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Le sacrifice de l'animal dans les sociétés africaines précoloniales: le cas des Mbo à  la lumière ds égyptiens anciens

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par Cédric Stéphane Mbah
Université de Yaoundé 1 - Master 2 en Histoire 2017
  

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VI- EXPLICATION CONTEXTUELLE DES CONCEPTS

Les concepts à définir dans le cadre de notre travail sont des termes qui reviendront sans cesse pendant notre argumentation. Il s'agit de :rituel, rite, l'animal et sacrifice.

L'animal selon le dictionnaire universel18(*) un être vivant, doué de sensibilité et de mouvement. Il est un être hétérotrophe privé de la faculté de raisonner. Cependant, l'interprétation que René Girard attribut à l'animal, dans La Violence et le Sacré19(*), est que cet être vivant dans le contexte du sacrifice est un objet de substitution, un bouc émissaire. Pour Girard, l'utilisation de l'animal dans les sacrifices a pour but de détourner la violence sur un objet bouc émissaire. Cet objet est à la fois maudit, puisque la violence s'abat sur lui, mais il est en même temps sacré, puisqu'il permet le retour de la paix sociale. Bien que l'interprétation de René Girard ne soit pas très claire, elle puisse être utile pour comprendre le sens du bouc émissaire en tant que substrat humain dans le sacrifice, celui-ci est très différent de l'interprétation de Georges Gusdorf qui considère le bouc émissaire ou l'animal comme le véhicule des desideratas des hommes vers les divinités via le sang.

Le mot rituelse traduit en Mbo par ade'em20(*)  qui signifie habitudes ou manières de faires. Dans ce contexte, les sacrifices des animaux peuvent donc se comprendre comme des habitudes culturelles du peuple Mbo précolonial. Dans cette perspective avec le dictionnaire encyclopédique, nous pouvons admettre les rituels comme « un ensemble des règles et de cérémonies qui régissent la pratique d'un culte particulier ou d'une une religion21(*) ». En d'autres termes, le rituel peut s'appréhender comme unensemble de pratiques prescrites ou interdites, liées à des croyances magiques ou religieuses, à des cérémonies et à des fêtes selon la dichotomie du sacré et du profane, le pure et l'impur etc. Cette dernière conceptions'apparente à l'étymologie latine du mot rite « ritus ». Pour R. Otto,le rituel est l'ensemble des méthodes qui consistent à fixer la condition humaine dans un système stable en l'entourant de règles. Pour se faire on fait recours à des rites pour écarter de ce système tout ce qui symbolise son imperfection ; ou bien on se place symboliquement dans le monde de la puissance absolue, irréductible à la règle, et alors il n'y a plus à proprement parler de "condition humaine22(*).

Jean Cazeneuve précise que le rite est différent des autres coutumes par son caractère sacré mais aussi pour la répétition qui loin d'être un élément caractéristique est parfois la vertu principal23(*).Certes, le terme religion vient du latin religare qui signifie relier au divin. Mais le rituel à travers les ritesconsiste à laisser la capacité à l'homme de se mouvoir sans l'intervention de Dieu dans ses faits et gestes au quotidien. Le rituel à travers les rites consiste d'après Henri Bergson24(*), de  laissées à l'humain face à l'angoisse de son humanité. Dans ce sillage, l'observation scrupuleuse des rites devrait écarterde l'impureté.Dans un deuxième temps, les rituels doivent être maniés comme un principe de puissance magique, et dans la troisième enfin, la l'observation des rites et le maniement des rituels concèderaient à l'homme un caractère supra-humain de ce qui est du sacré. " Les rites pourraient alors être appréhendés comme pour reprendreGézaRóheim " les réactions possibles de l'humanité en face de son propre mystère25(*). " Ainsi le rite se comprend aisément comme un ensemble d'actes répétitifs, codifiés, d'ordre solennel, verbal, gestuel, postural à forte charge symbolique lié aux croyances. On peut donc distinguer les rites religieux (messe, sabbat), les rites séculiers (le protocole, le serment des jurés), etc. Les rites peuvent dès lors être collectifs (fête nationale), individuelles (prière intérieure), intime (la toilette corporelle), etc. Selon Malinowski, la raison primordiale des rites est " une sorte de réplique de l'instinct, une des créations de l'intelligence pour suppléer les règles instinctives qui lui font défaut.Ainsi, pour mener à bien un pratique sacrificielle de l'animal, le sacrifiant ou bien le sacrificateur est tenu de respecter les règles qui s'inscrivent dans la logique du rite de sacrifice de l'animal qui peut être rituel.

