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Recherches sur l'état membre de la communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale.

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par Arsène Silvère EKO MENGUE
Université de Yaoundé II-Soa - Master II de recherche en droit public international et communautaire 2012
  

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SECTION 2 : L'HYPOTHESE DE LA VIOLATION DE LA NORME COMMUNAUTAIRE: LA RESPONSABILITE DE L'ETAT MEMBRE DE LA CEMAC.

Pris à la lettre, l`article 4 du traité révisé CEMAC stipule que : « Les Etats membres apportent leur concours à la réalisation des objectifs de la Communauté en adoptant toutes mesures générales ou particulières propres à assurer l'exécution des obligations découlant du présent Traité. A cet effet, ils s'abstiennent de prendre toute mesure susceptible de faire obstacle à l'application du présent Traité et des Actes pris pour son application. En cas de manquement par un Etat aux obligations qui lui incombent en vertu du droit communautaire, la Cour de Justice peut être saisie en vue de prononcer les sanctions dont le régime sera défini par des textes spécifiques ». L`objectif de sécurité juridique

Mémoire présenté et soutenu par EKO MENGUE Arsène Silvère 105

Recherches sur l'Etat membre de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale

recherché par la CEMAC impose une structuration de la sanction en cas de violation de la règle de droit communautaire par le mécanisme de mise en oeuvre de la responsabilité de l`Etat membre défaillant (paragraphe I). En vertu du principe d`applicabilité immédiate et de l`effet direct du droit communautaire de la CEMAC, les juges nationaux sont appelés à connaitre des litiges ayant trait aux actes communautaire une fois que ceux entrent effectivement en vigueur dans l`ordre juridique interne, sans attendre une quelconque intervention de l`Etat, le juge national exerçant de ce fait l`office du juge communautaire (paragraphe II).

PARAGRAPHE 1 : Les hypothèses de mise en oeuvre de la responsabilité de l'Etat membre de la CEMAC.

Le droit de la CEMAC étant contraignant et impératif selon les termes de l`article 44 du traité CEMAC333 en vigueur, impose une obligation de respect de ce droit par les Etats membres, du seul fait de leur appartenance à la communauté et prévoit en cas de besoin de garantir la sécurité juridique communautaire, un régime de sanction de la violation du droit communautaire. Ce régime met en exergue, les normes susceptibles d`entrainer la responsabilité de l`Etat membre (A) et également les autorités potentiellement à l` origine de la violation du droit communautaire (B).

A/ Les normes communautaires susceptibles de mettre en oeuvre la responsabilité de l'Etat membre de la CEMAC en cas de violation.

Toute norme communautaire non respectée, pas appliquée ou violé par des particuliers ou par un Etat, est susceptible d`entrainer la responsabilité de celui qui est à l`origine de cette entrave. Le droit communautaire ne met pas un accent particulier sur une norme communautaire précise. Par conséquent, autant la violation des dispositions du droit communautaire primaire et dérivée (1) est sanctionnée par les juridictions de droit commun, autant les principes inhérents à la construction communautaire sont également protégés par les juridictions (2).

333 L`article 44 du traité révisé de la CEMAC stipule « Sous réserve des dispositions de l'article 43 du présent traité, les actes adoptés par les Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la Communauté pour la réalisation des objectifs du présent Traité sont appliqués dans chaque Etat membre nonobstant toute législation nationale contraire, antérieure ou postérieure »

Mémoire présenté et soutenu par EKO MENGUE Arsène Silvère 106

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1) La violation des dispositions du droit communautaire primaire et dérivé.

L`obligation de réparer les conséquences dommageables d`une violation étatique du droit communautaire découle directement du principe de primauté du droit communautaire tel que stipulé par l`article 44 du traité CEMAC en vigueur334. En effet l`exception de refuser la réparation liée aux conséquences relatives à la violation du droit communautaire n`est plus possible dans la mesure où la majorité des Etats ont consacré dans leurs lois fondamentales le principe de primauté en reconnaissant constitutionnellement le droit communautaire. Une consécration qui impliqua immédiatement la primauté du droit communautaire sur les réglementations et lois nationales. le principe de primauté dont découle le droit à réparation des violations étatiques du droit communautaire s`applique non seulement lorsque la norme communautaire en cause est une disposition des traités, mais aussi lorsqu`elle constitue un simple acte de droit dérivé, qu`il s`agisse d`un règlement. Car l`article 44 ne fait pas une distinction particulière sur la norme mise en cause, elle parle d` « actes adoptés par les institutions, organes et institutions spécialisés de la communauté ». Ceci revient à ne distinguer aucune norme de droit communautaire lors de la violation. Il n`est en revanche pas exclu que le juge de droit commun refuse d`engager la responsabilité de l`État au titre de violation d`actes communautaires innommés ou «hors nomenclature». Il s`agit en effet d`actes dont l`adoption n`est pas expressément prévue par l`article 40 du traité révisé CEMAC335. La question que l`on peut se poser est de savoir si la responsabilité de l`Etat peut être engagée pour la violation des dispositions communautaires comprises dans la constitution nationale ou du fait de la violation des lois nationales de l`intégration communautaire ? Si l`on s`inspire de la jurisprudence européenne, la réponse en principe devrait être affirmative « puisque le principe de primauté du droit communautaire, tel qu'interprété par la Cour de justice[européenne], s'exerce à l'encontre de toutes les normes nationales, même de nature constitutionnelle »336. En d`autres termes toute règle de nature communautaire ou nationale

