|
REPUBLIQUE DU BENIN
????????????
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
????????????
UNIVERSITE D'ABOMEY-CALAVI
????????????
ECOLE NATIONALE D'ADMINISTRATION ET DE
MAGISTRATURE
?????????????
MEMOIRE DE FIN DE FORMATION POUR L'OBTENTION DU
DIPLÖME D'ADMINISTRATEUR DES FINANCES
????????????
OptionFilière
Administration des FinancesAdministration des Finances
et du Trésor
Année académique :
2014-2015
EXAMEN DES NOUVEAUX DEFIS DU PROCESSUS DE FORMULATION DU
BUDGET DE PERFORMANCE
Thème
Réalisé et soutenu publiquement
par : MAGBONDE Yêtingnon
Barthélémy
Sous la direction de :
Pierrot SEGO, Administrateur des Banques et
Institutions Financières ; Assistant du DGB.
Maître de stageDirecteur de
mémoire
Tous droits réservés
Janvier 2016
Dr. Cossi TOBOSSI, macro économiste ; Enseignant
à l'ENAM.
IDENTIFICATION DU JURY
PRESIDENT: Edgard R.
GBINLO
VICE-PRESIDENT: Camille
MIGAN
MEMBRE : Firmin DANHOUNDO
DECLARATION D'ENGAGEMENT DE L'AUTEUR
L'école nationale d'administration et de
magistrature n'entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions
émises dans ce mémoire. Ces opinions doivent être
considérées comme propres àleur auteur.
DEDICACE
A mon père
LéonardMAGBONDE et à ma mère
MarguériteTOSSA ;tout le mérite vous
revient.
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier en tout premier lieu et
très chaleureusement,M. CossiTOBOSSI, économiste de
développement et, M. Pierrot SEGO, Administrateur des Banques et
Institutions Financières, Assistant du DGB, qui ont coordonné mes
travaux en vue du présent mémoire. Toujours disponibles
dès la phase de recherche, mais également tout au long de la
rédaction, et ce malgré leurs responsabilités importantes
et multiples, ils ont su me donner des conseils précis d'une
utilité déterminante, sans pour autant m'imposer un quelconque
modèle de pensée.
Je souhaite également exprimer ma reconnaissance
particulière envers M. OTEYAMI, Chef du service ordonnancement et
comptabilité administrative de la DEB et M. FADONOUGBO, Chef du service
de la centralisation de la DPB, qui se sont véritablement rendus
disponibles pour me fournir quelques informations à leur disposition.
Enfin j'adresse mes remerciements les plus sincères :
- à tous les personnels enseignant et administratif et
au Directeur de l'ENAM pour les efforts consentis dans le cadre de ma formation
;
- à tout le personnel de la DGB pour leur contribution
;
- à toutes les personnes qui ont accepté de me
rencontrer au titre de mes recherches ;
- à toutes les personnes qui, d'une manière ou
d'une autre, ont contribué à la réalisation de ce
mémoire.
LISTE
DES SIGLES ET ABREVIATIONS
|
BGE :
|
Budget Général de l'Etat
|
|
CDMT :
|
Cadre de Dépenses à Moyen Terme
|
|
CF :
|
Contrôle Financier
|
|
CSPEF :
|
Cellule de Suivi des Programmes Economiques et Financiers
|
|
DEB :
|
Direction de l'Exécution du Budget
|
|
DGAE :
|
Direction Générale des Affaires Economiques
|
|
DGB :
|
Direction Générale du Budget
|
|
DGDDI :
|
Direction Générale des Douanes et Droits
Indirects
|
|
DGI :
|
Direction Générale des Impôts
|
|
DGTCP :
|
Direction Générale du Trésor et de la
Comptabilité Publique
|
|
DPB :
|
Direction de la Préparation du Budget
|
|
DPBEP :
|
Document de Programmation Budgétaire et Economique
Pluriannuelle
|
|
DPC :
|
Direction de la Prévision et de la Conjoncture
|
|
DPPD :
|
Document de Programmation Pluriannuelle des Dépenses
|
|
INSAE :
|
Institut National de la Statistique et de l'Analyse
Economique
|
|
LOLF :
|
Loi Organique relative aux Lois de Finances
|
|
MEFPD :
|
Ministère de l'Economie, des Finances et des Programmes
de Dénationalisation
|
|
SIGFIP :
|
Système Intégré de Gestion des Finances
Publiques
|
|
TOFE :
|
Tableau des Opérations Financières de l'Etat
|
|
UEMOA :
|
Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.
|
|
|
Niv. d'anal= Niveau d'analyse ; Niv.géné=
Niveau général
|
|
Graphiques
|
Intitulés
|
Pages
|
|
Graphique n°1
|
répartition des données d'enquête relatives
au problème de la non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget
|
47
|
|
Graphique n°2
|
répartition des données d'enquêterelatives
à l'absence d'obligation formelle de présentation des outils de
gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
|
48
|
|
Graphique n°3
|
répartition des données d'enquête relatives
à la faible contribution du contrôle financier à la
sincérité des prévisions budgétaires
|
48
|
|
Graphique n°4
|
répartition des données d'enquête relatives
au non-respect de certains critères de convergence de l'UEMOA
|
49
|
LISTE DES TABLEAUXetGraphiques
|
Tableaux
|
Intitulés
|
Pages
|
|
Tableau n°1
|
Ordre de priorité des ODD
|
15
|
|
Tableau n°2
|
identification des PAR possibles
|
24
|
|
Tableau n°3
|
le GPAR retenu
|
26
|
|
Tableau n°4
|
Le PAR spécifié
|
28
|
|
Tableau n°5
|
Formulation de la problématique choisie
|
31
|
|
Tableau n°6
|
Tableau de bord de l'étude
|
37
|
|
Tableau n°7
|
synthèse du diagnostic
|
51
|
|
Tableau n°8
|
synthèse de l'étude
|
60
|
GLOSSAIRE
Budget :Dans un sens large, le mot
« budget » s'entend de tout document comptable traduisant un plan
d'action dans le domaine financier. Mais du point de vue juridique, le mot a un
sens plus précis. Seuls constituent des budgets, les documents qui
prévoient et autorisent pour l'année à venir, les
dépenses et les recettes des personnes publiques ou organismes
publics.
Budget en base « zéro » :
procédé de planification et de budgétisation exigeant de
chaque composante, la justification détaillée de la
totalité de son budget et en lui demandant d'apporter la preuve de la
nécessité des dépenses projetées.
Cadremacroéconomique : compilation de
scénarios économiques pluriannuels formulés sur la base
d'hypothèses concernant l'évolution de l'environnement
économique national et international (ex. croissance de la zone UEMOA,
prix du pétrole, cours du dollars, consommation des ménages,
exportations, investissements des entreprises, évolution des prix
à la consommation, besoin de financement des administrations publiques,
etc. ...). Le cadrage macroéconomique formule ainsi plusieurs
scénarios en tenant compte de la variation probable de ces
hypothèses et de leurs conséquences en termes d'interaction :
l'objectif est d'anticiper l'évolution à moyen terme de
l'économie nationale et d'éclairer la décision politique
quant aux choix à effectuer (ex. soutien à la consommation des
ménages, privatisation, augmentation/baisse des impôts, etc.).
Document de Programmation Budgétaire et
Economique Pluriannuelle (DPBEP) : instrument de programmation
pluriannuelle glissant pourl'ensemble des recettes et des dépenses.
Couvrant une périodeminimale de trois ans, la première
année correspondant àl'exercice visé par le projet de loi
de finances que le DPBEPaccompagne, il se compose de deux parties : une
partiedécrivant les perspectives de recettes décomposées
par grandescatégories d'impôts et de taxes et d'une partie
consacrée auxdépenses budgétaires
décomposées par grandes catégories dedépenses.
Document de Programmation Pluriannuelle des
Dépenses (DPPD) : instrument budgétaire sectoriel
pluriannuel glissant établi enréférence au DPBEP, les DPPD
présentent l'évolutionbudgétaire des programmes sur une
période de trois ans. Tousles ministères, budgets annexes et
comptes spéciaux présententchacun un DPPD qui regroupe les
programmes qui leur sontassociés. Ces documents constituent les supports
deprésentation pour :les crédits des programmes du secteur
(année du projet de loi de finances et années suivantes) ;les
résultats «cibles» poursuivis par les objectifs et les
indicateurs. Les DPPD sont ainsi les vecteurs principaux de la performance :
à travers les programmes qui les composent, ils précisent les
objectifs et les indicateurs retenus pour chacune des politiques publiques.
Indicateur de performance :
représentation chiffrée qui mesure la réalisation d'un
objectif et permet d'apprécier le plus objectivement et le plus
fidèlement possible le niveau de performance d'une institution ou d'un
service. Un bon indicateur doit être pertinent (c'est-à-dire
spécifique et représentatif), pratique (c'est-à-dire
simple, compréhensible, produit annuellement à un coût
raisonnable), mesurable et fiable (bien défini en termes
méthodologiques, précis, sensible à la
réalité mesurée mais non manipulable et
vérifiable).
Pacte de convergence de l'UEMOA :
traité établi entre les huit pays membres de l'Union Economiqueet
Monétaire Ouest-Africaine afin « d'assurer une meilleurediscipline
budgétaire en appui à la politique monétaire commune,afin
de créer les conditions propices à la stabilité des prix
et àune croissance forte et durable » et établissant des
critèresencadrant les marges de manoeuvres nationales en
matièrebudgétaire et fiscale.
Performance : selon le guide didactique de
l'UEMOA, la performance est une mesure selon laquelle une action obtient des
résultats conformes aux objectifs affichés ou
planifiés.
Régulation budgétaire :
compétence du ministre en charge des finances consistant à
rendreindisponibles à titre provisoire ou définitif des
crédits ouverts(AE/CP) sur les budgets des ministères en cours
d'exercice afind'éviter la dégradation de l'équilibre
financier défini par la loi definances.
RESUME
La réforme des finances publiques a
inéluctablement induit des attitudes nouvelles, des mutations dans le
cadre procédural. C'est justement pour mesurer les impacts de ces
innovations afin d'identifier les potentiels défis à relever
à l'ère de la nouvelle LOLF que nous avons décidé
de mener une étude sur le
thème : « Examen des nouveaux
défis du processus de formulation du budget de performance
». L'objectif général d'une telle étude
est donc de déterminer les conditions d'amélioration du processus
d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle LOLF.
Après examen de l'état des lieux, le problème
général qu'il convient de résoudre est libellé
:Insuffisances dans le processus d'élaboration du budget à
l'ère de la nouvelle LOLF. Ce problème général se
manifeste essentiellement par :
- la non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget ;
- l'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles ;
- la faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires ;
- le non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA.
Au regard de ces problèmes, des objectifs
spécifiques de recherche ont été fixés ; des
hypothèses ont été formulées et une enquête a
été diligentée dans le but de vérifier les
hypothèses émises. De l'analyse des données
d'enquête, le diagnostic révèle que :
- la non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget relève non
seulement de la livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE mais
surtout du défaut de dépôt de bilans de certains organismes
publics à la DGAE ;
- l'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
s'explique par l'absence de pilotage de programmes de développement en
leur sein ;
- la non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaire est responsable de sa
faible contribution à la sincérité des prévisions
budgétaires ;
- la rigidité de certains agrégats
budgétaires est à la base du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA.
Ce diagnostic étant établi, nous sommes à
même de proposer des solutions susceptibles d'anéantir les
problèmes constituant d'handicaps. C'est justement ce à quoi est
consacré le deuxième Paragraphe du second chapitre du
présent document.
SOMMAIRE
INTRODUCTION
2
CHAPITRE PREMIER :Présentation du
cadre contextuel de l'étude, observations de stage et choix de la
problématique d'amélioration du processus d'élaboration du
budget sous le régime de la nouvelle LOLF
4
Section 1 : Cadre contextuel de l'étude et
observations de stage
5
Section 2 : Choix de la problématique
d'amélioration du processus d'élaboration du budget sous le
régime de la nouvelle LOLF
22
CHAPITRE DEUXIEME :Approches théoriques
et méthodologiques de l'étude, et réflexions
sugestives
32
Section 1 : Cadres théorique et
méthodologique de l'étude
33
Section 2 : Vérification des
hypothèses et approches de solutions
44
CONCLUSION
62
Références
bibliographiques
64
ANNEXES
66
Table des matières
xviii
INTRODUCTION
Dans la pratique béninoise des finances publiques, le
budget au plan national est souvent désigné sous le vocable du
??Budget Général de l'Etat'' (BGE). Les budgets annuels sont
présentés et soumis à l'adoption de l'Assemblée
Nationale (AN) à travers des lois de finances. L'élaboration de
ces budgets obéit à des pratiques reconduites d'une année
à une autre.
Face aux résultats mitigés de la mise en oeuvre
de ces différents Budgets Généraux de l'Etat, le
Gouvernement béninois a entrepris, après un diagnostic du
système budgétaire et financier réalisé en 1999,
une nouvelle approche budgétaire basée essentiellement sur la
« gestion axée sur les résultats ». Il s'est
agi de passer d'une logique de budgets fondés sur les moyens à
une logique de budgets fondés sur les résultats ou objectifs,
à travers une plus grande responsabilisation des ministères dans
la préparation, l'exécution et le suivi-évaluation de
leurs budget-programmes. Envisagé depuis 2000, cela a été
définitivement consacré en 2005 par l'adoption du décret
n°2005-789 du 29 décembre 2005 portant approbation du cadre de
réforme de la gestion budgétaire axée sur les
résultats.Cette nouvelle approche budgétaire nécessite
l'élaboration de budgets de programmes dont la qualité
dépenden priorité d'un Cadre de Dépenses à Moyen
Terme (CDMT) qui lie les résultats aux moyens financiers ou qui assure
une meilleure qualité à la programmation.
C'est dans cette logique qu'à l'échelle
internationale et au plan communautaire, l'exigence d'une nouvelle pratique
budgétaire s'est imposée. Les pays membres de l'Union Economique
et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) ne sont pas restés
indifférents à cette vague de réformes. Le Conseil des
Ministres de l'UEMOA a ainsi édicté des directives dans une
logique d'harmonisation des finances publiques au sein de l'Union. Un ensemble
de huit (8) directives avait été prises depuis 2009, et
constituent le cadre harmonisé des finances publiques dans l'Union. Les
Etats membres ont dès lors l'obligation d'internaliser ces directives.
C'est justement pour satisfaire à cette exigence qu'en 2013 le
Bénin a promulgué une nouvelle loi, la loi organique
n°2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux lois de finances
(LOLF/2013 ou encore nouvelle LOLF), en
remplacement de la loi organique n°86-16 du 26 septembre 1986 relative aux
lois de finances.
La promulgation d'une telle loi constitue une avancée
louable en matière juridique. Mais la mise en oeuvre constitue un
apprentissage nouveau avec des exigences nouvelles, parfois méconnues de
certains acteurs du processus d'élaboration des lois de finances. Le
poids de l'empirisme budgétaire influence les actions et tâches y
relatives et certaines difficultés se dressent, du cadrage
budgétaire à la promulgation des lois de finances, et parfois
même après cette étape ; toute chose qui mérite
qu'on s'y attarde afin de déceler et d'apporter des réponses
idoines aux préoccupations handicapant le processus budgétaire.
Réfléchissant dans ce sens, nous avons
décidé de mener une étude visant l'amélioration
du processus d'élaboration du budget sous le régime de la
nouvelle LOLF, sous le thème «Processus de
formulation du budget de performance : examen des nouveaux
défis ». Pour des raisons de commodité,
dans sa version définitive, ce thème a été repris
et se libelle : « Examen des nouveaux
défis du processus de formulation du budget de
performance ».Ce faisant, nous comptons apporter
notre contribution à la dynamisation, à la
sincérité, à l'efficacité et à la
rationalité du système de prévision et de
budgétisation des actions gouvernementales de développement dans
le double objectif d'assurer le respect des textes que le pays s'est librement
donné et d'impacter les populations à la base après la
mise en oeuvre des politiques et programmes soigneusement définis et
budgétisés.
Cette étude s'articule autour de deux (02) chapitres
fondamentaux : un chapitre premier consacré à la restitution des
observations de stage suivie du choix de la problématique de
l'étude après une brève présentation du cadre
contextuel de recherche ; et un second et dernier chapitre traitant du
cadre théorique et méthodologique de l'étude à
travers sa conception et sa mise en oeuvre, ainsi que des approches pratiques
de solutions accompagnéesde recommandations pour une meilleure
efficacité des solutions proposées.
CHAPITRE PREMIER :
Présentation du cadre contextuel de l'étude,
observations de stage et choix de la problématique d'amélioration
du processus d'élaboration du budget sous le régime de la
nouvelle LOLF
Ce chapitre présente le cadre contextuel de
l'étude et les observations de stage ainsi que le ciblage de la
problématique de l'étude.
Section 1 : Cadre contextuel de l'étude et observations
de stage
Nous présenterons l'état des lieux après
le cadre contextuel.
Paragraphe 1 : Présentation des cadres institutionnel,
physique et environnemental de l'étude.
I-
Cadre institutionnel de l'étude : le Ministère de l'Economie,
des
Finances et des Programmes de Dénationalisation
(MEFPD)
Le MEFPD est présenté à travers ses
attributions et sa structure organisationnelle.
A-
Attributions du MEFPD
Les missions et attributions du Ministère de
l'Economie, des Finances et des Programmes de Dénationalisation (MEFPD)
sont prévues et définies dans le décret n°2014 - 757
du 26décembre 2014 portant attributions, organisation et fonctionnement
du Ministère de l'Economie, des Finances et des Programmes de
Dénationalisation. En vertu de ce décret, le MEFPD a pour
missions de proposer et de mettre en oeuvre la politique économique et
financière du Gouvernement et de l'Etat. A ce titre, il est
chargé entre autres :d'élaborer les projets de Loi de Finances
(LF) ;d'assurer la préparation du Budget Général de l'Etat
;de négocier les prêts et de gérer la dette publique ;de
coordonner la mise en oeuvre des réformes budgétaires et fiscales
engagées dans le cadre des appuis budgétaires avec la
communauté financière internationale ;d'assurer le contrôle
de la régularité et de l'efficacité de la gestion de tous
les fonds publics ;d'assurer les fonctions relatives à la
fiscalité, au crédit, à la monnaie et aux
assurances ;de gérer les domaines public et privé de l'Etat
;d'élaborer et de mettre en oeuvre la politique d'intégration
régionale, économique, financière et monétaire du
Gouvernement ;defournir auGouvernement lesprévisions sur
lesévolutions externes
etlediagnosticsurlesproblèmesinternesàpartirdesdonnées,desfaitsetchiffres ;d'assurerlaqualitédelagouvernanceetducontrôleenveillantàl'améliorationdesperformances,aurespectdel'intérêtgénéral,desvaleursrépublicaines,de
l'éthiqueetdesnormes ;d'assurer l'organisation des moyens en
déterminant lesplans, programmes,
projetsetbudgets ;dedéfinirlastructuredesresponsabilitésd'exécutiondanslerespectdesdispositionsduprésentdécret;d'assurer
laconduitedeshommesetdesfemmesparunchoixjudicieux,unrecyclagepermanent,unemobilisationetunemotivationpermanentesdesressourceshumaines ;etc.