Le terme sacrificepasse dans le langage courant pour désigner le fait de détruire ou laisser détruire stratégiquement une partie d'un ensemble en vue d'un objectif global jugé plus important : sacrifier une escouade afin de gagner notamment une bataille ou une guerre, ou au travail, aux études, etc. Or si nous nous en tenons à l'étymologie de ce mot, nous arriverons à l'évidence que ce mot à un sens beaucoup plus anthropologique qu'idéologique. Le sacrifice étymologiquement le sacrifice vient du latin de « sacer facere » qui désigne une offrande, en particulier de la nourriture, des objets voire des vies humaines ou animales, à une ou plusieurs divinités.

Selon l'étymologie du terme sacrifice, qui renvoie à la notion d'offrande, les Egyptiens anciens désignent ce terme par «Hetep » qui signifie être en paix, être satisfait. Il désigne également la table à offrande. Les offrandes dans la société égyptienne reposent sur les éxécution des rituels pour maintenir l'équilibre et l'harmonie de l'univers. Cette conception, intrinsèquement d'un point de vue microcosme contribue également de maintenir un équilibre intérieur. Ceux qui performent les offrandes dans la société égyptienne le justifient par le corolaire de pouvoir obtenir la faveur des dieux et maintenir l'ordre dans la communauté. Pour cette raison, les sacrifices font partie intégrante des offrandes dans la société égyptienne. Cependant, la portée n'est pas individualiste, il faut concevoir la spiritualité d'un point de vue social.

Pour René Girard lesacrifice peut se comprendre comme un échange entre les hommes qui le pratiquent et les puissances divines qui le reçoivent dons contre dons, à proportion de la situation et de la qualité des personnes engagées dans l'échange. Do ut des, je donne pour que tu donnes, selon la formule latine bien connue. Le don n'est jamais gratuit mais s'effectue selon des codes sociaux précis et réglés par la tradition reconnait-il. Aussi, Francesca Prescendi Morressi précise que le sacrifice étant un échange, il est un partage. Une des formes est donc le repas sacrificiel où la victime est « sacrifiée » puis consommée de concert entre Hommes et Dieux, chaque partie recevant sa part, différence qui marque la séparation en le ciel et la terre mais aussi leur communion. Le sacrifice doit donc s'entendre comme une frontière, mais une frontière où l'on se rencontre et où l'on échange, aux dons des hommes devant répondre les dons des Dieux26(*).Dans ce contexte du sacrifice de l'animal qui est notre sujet de recherche devient par cette observation de Girard un rituel d'autant plus qu'il met en exergue des règles ou des codes sociaux à observer.

Grosso modo, le sacrificiel de l'animal peut être défini comme l'ensemble des cérémonies et pratiques réglées par des variables de caractère sacré pendant l'immolation de l'animal au sein d'une communauté donnée, dans le but de recevoir les faveurs divines nécessaires à l'équilibre socio-cosmique et spirituel. Dans la continuité d'une analyse intéressante de notre travail, il sera important de ressortir un cadre théorique qui sied au thème principal de notre recherche.

* 18Dictionnaire universel, France Hachette Edicef, pp58

* 19 R. Girard, La violence et le sacré, paris, 1977, P 54

* 20 Etamé Ewané, Lisez et écrivez la langue Mbo, polycopies.

* 21 Dictionnaire encyclopédique, Hachette, Paris, 1980, p.1112.

* 22R. Otto, Le sacré, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1932 p. 22

* 23 J. Cazeneuve, Rite et la condition, Gallimard, Paris, 1959, p. 17.

* 24 Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, Alcan, Paris, 1930

* 25G. Róheim, The Oedipus complex, magic and culture, International Universities Press, New-York, 1950, p 85

* 26 F. P. Morressi, « Décrire et comprendre le sacrifice : les réflexions des Romains sur leur propre religion à partir de la littérature antiquaire », Thèse de Doctorat Ph.D en Anthropologie, EPHE, 2005.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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