334 Ibid.

335 Article 40 du traité révisé CEMAC stipule que « Pour l'application du présent Traité et sauf dérogations prévues par celui-ci ou par des dispositions particulières contenues dans les Conventions de l'UEAC et de l'UMAC :

- la Conférence des Chefs d'Etat adopte des actes additionnels au Traité et prend des décisions ;

- le Conseil des Ministres et le Comité Ministériel adoptent des règlements, règlements cadres, des directives, prennent des décisions et formulent des recommandations ou des avis ;

- les premiers responsables des Institutions, Organes et Institutions Spécialisées de la Communauté arrêtent des règlements d'application, prennent des décisions et formulent des recommandations ou des avis ».

336 Voir CJCE ord. , 22 juin 1965, San Michèle c/ Haute autorité, Aff. 9/65, Rec. 1967.35. Voir egal. CJCE, 11 juin 1991, commission c/ France, Aff. C.307/89, Rec. I.2903, dans lequel la cour de justice, a dénié à la France le droit d`invoquer ses règles constitutionnelles pour justifier ses manquements aux obligations communautaires.

Mémoire présenté et soutenu par EKO MENGUE Arsène Silvère 107

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traitant dans sa lettre du droit communautaire bénéficie de l`exigence de la primauté de ce droit. Il semble donc logique d`admettre que le juge national juge du droit commun du droit communautaire soit habilité à engager la responsabilité de l`État pour toutes les violations du droit communautaire imputables à ce dernier, y compris celles qui résulteraient d`une norme constitutionnelle interne337.

2) La violation de l'esprit et des principes communautaires.

La question qui se pose est celle de savoir si les principes et l`esprit communautaire tels qu`énoncés par le traité de la CEMAC en vigueur, sont, comme ceux des dispositions du droit originaire ou dérivé, susceptibles d`engager la responsabilité de l`État membre de la CEMAC? La question mérite d`être élucidée parce que les principes en questions sont consacrés et défendus par les traités instituant la CEMAC. Son traité révisé reconnaît les « principes de démocratie, des droits de l'Homme, de l'Etat de droit, de la bonne gouvernance, du dialogue social et des questions de genre » la reconnaissance par le traité révisé de la CEMAC de ces principes impliquerait pour les juridictions de contrôler leur respect et de sanctionner leurs violations. Par conséquent, la reconnaissance par la constitution du droit communautaire implique également la reconnaissance et le respect des principes énoncés par le traité révisé de la CEMAC. Cela augure une possibilité d`engager la responsabilité de l`Etat membre pour violation des principes de droit communautaire. Il faut relever que le juge administratif français d`appel de bordeaux semble avoir admis l`obligation pour les autorités administratives françaises, « de respecter les principes généraux du droit dégagés par la Cour de justice, tout au moins lorsqu'elles interviennent dans une matière relevant de la compétence communautaire »338. Il faut dire, que dans le cas de la CEMAC, les principes généraux de son droit communautaire sont consubstantiels a son traité révisé habilité et intégré par la constitution dans le droit interne, De sorte que leur violation par l`État membre de la CEMAC est susceptible d`être sanctionnée comme celle d`une disposition du Traité de la CEMAC lui-même.

De ce qui précède, quels sont les auteurs de la violation du droit communautaire entrainant la responsabilité de l`Etat membre de la CEMAC ?

Voir a cet effet HINDRE-GUEGUEN (M), « Responsabilité (des Etats membres) », rep. Communautaire,

Dalloz, aout 2006, p 18.

337 Ibid.

338 HINDRE-GUEGUEN (M), « Responsabilité (des Etats membres) », op cit, p 18.

Mémoire présenté et soutenu par EKO MENGUE Arsène Silvère 108

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