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Eau et santé dans les campagnes des hautes terres de l'ouest du Cameroun. Cas de Babadjou dans le département des Bamboutos.

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par Ernestine LONPI TIPI
Université de Dschang - Master 2011
  

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CHAPITRE VI : LES EFFORTS DES ACTEURS
INSTITUTIONNELS ET DE LA COMMUNAUTE DANS
LA RESOLUTION DE L'EPINEUX PROBLEME DE LA
SANTE LIEE A L'EAU A BABADJOU

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L'accès à l'eau potable dans les campagnes des hautes terres de l'Ouest du Cameroun en général et à Babadjou en particulier est un véritable problème, d'où l'existence de nombreuses maladies à contamination orale. De plus, le paludisme y est la première cause de consultation et d'hospitalisation dans les formations sanitaires. Ainsi en vue d'y trouver des solutions et permettre le développement de cette localité, de nombreuses actions ont été entreprises. L'objectif de ce chapitre est de montrer la part des acteurs institutionnels et des populations dans la gestion de ces problèmes environnementaux. Nous allons ainsi distinguer les rôles joués par la communauté, les organisations non gouvernementales et par l'Etat dans la recherche de l'eau potable, de même que leurs actions dans la lutte contre le paludisme.

I- ROLES JOUES PAR LA COMMUNAUTE DANS LA

RECHERCHE DE L'EAU POTABLE

Nous parlerons ici des initiatives privées et associatives, du rôle de la municipalité et de la chefferie.

A- Des initiatives privées et associatives

Il s'agit des actions entreprises par des particuliers et par des groupes de populations au sein des comités de développement.

1-Les réalisations privées

Les actions des particuliers concernent la construction des forages, l'aménagement des sources et la réalisation des puits à usage collectif.

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a- Des forages très coûteux mais à faible durabilité

Le groupement Babadjou dispose comme nous l'avons vu dans le chapitre 2 de quatre forages privés. Il s'agit en fait des ouvrages réalisés par les élites lors de la construction de leurs villas (YEMELONG TEMGOUA, 2007). Ce sont des structures privées enfermées dans des barrières infranchissables. Certaines élites lors de cette construction font des extensions externes pour les populations environnantes du quartier où elles sont issues. C'est le cas par exemple au quartier Bamedousso où Monsieur D. J. (actuel maire de la commune de Babadjou) lors de la construction de sa maison y a fait un forage et a mis une extension externe qui alimente le reste du quartier et même les quartiers voisins en eau potable à travers une borne fontaine, ouverte au public à certaines heures de la journée.

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 12 : Borne fontaine à Bamendousso sur la nationale N°6

Cette borne fontaine est enfermée dans une barrière, ceci par souci de protection de l'ouvrage. Une initiative similaire a été faite au quartier Bamendjingha en 2002 par une élite extérieure de ce quartier qui en construisant sa maison avait mis en place un forage et plus loin hors de sa barrière et à quelques mètres de l'église et l'école primaire, en avait implanté un autre à usage collectif. Cependant il n'a été fonctionnel qu'une seule année et est défectueux aujourd'hui. Depuis ni l'initiateur, ni la population n'y ont trouvé de solution pour la réfection.

Des initiatives de ce genre sont nombreuses dans notre zone d'étude, cependant toutes ces réalisations ne sont pas opérationnelles. Nous pouvons mettre ce phénomène dans le compte de la politique et de l'orgueil. En effet, les élites de ces quartiers pour être élues, lors des campagnes électorales, font très souvent des promesses ou alors réalisent des ouvrages pareils à la veille des élections pour chercher à se positionner. Aussi, parce qu'elles sont de

richissimes hommes d'affaires ou des hauts cadres de la fonction publique et voudraient gagner la confiance des populations de leurs quartiers et se faire aimer, elles viennent généralement implanter de tels ouvrages sans aucune étude de faisabilité et d'impact au préalable, sans préparer les populations à les accueillir, ni même les impliquer dans la réalisation.

De l'avis du public, l'équipement de Babadjou en AEP ne devrait pas passer par la réalisation des forages parce que très coûteux (de 500.000fcfa pour un forage avec système de pompage manuel à 1.500.000fcfa pour un forage avec un système de pompage électrique) et la population n'est pas toujours préparée pour la maintenance.

b- La construction des puits communautaires : une alternative négligée

Des initiatives privées concernent aussi la réalisation des puits à usage collectif. Dans nos enquêtes, nous n'avons dénombré que 13% de la population disposent de puits (voir chapitre 1). Il s'agit de puits privés dans les concessions qui sont pour la plupart non protégés. Il faut souligner pour le regretter que Babadjou ne dispose pas de puits à usage collectif. Ce n'est qu'en 1998 qu'une élite alors député à l'Assemblée Nationale a entrepris la réalisation de deux puits à usage collectif : l'un au CMA de Babadjou et un autre à la chefferie. De nos jours seul celui situé au CMA est fonctionnel. Depuis aucune initiative de ce genre n'a été entreprise ni par la population, ni par l'initiateur lui même, ni dans un autre quartier du groupement.

Qu'en est-il des sources ?

c- Un potentiel mal utilisé : les sources naturelles

Il faut noter que très peu de personnes ont eu pour projet d'aménager les sources d'eau naturelles à Babadjou. Pourtant leur réalisation est très peu coûteuse (exige uniquement du ciment et du sable). La nature a doté Babadjou de nombreux points où l'eau en provenance des nappes phréatiques jaillit du sol. Cependant, une seule source à l'heure actuelle est aménagée (celle du quartier Bamedousso à quelque mètre de la nationale n°6).

Face à la faible représentativité des initiatives privées comment réagissent les comités de développement ?

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus