

8 Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation, Paris, coll. « Folio Essais », 2005, p. 98.

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L'éducation (...), est relative à la fois au coeur et à l'esprit et s'étend des connaissances que l'on fait acquérir et des directives morales que l'on donne aux sentiments9.

La reconnaissance de la finalité éthique de la philosophie de l'éducation s'inscrit dans une vision selon laquelle l'éducation a pour mission de permettre à chaque individu le sens de la culture des valeurs humaines. En ce sens, la vertu est une disposition qui se renforce, en nous humanisant et en nous responsabilisant. Dans cette optique précise, Mai Lequan nous montre que l'homme digne et moralement exemplaire lutte contre le mal sous toutes ses formes. En ce sens, elle avançait ceci :

L'homme moralement vaillant doit combattre ce qui s'oppose au développement du germe du bien en lui et faire de l'inclination naturelle contraire à la loi morale son ennemi10.

C'est dire que les hommes, en tant qu'êtres raisonnables doivent sans cesse résister à l'influence des mauvais principes, de sorte que la vie est une lutte permanente. En effet, la recherche du bien moral prend en compte la vertu, et elle caractérise cette dernière. Encore faut-il ajouter que, de toutes les espèces vivantes que l'on peut concevoir dans la nature, l'homme est le seul être capable de moralité. De fait, elle constitue la preuve que l'homme est le but final de la création. À ce titre, l'affirmation de l'humanité se pense sous des lois morales et non d'après des lois morales11.

C'est la raison pour laquelle, le contenu fondamental de la philosophie de l'éducation est de contrarier, en luttant inlassablement contre les maux, par des conduites dignes et humaines. Ainsi, l'homme doit, par l'effort sans fin témoigner de la moralité dans toutes ses actions, en laquelle réside toute sa valeur. Car selon Emmanuel Kant, c'est la valeur de l'homme « qui réside dans ce qu'il fait, dans la manière de le faire et dans les principes selon lesquels il agit »12. En conséquence, la bonne conduite participe à la formation d'une société parfaitement

9 Émile Maximilien Littré, Dictionnaire de langue française, Paris, Gallimard, 1958, p. 53.

10 Mai Lequan, La philosophie morale de Kant, Op. cit., p. 53.

11 Mai Lequan, La philosophie morale de Kant, Op. cit., p. 227.

12 Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, Op. cit., p. 160.

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harmonieuse où chaque être humain participe au règne des fins13. Comme le soutient bien Emmanuel Kant, la moralité ne saurait s'adresser à des êtres dépourvus de raison14.

C'est ainsi que nous avons choisi la philosophie de l'éducation, dans le but de penser avec lui certaines conduites sociales qui questionnent l'avenir moral et éthique de l'humanité. En ce sens, il montre que la moralité conditionne le triomphe de l'humanité. Elle est, pour lui, une capacité qui incarne notre dignité d'homme :

La moralité est la condition qui seule fait qu'un être raisonnable est une fin en soi ; car il n'est possible que par elle d'être un membre législateur du règne des fins. La moralité, ainsi que l'humanité, en tant que capable de moralité, c'est donc là ce qui seul a de la dignité15.

Selon Emmanuel Kant le triomphe de l'humanité réside dans la moralité qui consacre le traitement des êtres raisonnables comme fin en soi. De cette manière, la philosophie de l'éducation comme cadre théorique paraît convenable pour l'étude sur le sujet : « La moralité, fondement de l'humanité dans Fondements de la métaphysique des moeurs d'Emmanuel Kant ». Liée aux actions humaines, la moralité est la voie qui doit être promue selon Emmanuel Kant afin d'inciter à une existence intelligente et aisée entre les hommes. C'est la disposition humaine qui, en toute liberté, témoigne de l'humanité en chaque être raisonnable. Elle doit motiver et porter sans cesse l'humanité qui est : « La façon de penser l'unification du bien-être avec la vertu, dans le commerce avec autrui »16. Dès lors, comment se présente la problématique de ce sujet d'Études et de Recherche ?

13 Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, Op. cit., p. 168.

14 Ibidem.

15 Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs, Op. cit., p. 160.

16 Emmanuel Kant, Anthropologie du point de vue pragmatique, trad. de l'allemand par Michel Foucault, Paris, Vrin, 2002, p. 209.

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