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Conflits hommes-faune sauvage en Inde du sud: déterminants spatiaux et socioculturels


par Paul Badaire
Le Mans Université - Master Gestion des Territoires et Développement Local 2018
  

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Université du Mans

Mémoire de 2ème année de Master

Mention Gestion des territoires et développement local Parcours Transition énergétique et développement

 

Conflits hommes-faune sauvage en Inde du Sud :

déterminants spatiaux et socioculturels

Paul Badaire

Mémoire dirigé par Mr. Andreu-Boussut

Session de Juin

Année universitaire 2017/2018

2

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier dans un premier temps mon directeur de mémoire, Mr. Andreu-Boussut, dont les conseils et les remarques ont permis d'enrichir ma réflexion et d'améliorer grandement la qualité de ce travail.

Je souhaite remercier aussi Mme Anitha, du Kerala Forest Resarch Institute, qui m'a suggéré le sujet des conflits hommes-animaux et sensibilisé sur les défis associés. En approfondissant la littérature sur ce sujet, j'ai découvert un champ d'étude, la coexistence hommes-faune sauvage, et une discipline, la géographie animale, passionnants.

Je remercie, de plus, Mr Madhusoodhanan, directeur adjoint de l'Aralam Wildlife Sanctuary et Mr Mir Mohammed, District Collector du district de Kannur, de m'avoir donné les autorisations nécessaires pour mener à bien le travail de ce mémoire, qui découle d'une initiative personnelle, sur le terrain de l'ouest de l'Aralam Wildlife Sanctuary.

Je remercie également Akhil, qui m'a assisté lors de l'enquête sur le terrain, à la fois pour la traduction et pour l'adaptation du questionnaire aux contraintes de la langue et des habitants.

Je remercie, en outre, les personnes qui ont accepté de participer à l'enquête et aux entretiens, à la fois pour la franchise et l'enthousiasme partagés.

Je remercie enfin Mrs. Karanth, Mrs. Emel, Mr. Sudakhar et Mrs. Talukdar pour leurs conseils et pour avoir gracieusement mis à ma disposition leurs articles scientifiques.

3

SOMMAIRE

REMERCIEMENTS 2

SOMMAIRE 3

1. INTRODUCTION 4

2. CONTEXTE DE L'ÉTUDE 24

3. MÉTHODOLOGIE 30

4. CARACTÉRISTIQUES SOCIOÉCONOMIQUES DE LA POPULATION

INTERVIEWÉE 34

5. CARACTÉRISTIQUES DES CONFLITS HOMMES-ANIMAUX EN PÉRIPHÉRIE DE

L'AWS 40

6. CONFIGURATIONS SPATIALES ET RISQUES DE DÉGRADATIONS AGRICOLES

..49

7. ATTITUDES DES HABITANTS ET DÉTERMINANTS SOCIO-CULTURELS 68

8. DISCUSSIONS ET RECOMMANDATIONS 83

9. CONCLUSION 93

ANNEXES 95

BIBLIOGRAPHIE 105

TABLE DES FIGURES 118

TABLE DES TABLEAUX 118

TABLE DES MATIERES 119

4

1. INTRODUCTION

1.1. Conservation et coexistence conflictuelle entre hommes et animaux

À l'ère de l'Anthropocène, le processus de domestication des terres émergées de la planète par les hommes pour répondre aux besoins provoqués par l'accroissement démographique et le développement économique semble irréfrénable, notamment dans les pays tropicaux. L'érosion de la biodiversité résultante atteint des niveaux inquiétants (UICN, 2018). Les forêts tropicales sont particulièrement soumises à d'intenses pressions et sont de plus en plus fragmentées (Taubert et al., 2018), alors qu'elles sont sources de bénéfices essentiels aux sociétés humaines, localement et globalement, et qu'elles forment les habitats naturels de faune et de flore endémiques d'une richesse exceptionnelle (Brandon, 2014; Gadgil et al., 2011). Leur protection est donc devenue un enjeu majeur pour l'humanité.