B-
Organisation duMEFPD
Dans le but de remplir fidèlement ses missions, le
Ministère de l'Economie, des Finances et des Programmes de
Dénationalisation s'appuie sur diverses structures ayant des
attributions spécifiées. Il s'agit notamment :
ü du Cabinet ;
ü des structures directement rattachées au
Ministre dont : le Contrôle Financier ; l'Inspection
Générale des Finances ; la Cellule de Surveillance des
Structures Financières Décentralisées ;la Cellule d'Appui
à l'Ordonnateur National du Fonds Européen de
Développement ;le Secrétariat Permanent de la Commission
Technique de Dénationalisation ; etc.
ü du Secrétariat Général ;
ü des Directions générales dont : la Direction Générale du Budget (DGB)
;la Direction Générale des Affaires
Economiques(DGAE) ; la Direction
Générale des Impôts (DGI) ;la
Direction Générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI), et la Direction Générale du
Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) ;
ü des Directions centrales que
sont : la Direction des Ressources Humaines, la Direction des Ressources
Financières et du Matériel, la Direction de la Programmation et
de la Prospectives, et la Direction de l'Organisation, de l'Informatique et de
Pré archivage ;
ü des structures sous tutelle (telles que la Caisse Autonome
d'Amortissement, la Loterie Nationale du Bénin, l'Agence Nationale du
Domaine et du Foncier, etc.).
II-
Cadre physique et environnemental de l'étude
Le cadre physique est constitué essentiellement de la
DGB1(*), tandis que le cadre
environnemental est subdivisé en micro et macro environnement.
A- la
Direction Générale du Budget (DGB) et la DPB
Les attributions et l'organisation sont mises en exergue ici.
1- Attributions et organisation de la DGB
ü Attributions
Une des Directions clé du MEFPD, la DGB dispose des
attributions qui sont exposées par l'arrêté
n°0133/MEFPD/DC/SGM/DGB du 18 janvier 2015. Au nombre de ses
attributions, nous distinguons :l'élaboration des lois de finances
initiales et rectificatives;l'exécution des dépenses
réparties de personnel et les dépenses non réparties du
Budget Général de l'Etat ;la conception, la mise en oeuvre, le
suivi et l'évaluation des réformes
budgétaires ;l'application du code des pensions de retraites ;la
formation professionnelle et le recyclage du personnel appartenant au corps de
l'Administration Centrale des Finances ; ...
ü Organisation de la DGB
Conformément à l'arrêté
précédemment cité, la DGB s'est organisée en sept
Directions. Il s'agit de :
· la Direction de la Préparation du Budget (DPB)
qui est chargée entre autres de l'élaboration des lois de
finances, de l'étude de toutes les questions ou textes susceptibles
d'avoir des répercussions sur les Finances Publiques ;
· la Direction de l'Exécution du Budget (DEB) qui
s'occupe de l'engagement, de la liquidation et de l'ordonnancement des
dépenses imputées sur les charges non réparties entre les
institutions de l'Etat et les ministères, et de la liquidation des
rappels de soldes et accessoires des Agents de l'Etat ;
· la Direction des Dépenses en Capital (DDC) qui
est chargée de la préparation du budget d'investissement public
et de la détermination du financement intérieur au budget
d'investissement public en liaison avec la DPB et la Direction de la
Prévision etde laConjoncture(DPC) de la Direction Générale
des Affaires Economiques (DGAE). Elle gère également plusieurs
types de dépenses à savoir les dépenses relatives aux
projets entièrement financés par l'Etat, les dépenses
afférentes aux contreparties du Bénin dans le cadre des projets
cofinancés avec les Partenaires Techniques et Financiers et les
dépenses relatives aux libérations des parts du capital social
des institutions financières nationales et autres institutions
internationales ;
· la Direction des Pensions et des Rentes Viagères
(DPRV) qui élabore et exécute le budget annexe du Fonds National
des Retraités du Bénin en même temps qu'elle suit son
exécution. Elle détermine les droits à pension et des
rentes viagères, liquide et ordonnance les pensions et les rentes
viagères, étudie toutes les questions et projets de textes
relatifs aux pensions et aux rentes viagères ainsi que la tenue du
fichier des pensionnés ;
· la Direction du Centre de Formation Professionnelle de
l'Administration Centrale des Finances (D/CFPACF) qui assure la formation, le
recyclage et le perfectionnement du personnel de l'Administration Centrale des
Finances et, éventuellement, celui des autres départements
ministériels exerçant des fonctions incombant aux agents de
l'Administration Centrale des Finances ;
· la Direction de la Gestion des Ressources
(DGR)chargée de centraliser les informations relatives à la
gestion du personnel de la DGB ; d'assurer la gestion des ressources
financières de la DGB ; de gérer le parc automobile de la
DGB ; etc.
· la Direction de l'Informatique (DI) s'occupant des
questions relatives aux logiciels, applications informatiques et
statistiques.
Pour une plus grande efficacité dans l'exécution
des missions, certaines structures et personnes sont directement
rattachées au Directeur Général du Budget. Il s'agit du
Secrétariat du Directeur Général, de l'Equipe Technique
d'Appui à la Réforme Budgétaire, de l'Adjoint et de
l'Assistant du Directeur Général.
2- Présentation de la DPB
Au sein de la DGB, la DPB reste la cheville ouvrière
s'occupant spécialement du volet de préparation du BGE et des
projets de lois de finances. Pour bien réussir cette mission qui lui est
assignée, outre le secrétariat, la DPB dispose de deux services :
un service de la centralisation et un service des études et de la
statistique.
ü LeService de la Centralisation (SC)
Le Service de la Centralisation est chargé :
· de confectionner les états
détaillés des dépenses et des recettes ainsi que les
tableaux des effectifs numériques par institution de l'Etat et par
ministère annexés à la loi de finances ;
· de dépouiller et de centraliser les propositions
budgétaires de recettes des régies financières et les
propositions budgétaires de dépenses des ministères, des
institutions de l'Etat et des organismes administratifs ;
· de l'élaboration du BGE en liaison avec le
Service des Etudes et de la Statistique.
· d'étudier toutes les demandes visant à
modifier les autorisations budgétaires de dépenses de la loi de
finances et de rédiger les projets de textes subséquents ;
etc.
Le SC dispose en son sein de trois divisions de la
centralisation des dépenses et d'une division de la centralisation des
recettes.
ü Le Service des Etudes et de la
Statistique(SES)
Ce Service s'occupe, entre autres, du suivi de
l'exécution des opérations du Budget Général de
l'Etat, de la réalisation du cadrage budgétaire; de
l'élaboration des textes de lois de finances et des documents qui lui
sont annexés, du suivi de l'évolution des différents
agrégats macro-économiques et des informations relatives à
la conjoncture économique, en liaison avec la Direction de la
Prévision et de la Conjoncture (DPC) de la DGAE.
Le Service des Etudes et de la Statistiquecomprend quatre
divisions que sont : la Division des Etudes, la Division du Suivi de
l'Exécution du Budget, la Division des Collectivités Localeset la
Division de la Statistique.
B- Le
micro et le macro environnement de la DGB
L'environnement s'entend ici de l'ensemble des acteurs (micro)
et des facteurs (macro) qui influent sur la réalisation des
activités du cadre physique ciblé.
1- Le microenvironnement de la DGB
Dans le cadre de notre étude, les acteurs qui
interviennent et qui influencent le processus d'élaboration du Budget
Général de l'Etat se composent essentiellement des structures
associées ou consultées tout au long du processus de formulation
du budget. Il s'agit de :
- la DGAE pour la définition du cadre
macroéconomique et travaux connexes ;
- la DGIFD pour les travaux de définition et de
pré validation des orientations économiques budgétaires,
les réunions techniques, séminaires de formation et
conférences de budgétisation, la consolidation des propositions
budgétaires retenues par institution de l'Etat et ministère,
etc.
- les ministères sectoriels pour les ateliers et autres
travaux de budgétisation ;
- le secteur privé et la société civile
pour la définition des orientations économiques
budgétaires, et les réunions techniques.
- la Direction Générale du Suivi des Projets et
Programmes (DGSPP) et les Direction de la Programmation et de la Prospective,
pour les travaux d'assainissement du portefeuille actif du Programme
d'Investissement Public ;
- leConseiller Technique aux Affaires Fiscales (CTAF), le
Conseiller Technique à l'Economie (CTE), le Conseiller Technique aux
Finances (CTF),la Cellule de Suivi des Programmes Economiques et Financiers
(CSPEF) et les régies financières pour les prévisions de
recettes et les nouvelles mesures à insérer dans la loi de
finances ;
- la Direction de l'Organisation, de l'Informatique et du
Pré arbitrage (DOIP), pour la transmission du DPBEP initial
adopté à l'Assemblée Nationale, la publication sur les
sites web du MEFPD et de la Direction Générale du Budget (DGB) du
budget des citoyens adopté ;
- la Commission Nationale des Finances Locales (CONAFIL) et
l'Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), pour les
conférences de pré arbitrage budgétaire, les
conférences budgétaires communales ;
- le Secrétariat Général du Gouvernement
(SGG), pour la présentation et examen des documents de l'avant-projetdu
PIP en Conseil des Ministres, ainsi que de l'avant-projet de loi de
finances ;
- du Cabinet du MEFPD pour le communiqué de presse sur
le vote du budget.
Tous ces acteurs agissent en collaboration avec les structures
responsables sous l'influence des facteurs prédéfinis.
2- Le macro-environnement de la DGB
Il s'agit de mettre en exergue ici les différents
facteurs qui encadrent ou qui impactent l'exécution des tâches
requises pour l'obtention de la loi de finances de l'année. Au nombre de
ces facteurs, nous mettrons un accent particulier sur l'environnement
juridique, l'environnement économique et financier, l'environnement
institutionnel et politique.
En ce qui concerne l'environnement juridique, il faut noter
que plusieurs textes législatifs et règlementaires
régissent la préparation,l'élaboration, le vote et la
promulgation des lois de finances. Au niveau interne nous pouvons
citer :
- la constitution du 11 décembre 1990 qui
dispose,d'abord en son article 109 :«L'Assemblée Nationale
vote le projet de loi de finances dans les conditions déterminées
par la loi. L'Assemblée Nationale est saisie du projet de loi de
finances au plus tard une semaine avant l'ouverture de la session d'octobre. Le
projet de loi de finances doit prévoir les recettes nécessaires
à la couverture intégrale des dépenses. » ;
ensuite l'article 110, alinéa 1 précise que
«L'Assemblée Nationale vote le budget en équilibre. Si
l'Assemblée Nationale ne s'est pas prononcée à la date du
31 décembre, les dispositions du projet de loi de finances peuvent
être mises en vigueur par ordonnance. », enfin l'article 111 stipule
que « Si le projet de loi de finances n'a pu être
déposé en temps utile pour être promulgué avant le
début de l'exercice, le Président de la République demande
d'urgence à l'Assemblée Nationale l'autorisation
d'exécuter les recettes et les dépenses de l'Etat par
douzièmes provisoires. » ;
- la loi organique n°2013-14 du 27 septembre 2013
relatives aux lois de finances qui définit et précise les
nouvelles exigences du processusbudgétaire, et qui se veut l'expression
de la transparence et de la performance ;
- Le décret n°2005-789 du 29 décembre 2005
portant approbation du Cadre de Réforme de la Gestion Budgétaire
Axée sur les Résultats (CaR-GBAR).
Au plan communautaire, nous devons souligner la directive
n°06/2009/CM/UEMOA portant lois de finances au sein de l'UEMOA qui
apparaît comme le substratum de la nouvelle LOLF.
Quant à l'environnement économique et financier,
il est à signaler que la budgétisation des projets et programmes
de développement se fonde sur un Document de Programmation
Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP) qui définit et
évalue le niveau global des recettes attendues de l'Etat,
décomposées par grandes catégories d'impôts et de
taxes et les dépenses budgétaires décomposées par
grandes catégories de dépenses. Dans son élaboration, ce
DPBEP tient compte des grands agrégats ainsi que de la conjoncture
économique sur une période de trois ans ; c'est diredonc que
le cadre macroéconomique et financier influe sur le processus
d'élaboration de la loi de finances de l'année.
S'agissant de l'environnement institutionnel et politique,le
processus budgétaire est conduit par l'Administration, instrument
à la disposition du pouvoir politique, conformément à
l'article 54 alinéa2 de la loi fondamentale du Bénin. Le Budget
Général de l'Etat est préparé par le Gouvernement
qui est une institution, et soumis au vote de l'institution parlementaire pour
adoption en vue de sa promulgation. Ces deux institutions exercent donc leurs
influences, d'une manière ou d'une autre, sur les acteurs en charges de
l'élaboration du BGE. Au plan politique, la préparation, la
discussion et le vote des lois de finances sont très importants pour le
Gouvernement et l'Assemblée Nationale. Laloi de finances de
l'année détermine les moyens qui vont être mis au service
de la politique gouvernementale, et c'est en fonction de ces moyens que
l'exécutif va pouvoir mettre en oeuvre les réformes qu'il a
projetées. Pour les parlementaires, hommes politiques, l'examen et le
vote de la loi de finances leur permettront d'exercer leur droit de
contrôle et de renouveler ou non leur confiance au Gouvernement.
Restituons à présent le produit des
observations de stage.
Paragraphe 2 : Etat des
lieux sur les activités de la préparation et de la
prévision budgétaire
La budgétisation prévisionnelle de l'ensemble
des activités et missions dont un Etat est appelé à
exécuter au cours d'une année entière est une tâche
délicate qui mérite attention. Elle obéit à des
phases dans le processus de sa préparation. Le BGE se prépare
donc globalement en quatre phases ; chaque phase se décomposant en
des étapes. Nous distinguons les phases : la fixation du cadre
macroéconomique ; l'élaboration et la centralisation des
propositions budgétaires sectorielles ; l'arbitrage budgétaire ;
la finalisation du projet de Budget Général de l'Etat. Ces
différentes phases sont réparties en des étapes et actions
qui ont faitl'objet d'un calendrier détaillé et bien
défini.
Notre préoccupation consiste alorsà examiner
l'une après l'autre ces différentes phases.
I- Du
cadrage macroéconomique aux conférences budgétaires
Nous abordons dans un premier temps,la fixation du cadre
macroéconomique et l'élaboration des propositions
budgétaires sectorielles, et dans un second temps, les
conférences et arbitrages budgetaires.
A- La
fixation du cadre macroéconomique et l'élaboration des
propositions budgétaires sectorielles.
Avant l'élaboration et la transmission au MEFPD des
propositions budgétaires sectorielles, l'on procède d'abord
à un exercice de cadrage macroéconomique.
Ø Le cadrage macroéconomique suivant la
LOLF et l'élaboration du DPBEP initial
Le cadrage macroéconomique consiste en la
définition du cadre macroéconomique et des perspectives
budgétaires pour une période donnée
(généralement de trois ans dans notre contexte).
Tout au début du processus, le Directeur
Général du Budgetadresse une lettre au Directeur
Général des Affaires Economiques lui demandant d'engager les
travaux d'élaboration du Document de Programmation Budgétaire et
Economique Pluriannuelle (DPBEP) initial à introduire en Conseil des
Ministres.Nous saluons déjà l'institution d'un tel
document car il devrait permettre au Bénin de se conformer au
standard international qui recommande le rapport préalable au budget
(RPB) ayant pour objectifs :le renforcementdu lien entre les politiques et
les attributions budgétaires ; l'identification de la
stratégie de base du Gouvernement sur un moyen
terme ;l'amélioration de la rationalité de la
procédure d'élaboration du budget ; le calibrage des
prévisions budgétaires,...
Le cadre macroéconomique est défini à
travers ce DPBEP par un comité dénommé ??PIB-TOFE'' dont
le secrétariat est basé à la Direction
Générale des Affaires Economiques. Ce comité étudie
les agrégats macroéconomiques,en collaboration avec la Direction
de la Prévision et de la Conjoncture (DPC) de la DGAE, et fait des
projections sur la base des tendances et contraintes prévisibles et des
réalisations des années antérieures. En d'autres
termes,ledit comité se fonde sur les données du secteur
réel, les données monétaires et le commerce
extérieur, indispensables et susceptibles d'influer sur la vie
économique générale sur le court et le moyen terme, pour
faire ses projections. Ces prévisions macroéconomiquespar le
biais des séries statistiques des régies financières
(Douanes, Impôts et Trésor) et de certains modèles
économétriques traduisent l'évolution de l'économie
et déterminent les ressources financières à affecter aux
différentes grandes catégories de dépenses au cours d'une
année budgétaire ou sur le moyen terme. Il est à souligner
ici qu'après centralisation des estimations de recettes des
régies financières, les informations indispensables sont
introduites dans des bases de données à modèles
mathématiques et économétriques afin de ressortir le
niveau global des dépenses sur le moyen terme. Le cadrage
macroéconomique apparaît en définitive comme unecompilation
de scénarii économiques pluriannuels formulés sur la base
d'hypothèses concernant l'évolution de l'environnement
économique national et international. Le cadrage macroéconomique
formule ainsi plusieurs scénarii en tenant compte de la variation
probable de ces hypothèses et de leurs conséquences en termes
d'interaction : l'objectif est d'anticiper l'évolution à moyen
terme de l'économie nationale et d'éclairer la décision
politique quant aux choix à effectuer.
Le Document de Programmation Budgétaire et Economique
Pluriannuelle(DPBEP) initial issu de ces travaux est un vecteur du cadrage
macroéconomique et des grandes tendances budgétaires ; il
apparaît comme un budget économique et est principalement l'oeuvre
de la DPC/DGAE.Soulignons à ce propos que les cadres de la DGAE qui
devraient s'occuper des tâches récurrentes sont en nombre
insuffisant. On y dénombre parfois trois agents dans certaines
Directions.Il est donc évident qu'il y a un manque criard de
personnel.
Avant de parvenir à l'édition du DPBEP, le CODIR
du Ministère du Développement économique, de l'Evaluation
des Politiques publiques et de la Promotion de la Bonne gouvernance
élabore et valide les directives de programmation des investissements
publics. Le CODIR/MEFPD élabore et valide à son tour le projet de
DPBEP initial suivi des travaux de finalisation. Dès son
élaboration, il est d'abord transmis aux ministères et
institutions de l'Etat dont le Conseil Economique et Social pour avis, et
ensuite en Conseil des Ministres pour examen et adoption.Le DPBEP ainsi
adopté est transmis à l'Assemblée Nationale et fait objet
de publication suivi du Débat d'Orientation Budgétaire (DOB)
organisé au Parlement. Nous notons malheureusement que ce document reste
inconnu du grand public ;cette publication n'est donc pas chose
effective. De plus les honorables députés ne
sont pas toujours outillés, en tout cas en majorité,
pour mener un débat de fond sur le document budgétaire qui est
soumis à leur appréciation, car le domaine des finances publiques
conserve toujours son vocabulaire ésotérique qu'il n'est pas
aisé pour un simple politicien d'y pénétrer.
Signalons que dans sa présentation le budget doit
s'inscrire dans une logique d'exhaustivité des finances publiques. A cet
effet, il doit prendre en compte toutes les informations relatives à la
situation financière et les perspectives des collectivités
territoriales décentralisées, des établissements publics,
des entreprises publiques ou semi-publiques, des sociétés et
offices d'Etat. Force est de constater qu'à l'état actuel des
choses, ces organismes publics éprouvent toujours d'énormes
difficultés à produire des états financiers
exigibles ; ceci complique l'exécution des tâches conduisant
au cadrage budgétaire. De plus certaines informations nécessaires
au cadrage macroéconomique peinent à sortir de l'INSAE. C'est le
cas des PIB permettant d'évaluer les taux de croissance de
l'année N-1 calculés à partir d'un panier de
données d'envergure nationale, du taux d'inflation, etc. Sur d'autre
plan, de véritables retards s'observent ; par exemple le
recensement général de la population et de l'habitat entrepris
depuis 2013 n'a fourni ses résultats provisoires qu'au deuxième
trimestre de 2015. Dans ces conditions, on assiste généralement
à la non disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget.
Par ailleurs,après examen du DPBEP 2016-2018, et
d'après la vision globale de 2016, les recettes fiscales
s'élèvent à 16,4% du PIB nominal tandis que la masse
salariale prévisionnelle vaut 6,7% du PIB nominal. Tout calcul bien
fait, il se révèle que la masse salariale prévue monte
à 40,85% des recettes fiscales ; ce qui est supérieur
à la norme communautaire de 35% retenu au maximum. De même le taux
de pression fiscale envisagé pour 2016 vaut 16,4% du PIB nominal ;
ce qui devrait être supérieur à 20% en raison des nouveaux
critères de convergence de l'UEMOA. Il se dégage donc le
non-respect de certains critères de convergence de l'UEMOA,
même à l'étape de prévision. Toujours au sujet du
DPBEP 2016-2018, les points d'application de l'orientation globale de la
politique économique du Gouvernement au titre de l'année 2016
sont : (i) le renforcement des infrastructures (notamment les infrastructures
énergétiques, les infrastructures de transport et les TIC) ; (ii)
l'amélioration de la productivité du secteur agricole, la
promotion des filières maïs, riz, ananas et anacarde et la mise en
place d'un cadre favorable au développement de l'agro-industrie ; (iii)
l'amélioration de l'accès à l'éducation et aux
soins de santé pour tous ; (iv) le développement local. Les axes
transversaux de la politique économique en 2016 sont relatifs à
l'amélioration de la bonne gouvernance (climat des affaires, dividende
démographique et qualité de l'administration), la promotion de
l'emploi des jeunes, la poursuite de l'autonomisation des femmes, et la lutte
contre les effets néfastes des changements climatiques. Nous notons que
ces grandes orientations budgétaires pour 2016, prises
dans cet ordre, ne sont pas conformes aux axes prioritaires de
développement du Bénin en relation avec les Objectifs de
Développement Durable (ODD). Ces priorités se
présentent ainsi qu'il suit :
|
Priorités de développement du Bénin
|
ODD concernés
|
|
Priorité 1 : Accès à un meilleur
système de santé
|
ODD 3
|
|
Priorité 2 : Accès à une bonne
éducation
|
ODD 4
|
|
Priorité 3 : Accès à l'eau potable
|
ODD 5
|
|
Priorité 4 : Promotion de la bonne gouvernance
|
ODD 16
|
|
Priorité 5 : Sécurité alimentaire et
nutritionnelle
|
ODD 2
|
|
Priorité 6 : Accès aux infrastructures
|
ODD 5, 8
|
|
Priorité 7 : Accès à des offres
d'emplois décents
|
ODD 1, 7
|
|
Priorité 8 : Protection contre le crime et la
violence
|
ODD 16
|
|
Priorité 9 : Lutte contre le changement climatique
|
ODD 13, 14, 15
|
|
Priorité 10 : Libertés politiques
|
ODD 16
|
Tableau n°1 : Ordre de
priorité des ODD
Source : PNUD, mars 2015
En vertu des recommandations du« budget
économique », le Ministre en charge des finances adresse aux
Ministres sectoriels et Institutions de l'Etat une correspondance
particulière,en vue de l'élaboration des projets de Document de
Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD). Cette correspondance,
appelée ??lettre de cadrage unique'', permet d'éviter une
exagération des propositions budgétaires des ministères et
précise les proportions dans lesquelles doivent évoluer les
différentes natures de dépenses. Nous comprenons par-là
que le DPPD est élaboré compte tenu de la lettre de cadrage
unique inspiré du DPBEP. De ce point de vue, le Document de
Programmation Pluriannuelle des Dépenses pourrait ne pas faire objet du
DOB ; d'où le caractère facultatif de sa présentation
à l'Assemblée Nationale en vue du Débat d'Orientation
Budgétaire.
A l'état actuel de la réforme, tel que le
témoigne l'article 14 de la directive n° 06/2009/CM/UEMOA du 26
juin 2009 portant lois de finances au sein de l'UEMOA, l'obligation de produire
des DPPD incombe seulement aux ministères sectoriels qui y retracent,
à travers les programmes, les objectifs et les indicateurs retenus pour
chacune des politiques publiques envisagées. Les institutions
constitutionnelles ne sont donc pas tenues de produire des DPPD dans le cadre
de la préparation de leur budget ; elles formulent simplement leur
budget de façon classique. Or, techniquement le DPPD apparaît
comme le vecteur principal de la performance, et le Projet Annuel de
Performance (PAP) qui procède de la budgétisation avec la
justification au premier franc est élaboré à partir du
DPPD. Cette absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles constitue donc une entrave à la performance
recherchée dans les organismes publics.
Ø Elaboration et centralisation des
propositions budgétaires des ministères et institutions de
l'Etat
Après la notification de la lettre de cadrage unique,
la DGB lance le processus de budgétisation. Les institutions et
ministères sectoriels se fondent non seulement sur leur DPPD qui est un
instrument présentant l'évolution budgétaire des
programmes sur une période glissante de trois ans, mais
également2(*) sur
leur Cadre de Dépense à Moyen Terme (CDMT)pour formuler leurs
propositions budgétaires en termes de dépenses à
exécuter. Le DPPD est donc perçu comme un cadre sectoriel de
performanceincluant certains éléments du Projet Annuel de
Performance (PAP) et constituant le point de mire des stratégies
sectorielles.
En matière de dépenses, chaque ministère
ou institution de l'Etat envoie ses propositions budgétaires
accompagnées d'une note de présentation de ces propositions.Ces
propositions budgétaires de dépenses sont centralisées et
dépouillées au niveau des Divisions chargées de la
centralisation des dépenses, au sein de la DPB.
Les Divisions de la Centralisation des Dépenses
étudient donc les propositions budgétaires des ministères
et institutions au regard des prévisions du Cadre de Dépenses
à Moyen Terme ou du DPPD qui est décliné par grandes
masses de nature de dépenses. Si les crédits correspondants aux
différentes natures de dépenses excèdent les limites
fixées dans l'enveloppe indicative retenue pour la gestion en cours de
préparation, le document leur est simplement retourné pour qu'ils
revoient à la baisse leurs ambitions en vue du respect du
cadrage. Si l'ambition est toujours maintenue, cela pourra
faire l'objet d'un pré arbitrage.
En ce qui concerne la prévision des recettes
intérieures, le Ministre en charge des finances demande aux
régies financières que sont la Direction Générale
du Trésor et de la Comptabilité Publique, la Direction
Générale des Impôts (DGI) et la Direction
Générale des Douanes et Droits Indirects, par lettre, de lui
faire parvenir les prévisionsde recettes (sur labase des
réalisations antérieures et des hypothèses
économiques fournies par la DGAE) ainsi que les propositions de
nouvelles mesures fiscales y compris celles de la plateforme des propositions
fiscales du secteur privé à insérer dans le projet de la
prochaine loi de finances. La CAA, le Fond Routier et le Fonds National des
Retraités du Bénin préparent et envoient également
leurs propositions de recettes. Signalons que la DGI et la DGDDI s'occupent en
général des recettes fiscales alors que la DGTCP recouvre les
recettes essentiellement non fiscales.
S'agissant de la prévision des ressources
extérieures constituées essentiellement des dons-projets,
prêts projets et allègements de dettes, la Direction
Générale des Investissements et du Financement de
Développement (DGIFD), la Cellule de Suivi des Programmes Economiques
et Financiers (CSPEF), la Direction Générale du Suivi des Projets
et Programmes (DGSPP)et la Caisse Autonome d'Amortissement (CAA) fournissent
des informations permettant de connaître le niveau mobilisable des
ressources sur prêts-projets et des allègements de dettes. Mais en
ce qui concerne les ressources sur dons-projets, il n'existe encore aucune
structure spécialisée, chargée de la centralisation de
leurs flux au ministère chargé des finances. Néanmoins,
celles gérées par les DPP des ministères sectoriels
peuvent être retracées dans le BGE. C'est dans ce cadre que le
Ministre en charge des finances envoie aux ministères sectoriels une
lettre de demande des ressources attendues par projets financés sur
dons. Cet exercice permet d'avoir le montant de ces ressources à
prévoir dans le BGE. Il est à noter ici que les
ministères sectoriels répondent souvent avec beaucoup de retard
à cette demande.
Toutes les propositions budgétaires de recettes sont
centraliséeset dépouillées au niveau de la Division
chargée de la centralisation des recettes.
Le produit de toutes les centralisations réside dans
l'élaboration, par le Service de la Centralisation, des tableaux
synoptiques des grandes lignes du Budget Général de l'Etat, par
secteur, aussi bien en recettes qu'en dépenses.
Il faut enfin préciser que les prévisions du
Programme d'Investissement Public (PIP) se font directement au ministère
chargé du développement et sont envoyées à la DPB
pour insertion dans le projet de BGE, ce dernier devant être un document
unique.
Toutes ces activités entrant dans le cadre de
l'élaboration du projet de loi de finances sont régies par des
principes, des principes dits budgétaires. La
consécration du principe de la sincérité budgétaire
dans la nouvelle LOLF (en son article 8) constitue une avancée
dans le processus budgétaire. La sincérité
budgétaire en matière de prévision, telle que
formulée par la Directive communautaire (en son article 30), implique
une présentation de l'ensemble des ressources et des charges de l'Etat
de façon sincère ; le budget doit refléter une image
sincère et fidèlede la situation et des perspectives
économiques et patrimoniales nationales au regard des informations dont
dispose le Gouvernement au moment de leur élaboration. Le principe de
sincérité interdit de sous-estimer les charges ou de surestimer
les ressources présentées dans la loi de finances et fait
obligation de ne pas dissimuler des éléments financiers ou
patrimoniaux. A ce propos, il est loisible de constater que dans le processus
de préparation du budget, l'absence du Contrôle Financier est
remarquable. L'identification et la prévention des risques financiers
ainsi que la maîtrise du coût des programmes d'interventions
publiques se font à son insu. Même au niveau sectoriel ou
déconcentré, les Délégués du
Contrôleur financier ne sont en général pas
sollicités dans l'évaluation des besoins prévisionnels. Le
seul contrôle de régularité effectué a priori
n'assure pas la performance si la qualité à l'entrée n'est
pas assurée. Il se dégage donc la faible contribution du
Contrôle Financier à la sincérité des
prévisions budgétaires.
Antérieurement auxpropositions budgétaires, les
ministères et institutions de l'Etat font également parvenir
à la DPB les états d'effectifs du personnel présent au
1er janvier de l'année en cours. La production des
états d'effectifs fait suite à une lettre adressée aux
ministères, concomitamment avec celle de notification de
crédits.En effet, dans la lettre visée ci-dessus, il est
demandé aux ministères et institutions de faire parvenir à
la DGB, selon un délai prédéfini
(généralement à mi-février au plus tard), les
états d'effectifs du personnel présent au 1er
janvier.Mais ces documents sont souvent envoyés au-delà du
délai convenu (en fin mars et parfois en avril) ; on constate donc
un retard dans la transmission des états d'effectifs du
personnel présent au 1er janvier au sein de
chaqueministère et institution, comparativement aux dates
prévues dans le calendrier de déroulement des tâches
relatives à l'élaboration du budget de l'Etat.
Les Divisions de la Centralisation des Dépenses
s'occupent alors du rapprochement entre la liste des agents figurant sur les
états édités par l'application
« wineffect » du service informatique de la DGB et celle
figurant sur les états d'effectifs envoyés par les
ministères et institutions de l'Etat. Elles vérifient
également la concordance des grades et indices payés, s'assurent
de l'existence des indemnités payées conformément aux
textes en vigueur et de l'exactitude des totaux ; c'est le
dépouillement.
Il est également procédé à
l'évaluation des départs à la retraite au cours
del'années n+1, d'après les états des agents civils et
militaires appelés à faire valoir leurs droits à la
retraite au titre de l'année suivante, produits par le Ministre en
charge du Travail et de la Fonction publique ainsi que par l'Intendance
militaire. Cela permet de dégager l'incidence financière
de ces départs sur le futur budget.
Soulignons que la finalité de la
production de ces états est la rédaction d'un document
appelé ??effectifs numériques du personnel par institution et
ministère'' et surtout la détermination de la masse salariale,
tout en tenant compte del'enveloppe réservée pour les
recrutements et des changements d'indice attendus l'année suivante.
Signalons au passage que certains bureaux de la DGB
sont exiguës avec par endroits de manque de
personnel.
B-
Conférences et arbitragesbudgetaires
Avant l'achèvement et la transmission du projet
définitif de budget à l'Assemblée Nationale par
l'Exécutif, il est utile que les autorités du ministère en
charge des finances procèdent à l'arbitrage des propositions qui
ont été faites et que des conférences budgétaires
soient organisées avec les autorités compétentes des
ministères sectoriels.
Pour commencer, à la phase des propositions
budgétaires, des séances de pré arbitrage du PIP se font
avec les ministères et institutions de l'Etat sous la
responsabilité du DGIFD et en collaboration avec la Direction
Générale du Budget (DGB), la Direction Générale des
Affaires Economiques (DGAE), la Direction Générale du Suivi des
Projets et Programmes (DGSPP), et la Direction Générale de la
Promotion du Développement (DGPD).
Après l'ébauche de l'avant-projet du Budget, un
arbitrage conduit par le Directeur Général du Budget,
assisté d'autres Directeurs techniques, examine les problèmes
posés par les ministères et qui sont restés
jusque-là sans solution.
Les séances de pré arbitrage budgétaire
se font entre les cadres (DRFM, DPP) des institutions et ministères et
ceux de la DGB en concertation avec la Direction en charge des Investissements
et du Financement de Développement et celle en charge du Suivi des
Projets et Programmes du Ministère en charge du
Développement,dans le but de contenir les ambitions de dépenses
des ministères dans la limite des contraintes budgétaires issues
des orientations du DPBEP.Ces séances de pré arbitragefont objet
d'un compte rendu des synthèses obtenues à l'attention du
Directeur Général du Budget, avec un accent particulier sur les
crédits additionnels. Le DGB tient lui-même une conférence
de pré arbitrage budgétaire avec les institutions de l'Etat y
compris les ministères puis produit un compte rendu. Le
résumé des comptes rendus est transmis au MEFPD et sert de
fondement à l'organisation des Conférences Budgétaires
entre lui et ses pairs des Départements dépensiers dans le but
d'accorder ou non, en raison du degré de pertinence de la mesure, les
crédits additionnels sollicités. Les Conférences
budgétaires sont alors conduites par le Ministre de l'Economie, des
Finances et des Programmes de Dénationalisation, pour chercher des
solutions aux problèmes qui n'ont pas pu être tranchés au
niveau de la Direction Générale du Budget. Signalons qu'il
s'organisent également des conférences budgétaires
communales3(*)
présidées par la DGB et la DGTCP, en collaboration avec la DGIFD,
l'Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) et la Commission
Nationale des Finances Locales (CONAFIL). Signalons enfin qu'après
l'élaboration des Projets Annuels de Performance (PAP) à blanc
par les ministères pilotes sur la base des enveloppes de crédits
en « Autorisation d'Engagement » et
« Crédit de Paiement », une conférence de
budgétisation et de performance se tient entre le MEFPD et les autres
Ministres ainsi que les Présidents des Institutions de l'Etat. La
rencontre du Ministre en charge des finances avec les acteurs du secteur
privé à travers le cadre de concertation MEFPD-secteur
privé ne doit pas être perdue de vue, dans la logique des
conférences budgétaires. On en conclut que l'implication
du secteur privé dans le processus de l'élaboration du Budget
Général de l'Etat constitue un acte positif qu'il faut
encourager.
Intéressons-nous à présent aux
activitésse déroulant,de la finalisation du projet de Budget
Général de l'Etataux travaux post-adoption.
II- De
la finalisation du projet de Budget Général de l'Etat aux travaux
post-adoption
A- Elaboration des
documents de présentation et finalisation du projet de BGE
L'avant-projet du Budget finalisé après la
conférence budgétaire est soumis à l'examen du Conseil des
Ministres pour approbation. Les différents documents qui accompagnent le
BGE en Conseil des Ministres puis à l'Assemblée Nationale sont
rédigés à la DPB. Il s'agit du rapport de
présentation de l'avant-projet de loi de finances, de la communication
qui introduit le projet du BGE au Conseil des Ministres, du projet de
décret de saisine du parlement, du rapport économique et
financier (élaboré par la DGAE), des Comptes Spéciaux du
Trésor, du budget annexe et des budgets des organismes autonomes.
Le rapport de présentation du BGE qui est une annexe
explicative de la loi de finances est composé de trois parties : le
point d'exécution au 30 juin de l'exercice courant ; les réformes
et les nouvelles mesures ; les prévisions budgétaires.
Au cours de l'examen en Conseil des Ministres, le
Président de la République étudie avec son équipe
gouvernementale, la pertinence et la priorité des activités par
rapport aux objectifs et à la politique du Gouvernement. Aux termes de
la séance, les derniers arbitrages sont rendus et le projet du BGE est
adopté par le Conseil des Ministres.
Ces documents budgétaires, après
présentation et examen en Conseil des Ministres, sont transmis au
Conseil Economique et Social (CES) pour examen. Les observations du Conseil des
Ministres et celles du CES sont exploitées et insérées
dans les documents budgétaires. Dès lors, les Services de la DPB
prennent en compte les dernières observations et les documents
définitifs sont confectionnés.
Le projet du Budget approuvé par le Conseil des
Ministres est transmis par décret du Président de la
République et déposé sur le bureau de l'Assemblée
Nationale au plus tard dans la deuxième quinzaine du mois d'octobre et
au moins une semaine avant l'ouverture de la session budgétaire,
conformément à la loi fondamentale de la République.
B- Les
travaux post-adoption du BGE
Retenons d'abord qu'après la transmission du projet de
Budget à l'Assemblée Nationale, avant même son examen en
plénière, l'exécutif organise une émission radio
télévisée sur le projet de budget. Dès l'adoption
et la promulgation de la loi de finances, un communiqué de presse de
MEFPD sur le vote du budget vient éclairer les citoyens. La
cérémonie de lancement intervient en janvier de la gestion
concernée, le rapport détaillé des travaux
budgétaires en commission de l'Assemblée Nationale est produit
suivant un format amélioré par des informations sur les
écarts éventuels entre les données du projet de budget et
celles du budget adopté, des informations sur les remises à jours
éventuelles. Le Budget adopté est ainsi élaboré
dans sa version citoyenne et publié sur les sites web du MEFPD et de la
DGB au plus tard le 15 février de la gestion concernée.
Ces prescriptions légales restent inefficaces dans la
pratiquecar le mode de publicité adopté ne permet pas
d'atteindre la population cible d'autant plus que l'accessibilité aux
ressources « internet » demeure problématique.
Section 2 : Choix de la
problématiqued'amélioration du processus d'élaboration du
budget sous le régime de la nouvelle LOLF
Après le ciblage du groupe de problèmes à
résoudre, nous exposerons la perspective théorique de
résolution de la problématique choisie.
Paragraphe 1 : Ciblage du groupe de problèmes à
résoudre
I-Identification et spécification du groupe de
problèmes à résoudre
Procédons d'abord à l'inventaire des
éléments de l'état des lieux.
A-
Inventaire des éléments de l'état des lieux
Dans cette rubrique, les forces et opportunités sont
regroupées en atouts et, les faiblesses et menaces sont classées
dans les problèmes.
Ø Inventaire des atouts
D'après l'état des lieux
précédemment réalisé, il se dégage comme
atouts :
- l'existence d'un calendrier budgétaire de
préparation détaillé et bien défini ;
- l'institution du DPBEP ;
- une bonne collaboration entre les structures intervenant
dans le processus d'élaboration du budget ;
- l'évaluation régulière de l'incidence
des départs à la retraite sur le futur budget ;
- l'implication du secteur privé dans le processus
d'élaboration du Budget Général de l'Etat ;
- la consécration du principe de la
sincérité budgétaire dans la nouvelle LOLF.
Ø Inventaire des problèmes
Les problèmes relevés sont :
- manque criard de personnel à la DGAE ;
- défaut de publication du DPBEP ;
- non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget ;
- non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA ;
- insuffisance de qualifications techniques de certains
acteurs du processus ;
- réponses tardives à certaines correspondances
du MEFPD par certains ministères dépensiers ;
- retard dans la transmission des états d'effectifs du
personnel présent au 1er janvier, vers la DPB ;
- absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles ;
- exiguïté de certains bureaux à la
DGB ;
- manque de personnel à la DGB ;
- inefficacité dans la mise en oeuvre des mesures de
publicité prescrites pour les documents budgétaires ;
- non-conformité des grandes orientations de 2016 par
rapport aux axes prioritaires de développement du Bénin, en
relation avec les ODD ;
- faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires.
B-
Regroupement des problèmes spécifiques en Groupes de
Problèmes à Résoudre (GPAR), et spécification du
GPAR de l'étude
Après examen des problèmes inventoriés,
trois centres d'intérêt ont été retenus, chacun
aboutissant à un Problème A Résoudre (PAR) susceptible de
faire objet d'une étude : c'est l'identification des PAR possibles.
Le résultat se présente comme suit :
Tableau n° 2: identification des
PAR possibles
|
N°
|
Centres d'intérêt
|
Groupes de problèmes à
résoudre
|
Libellés des PAR
|
|
Problèmes spécifiques
|
Problèmes généraux
|
|
1
|
Gestion des ressources humaines et
matérielles
|
- manque criard de personnel à la
DGAE ;
- insuffisance de qualifications techniques de certains
acteurs du processus ;
- exiguïté de certains bureaux à la
DGB ;
- manque de personnel à la DGB
|
Insuffisance des ressources humaines et
matérielles
|
Problème d'insuffisance des ressources
matérielles et humaines qualifiées
|
|
2
|
Elaboration du Budget Général de
l'Etat
|
- non-conformité des grandes orientations de 2016
par rapport aux axes prioritaires de développement du Bénin, en
relation avec les ODD ;
- faible contribution du Contrôle Financier
à la sincérité des prévisions
budgétaires ;
- non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget ;
- non-respect de certains critères de convergence
de l'UEMOA ;
-absence d'obligation formelle de présentation
des outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles
|
Insuffisances dans le processus d'élaboration
du budget à l'ère de la nouvelle LOLF
|
Problème de l'inefficacité dans le
processus d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLF
|
|
3
|
L'application des dispositions législatives et
règlementaires
|
- réponses tardives à certaines
correspondances du MEFPD par certains ministères
dépensiers ;
- retard dans la transmission des états
d'effectifs du personnel présent au 1er janvier, vers la
DPB ;
- inefficacité dans la mise en oeuvre des mesures
de publicité prescrites pour les documents
budgétaires.
|
Non-respect des dispositions législatives et
règlementaires
|
Problème du non-respect des dispositions
législatives et règlementaires
|
Source : inventaire des problèmes,
2015.
Il convient à présent de spécifier le
GPAR de l'étude ; il s'agit en fait de justifier après un
choix raisonné, le PAR à retenir.
Les trois (03) GPAR dégagés présentent
d'intérêt pour la prospérité des finances publiques
et méritent réflexion ; mais seule une sera retenue et
subira de diagnostic.
Le groupe de problèmes n°1 lié à
l'insuffisancedes ressources matérielles et humaines
qualifiées retient déjà l'attention des
autorités responsabilisées en la matière, d'autant plus
que des concours de recrutement d'Agent Permanent de l'Etat ont
été organisés et les résultats viennent
d'être donnés ; vivement que les admis prennent vite
service pour pallier cette remarquable insuffisance. En outre des projets
de construction de tours administratives ont été conçus et
les fonds nécessaires sont en voie de mobilisation. Il nous semble donc
inopportun de vouloir disséquer un mal déjà
diagnostiqué d'autant plus que les autorités se sont
engagées sur la voie de sa résolution.Le groupe de
problèmes relatif àl'insuffisancedesressources matérielles
et humaines qualifiéesest du coup écarté.
Quant au groupe de problèmes relatif au
non-respect des dispositions législatives et
règlementaires, il est à signifier qu'il semble ne pas
relever de notre domaine spécifique de compétence. Ce sont les
structures juridictionnelles qui ont plutôt pour tâche de veiller
au strict respect des dispositions législatives et même
règlementaires. De ce point de vue, il conviendrait mieux à un
juriste légaliste de se focaliser sur ce problème afin d'y
apporter des réponses concrètes. Il est donc clair que c'est
choisir volontairement de perdre son temps que de vouloir s'attarder sur un
problème ne relevant pas de son domaine d'expertise ; sur ce,
legroupe de problèmes n°3 est mis en
quarantaine.
Revenant sur le groupe de problèmes lié
aux insuffisances constatées dans le processus
d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLF, plus qu'une préoccupation nationale, elle a pris une
ampleur communautaire; elle fait courir le Gouvernement à la quête
de l'efficacité dans une sincérité prouvée,
interpelle les spécialistes des finances publiques, et fait
l'actualité. La résolution d'une telle problématique ne
peut que donner un soulagement à l'ensemble des acteurs intervenant dans
le processus, et mieux à la pratique budgétaire.
Au regard de ces considérations, nous décidons
de porter notre recherche sur le GPAR n°2.
II-
Choix et formulation du thème de l'étude
Avant l'énonciation proprement dite du thème, il
importe de rappeler d'abord le « Problème
àRésoudre » (PAR).
A)
Rappel du PAR retenu
Le groupe de PAR de l'étude se présente ainsi
qu'il suit :
|
Problèmes spécifiques
|
Problème général
|
Libellé du PAR
|
|
-non-conformité des grandes orientations de 2016 par
rapport aux axes prioritaires de développement du Bénin, en
relation avec les ODD ;
- faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires ;
- non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget ;
- non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA ;
- absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles.
|
Insuffisances dans le processus d'élaboration du budget
à l'ère de la nouvelle LOLF
|
Problème lié à l'inefficacité dans
le processus d'élaboration du budget sous le régime de la
nouvelle LOLF
|
|
|
|
Tableau n°3: le GPAR retenu.
Source : Résultats de nos
observations, 2015.
B)
Enonciation et justification du thème
Au vu du ??groupe de problèmes à
résoudre'' choisi, nous estimons que, pour que le système de
prévision, de préparation et d'élaboration du Budget
Général de l'Etat produise le résultat que l'on est en
droit d'attendre de lui, tous les acteurs doivent s'inscrire dans une logique
d'amélioration permanente vers la performance recherchée. Pour y
arriver, il conviendrait d'identifier les problèmes ou insuffisances qui
se dressent dans la mise en oeuvre de la LOLF 2013 afin d'en apporter les
solutions requises. A cet effet, notre sujet d'étude pourra être
libellé :« Examen des nouveaux défis du
processus de formulation du budget de performance ». La
LOLF 2013 est en effet l'expression affirmée de la
transparence et de la
performance. En conséquence, tout budget
préparé et élaboré en vertu des dispositions de
cette loi organique apparaît comme un budget de
performance. Le terme
« formulation » employé
constitue un terme technique emprunté de la Directive communautaire et
ses annexes relatives aux lois de finances, et qui résume l'ensemble des
tâches de préparation, de programmation, de budgétisation
et de présentation du projet de loi de finances de l'année. C'est
dire donc que dans notre contexte, le mot
« budget » doit être
compris dans un sens assez large prenant en compte l'élaboration du
projet de loi de finances transmis à l'Assemblée Nationale pour
examen et adoption. Quant aux « nouveaux
défis », il est question des problèmes
qui se posent avec la
« nouvelle » LOLF. En
définitive, nous ne visons qu'une amélioration du
processus d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLF.
Une fois le thème formulé,
nous pouvons alors spécifier le problème à
résoudre, relativement au thème.
Paragraphe 2 : Spécification du PAR et perspective
théorique de réflexion ou de résolution
envisagée
Il convient de donner un contour précis au thème
du mémoire et de décliner les pistes de résolution des
problèmes y relatifs.
I-Spécification du problème lié à
l'inefficacité dans le processus d'élaboration du budget sous le
régime de la nouvelle LOLF
Précisons d'abord les fondements d'un tel exercice.
A)
Fondements de la spécification du PAR retenu
Il est question ici de rappeler les critères sur
lesquels nous devons nous appesantir pour une bonne spécification. Ces
principes sont globalement au nombre de quatre (4) à savoir:
· on ne résout pas plusieurs fois le même
problème dans un même mémoire ;
· on ne résout pas un problème ne relevant
pas de son domaine de compétence ;
· on ne résout pas un problème ne
présentant aucune complexité ;
· on ne résout pas un problème
déjà résolu.
B)
Spécification proprement dite ou élagage des problèmes
spécifiques
En vertu des différents critères
précédemment énoncés, ilapparaît que
la non-conformité des grandes orientations de 2016 par rapport
aux axes prioritaires de développement du Bénin, en relation avec
les ODDconstitue un problème dont la résolution ne
présente aucune complexité. En effet il suffit tout simplement de
demander au Gouvernement de tenir compte de l'ordre de priorité des ODD
dans la mise en oeuvre des grandes orientations, puisqu'il s'agit d'une
question d'ordre. Il est également possible que le Gouvernement
privilégie, de façon unilatérale, les axes prioritaires
dans la mise en oeuvre des politiques publiques car toutes les grandes
orientations retenues se retrouvent dans les axes prioritaires des Objectifs de
Développement Durable, mais c'est l'ordre d'énumération
qui pose problème. De ce point de vue, faire de ce problème
spécifique un objet de recherche approfondie ne nous semble pas opportun
ici ; il est donc élagué. Quant aux autres problèmes
spécifiques, pris dans leur diversité, il ressort qu'aucun
d'entre eux n'est englobé pour être écarté.
C'est-à-dire que la résolution de l'un n'anéantit pas les
effets pervers de l'autre. En conséquence, le PAR spécifié
se dégage :
Tableau n°4: Le PAR
spécifié.
|
Problèmes spécifiques
|
Problème général
|
Libellé du PAR
|
|
|
1-non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget ;
2-absence d'obligation formelle de présentation des outils
de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles ;
3- faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires ;
4- non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA.
|
Insuffisances dans le processus d'élaboration du budget
à l'ère de la nouvelle LOLF
|
Problème lié à l'inefficacité dans le
processus d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLF
|
|
|
|
|
|
Source : résultat de nos
constats significatifs, 2015.
II-
Perspective théorique de réflexion sur le PAR
spécifié et formulation de la problématique
Après un bref exposé des approches
génériques, nous formulerons la problématique de
l'étude.
A-
Perspective théorique de résolution des problèmes
spécifiques et du problème général
Une fois le thème de l'étude choisi et
clairement formulé, il importe de préciser d'une part, la
perspective théorique pouvant permettre d'identifier les angles de
réflexion sur les problèmes spécifiques et par voie de
conséquence sur le problème général, et d'autre
part, la problématique de l'étude dans sa double dimension
problème et perspective théorique.
Rappelons d'abord que le problème général
qu'il convient de résoudre ici est relatif aux insuffisances
constatées dans le processus d'élaboration duBGE sous le
régime de la nouvelle LOLF. La correction ou l'anéantissement des
insuffisances constatées doit amener les différents acteurs du
système à s'inscrire dans une logique d'amélioration et
surtout d'optimisation.Le caractère optimal du processus de
budgétisation renvoie à ce qui est le meilleur, ce qui est le
plus favorable, et donc le plus profitable à l'ensemble des acteurs
voire au-delà, pour impacter positivement les populations cibles tout en
donnant une très attrayante image aux Partenaires Techniques et
Financiers. Compris sous cet angle, notre vision globale de réflexion ne
peut qu'épouser une approche générique visant
l'optimalité dans le processus budgétaire. En conséquence,
la perspective théorique générale envisagée est
celle basée sur l'optimisation des activités concourant
l'élaboration du Budget Général de l'Etat sous le
régime de la nouvelle LOLF.
Cette perspective théorique générale est
subdivisée en perspectives théoriques spécifiques
liées à chaque problème spécifique.
Ainsi, relativement au problème
spécifique n°1, la mobilisation de l'ensemble des
données nécessaires pour la définition du cadre
macroéconomique, et donc pour l'élaboration du DPBEP
initialconstitue l'acte primordial, indispensable et préalable à
tout processus de programmation ou de budgétisation; c'est ce que nous
appelons un acte de premier plan ayant un effet se répercutant sur le
reste de la procédure. Il doit être réalisé et ne
doit souffrir d'aucune insuffisance ou irrégularité. C'est
pourquoi pour juguler le problème lié à la
non-disponibilité de certaines données nécessaires
à la formulation du budget, nous envisageons une perspective
théorique fondée sur l'optimisation des techniques
deproduction et de mobilisation de toutes les données indispensables
dans le processus budgétaire, dans une logique
d'exhaustivité.
Quant au problème lié à
l'absence d'obligation formelle de présentation des outils de
gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles, il faut
noter que la formulation et la présentation des outils de la pluri
annualité budgétaire tels que le DPPD ou encore le PAP s'inscrit
dans une double logique de transparence et de performance de la gestion
financière publique. Pour résorber ce problème, nous
devons donc nous inscrire dans une logique de performance ; ce qui suppose
au préalable une sincère élaboration des outils de la
gestion pluriannuelle par tout organisme public dans le processus de
budgétisation. Il se dégage alors comme perspective
théorique spécifique de résolution du PS
n°2, une approche générique basée sur
la recherche de la performance dans la budgétisation
sectorielle.
En ce qui concerne le PS n°3 relatif
à la faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires, il
est incontestable qu'une évaluation sincère et
régulière des prévisions budgétairesne fera que
rehausser la qualité des dépenses publiques, à travers
leur maîtrise, et par voie de conséquence donnera aux
« finances publiques » toutes leurs lettres de noblesse.
Dans cette logique, notre vision globale de réflexion ou tout simplement
notre perspective théorique spécifique envisagée est celle
visant l'amélioration de la sincérité des
prévisions budgétaires.
S'agissant enfin du PS n°4, le
non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA dégrade la visibilité et la réputation du
pays à l'échelle communautaire voire mondiale et est source de
plusieurs blocages en matière d'appui budgétaire de la part de
certains bailleurs de fonds. Il s'agit là d'un problème crucial.
Pour le résoudre, nous envisageons une perspective théorique
spécifique fondée sur le renforcement du cadrage
budgétaire.
B- Formulation de la
problématique de l'étude.
Formuler la problématique de l'étude revient
à rappeler le PAR choisi et la perspective théorique y relative.
Cette double réalité de recherche nous permet de libeller la
problématique comme
suit : « Problématique d'amélioration
du processus d'élaboration du budget sous le régime de la
nouvelle LOLF ». Le tableau suivant rend compte de
façon plus explicite de cette formulation.
Tableau n°5 : Formulation de la
problématique choisie
|
Niveaux
|
Eléments de la problématique de
l'étude
|
Libellé de la problématique
choisie
|
|
Eléments du PAR
|
Perspectives théoriques retenues
(PTR)
|
|
Niveau général
|
|
PG : Insuffisances dans le processus d'élaboration du
budget à l'ère de la nouvelle LOLF
|
optimisation des activités concourant l'élaboration
du Budget Général de l'Etat sous le régime de la nouvelle
LOLF.
|
problématique d'amélioration du processus
d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle LOLF
|
|
Niveaux spécifiques
|
1
|
PSn°1 :la non-disponibilité de certaines
données nécessaires à la formulation du budget
|
optimisation des techniques de production et de mobilisation de
toutes les données indispensables dans le processus budgétaire
|
|
2
|
PS n°2 : l'absence d'obligation formelle de
présentation des outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles
|
recherche de la performance dans la budgétisation
sectorielle
|
|
3
|
PS n°3 : la faible contribution du Contrôle
Financier à la sincérité des prévisions
budgétaires
|
amélioration de la sincérité des
prévisions budgétaires
|
|
4
|
PS n°4 : le non-respect de certains critères de
convergence de l'UEMOA
|
renforcement du cadrage budgétaire.
|
Source : résultats de nos analyses,
2015.
