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Droit de l'urbanisme et innovation architecturale. Des rapports ambivalents.

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par Laura Lemaire
Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence - Diplôme de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence 2014
  

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§2) La prise en compte des enjeux environnementaux en architecture : un phénomène international

A la fin des années 1960 va démarrer ce qu'on pourrait qualifier de révolution environnementale dans l'architecture et qui va se positionner en rupture avec l'architecture industrielle de masse telle qu'elle a été pratiquée au cours de la la première moitié du XXe siècle, à une époque à laquelle il s'agissait surtout de loger une population en expansion.

Il s'agira dans ce paragraphe de présenter les différentes facettes de ce qu'on peut appeler l'architecture environnementale, écologique, verte ou encore durable et qui désigne, quelque soit le terme utilisé, une architecture soucieuse des enjeux environnementaux. Par soucis de clarté, et parce que ces termes sont synonymes, on se tiendra ici à l'expression architecture environnementale.

La difficulté réside dans le fait que l'architecture environnementale n'est ni un type de bâtiment ni un style défini et que les technologies ne cessent d'évoluer et de s'ajouter les unes aux autres. Il ne s'agit donc pas de donner une liste exhaustive de tous les types d'architecture environnementale mais de s'efforcer d'en présenter les enjeux principaux en donnant à chaque fois des exemples concrets.

1) Une architecture économe en énergie dans son fonctionnement

Tout d'abord, la prise de conscience de la nécessité d'économiser les ressources énergétiques, mise en avant par les conférences internationales sur l'environnement et accentuée par les crises pétrolières des années 1973 et 1979, va donner naissance à de nombreuses recherches architecturales dans le domaine de l'économie d'énergie. Le bâtiment est en effet un secteur qui consomme beaucoup d'énergie à toutes les étapes : production et transport des matériaux, construction, chauffage et entretien du bâtiment et enfin démolition du bâtiment et destruction ou recyclage des matériaux. Les architectes qui se pressent en première ligne dans ce nouveau type d'architecture sont les architectes high-tech des années 1970, c'est à dire ceux qui avaient les méthodes de production les

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plus coûteuses en terme d'énergie. Il s'agit donc à présent de présenter des exemples de techniques qui permettent d'économiser de l'énergie dans le fonctionnement du bâtiment.

a) La technologie au service de l'environnement

Pour commencer, présentons quelques exemples d'une architecture environnementale qui est basée sur l'utilisation d'une technologie de plus en plus sophistiquée.

Tout d'abord on peut évoquer le recours aux énergies renouvelables qui permet de limiter la consommation des bâtiments en énergie non-renouvelables. Dans les années 1960-1970, aux États-Unis, se développent de manière importante les technologies liées aux énergies renouvelables et en particulier l'énergie solaire. Cela est dû à des incitations fiscales et s'inscrit dans la politique du Président Nixon qu'on a évoqué dans le paragraphe précédent. L'un des architectes emblématiques de cette époque est Edouard Marzia, avec son livre The passiv solar energy book.

Lorsqu'on utilise le rayonnement solaire pour chauffer un fluide qui transporte ensuite la chaleur vers un utilisateur, on parle de chauffage solaire actif et le chauffage solaire est dit passif lorsque le rayonnement solaire réchauffe directement les locaux soit par absorption dans l'enveloppe du bâtiment, soit en pénétrant par les fenêtres.

Les autres énergies renouvelables utilisées en architecture sont l'éolien, la géothermie, la biomasse et en particulier le bois. Le problème est cependant le coût des équipements, leur durée de vie réduite qui oblige a leur remplacement au bout d'une dizaine d'année et le fait que par exemple, les panneaux solaires fabriqués actuellement ne sont pas recyclables.112

Comme autre exemple de technologie au service de l'économie d'énergie, on peut évoquer les technologies qui se développent actuellement et qui permettent d'automatiser les bâtiments. On parle de « gestion active de l'efficacité énergétique ». Par exemple les luminaires peuvent s'adapter automatiquement à la lumière naturelle des pièces et ainsi baisser ou augmenter en intensité. Un autre exemple encore : il existe un

112BARRE, Bertrand : Atlas des énergies : quels choix pour quels développement, éditions Autrement, 2007, Chapitre « Le énergies renouvelables : quel potentiel ? »

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système de portique que l'on peut installer à l'entrée des bureaux et qui permet de reconnaître chaque salarié afin de ne chauffer le bureau de ce dernier que lorsqu'il est dans l'enceinte de l'entreprise. Ce genre de technologies peut permettre de faire des économies significatives, quand on sait que l'éclairage représente 27% de la consommation d'un bâtiment, derrière l'éclairage et les équipements spéciaux. L'inconvénient est cependant le coût énergétique de la fabrication de ce type de technologie ainsi que le coût énergétique de fonctionnement. « L'instrumentalisation a aussi un coût technologique » et il convient donc de l'utiliser à bon escient et pas de manière généralisée.113

b) L'adaptation de l'architecture au climat

Il s'agit ici d'une vision tout à fait différente de l'architecture environnementale. C'est une architecture qui est économe en énergie car elle sait tirer partie des conditions climatiques dans lesquelles elle s'insère.

Bien avant qu'on parle d'architecture environnementale, l'architecte français Le Corbusier avait eu, dès les années 1920, l'intuition de ce type d'architecture. Le Corbusier a notamment conçu des bâtiments en Inde et a su adapter son architecture au climat de ce pays avec de larges fenêtres pour profiter de la chaleur et de l'éclairage que donne le soleil mais aussi des parts-soleil pour l'ombre et l'utilisation des courants d'air pour la ventilation naturelle, comme en témoigne le bâtiment du secrétariat de la ville de Chandigarh qu'il a conçu en 1953.

L'architecte égyptien Hassan Fatti va également dans ce sens dans un retour à d'anciennes techniques de ventilation naturelle. Mais ce cas, la recherche dans le domaine environnementale était teintée de nationalisme : il s'agissait de développer une architecture différente de l'architecture moderniste imposée par le colonisateur Anglais.

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Il s'agit de s'adapter au climat autrement dit d'isoler dans les espaces où c'est le froid qui pose le plus de problème et de privilégier plutôt une ventilation naturelle dans

113« Bâtiment : efficacité active, mode d'emploi » : Environnement & Énergie Magazine n°17, Mars 2014 114STEELE, James : op. Cit Chapitre 7 « Hassan Fathy : la renaissance d'anciennes techniques »

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les endroits où c'est la chaleur d'été qui est l'enjeu principal.115 Par ventilation naturelle on peut entendre des systèmes naturels de circulation de l'air dans la pièce mais aussi le réflexe simple d'ouvrir la fenêtre plutôt que de faire appel à la climatisation.116

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