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Socio-histoire d'une offre alternative de transport urbain: etude du cas des «woro-woro» de yopougon (abidjan, cote-d'ivoire)


par Yerehonon Jean Zirihi
Université Alassane Ouattara (Ex Université de Bouaké) - Doctorat  2015
  

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Chapitre 2

Concurrence entre responsabilités et émergence
des spécialités des woro-woro

Les lois de décentralisation, mises en place dès le début des années 1980, en Côte d'Ivoire, dans un contexte de crise économique, ont modifié les arbitrages entre les acteurs des secteurs public et privé impliqués dans la gestion de services des transports urbains. La pluralité d'acteurs qui intervient dans le contrôle des taxis collectifs (woro-woro), pose évidemment la question de leur définition en tant que service public. En effet, dans le contrôle des activités des woro-woro, il y a d'abord, les autorités municipales, le district d'Abidjan et les représentants de l'Etat (AGETU) qui se réclament à juste titre de la loi. Puisque la gestion des

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activités de la rue dont le woro-woro relève a priori du domaine public, même si dans la pratique ces acteurs institutionnels sont condamnés dans la plupart des cas à jouer les seconds rôles. Alors que leur pouvoir devrait être total en matière de contrôle des taxis collectifs, ils sont souvent mis dans des situations de fait accompli. N'intervenant finalement que secondairement sur un marché de transport où ils semblent de plus en plus mis en difficulté. À ceux là, s'ajoutent dans quelques cas les jeunes des villages rattrapés par l'urbanisation76 qui brouillent encore un peu plus ce champ d'intérêts déjà complexe. Il y a enfin (quoique la liste ne soit pas exhaustive) les syndicats de transporteurs. Ces derniers méritent une attention toute particulière, car leur intérêt pour les transports alternatifs est révélateur des liens multiples qui associent ces acteurs aux «officiels» des transports.

2.1. Les woro-woro, un transport émergeant à problèmes?

La question du contrôle des woro-woro est essentielle, car selon (Tellier 2005), ces taxis participent à un équilibre conciliant l'intérêt des collectivités territoriales (fiscalité), les rentes des propriétaires et locataires d'agréments, les emplois et les revenus des chauffeurs et un service de transport socialement utile au grand public. Ainsi, ce n'est pas l'utilité publique de cette offre de transport en tant que telle qui est remise en cause. Mais ce qui pose problème, c'est la démultiplication des pôles de décision aux intérêts parfois identiques et contradictoires et qui entretiennent des relations très fluctuantes et s'investissent différemment en fonction de leurs propres impératifs stratégiques autour de ces transports (Chabault 2011). La restitution du sens d'une telle observation en lien avec la décentralisation se heurte aux justifications nécessairement contradictoires qu'en donnent les acteurs. À la pluralité des objectifs qu'elle peut servir, correspond la complexité du dispositif d'encadrement accentuée par la multitude de textes qui

76 Les lignes créées en direction des villages sont contrôlées par les jeunes de village supervisés par la chefferie sous la supervision des syndicats et de la mairie. Cette situation est vécue particulièrement sur les liaisons en direction des villages de Béago et de Niangon Lokoi.

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l'organisent. En l'espace de quelques décennies, pas moins de trois lois de natures diverses viennent d'être adoptées en vue de renforcer l'encadrement des transports alternatifs. La loi de 1980 portant statut de la ville d'Abidjan, qui précise les attributions du maire pour la délivrance des autorisations, l'approbation des tarifs, la perception des redevances relatives à l'exploitation des transports publics dans la ville. La loi 95-6609 du 3 août 1995, élargissant les compétences des communes en matière de police routière. Le décret n° 2000-99 du 23 février 2000 créant une agence des transports publics. Dans ce cadre, les débats sur la responsabilité en matière de contrôle des transports collectifs peuvent servir de révélateur des enjeux de pouvoir, des conceptions qui s'affrontent. Bien qu'elles n'en soient pas l'axe majeur, les oppositions entre district et mairie concernant les taxis collectifs révèlent les enjeux des différents groupes d'acteurs qui se sont constitués autour des woro-woro et dont les actions contribuent à l'émergence de ces transports.

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