CHAPITRE DEUXIEME :
Approches théoriques et méthodologiques
de l'étude, et réflexions suggestives
Le présent chapitre est subdivisé en deux
grandes sections. La première est consacrée aux approches
théoriques et méthodologiques de l'étude tandis que la
seconde aborde la vérification des hypothèses ainsi que les
approches de solutions.
Section 1 : Cadres théorique et méthodologique
de l'étude
Après l'exposé du cadre
théorique, suivra la méthodologie de recherche.
Paragraphe 1 : Présentation du cadre théorique
de l'étude
Cette rubrique s'intéresse aux objectifs, aux
hypothèses de recherche ainsi qu'à la revue de
littérature, relativement aux problèmes spécifiques
identifiés.
I-Objectifs et hypothèses de l'étude
Il serait intéressant de rappeler d'abord les
problèmes répertoriés tout en présentant les
objectifs visés, avant de passer à la formulation des
hypothèses.
A-
Objectifs et résultats attendus de l'étude
Ø Objectifs généraux et
spécifiques
Notre étude vise un objectif général et
des objectifs spécifiques, à la fois dans une logique de
recherche et de développement.
ü Objectifs généraux
Il s'agit de présenter ici les objectifs
généraux de recherche et de développement.
Les objectifs généraux de l'étude sont
liés au problème général qu'il convient de rappeler
ici : Insuffisances dans le processus d'élaboration du budget
à l'ère de la nouvelle LOLF. Face à ce problème
général, nous nous sommes fixé comme objectif
général de recherche, de déterminer les conditions
d'amélioration du processus d'élaboration du budget sous le
régime de la nouvelle LOLF. L'objectif général de
développement est donc de conseiller les conditions requises
pour uneamélioration du processus d'élaboration du budget sous le
régime de la nouvelle LOLFà travers des propositions de
solutions concrètes après diagnostic. Ces objectifs
généraux se déclinent en des objectifs spécifiques.
ü Objectifs spécifiques
Relativement au problème lié la
non-disponibilité de certaines données nécessaires
à la formulation du budget, l'objectif spécifique de
développement est de proposer les mesures idoines à
prendre pour l'exhaustivité des estimations budgétaires
prévisionnelles, après les avoir définies
(objectif spécifique de recherche).
S'agissant de l'absence d'obligation formelle de
présentation des outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles, nous visons comme objectif spécifique de
développement, de suggérer des approches pour une
amélioration de la performance des institutions constitutionnelles
à travers la formulation des DPPD spéciaux, après
les avoir identifiées (objectif spécifique de
recherche).
Quant au problème de la faible contribution du
Contrôle Financier à la sincérité des
prévisions ébudgétaires, il s'agira pour nous
d'expliciter les modalités d'une participation effective du
Contrôle Financier au processus de la prévision budgétaire
(objectif spécifique de développement) après les
avoirrelevées (objectif spécifique de
recherche).
Enfin, en ce qui concerne le non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA, il urge de
déterminer les actions urgentes à mettre en oeuvre
(objectif spécifique de recherche) pour le respect des
normes communautaires (objectif spécifique de
développement).
Des résultats sont attendus par rapport aux objectifs
visés.
Ø Résultats attendus
Les résultats attendus de l'étude sont relatifs
aux objectifs généraux (de recherche et de développement)
et aux objectifs spécifiques.
En terme général, à l'issu de cette
étude, les conditions d'amélioration du processus
d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLFsontdéterminées et conseillées.
De façon spécifique, au terme de
l'étude :
- les mesures idoines à prendre pour
l'exhaustivité des estimations budgétaires prévisionnelles
sont définies et proposées (relativement au PS
n°1) ;
- des approches pour une amélioration de la performance
des institutions constitutionnelles à travers la formulation des DPPD
spéciaux sont identifiées et suggérées
(relativement au PS n°2) ;
- les modalités d'une participation effective du
Contrôle Financier au processus de la prévision budgétaire
sont relevées et explicitées (relativement au PS
n°3) ;
- les actions urgentes à mettre en oeuvre pour le
respect des normes communautaires sont déterminées et
appliquées (relativement au PS n°4).
Des hypothèses pourront être enfin
formulées.
B-
Hypothèses de recherche et tableau de bord de l'étude
Ø Formulation des hypothèses
En nous inscrivant dans une logique de recherche de type
« diagnostic », notre hypothèse est bi-variée ; au
moins une cause est reliée à un problème. Une
hypothèse est en fait une réponse provisoire que le chercheur
apporte à une question liée à un élément du
PAR en terme de son origine. La formulation d'une telle hypothèse
obéit à un processus (elle ne se décrète
pas) : d'abord il faut déterminer l'ensemble des causes possibles
pour chaque problème spécifique, ensuite à travers un
raisonnement cohérent il faut choisir la cause la plus plausible pour
chaque problème spécifique, enfin il faut formuler
l'hypothèse en reliant chaque problème spécifique à
sa cause la plus indiquée. C'est justement cette démarche qui
nous a conduit aux résultats suivants4(*) :
- Hypothèse spécifique
n°1 :la non-disponibilité de certaines
données nécessaires à la formulation du
budget relève de la livraison tardive de certaines statistiques de
l'INSAE ;
- Hypothèse spécifique
n°2 :l'absence d'obligation formelle de
présentation des outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles s'explique par l'absence de pilotage de programmes de
développement en leur sein ;
- Hypothèse spécifique
n°3 :la non-implication du Contrôle Financier dans
le processus de la préparation budgétaire est responsable de sa
faible contribution à la sincérité des prévisions
budgétaires ;
- Hypothèse spécifique
n°4 :la rigidité de certains
agrégats budgétaires est à la base du non-respect de
certains critères de convergence de l'UEMOA.
En l'absence d'une cause générale,
l'hypothèse générale n'est pas formulée.
Ø Tableau de bord de
l'étude(TBE)
Le tableau suivant fait le point des objectifs et des
hypothèses en lien direct avec les problèmes spécifiques.
Tableau n°6 : Tableau de bord de
l'étude.
|
Niv. d'anal
|
Problématique de l'étude
|
Objectifs de recherche
|
Causes supposées
|
Hypothèses
|
|
Niv. Géné
|
(Problème général)
Insuffisances dans le processus d'élaboration du budget
à l'ère de la nouvelle LOLF
|
Déterminer les conditions d'amélioration du
processus d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLF
|
-
|
-
|
|
1
|
La non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget
|
Définir les mesures idoines à prendre pour
l'exhaustivité des estimations budgétaires
prévisionnelles
|
La livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE
|
La non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget relève de la
livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE
|
|
2
|
L'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
|
Identifier des approches pour une amélioration de la
performance des institutions constitutionnelles
|
L'absence de pilotage de programmes de développement
par les institutions constitutionnelles
|
L'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
s'explique par l'absence de pilotage de programmes de développement en
leur sein
|
|
3
|
La faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires
|
Relever les modalités d'une participation effective du
Contrôle Financier au processus de la prévision
budgétaire
|
La non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaire
|
La non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaire est responsable de sa
faible contribution à la sincérité des prévisions
budgétaires
|
|
4
|
Le non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA
|
Déterminer les actions urgentes à mettre en
oeuvre pour le respect des normes communautaires
|
la rigidité de certains agrégats
budgétaires
|
La rigidité de certains agrégats
budgétaires est à la base du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA
|
Source : résultats de nos
observations, 2015.Intéressons-nous à présent à ce
que dit la documentation existante au sujet des problèmes
spécifiques à résoudre.
II-
Revue de littérature sur le processus de la prévision
budgétaire
Les mémoires et ouvrages abordés ici ne
traitent pas explicitement et uniquement des problèmes
spécifiques en résolution dans cette étude. Ces
problèmes paraissent naturellement nouveaux parce que subséquents
à la mise en oeuvre de la nouvelle LOLF ; ils n'ont quasiment pas
fait l'objet d'une étude académique digne du nom. Mais une
lecture minutieuse de ces documents nous a permis tout de même de relever
les points de vue des auteurs, relativement aux problèmes
identifiés.
A- Point des connaissances sur les
problèmes spécifiques n°1 et n°2
Le problème spécifique n°1 de notre
étude s'intitule : la non-disponibilité de certaines
données nécessaires à la formulation du budget. En effet,
la formulation du budget, dès la phase d'élaboration du Document
de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP) doit
s'inscrire dans une approche exhaustive, en ce qui concerne les informations ou
données à prendre en considération car, une approche plus
exhaustive des finances publiques contribue par ailleurs à renforcer la
transparence. C'est dans cette logique d'exhaustivité que le guide
didactiquede la directive n° 06/2009/CM/UEMOA du 26 juin 2009portant lois
de finances au sein de l'UEMOA précise : «Afin de
permettre aux Parlementaires et aux citoyens d'appréhender la
dépense publique dans son ensemble (budget de l'Etat mais
également budget des collectivités locales, établissement
publics, entreprises publiques), la Directive étend le
périmètre pris en compte par les lois de finances et
complète, à travers la documentation budgétaire,
l'information fournie aux Parlementaires ». Dans ces conditions, les
autorités chargées de la formulation et de la présentation
du budget doivent garantir une information fiable et complète et ne pas
sciemment ou inconsciemment dissimuler des informations financières,
surévaluer les recettes ou sous-estimer les dépenses. Les
informations intéressées concernent principalement la phase amont
de formulation de la loi de finances.Cette phase permet de déterminer la
stratégie budgétaire et financière de l'Etat à
moyen terme et de mettre en perspective les principaux paramètres qui
déterminent l'évolution probable de la conjoncture, des
perspectives de ressources, de la situation patrimoniale des organismes publics
et de leurs besoins financiers. L'objectif de cette phase amont est de
permettre aux autorités nationales chargées des arbitrages et de
la politique budgétaire d'opérer des choix stratégiques
pour l'élaboration de la loi de finances. Cette partie constitue une
grande innovation de la Directive puisqu'elle consacre juridiquement une
pratique généralisée dans la zone UEMOA : les documents
produits au cours de cette phase font, désormais, partie
intégrante du processus budgétaire et sont obligatoirement
annexés au projet de loi de finances de l'année. Ils constituent
également un support privilégié pour la démarche de
performance de l'article 12.Par « secteur public », la Directive
entend ne pas limiter le champ d'application du DPBEP au seul secteur de
l'État entendu au sens des administrations centrales et
déconcentrées mais également aux autres « organismes
publics » tels que, les collectivités locales, les
établissements publics à caractère administratif, les
entreprises publiques et les offices d'Etat.
Relativement au problème que constitue l'absence
d'obligation formelle de présentation des outils de gestion
pluriannuelle par les institutions constitutionnelles, il apparait que les
Documents de Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD) constituent
les supports de présentation de la performance.
Concernant la phase de programmation budgétaire, la
Directive impose l'élaboration de documents de cadrage pluriannuel pour
justifier des choix budgétaires de la loi de finances de l'année.
Ces documents présentent l'évolution à moyen terme (trois
ans généralement) des dotations de la loi de finances et leurs
impacts sur l'équilibre général des finances publiques.
Ils sont visés aux articles 52 et 53 de la nouvelle Directive et sont
désignés respectivement comme : le Document de Programmation
Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP) et le Document de
Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD). Ils s'intègrent
dans le processus de formulation de la loi de finances dont ils sont des
annexes obligatoires.
La démarche de performance s'inscrit en
conséquence dans le renforcement du système de gestion des
finances publiques selon les trois objectifs budgétaires à savoir
la discipline budgétaire globale, l'allocation stratégique des
ressources et la prestation efficiente des services publics. En particulier, la
recherche de la performance doit s'effectuer dans lerespect des contraintes
macroéconomiques et des objectifs budgétaires globaux,
définisdans le Document de Programmation Budgétaire et Economique
Pluriannuelle (DPBEP),précisé dans l'article 52 de la directive
06/2009/CM/UEMOA.C'est dire que désormais, le budget doit mettre en
avant, non seulement les moyens liés à l'activité des
pouvoirs publics, mais également justifier la répartition des
allocations par rapport à la réalisation d'objectifs
définis ex ante pour chaque poste de dépense.Cela
suppose que le Gouvernement est donc tenu d'expliquer et de justifier
l'utilisation de l'intégralité des crédits qu'il
sollicite. Chaque franc utilisé doit être détaillé
à travers une analyse du coût des politiques publiques.Cette
innovation revêt un intérêt particulier dans le cadre de la
gestion des finances publiques des pays en développement. Elle offre une
réponse technique aux problèmes d'articulation entre les
stratégies nationales de développement et les budgets. C'est
à ce titre que l'article 12 de la Directive 06 fait obligation aux
budgets des ministères d'être présentés en
programmes.
B- Point des connaissances sur les
problèmes spécifiques n°3 et n°4
La faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires constitue le
PS n°3 de la présente étude. Retenons qu'aux
côtés des principes budgétaires classiques
(annualité, spécialité, universalité et
unité), la nouvelle Directive de l'UEMOA introduit un nouveau principe :
la sincérité budgétaire. Le principe de
sincérité apparait aux articles 30 et 72 de la Directive et est
consacré aux articles 8 alinéas 2, et 80de la loi n°2013-14
du 27 septembre 2013 relative aux lois de finances au Bénin. Il se
définit commel'obligation de présenter des comptes ou un budget
reflétant une image sincère et fidèlede la situation et
des perspectives économiques et patrimoniales nationales au regard des
informations dont dispose le Gouvernement au moment de leur élaboration.
Le principe de sincérité interdit de sous-estimer les charges ou
de surestimer les ressources présentées dans la loi de finances
et fait obligation de ne pas dissimuler des éléments financiers
ou patrimoniaux. Deux corollaires s'attachent à ce principe :
l'inclusion effective de l'ensemble des ressources et des charges (en ce sens,
le principe de sincérité rejoint les obligations découlant
du principe d'universalité) au sein du budget ou des comptes de l'Etat
ainsi que la cohérence des informations fournies. Le principe de
sincérité se décline au plan budgétaire (article
30) et au plan comptable (article 72). Au plan budgétaire, ce qui nous
intéresse ici, il implique de présenter l'ensemble des ressources
et des charges de l'Etat de façon sincère.Parlant de la
sincérité en prévision budgétaire, M. BACHELLERIE
(2005) faisait observer que : « le contrôle de l'engagement de
la dépense étant allégé il est important que
l'action du Contrôle Financier soit orientée vers les
véritables enjeux budgétaires. A cet effet, il est
nécessaire que le Contrôleur Financier examine les
prévisions des dépenses, principalement au regard des
dépenses obligatoires et inéluctables, les prévisions de
consommation de crédits, de rémunération et d'autorisation
d'emploi ». A. BARILARI (2004), ajouta quele Contrôle Financier
doit prendre en compte la mesure de la performance. Quant à F. DANON
(2013), pour une efficacité du contrôle a priori, il urge donc que
le ContrôleFinancier sur lequel repose la lourde responsabilité de
prévention desdifférents risques budgétaires et financiers
soit suffisamment équipé etarmé pour identifier,
évaluer et prévenir, en un temps record, les
risquesbudgétaires et financiers qui entachent éventuellement les
opérationsfinancières de l'Etat.
SelonJ. F. JOYE (2010), la sincérité «
...c'est un principe cardinal, peut-être le plus fondamental en tant
qu'il couronne l'édifice juridique financier et lui assure une
unité conceptuelle...il a du sens et il donne du sens... ». C'est
tout simplement un principe qui est basé sur l'éthique, la morale
et donne ainsi du sens à notre organisation sociale. Dans ce même
sens, M. C. ESCLASSAN(2010) estime qu'il existe un lien étroit entre
sincérité et gouvernance financière ; les deux sont
étroits et profonds car le besoin d'une information fiable, et donc
sincère, est essentiel dans les conceptions de la gouvernance des
systèmes quels qu'ils soient. L'exigence de la sincérité
associe celle de la transparence. La logique de performance et de
résultat qui imprègne désormais la plupart des
systèmes financiers publics conduit à mettre l'accent sur la
place fondamentale de l'information dans la gouvernance financière
publique. Dans cette perspective, la qualité de l'information, et
notamment sa fiabilité, revêt une importance capitale.
Revenant enfin sur le non-respect de certains critères
de convergence de l'UEMOA (problème spécifique n°4), N.
DANGOU (2013) retenait déjà, d'après son étude, que
les Etats membres de l'UEMOA éprouvent généralement des
difficultés pour le respect du pacte de convergence qu'ils se sont
librement donnés.Elle mentionnait en outre que le Bénin fait
preuve de laxisme dans l'octroi de primes et indemnités aux agents de
l'Etat ; ce qui gonfle anormalement la masse salariale. Elle
suggère à cet effet que l'ensemble des éléments
entrant dans la composition de la masse salariale soient revus à la
baisse. Par ailleurs au sujet du critère qu'est le taux de pression
fiscale,B. L.N'GALADJO (2004) révélait que
« le taux de pression fiscale dont le respect devrait fournir aux Etats
membres davantage de ressources pour assurer les équilibres
macroéconomiques, ne l'est pas, là aussi à cause, sans
doute de l'existence de groupes de pression et/ou de préférences
plus forte pour la non convergence compte tenu des coûts politiques
attendus ». Les Etats membres devraient au moins, à l'étape
de la prévision, tenir compte du pacte de convergence.
Déclinons à présent la
méthodologie de recherche suivie.
Paragraphe 2 : Méthodologie de l'étude
La méthodologie que nous avons adoptée a une
double dimension : une dimension basée sur les enquêtes (dimension
empirique) et une dimension liée aux modèles et seuils de
décision (dimension théorique).
I- Le
pourquoi et comment de l'enquête
Il sera question ici des objectifs de l'enquête, de la
population ciblée et des outils pratiques nécessaires dans le
processus d'une enquête.
A°) Finalités et cadre de l'enquête
Dans toute recherche scientifique, l'objectif principal est la
vérification des hypothèses préalablement émises,
histoire d'apporter des solutions originales aux problèmes
identifiés. Ceci dit, de façon spécifique, nous nous
sommes fixé comme objectif de l'enquête :
- de nous assurer que la non-disponibilité de certaines
données nécessaires à la formulation du
budget relève de la livraison tardive de certaines statistiques de
l'INSAE ;
- de vérifier si l'absence d'obligation formelle de
présentation des outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles s'explique par l'absence de pilotage de programmes de
développement en leur sein ;
- de certifier ou non que la non-implication du Contrôle
Financier dans le processus de la préparation budgétaire est
responsable de sa faible contribution à la sincérité des
prévisions budgétaires ;
- d'approuver ou de désapprouver l'hypothèse
selon laquelle la rigidité de certains agrégats
budgétaires est à la base du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA.