Les Aires Protégées (AP) sont un des outils de conservation ayant montré une certaine efficacité pour préserver la biodiversité dans les forêts tropicales (Beaudrot et al., 2016). Elles représentaient 15 % des terres émergées et 7 % des océans de la Terre à la fin 2017 (UICN, 2018). En Inde, elles représentent en 2018 : 4,93% du territoire1 et protègent la majorité de la biodiversité du pays (Karanth et al., 2008). Les AP sont définies dans l'article 2 de la Convention sur la Diversité Biologique, traité international signé au Sommet de la Terre de Rio en 1992, comme « a geographically defined area which is designated or regulated and managed to achieve specific conservation objectives » (United Nations, 1992, p. 6). Une aire protégée correspond donc à un espace géographiquement délimité et réglementé dans un but de protection particulier, comme sauvegarder un écosystème endémique en danger ou simplement fournir aux faunes locales un espace libre des pressions anthropiques. Cependant, loin d'être des espaces unidimensionnels fermés, ces aires se caractérisent plus par la notion d'interface et sont des lieux de coexistence de nombreux acteurs, humains et non-humains, dont les actions et interactions impactent l'équilibre de ces aires.

Malgré l'établissement d'une démarcation administrative entre les aires humaines et animales, les territoires de ces derniers ne sont pas étanches et ils ont tendance à s'entrecroiser (Bortolamiol et al., 2017). Les espaces vitaux des animaux s'inscrivent en effet souvent dans des écosystèmes plus larges que les délimitations administratives des AP et les restrictions spatiales imposées aux communautés locales peuvent être en inadéquation avec leurs besoins

1 http://www.wiienvis.nic.in/Database/Protected_Area_854.aspx

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(De Fries et al., 2010). Par exemple, certains animaux peuvent sortir de l'aire protégée lors de migrations, ou bien les habitants locaux peuvent y rentrer pour récolter certaines ressources forestières telles que des plantes médicinales. De même, une AP peut être connectée à plusieurs territoires humains différents selon les groupes d'acteurs les composants. Les AP et leurs périphéries sont ainsi des lieux de vie en commun (Estebanez et al., 2013), des espaces complexes de rencontres, de relations mais aussi de conflits possible entre les acteurs locaux, qu'ils soient humains ou animaux.

Dans les faits, l'établissement d'AP s'accompagne souvent de conséquences négatives pour les habitants en périphérie, notamment dans les pays tropicaux (DeFries et al., 2010). Les conflits homme-faune sauvage représentent ainsi le principal défi des politiques de conservation (Dickman, 2010). Les animaux sauvages ont en effet tendance à sortir de ces aires et peuvent provoquer des dégâts agricoles, matériels, physiques...(Seiler et Robbins, 2016). Les communautés vivant aux alentours des AP sont de plus souvent déjà vulnérables et ont peu de moyens pour faire face aux conséquences de ces conflits. Naughton-Treves et Treves (2005) notent ainsi que les plus désavantagés sont souvent les plus exposés aux risques de conflits avec les animaux. Les effets de ces conflits peuvent donc être dévastateurs sur la vie des habitants. Face à ces impacts, les humains peuvent répliquer, par exemple en tuant les animaux problématiques ou en détruisant leurs habitats naturels (Sillero et al., 2006). Ces conflits entre hommes et animaux sauvages peuvent ainsi remettre en cause la soutenabilité écologique et sociale de ces AP et le succès des politiques de conservation.

L'établissement d'AP peut donc mettre en compétition hommes et animaux sur l'accès et l'utilisation des ressources environnementales. La restriction spatiale imposée crée en outre une forme d'inégalité environnementale, que soit en termes d'accès ou sur d'exposition aux risques, dont les victimes sont les communautés locales en périphérie des AP (Sukumar, 1994). Les AP peuvent donc être sources de conflits à la fois entre hommes et animaux mais également entre hommes. La conciliation des besoins humains et de la faune sauvage est en conséquence un enjeu majeur des politiques de conservation de la biodiversité à la fois pour des raisons d'efficacité (pour atteindre l'objectif de conservation), mais aussi éthiques (Sillero et al., 2006). Une gestion durable des AP doit donc viser à articuler les intérêts globaux et locaux. Elle se doit ainsi de prendre en compte les besoins et les intérêts des communautés locales, tout en satisfaisant l'objectif de préservation de la diversité biologique.

Étant donné la nature ouverte des AP, encourager la cohabitation entre les hommes et la faune est donc primordiale pour atteindre les objectifs environnementaux et sociaux. La compréhension des tenants des conflits hommes-animaux et la recherche de solutions visant à

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les limiter et à promouvoir la coexistence est ainsi une des préoccupation principales de la conservation (Pooley et al., 2017; Redpath et al., 2015), d'autant plus que les conflits ont tendance à augmenter globalement avec la croissance démographique (WWF, 2008).

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