Notre enquête pratique s'intéresse à une
population formée par l'ensemble des acteurs qui, d'une manière
ou d'une autre, influencent le processus d'élaboration du budget au
Bénin. Cette population englobe les cadres de la DGB ; de la
Direction Générale des Affaires Economiques (DGAE) ;du
Contrôle Financier (CF) ;du Ministère chargé du
Développement économique, de l'Evaluation des Politiques
publiques et de la Promotion de la bonne gouvernance (MDEEPPPBG) ; du
Ministère de l'Economie, des Finances et des Programmes de
Dénationalisation (MEFPD) ; des institutions
constitutionnelles ; de l'INSAE ; des établissements et
offices d'Etat ; des autres ministères sectoriels ;...
Nous comprenons par-là que la taille de la population
mère est difficilement repérable. En conséquence, un
échantillon de taille n?62 (nombre de questionnaires effectivement
récupéré) est pris. Et, nous avons adopté une
technique de collecte d'information qui exige le recours à la
réflexion, au raisonnement, à l'expérience, à la
connaissance du milieu enquêté, pour choisir les unités
à interroger. Il s'agit donc d'un sondage non probabiliste dont les
éléments de l'échantillon sont sélectionnés
par la méthode des quotas, avec comme variable de contrôle, la
structure d'appartenance. La sélection se présente ainsi qu'il
suit : 13 individus à la DGB ; 08 à la DGAE ; 05 à la
MEFPD (le Cabinet) ; 05 au CF ; 09 au niveau des institutions
constitutionnelles, 07 au MDEEPPPBG ; 07 à l'INSAE,et 08au niveau
des établissements publics et offices d'Etat ainsi que des autres
ministères sectoriels.
B°) Les outils de mobilisation, de dépouillement
et de présentation des données.
Les données à collecter, compte tenu de nos
hypothèses, sont de nature qualitative. Les informations sont donc
mobilisées en utilisant un guide d'entretien, un questionnaire5(*) et parfois la méthode
accélérée de recherche participative (MARP).
En considération de la taille de notre
échantillon, nous avons adopté un dépouillement manuel
à travers le tri à plat. Les résultats sont ainsi
passés dans l'ordinateur sous le logiciel EXCEL pour leur
présentation.
S'agissant de la présentation des données
mobilisées, les outils disponibles sont des tableaux et des graphiques
(diagrammes, histogrammes, courbes). Nos variables statistiques étant
essentiellement qualitatives, les représentations correspondantes sont :
des diagrammes circulaires, diagrammes semi-circulaires, à bandes et
diagrammes en tuyau d'orgue. Pour des raisons de commodité, nous avons
utilisé les graphiques dans le texte principal et les tableaux en
annexe.
II-
Approches théoriques employées
L'approche théorique permet l'analyse des données,
au regard des théories disponibles.
A°) Choix de théorie appropriée
Relativement à nos problèmes spécifiques,
la revue de littérature n'a révélé aucune
théorie au sujet de la vérification des hypothèses. En
conséquence, nous nous sommes contentés des seuils de
décision. En d'autres termes, le défaut d'une théorie
appropriée en la matière nous contraint à la fixation des
seuils de décision.
B°) Choix du seuil de décision
Un seuil de décision est fixé relativement à
chaque hypothèse d'étude. Les deuxième et quatrième
hypothèses comportent chacune trois (03) items spécifiés.
L'item retenu est celui ayant un poids supérieur au poids moyen des
causes (soit 33%). A défaut, l'item ayant le poids le plus
élevé est adopté.
Quant à la première hypothèse, elle
comporte deux items spécifiés. La cause réelle est celle
qui obtient un poids supérieur ou égal à 50%. Si aucune
cause ne satisfait à cette condition, alors la cause ayant le poids le
plus élevé est réelle.
S'agissant de la troisième hypothèse, est
retenue comme cause réelle, la cause ayant un poids supérieur
à 50%. Si aucune cause ne répond à ce principe, toute
cause ayant un poids non nul, sera retenue comme cause réelle.
Section 2 : Vérification des hypothèses et
approches de solutions
Le diagnostic est établi après la mobilisation
des données d'enquête.
Paragraphe 1 :Collecte des données et
établissement du diagnostic
Le premier paragraphe est consacré à la
mobilisation des données et les contraintes y relatives, tandis que le
second est réservé à l'analyse des données
recueillies.
I-
Mobilisation des données, difficultés rencontrées et
limites des données
Il s'agit ici de dire succinctement le contexte d'organisation
des enquêtes et les difficultés y relatives.
A-
Préparation et réalisation de l'enquête
Les enquêtes que nous avons conduites ont connu une
phase préparatoire qui a précédé celle de la
réalisation.
Ø Préparation des
enquêtes
En vue de rendre plus compréhensive la formulation des
questions pour les enquêtés, le questionnaire a fait l'objet
d'un test avant d'être corrigé grâce aux observations faites
par les personnes ressources consultées.
Afin de garantir une meilleure compréhension des
questions, le questionnaire a été conçu exclusivement en
tenant compte des problèmes spécifiques identifiés au
cours de cette étude. Cela nous permet de recueillir plus
aisément l'essentiel des avis des enquêtés sur la
problématique de l'étude.
Ø Réalisation des
enquêtes
Il est à signaler que ces enquêtes se sont
déroulées sur une période de deux mois, plus
précisément du 18mai 2015 au 17 juillet 2015. Les enquêtes
nous ont conduit dans diverses structures, soit pour recueillir des
informations documentaires, soit pour distribuer des questionnaires, ou pour
solliciter un entretien. Aussi faut-il souligner que ces enquêtes ne se
sont pas déroulées sans difficultés.
B-
Difficultés rencontrées et limites des données
Les limites des données sont mises en exergue
après l'exposé des difficultés rencontrées.
Ø Difficultés
rencontrées
Les difficultés rencontrées lors de la
réalisation de nos enquêtes sont multiformes et de divers ordres :
- la non-disponibilité de certains agents à
répondre à nos préoccupations ;
- la non-disponibilité de certaines statistiques ;
etc.
Ces difficultés expliquent la limite des données
recueillies.
Ø Limites des données.
Ces limites concernent essentiellement l'insuffisance des
informations collectées. Elles sont spécifiquement liées
aux marges d'erreur pouvant provenir non seulement de ces difficultés,
du temps à nous imparti, mais aussi de notre jeune expérience en
matière de conduite d'une enquête.
Néanmoins, nous nous sommes efforcé de
respecter, autant que faire se peut, les règles, normes et principes
académiques établis en la matière. Donc ces
difficultés et limites ne sont pas de nature à disqualifier le
caractère scientifique et technique des résultats
présentés dans cette étude.
II-Présentation et analyse des données
Les problèmes spécifiques sont regroupés
deux à deux.
A-
Données relatives aux problèmes spécifiques
Il convient maintenant d'exposer les données
collectées sur la base du questionnaire.
Qu'est-ce qui, selon vous, engendre la
non-disponibilité de certaines données nécessaires
à la formulation du budget? Cette question posée aux
enquêtés au cours de nos recherches nous a permis de recueillir
les données nécessaires pour la vérification de
l'hypothèse spécifique n°1. Le traitement des données
mobilisées a permis l'obtention du graphique suivant.
Graphique n°1 :
répartition des données d'enquête relatives au
problème de la non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget.

Source : données d'enquête,
2015
S'agissant du problème que constituel'absence
d'obligation formelle de présentation des outils de gestion
pluriannuelle par les institutions constitutionnelles, la question «
qu'est-ce qui peut être à la base de l'absence d'obligation
formelle de présentation des outils de gestion pluriannuelle par les
institutions constitutionnelles? » nous a permis de faire la
répartition des données suivantes.
Graphique n°2 :
répartition des données d'enquête relatives à
l'absence d'obligation formelle de présentation des outils de gestion
pluriannuelle par les institutions constitutionnelles.

Source : données d'enquête,
2015
Nous nous sommes servi de la question n°3 du
questionnaire, pour l'examen des causes du problème spécifique
n°3. « Qu'est-ce qui explique, selon vous, la faible contribution du
Contrôle Financier à la sincérité des
prévisions budgétaires? » ; telle est la question dont les
réponses sont organisées à travers le graphique qui suit.
Graphique n°3 : répartition des
données d'enquête relatives à la faible contribution du
Contrôle Financier à la sincérité des
prévisions budgétaires.

Source : données d'enquête,
2015
En ce qui concerne le quatrième problème
spécifique, nous avons exploité les réponses
générées par la question : « Qu'est-ce qui justifie,
selon vous, lenon-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA? ».
Le schéma suivant rend compte graphiquement des
résultats de nos investigations.
Graphique n°4 : répartition des
données d'enquête relatives au non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA.

Source : données d'enquête, 2015
B) Etablissement du diagnostic
Dans cette rubrique, nous avons procédé à
l'évaluation du degré de vérification des
hypothèses puis à la synthèse du diagnostic.
Ø Degré de vérification des
hypothèses
Au sujet du problème spécifique n°1, tel
que révélé par le graphique n°1, aucune des causes
identifiées n'a atteint la barre des 50% requis pour être
décisive. Nous avons enregistré 48,39% pour la cause n°1 ;
45,16% pour la cause n°2 et 06,45% pour l'item « Autres ». En
considérant le seuil de décision, «le défaut de
dépôt de bilans de certains organismes publics à la DGAE
» est la cause réelle du premier problème spécifique,
parce qu'ayant le poids le plus élevé. En conséquence,
l'hypothèse spécifique n°1 est
infirmée. Mais il serait assez aberrant de faire abstraction
d'une cause ayant un poids aussi considérable (45,16%) que celle
libellée «la livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE
». C'est dire que cette cause va être également prise en
compte pour l'éradication absolue du problème. Les causes
réelles étant connues nous pouvons retenir : la
non-disponibilité de certaines données nécessaires
à la formulation du budget relève non seulement de la
livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE mais surtout du
défaut de dépôt de bilans de certains organismes publics
à la DGAE.
La deuxième hypothèse de notre étude est
formulée : «l'absence d'obligation formelle de présentation
des outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
s'explique par l'absence de pilotage de programmes de développement en
leur sein». D'après le graphique n°2, 79,03% des
enquêtés estiment que l'absence de pilotage de programmes de
développement par les institutions constitutionnelles est la cause du
problème identifié ; 4,84% pensent que c'est plutôt l'oubli
collectif, et 14,52% soutiennent que la sous-estimation des rôles des
institutions constitutionnelles dans le développement du pays est la
cause majeure du problème à résoudre. Ceux qui ont
évoqué des causes disparates rangées dans la
modalité «Autres» s'élèvent à 1,61% de la
population enquêtée. Au regard du seuil de décision
fixé, une cause qui obtient un poids de 33% au moins est
considérée comme réelle. Vu que la «l'absence de
pilotage de programmes de développement en leur sein» a
totalisé 79,03%, elleest donc responsable du problème
spécifique n°2. Nous en déduisons que
l'hypothèse selon laquelle l'absence d'obligation
formelle de présentation des outils de gestion pluriannuelle par les
institutions constitutionnelles s'explique par l'absence de pilotage de
programmes de développement en leur seinest
confirmée. En d'autres termes, nous retenons :
l'absence d'obligation formelle de présentation des outils de
gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles s'explique par
l'absence de pilotage de programmes de développement en leur sein.
Les résultats d'enquêtes relatifs à la
vérification de la troisième hypothèse spécifique
se présentent comme suit : 0% pour l'item n°3 ; 4,84% pour l'item
n°2 ; et 95,16% pour l'item n°1. En application du seuil de
décision fixé, la cause spécifique n°1 se
dégage comme cause réelle. Il est donc clair que
l'hypothèse spécifique n°3 est
confirmée ; c'est-à-dire que la non implication
du Contrôle Financier dans le processus de la préparation
budgétaire est responsable de sa faible contribution à la
sincérité des prévisions budgétaires.
Revenant sur le problème spécifique n°4,
les informations traitées révèlent que 45,16% des
enquêtés attestent que la rigidité de certains
agrégats budgétaires justifie le non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA, et 30,65% estiment plutôt que
c'est le manque de volonté politique des autorités qui induit ce
problème. Une proportion de 24,19% de la population interrogée
pense que c'est la multiplicité des critères de convergence qui
est à base du problème soulevé. Aucune cause disparate
rangée dans l'item « Autres » n'a été
identifiée. En référence au seuil de décision, les
causes spécifiées n°1 est la causes réelle parce
qu'ayant un poids supérieur au poids moyen des causes (33%). Nous
déduisons ainsi que l'hypothèse spécifique
n°4 est confirmée. En somme, il peut être
affirmé que la rigidité de certains agrégats
budgétaires est à la base du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA.
Ø Synthèse du diagnostic
Il est question ici de faire le résumé des
connaissances acquises après la vérification des
hypothèses.
Pour des raisons de commodité, les informations
à retenir sont consignées dans le tableau ci-après.
Tableau n°07: synthèse du
diagnostic
|
N°
|
Problèmes spécifiques
|
Causes réelles
|
Diagnostic proprement dit
|
|
1
|
La non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget
|
Le défaut de dépôt de bilans de certains
organismes publics à la DGAE et la livraison tardive de certaines
statistiques de l'INSAE
|
La non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget relève non
seulement de la livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE mais
surtout du défaut de dépôt de bilans de certains organismes
publics à la DGAE
|
|
2
|
L'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
|
L'absence de pilotage de programmes de développement par
les institutions constitutionnelles
|
L'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
s'explique par l'absence de pilotage de programmes de développement en
leur sein
|
|
3
|
La faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires
|
La non-implication du Contrôle Financier dans le processus
de la préparation budgétaire
|
La non-implication du Contrôle Financier dans le processus
de la préparation budgétaire est responsable de sa faible
contribution à la sincérité des prévisions
budgétaires
|
|
4
|
Le non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA
|
La rigidité de certains agrégats
budgétaires
|
La rigidité de certains agrégats
budgétaires est à la base du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA
|
Source : Résultats de nos
analyses, 2015.
Paragraphe2 :Réflexions suggestives
Les véritables problèmes qui minent le
système béninois de préparation et de budgétisation
à l'ère de la nouvelle LOLF sont identifiés. Les sources
de ces différentes insuffisances sont décelées. Il nous
appartient donc d'agir ; agir pour anéantir ou détruire les
causes et renforcer les atouts. Nous allons, à cet effet, proposer des
solutions susceptibles de rendre plus dynamique et efficace le processus
budgétaire sous le régime de la nouvelle LOLF. Ces solutions vont
nécessiter certaines actions préalables et une certaine
coordination et coopération pour leur efficacité ; c'est pourquoi
des recommandations seront faites à l'endroit de tous les acteurs
intéressés.
I-
Propositions de solutions
Les solutions que nous proposons ici constituent des approches.
Les problèmes spécifiques en résolution feront objet de
solution deux à deux.La première sous-rubrique est
consacrée aux approches de solutions des problèmes
spécifiques n°1 et n°2, tandis que les deux derniers
problèmes spécifiques trouveront leurs approches de solutions
à la deuxième sous-rubrique.
A-
Approches de solutions aux problèmes spécifiques n°1 et
n°2
D'après le diagnostic, nous savons que le
problème de la non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget est, en grande partie,
dû au défaut de dépôt de bilans de certains
organismes publics à la DGAE, mais aussi à la livraison tardive
de certaines statistiques de l'INSAE. Pour résoudre ce problème,
c'est-à-dire pour une exhaustivité dans les prévisions
budgétaires et en conséquence pour une sincérité du
processus budgétaire, nous devons agir sur les deux principales causes.
Une action qui doit consister à garantir l'exhaustivité en temps
opportun des données utilisables dans le processus de formulation
budgétaire. Cela doit donc se traduire par la mise en place d'une base
de données performante relative à la situation financière
des organismes publics autres que les administrations centrales ou
déconcentrées. Ces données doivent englober les
états financiers tels que recommandé par le système normal
de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires
(OHADA). Sur ce point il n'est plus à démontrer que l'existence
de bases de données et la mise au point de procédures de mises
à jour régulières de ces bases de données, par des
données fiables, est une condition nécessaire pour un suivi
efficace de la performance. Des actions visant à améliorer les
systèmes de collecte de l'information existants seront souvent
nécessaires pour établir un système robuste de suivi de la
performance. Signalons qu'à l'intérieur du DPBEP les
éléments suivants doivent apparaitre :
-les hypothèses économiques précises et
justifiées : les éléments du cadrage
macroéconomique pluriannuel doivent désormais apparaitre comme
justification des choix budgétaires ;
- les perspectives de recettes du secteur public sur la
période couverte par le
DPBEP (au minimum trois ans) ;
-les perspectives de dépenses du secteur public sur la
même période ;
- l'évolution de la dette du secteur public, et
- les perspectives financières pour les entreprises
publiques en précisant les transferts que l'État peut
opérer à leur profit.
Toutes ces perspectives s'appuient sur des données
rétrospectives et présentes, de l'ensemble du secteur public pour
anticiper sur l'avenir ; d'où la nécessité de
mobiliser toutes les informations nécessaires à une bonne
formulation du budget.
Rappelons à cet effet que dans le cadre de la
procédure budgétaire, le DPBEP a deux objectifs :
-il est le point de départ de l'exercice de formulation
de la loi de finances. Selon les termes de l'article 52 il sert de
référence pour l'élaboration du projet de loi de finances
de l'année. En ce sens, sa mise à jour ou son élaboration
sur la base des hypothèses du cadrage macroéconomique constitue
la phase initiale de la procédure budgétaire pour l'année
n+1. L'objectif est de corréler les perspectives d'évolution
macro-économiques et de recettes aux projections de dépenses : le
DPBEP procède à l'allocation des enveloppes budgétaires
sectorielles en fonction des priorités nationales et des perspectives de
ressources. A ce titre, il joue un rôle central dans la traduction
budgétaire des documents de stratégies pluriannuelles (ex.
document de réduction de la pauvreté, stratégies de
croissance).
-en fin de procédure budgétaire, le DPBEP, doit
offrir une vision synthétique et globale des perspectives
d'évolution des finances publiques à moyen terme.En ce sens, il
doit être cohérent avec les arbitrages budgétaires et de ce
fait avec le projet de loi de finances (pour la première année du
DPBEP) et les Documents de Programmation Pluriannuelledes Dépenses
(DPPD) (sur l'ensemble de la période). Techniquement, le DPBEP apparait
comme une version obligatoire, qui se veut plus exhaustive et
synthétique des anciens Cadres de Dépenses à Moyen Terme
(CDMT) et Cadres Budgétaire à Moyen Terme (CBMT).
Il est clair que dans ces conditions, rien ne doit être
laissé de côté. Mais pour que les informations
nécessaires soient rendues disponibles en temps opportun, il faudrait
qu'elles soient d'abord produites. C'est pour cela qu'il faille placer au sein
de chaque établissement public, chaque entreprise publique, chaque
société ou office d'Etat, un spécialiste de la
comptabilité générale et approfondie qui se retrouve dans
la production et le maniement des bilans, des comptes de résultat, bref
des états financiers publics. Ce spécialiste doit avoir sa
comptabilité reliée automatiquement à la base de
données exploitable par la DGAE.
Quant à l'Institut National de la Statistique et de
l'Analyse Economique, elle devra faire preuve de célérité
dans les techniques de collecte, de traitement et de présentation des
données utilisables par la Direction Générale des Affaires
Economiques. A cet effet, l'effectif du personnel de l'INSAE mérite
d'être renforcé.Il devra également disposer pour sa base de
données un outil ou applicatif pouvant lui permettre de produire, en
temps réel, des statistiques fiables aux sectoriels.
S'agissant de l'absence d'obligation formelle de
présentation des outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles, le diagnostic établi révèle que la
cause réelle est fondamentalement l'absence de pilotage de programmes de
développement en leur sein. Pour l'endiguer, il faut revoir la
formulation des articles instituant l'élaboration des Documents de
Programmation Pluriannuelle des Dépenses, des Projets Annuels de
Performance,.... En effet, la nouvelle Directive met en place un nouvel acteur
dans le pilotage des crédits budgétaires et de l'action de l'Etat
: le responsable de programme. Sous l'autorité des Ministres dont ils
relèvent, les responsables de programme élaborent la
stratégie du programme dont ils ont la charge et définissent ou
révisent les objectifs et les indicateurs de résultats. Ils
peuvent également, si l'acte de nomination le précise, être
ordonnateurs secondaires des crédits ministériels pour la partie
concernant le programme dont ils ont la charge. Le responsable de programme est
l'acteur central de la réforme puisqu'il organise, au niveau des
Services qui relèvent de son programme, le nouveau dialogue de gestion :
formulation et actualisation des objectifs et des indicateurs,
répartition des crédits et des emplois, préparation du
rapport de performance. Il est garant de l'exécution du programme
conformément aux objectifs fixés par le Ministre. Ce responsable
de programme agit suivant la part annuelle du DPPD. Le DPPD est ainsi le
vecteur principal de la performance. Par leur vocation à
présenter à la fois les crédits des ministères et
les éléments de la performance des programmes, les DPPD
constituent les supports idéaux pour la présentation des Projets
Annuels de Performance, des demandes de crédits des ministères et
de la budgétisation en base zéro. Les Documents de Programmation
Pluriannuelle des Dépenses (DPPD) constituent les supports de
présentation de la performance. Par extension, on peut considérer
que les Projets Annuels de Performance (PAP) visés par l'article 46 de
la directive sont des éléments constitutifs du DPPD (au
même titre que la présentation des crédits par programme ou
de la justification des crédits en base zéro). La LOLF
présente les PAP comme des annexes obligatoires au projet de loi de
finances établis pour chaque programme. Ils présentent la
stratégie, les objectifs et les indicateurs de performance de chacun des
programmes, ainsi que des précisions sur les méthodes de
renseignement des différents indicateurs. Ils précisent
également les coûts des actions et des projets ainsi que la
répartition, par grandes catégories, des emplois
rémunérés par l'Etat, des programmes auxquels ils se
réfèrent. En fin de gestion, une comparaison entre le Rapport
Annuel de Performance (RAP) et le PAP permet une évaluation du
responsable de programme ; les Rapports Annuels de Performance constituant
les instruments clefs pour apprécier la qualité de l'action
publique. Annexés au projet de loi de règlement, ils permettent
d'évaluer l'atteinte des objectifs initialement fixés dans les
Projets Annuels de Performance. Afin de permettre les comparaisons, les formats
retenus pour les PAP et les RAP doivent être similaires.
Vu l'importance que revêt ces outils d'évaluation
des crédits et de formulation de la performance des programmes
budgétaires, nous estimons que l'absence de programmes de
développement pilotés par les institutions constitutionnelles ne
doit en aucun cas constituer un obstacle à la recherche de la
performance poursuivie. Ces institutions constituent des entités
publiques à part entière bénéficiant de dotations
budgétaires, donc des fonds publics. De ce fait le principe de la
transparence et surtout celui de la justification du crédit au premier
franc doivent leur être appliqués. Il se trouve que l'instrument
qui véhicule ces informations et qui fait prendre des engagements aux
responsables est le PAP ; or le Projet Annuel de Performance est
élaboré en vertu du DPPD, vecteur de la transparence. En
conséquence, obligation doit être faite aux institutions
constitutionnelles de produire des DPPD spéciaux (en absence de
programmes) dans une perspective de moyen terme,assortis de PAP
déclinant les objectifs et résultats attendus ainsi que les
critères de performance relativement aux activités qui s'y
mènent. Ces résultats, mesurés notamment par des
indicateurs de performance, feront l'objet d'évaluations
régulières et donneront lieux à un rapport de performance
élaboré en fin de gestion par les institutions
constitutionnelles concernées, au même titre que les
ministères sectoriels. C'est seulement à ce prix que la
budgétisation à base zéro et la justification des
crédits au premier franc seraient une réalité au niveau
des institutions constitutionnelles. De cette façon, le contrôle
de performance peut s'effectuer aisément.
Nous tenons à souligner ici que l'on ne doit pas
confondre la « démarche de performance » que nous
recherchons au niveau des institutions constitutionnelles et la
« budgétisation par objectif ». En effet
l'orientation de la gestion vers les résultats ne doit pas être
confondue avec une budgétisation par objectif qui consisterait à
fixer d'abord les objectifs et les valeurs cibles souhaités puis
à déterminer les enveloppes de crédits nécessaires
pour les réaliser. Cela n'est pas possible pour deux raisons :d'abord le
budget de l'Etat se construit sous contrainte d'enveloppe globale. La
répartition des enveloppes entre programmes se fait donc au sein d'un
montant global prédéterminé en fonction de la situation
globale des finances publiques et du contexte macroéconomique, et,
secundo le lien entre dotation budgétaire et objectifs de performance
n'est pas mécanique : une amélioration des résultats
socio-économiques ou de la qualité de service peut se faire
à moyens constants grâce à une amélioration des
modalités de mise en oeuvre des crédits ou une meilleure
allocation des moyens à l'interne.
B-
Approches de solutions aux problèmes spécifiques n°3 et
n°4
Le Contrôle Financier contribue très faiblement
à la sincérité des prévisions
budgétaires ; disons même qu'il n'en contribue pas du tout.
Les acteurs et spécialistes du domaine le confirment. La non-implication
du Contrôle Financier dans le processus de la préparation
budgétaire en est la cause. Pour y remédier, nous
suggérons l'implication active du Contrôle Financier dans le
processus de formulation du budget. De façon pratique, il fautla mise en
place, au sein de chaque ministère ou institution, d'un dispositif
à compétences hétérogènes, notamment une
équipe de cadres techniciens (statisticiens, planificateurs,
économètres, contrôleurs financiers...), capables de
procéder à l'analyse du bien-fondé des données
collectées par cette structure. Cette équipe technique se
chargera d'apurer le travail de prévision budgétaire
effectué par les DPP avant la centralisation des propositions
budgétaires sectorielles. Avec l'oeil vigilant du contrôleur
financier qui a besoin de jouir d'une autonomie vis-à-vis du sectoriel,
il est possible d'améliorer la sincérité des
prévisions budgétaires. Ce contrôleur, avec l'appui de
l'équipe technique sectorielle,concourt, à ce titre, à
l'identification et à la prévention des risques financiers ainsi
qu'à l'analyse des facteurs explicatifs de la dépense et du
coût des politiques publiques. Lors de l'examen de la programmation
budgétaire, il vérifie le caractère sincère des
prévisions des dépenses et d'emploi présentées par
les responsables de programme, etc. Il contrôle la part annuelle de
programmation budgétaire initiale, les documents prévisionnels de
gestion, leur modification en cours de gestion, etc. Il assiste le Ministre
chargé des finances dans la mise en oeuvre des mesures propres à
prévenir une détérioration de l'équilibre
budgétaire ; il participe à la régulation
budgétaire. Dans cette logique, il ne serait plus opportun que le
Contrôle Financier intervienne à la phase d'engagement de la
dépense, du moment où il est formellement impliqué dans la
préparation budgétaire. Dans ces conditions le responsable de
programme est entièrement libre dans sa gestion comme le souhaite la
Directive de l'UEMOA, de manière à en répondre en fin
d'année.
Par ailleurs, la résolution du problème que
constitue le non-respect de certains critères de convergence de l'UEMOA
passe par la mise en place d'une stratégie managériale conduite
par des hommes avertis des enjeux. En clair, il faut agir. A défaut
d'agir par certitude de réussir, il faut agir par conviction du devoir.
La cause identifiée étant la rigidité de certains
agrégats budgétaires, il urge de mettre un accent particulier sur
les agrégats entrant dans la détermination des critères
mis en cause. De façon spécifique, il s'agit du ratio de la masse
salariale et du taux de pression fiscale.
Le ratio de masse salariale évalue la part des recettes
fiscales consacrée à la rémunération des agents de
l'Etat. La norme communautaire en la matière est de 35% des recettes
fiscales alors que l'estimation prévisionnelle monte à 40,85%
pour 2016. Pour remédier à cet état de chose, l'Etat doit
chercher à augmenter la base de calcul, c'est-à-dire les recettes
fiscales d'autant plus que toute action visant à réduire les
droits acquis en matière salariale est susceptible de
générer des tensions sociales à effets pervers. Augmenter
les recettes fiscales revient à élargir l'assiette fiscale en
poursuivant la promotion d'une fiscalité de développement. Les
régies financières doivent également poursuivre les
efforts de recouvrement des recettes budgétaires et la lutte contre la
fraude fiscale afin d'accroître le produit des recettes et de diminuer
ainsi le ratio de masse salariale qui demeure élevé, même
à l'étape de prévision. Dans le même sens, il faudra
aussi renforcer les contrôles fiscaux, intensifier les actions de
recouvrement et développer un système complet et
intégré pour limiter la fraude fiscale. En ce qui concerne le
faible taux de pression fiscale par rapport au seuil fixé en zone UEMOA,
la lutte contre le secteur informel doit être effective. Cela se
manifestera par une généralisation de l'IFU rendu obligatoire
pour toute transaction financière, même entre personnes physiques,
et une incitation motivant les acteurs de l'informel à y renoncer.
Quelles sont alors les conditions de mise en oeuvre de ces
différentes mesures ?
II-
Plaidoyer pour l'opérationnalisation des solutions proposées
L'essentiel de notre travail est mis en exergue suite aux
conditions de mise en oeuvre des solutions proposées.
A-
Recommandations
Les solutions suggérées dans cette étude
nécessitent la contribution de tous les acteurs intéressés
pour rendre concrètes et effectives leurs manifestations
curatives.L'Etat doit alors intensifier la formation des acteurs pour une
effective appropriation des dispositions juridiques et techniques de la
nouvelle loi organique. Il doit également revoir l'architecture
administrative actuelle pour l'harmoniser avec la fonction managériale
préconisée par la nouvelle LOLF ; renforcer le
système d'information au niveau de la chaîne
budgétaire ; travailler à la sédentarisation des
acteurs avertis de la nouvelle gestion budgétaire. Tout ceci doit se
passer dans une ambiance de synergie d'actions pour l'atteinte de la
performance. Par ailleurs, l'instabilité institutionnelle en cours de
gestion doit être au maximum évitée en vue de permettre un
suivi adéquat de la mise en oeuvre des prévisions
budgétaires. L'Etat devra en outre se donner les moyens
pourl'effectivité des audits du pilotage de la performance.Cet audit
s'attachera à vérifier :
- le périmètre des programmes, en s'assurant que
le responsable du programme est en situation d'en exercer le pilotage, et en
examinant les dispositions internes de gestion du programme ;
- la pertinence des objectifs et des indicateurs de
performance, en s'assurant que les objectifs reflètent les politiques
publiques, que les indicateurs traduisent correctement le degré de
réalisation des objectifs et permettent un suivi de la performance ;
- le dispositif d'information sur la performance et la
fiabilité de ces informations ;
- la cohérence entre les programmes des
ministères pour favoriser l'homogénéité et
faciliter la lecture comparative par le Parlement et les organes de
contrôle.
B-
Synthèse de l'étude
Pour des raisons de commodité, nous avons
préféré mettre en lumière le fruit de notre travail
de recherche à travers un tableau synthétique. Ce tableau prendra
en compte le problème général et les problèmes
spécifiques, les objectifs poursuivis, les causes réelles des
problèmes vivants et les grandes lignes des approches de solutions.
Tableau n°08 : synthèse de
l'étude6(*)
|
Niv.
d'anal.
|
Problèmes
|
Objectifs de recherche
|
Causes réelles
|
Diagnostic
|
Approches de solutions
|
|
Niv. Géné.
|
Insuffisances dans le processus d'élaboration du budget
à l'ère de la nouvelle LOLF
|
Déterminer les conditions d'amélioration du
processus d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLF
|
-
|
-
|
-
|
NIVEAUX SPECIFIQUES

|
1
|
La non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget
|
Définir les mesures idoines à prendre pour
l'exhaustivité des estimations budgétaires
prévisionnelles
|
Le défaut de dépôt de bilans de certains
organismes publics à la DGAE et la livraison tardive de certaines
statistiques de l'INSAE
|
La non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget relève non
seulement de la livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE mais
surtout du défaut de dépôt de bilans de certains organismes
publics à la DGAE
|
-mettre en place une base de données performante
relative à la situation financière des organismes publics autres
que les administrations centrales ou déconcentrées,et qui englobe
les états financiers tels que recommandé par le système
normal de l'OHADA ;
-placer au sein de chaque établissement public, chaque
entreprise publique, chaque société ou office d'Etat, un
spécialiste de la comptabilité générale et
approfondie qui se retrouve dans la production et le maniement des bilans, des
comptes de résultat, bref des états financiers publics.Ce
spécialiste doit avoir sa comptabilité reliée
automatiquement à la base de données exploitable par la
DGAE ;
-renforcer l'effectif du personnel de l'INSAE. Il devra
également disposer pour sa base de données un outil ou applicatif
pouvant lui permettre de produire, en temps réel, des statistiques
fiables aux sectoriels.
|
|
2
|
L'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
|
Identifier des approches pour une amélioration de la
performance des institutions constitutionnelles
|
L'absence de pilotage de programmes de développement
par les institutions constitutionnelles
|
L'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
s'explique par l'absence de pilotage de programmes de développement en
leur sein
|
- appliquer aux institutions constitutionnelles le principe de
la transparence et surtout de la justification du crédit au premier
franc ;
-obligation doit être faite aux institutions
constitutionnelles de produire des DPPD spéciaux (en absence de
programmes) dans une perspective de moyen terme, assortis de PAP
déclinant les objectifs et résultats attendus ainsi que les
critères de performance relativement aux activités qui s'y
mènent. Ces résultats, mesurés notamment par des
indicateurs de performance, feront l'objet d'évaluations
régulières et donneront lieux à un rapport de performance
élaboré en fin de gestion par les institutions
constitutionnelles concernées, au même titre que les
ministères sectoriels.
|
|
3
|
La faible contribution du Contrôle Financier à la
sincérité des prévisions budgétaires
|
Relever les modalités d'une participation effective du
Contrôle Financier au processus de la prévision
budgétaire
|
La non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaire
|
La non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaire est responsable de sa
faible contribution à la sincérité des prévisions
budgétaires
|
-l'implication active du Contrôle Financier dans le
processus de formulation du budget : il faut la mise en place, au sein de
chaque ministère ou institution, d'un dispositif à
compétences hétérogènes, notamment une
équipe de techniciens (statisticiens, planificateurs,
économètres, contrôleurs financiers...), capables de
procéder à l'analyse du bien-fondé des données
collectées par cette structure. Cette équipe technique se
chargera d'apurer le travail de prévision budgétaire
effectué par les DPP avant la centralisation des propositions
budgétaires sectorielles. Avec l'oeil vigilant du contrôleur
financier, il est possible d'améliorer la sincérité des
prévisions budgétaires ;
-le contrôleur financier vérifie le
caractère sincère des prévisions des dépenses et
d'emploi présentées par les responsables de programme,... il
contrôle la part annuelle de programmation budgétaire initiale,
les documents prévisionnels de gestion, leur modification en cours de
gestion, il assiste le Ministre chargé des finances dans la mise en
oeuvre des mesures propres à prévenir une
détérioration de l'équilibre budgétaire ; il
participe à la régulation budgétaire.
|
|
4
|
Le non-respect de certains critères de convergence de
l'UEMOA
|
Déterminer les actions urgentes à mettre en
oeuvre pour le respect des normes communautaires
|
La rigidité de certains agrégats
budgétaires
|
La rigidité de certains agrégats
budgétaires est à la base du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA
|
-élargir l'assiette fiscale en poursuivant la promotion
d'une fiscalité de développement. Les régies
financières doivent également poursuivre les efforts de
recouvrement des recettes budgétaires et la lutte contre la fraude
fiscale afin d'accroître le produit des recettes et de diminuer ainsi le
ratio de masse salariale qui demeure élevé, même à
l'étape de prévision. Dans le même sens, il faudra aussi
renforcer les contrôles fiscaux, intensifier les actions de recouvrement
et développer un système complet et intégré pour
limiter la fraude fiscale ;
-la lutte contre le secteur informel doit être
effective. Cela se manifestera par une généralisation de l'IFU
rendu obligatoire pour toute transaction financière, même entre
personnes physiques, et une incitation motivant les acteurs de l'informel
à y renoncer.
|
CONCLUSION
Le processus d'élaboration du Budget
Général de l'Etat, et donc du projet de loi de finances est
rénové. La loi organique n°2013-14 du 27 septembre 2013
relative aux lois de finances en est le socle, et ceci hérité de
la directive n°06/2009/CM/UEMOA du 26 juin 2009 portant lois de finances
au sein de l'UEMOA. Ce renouveau du processus budgétaire au Bénin
connaît quelques insuffisances que nous avons tachéesrelevé
à travers un état des lieux exhaustif. Ces insuffisances à
connotation de défis, il n'est pas inutile de les rappeler ici. Il
s'agit de la non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget ; de l'absence
d'obligation formelle de présentation des outils de gestion
pluriannuelle par les institutions constitutionnelles ; de la faible
contribution du Contrôle Financier à la sincérité
des prévisions budgétaires et du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA.Ces problèmes
spécifiques conduisent à la problématique
d'amélioration du processus d'élaboration du budget sous le
régime de la nouvelle LOLF. L'objectif général de
l'étude étaitalors de déterminer les conditions
d'amélioration du processus d'élaboration du budget sous le
régime de la nouvelle LOLF.Le diagnostic de ces problèmes
constituant d'handicaps fut établi suivant une approche
méthodologique, dans une double dimension, théorique et
empirique. Il est donc clair que :
- la non-disponibilité de certaines données
nécessaires à la formulation du budget relève non
seulement de la livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE mais
surtout du défaut de dépôt de bilans de certains organismes
publics à la DGAE ;
- l'absence d'obligation formelle de présentation des
outils de gestion pluriannuelle par les institutions constitutionnelles
s'explique par l'absence de pilotage de programmes de développement en
leur sein ;
- la non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaire est responsable de sa
faible contribution à la sincérité des prévisions
budgétaires ;
- la rigidité de certains agrégats
budgétaires est à la base du non-respect de certains
critères de convergence de l'UEMOA.
Nous avons été alors à même de
proposer des pistes de solutions à chacun des problèmes
identifiés, dans une logique d'amélioration du processus
budgétaire à l'ère de la nouvelle LOLF. Ces approches de
solutions synthétisées dans le dernier tableau du présent
document visent essentiellement à renforcer la performance
recherchée à travers la réforme des finances publiques
instituée par la nouvelle loi organique relative aux lois de finances.
La présente étude étant essentiellement limitée
à la phase de préparation et de budgétisation du processus
budgétaire, d'autres études pourront ensuite s'intéresser
à la phase d'exécution voire de contrôle a posteriori du
même processus.
Références
Bibliographiques
A/ Mémoires et autres ouvrages
· AFRISOP-Observatoire Africain des Droits Economiques et
Sociaux (2011), « Bénin : la masse salariale
inquiète la Banque Mondiale», http://afrisop53.org;
· CAMBY J. (2004) : «la réforme
du Budget de l'Etat : la loi organique relative aux lois de
finances», 2è édition, Paris, LGDJU ;
ï COMMISSION-UEMOA (2009) : « Guide
didactique des directives, portant lois de finances au sein de l'UEMOA
», juin 2009 ;
ï DANGOUN. « amélioration
des performances du Bénin en matière de critères de
convergence de l'UEMOA », décembre
2013 ;
ï DANONF. « contribution à
l'efficacité du contrôle financier dans le contexte de la gestion
budgétaire axée sur les résultats (GBAR) au
Benin »,
décembre2013 ;
ï Direction Générale des Affaires
Economiques, « Document de Programmation
Budgétaire et Economique Pluriannuelle
2016-2018 », juin 2015 ;
ï DJOSSOU J. (2014), comptabilité
budgétaire, cours, AFT, cycle II ENAM ; Université
d'Abomey-Calavi ;
ï Fonds Monétaire International (2001) : «
manuel sur la transparence des finances publiques, Washington, Section des
travaux graphiques du FMI;
· GBEDJIA. (décembre 2013) :
« Contribution à la mise en oeuvre du principe de
sincérité dans les prévisions budgétaires de
l'Etat » ;
ï JOYEJ-F. revue française des finances publiques
n°111 (septembre 2010) : « principe de la
sincérité» ;
· KOUAKOU A.(2010) : « Gestion de la
masse salariale dans le Budget ivoirien : état des lieux et politique de
maitrise», Université de Cody,
http://www.memoireonline.com;
ï N'GALADJO, L. B. (2004) : « Analyse du
processus de convergence dans la zone UEMOA », UNU-WIDER
février 2004 ;
ï PANCRAZI L.(2012) : « le principe de
sincérité budgétaire» édition
Harmattan 2012 ;
ï PHILIP L. (1991) « Dictionnaire
encyclopédique de Finances Publiques», Edition
Economica, Paris ;
ï République du Bénin (2011), «
Stratégie de Croissance pour la réduction de la
pauvreté (SCRP 2011-2015) ».
B/ Directives, textes législatifs et
réglementaires
ï Loi n° 90-032 du 11 décembre 1990 portant
Constitution de la République du Bénin ;
ï Directive n°01/2009/CM/UEMOA portant code de
transparence dans la gestion des finances publiques au sein de
l'UEMOA ;
ï Directive n°06/2009/CM/UEMOA portant lois de
finances au sein de l'UEMOA ;
ï Loi organique n°2013-14 du 27 septembre 2013
relative aux lois de finances ;
ï Décret n°2005-789 du 29 décembre
2005 portant approbation du Cadre de Réforme de la Gestion
Budgétaire Axée sur les Résultats (Car-GBAR) ;
ï Décret N° 2014-757 du 26 décembre
2014 portant attributions, organisation et fonctionnement du Ministère
de l'Economie, des Finances et des Programmes de Dénationalisation;
ï Arrêté n°0133/MEFPD/DC/SGM/DGB du 18
janvier 2015 portant attributions, organisation et fonctionnement de la
Direction Générale du Budget.
ANNEXES
Annexe n°1 : Tableaux
de dépouillement des données
d'enquête................................ xi
Annexe n°2 :
Modèle du
Questionnaire..............................................................
xiii
Annexe n°3 : processus
de formulation des hypothèses..........................................
xv
Annexe
n°1 : Tableaux de dépouillement des données
d'enquête
Tableau n°1 relatif au PS
n°1 :
|
Modalités
|
Nombre d'observations
|
Fréquences relatives
|
|
Le défaut de dépôt de bilans de certains
organismes publics à la DGAE
|
30
|
48,39%
|
|
La livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE
|
28
|
45,16%
|
|
Autres
|
4
|
6,45%
|
|
Total
|
62
|
100%
|
Tableau n°2 relatif au PS n°2 :
|
Modalités
|
Nombre d'observations
|
Fréquences relatives
|
|
L'absence de pilotage de programmes de développement
par les institutions constitutionnelles
|
49
|
79,03%
|
|
La sous-estimation des rôles des institutionnelles dans
le développement du pays
|
9
|
14,52%
|
|
L'oubli collectif
|
3
|
4,84%
|
|
Autre
|
1
|
1,61%
|
|
Total
|
62
|
100%
|
Tableau n°3 relatif au PS
n°3 :
|
Modalités
|
Nombre d'observations
|
Fréquences relatives
|
|
La non implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaire
|
59
|
95,16%
|
|
Le manque de personnel au Contrôle Financier
|
3
|
4,84%
|
|
Autres
|
0
|
0%
|
|
Total
|
62
|
100%
|
Tableau n°4 relatif au PS
n°4 :
|
Modalités
|
Nombre d'observations
|
Fréquences relatives
|
|
la rigidité de certains agrégats
budgétaires
|
28
|
45,16%
|
|
Le manque de volonté politique des autorités
|
19
|
30,65%
|
|
La multiplicité des critères de convergence
|
15
|
24,19
|
|
Autres
|
0
|
0%
|
|
Total
|
62
|
100%
|
Annexe
n°2 : Modèle du Questionnaire
QUESTIONNAIRE
Madame/Monsieur bonjour.
Dans le cadre de la préparation et de la
rédaction d'un mémoire professionnel sanctionnant notre fin de
formation au cycle II de l'ENAM, une étude se mène sur le
processus de formulation du budget de performance (un budget
élaboré sous le régime de la nouvelle LOLF), en
vue de l'amélioration du processus de préparation et
d'élaboration du projet de loi de finance de l'année. Nous vous
prions donc de bien vouloir donner des éléments de
réponses aux questions suivantes :
1) Qu'est-ce qui, selon vous, engendre la
non-disponibilité de certaines données nécessaires
à la formulation du budget ?
Réponse1
a) Le défaut de dépôt de bilans de
certains organismes publics à la
DGAE..................................................................
b) La livraison tardive de certaines statistiques de
l'INSAE...............................................................
c) Autres (à
préciser)...................................................
2) Qu'est-ce qui peut être à la base de
l'absence d'obligation formelle de présentation des outils de gestion
pluriannuelle par les institutions constitutionnelles?
Réponse2
a) L'absence de pilotage de programmes de développement
par les institutions
constitutionnelles..................................................................
b) La sous-estimation des rôles des institutions
constitutionnelles dans le développement du
pays.........................................................
c) L'oubli
collectif.............................................................
d) Autres (à
préciser)...........................................................
3) Qu'est-ce qui explique, selon vous, la faible contribution
du Contrôle Financier à la sincérité des
prévisions budgétaires?
Réponse3
a) La non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation
budgétaire...................................................................
b) Le manque de personnel au Contrôle
Financier............. ......
c) Autres (à
préciser)......................................................
4) Qu'est-ce qui justifie, selon vous, le non-respect de
certains critères de convergence de l'UEMOA ?
Réponse4
a) La rigidité de certains agrégats
budgétaires.........................
b) Le manque de volonté politique des
autorités.......................
c) La multiplicité des critères de
convergence..........................
d) Autres (à
préciser)......................................................
Infiniment merci de votre franche
participation.
Annexe n°3 : processus de formulation
des hypothèses
En s'inscrivant dans une logique de recherche de type «
diagnostic », notre hypothèse est bi-variée ; au moins une
cause est reliée à un problème. Ceci dit,
déterminons les causes possibles.
Ø Causes supposées
Un problème a une ou plusieurs cause(s). Ainsi, pour le
problème spécifique n°1, les causes suivantes sont retenues
: le défaut de dépôt de bilans de certains organismes
publics à la DGAE etla livraison tardive de certaines statistiques de
l'INSAE.
Le problème spécifique n°2 peut avoir comme
causes : l'absence de pilotage de programmes de développement par les
institutions constitutionnelles ; la sous-estimation des rôles des
institutions constitutionnelles dans le développement du pays et l'oubli
collectif.
Les causes supposées du troisième
problème spécifique sont la non-implication du Contrôle
Financier dans le processus de la préparation budgétaire et le
manque de personnel au Contrôle Financier.
Au problème spécifique n°4 peuvent
être rattachées les causes suivantes : la rigidité de
certains agrégats budgétaires ; le manque de volonté
politique des autorités et la multiplicité des critères de
convergence.
Signalons que la recherche d'une cause générale
qui traduirait fidèlement les causes spécifiques a
été infructueuse. Mais, nous avons la conviction que, si les
problèmes spécifiques sont résolus, le problème
général disparaîtrait.
ØFormulation des hypothèses
Les hypothèses sont construites à partir des
causes les plus plausibles. Il convient donc de retenir, avant toute
hypothèse et pour chaque problème, la cause la plus
déterminante.
Au sujet du problème spécifique n°1, la
livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAE est théoriquement
susceptible d'engendrer le problème en résolution d'autant plus
que le DPBEP initial doit être élaboré dans un délai
défini pour être soumis au DOB ; s'il venait à
être élaboré avant certaines statistiques requises,
l'exhaustivité ne sera pas au rendez-vous. Bien que le défaut de
dépôt de bilans de certains organismes publics à la DGAE
soit en mesure d'engendrer le problème, l'INSAE est perçu comme
le dépositaire des statistiques nationales et donc des informations
à caractère macroéconomique. De ce point de vue,
la livraison tardive de certaines statistiques de l'INSAEnous
paraît donc plus déterminante pour le problème
spécifique n°1, en tant que cause.
L'oubli collectif des hommes chargés de codifier
certaines réalités économiques et sociales ou tout
simplement budgétaires peut effectivement rendre lacunaire le cadre
ainsi consacré. Mais dans le cas d'espèce, nous estimons que le
béninois ne souffre pas de ce mal. Aussi estimons-nous que, la
sous-estimation des rôles des institutions constitutionnelles dans le
développement du pays n'est pas aussi plausible que l'absence de
pilotage de programmes de développement par les institutions
constitutionnelles dans la mesure où par exemple le DPPD
s'élabore de façon classique au regard des programmes. En
conséquence l'absence de pilotage de programmes de
développement par les institutions constitutionnellesest
retenue pour le deuxième problème spécifique. De
même, la non-implication du Contrôle Financier dans le processus de
la préparation budgétaire nous paraît plus
déterminante pour le problème spécifique n°3, car,
nous pensons que, bien que le manque de personnel au Contrôle Financier
puisseinduire une faible contribution du CF à la sincérité
des prévisions budgétaires, lorsqu'il n'est du tout
impliqué dans le processus, le problème serait encore plus
criard. La non-implication du Contrôle Financier dans le
processus de la préparation budgétaireest donc
adoptée comme cause la plus plausible. En ce qui concerne le
quatrième problème spécifique (PS4), même si
« la multiplicité des critères de
convergence » disparaissait, le problème ne sera pas
véritablement résolu tant que les agrégats
budgétaires associés demeureront très rigides. En outre,
bien que « Le manque de volonté politique des
autorités » est théoriquement susceptible
d'engendré le problème, il est à souligner que dans le
contexte béninois, les autorités compétentes ne sont pas
restées indifférentes face à la situation, seulement qu'il
y a des problèmes sociaux à gérer; d'où la
rigidité de certains agrégats budgétairesest la
cause retenue comme la plus plausible pour ce PS4.
En considération des causes
adoptées, les hypothèses s'énoncent comme suit:
- Hypothèse spécifique
n°1 :la non-disponibilité de certaines
données nécessaires à la formulation du
budget relèvede la livraison tardive de certaines statistiques de
l'INSAE;
- Hypothèse spécifique
n°2 : l'absence d'obligation formelle de
présentation des outils de gestion pluriannuelle par les institutions
constitutionnelles s'explique par l'absence de pilotage de programmes de
développement en leur sein ;
- Hypothèse spécifique
n°3 : la non-implication du Contrôle Financier
dans le processus de la préparation budgétaire est responsable de
sa faible contribution à la sincérité des
prévisions budgétaires ;
- Hypothèse spécifique
n°4 : la rigidité de certains
agrégats budgétaires est à la base du non-respect de
certains critères de convergence de l'UEMOA.
En l'absence d'une cause générale,
l'hypothèse générale n'est pas formulée.
Table
des matières
IDENTIFICATION DU JURY
i
DECLARATION D'ENGAGEMENT DE L'AUTEUR
ii
DEDICACE
iii
REMERCIEMENTS
iv
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
v
LISTE DES TABLEAUX
vi
LISTE DES GRAFIQUES
vi
GLOSSAIRE
vii
RESUME
ix
SOMMAIRE
x
INTRODUCTION
1
CHAPITRE PREMIER :
4
Section 1 : Cadre contextuel de l'étude et
observations de stage
5
Paragraphe 1 : Présentation des
cadres institutionnel, physique et environnemental de
l'étude.
5
I- Cadre institutionnel de l'étude :
le Ministère de l'Economie, des
5
Finances et des Programmes de
Dénationalisation (MEFPD)
5
A- Attributions du MEFPD
5
B- Organisation du MEFPD
6
II- Cadre physique et environnemental de
l'étude
7
A- la Direction Générale du
Budget (DGB) et la DPB
7
B- Le micro et le macro environnement de la
DGB
9
Paragraphe 2 : Etat des lieux sur les
activités de la préparation et de la prévision
budgétaire
12
I- Du cadrage macroéconomique aux
conférences budgétaires
12
A- La fixation du cadre
macroéconomique et l'élaboration des propositions
budgétaires sectorielles.
12
B- Conférences et arbitrages
budgetaires
19
II- De la finalisation du projet de budget
général de l'Etat aux travaux post-adoption
21
A- Elaboration des
documents de présentation et finalisation du projet de BGE
21
B- Les travaux post-adoption du
BGE
22
Section 2 : Choix de la problématique
d'amélioration du processus d'élaboration du budget sous le
régime de la nouvelle LOLF
22
Paragraphe 1 : Ciblage du groupe de
problèmes à résoudre
22
I-Identification et spécification du
groupe de problèmes à résoudre
22
A- Inventaire des éléments de
l'état des lieux
22
B- Regroupement des problèmes
spécifiques en Groupes de Problèmes à Résoudre
(GPAR), et spécification du GPAR de l'étude
24
II- Choix et formulation du thème de
l'étude
26
A) Rappel du PAR retenu
26
B) Enonciation et justification du
thème
26
Paragraphe 2 : Spécification du PAR
et perspective théorique de réflexion ou de résolution
envisagée
27
I-Spécification du problème
lié à l'inefficacité dans le processus
d'élaboration du budget sous le régime de la nouvelle
LOLF
27
A) Fondements de la spécification du
PAR retenu
27
B) Spécification proprement dite ou
élagage des problèmes spécifiques
28
II- Perspective théorique de
réflexion sur le PAR spécifié et formulation de la
problématique
29
A- Perspective théorique de
résolution des problèmes spécifiques et du problème
général
29
B- Formulation de la problématique
de l'étude.
30
CHAPITRE DEUXIEME :
32
Section 1 : Cadres théorique et
méthodologique de l'étude
33
Paragraphe 1 : Présentation du cadre
théorique de l'étude
33
I-Objectifs et hypothèses de
l'étude
33
A- Objectifs et résultats attendus
de l'étude
33
B- Hypothèses de recherche et
tableau de bord de l'étude
35
II- Revue de littérature sur le
processus de la prévision budgétaire
38
A- Point des connaissances sur les
problèmes spécifiques n°1 et n°2
38
B- Point des connaissances sur les
problèmes spécifiques n°3 et n°4
40
Paragraphe 2 : Méthodologie de
l'étude
41
I- Le pourquoi et comment de
l'enquête
42
A°) Finalités et cadre de
l'enquête
42
B°) Les outils de mobilisation, de
dépouillement et de présentation des données.
43
II- Approches théoriques
employées
43
A°) Choix de théorie
appropriée
43
B°) Choix du seuil de
décision
44
Section 2 : Vérification des
hypothèses et approches de solutions
44
Paragraphe 1 : Collecte des données
et établissement du diagnostic
44
I- Mobilisation des données,
difficultés rencontrées et limites des
données
45
A- Préparation et réalisation
de l'enquête
45
B- Difficultés rencontrées et
limites des données
45
II-Présentation et analyse des
données
46
A- Données relatives aux
problèmes spécifiques
46
B) Etablissement du diagnostic
49
Paragraphe2 : Réflexions
suggestives
51
I- Propositions de solutions
52
A- Approches de solutions aux
problèmes spécifiques n°1 et n°2
52
B- Approches de solutions aux
problèmes spécifiques n°3 et n°4
56
II- Plaidoyer pour
l'opérationnalisation des solutions proposées
57
A- Recommandations
57
B- Synthèse de
l'étude
58
CONCLUSION
62
Bibliographie
64
ANNEXES
66
Table des matières
xviii
* 1 Nous mettrons
également un accent particulier sur la Direction de la
Préparation du Budget (DPB)
* 2 Compte tenu des
difficultés qu'éprouvent certains ministères, ils sont
autorisés, à l'état actuel de la mise en oeuvre de la
LOLF, à produire de CDMT ; c'est le cas du MESRS.
* 3 Des conférences
inédites relatives au projet de budget 2016 dont les communes cibles
(à titre expérimental) sont celles des départements du
Mono-Couffo et du Zou-Collines.
* 4 Pour le processus
formulation des hypothèses, voir l'annexe n°3.
* 5 Voir en annexe
n°2, l'exemplaire du questionnaire utilisé.
* 6 Les pistes de
solutions mentionnées dans ce tableau synthétique sont
très partielles (pour rester dans le cadre défini par l'ENAM).
Pour mieux cerner les différents aspects de ces dernières, il est
préférable de se référer au texte lui-même.
|