L'aire culturelle est perçue comme l'ensemble des
communautés réunies autour d'un langage qui les
différencie des autres groupes. Par conséquent, l'ethnie est
reconnue comme un lieu de production et de reproduction des modèles
culturels qui
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déterminent les comportements des individus (Evina, 2007).
Dans cette étude, nous avons classifié les différentes
aires culturelles rencontrées à Taabo-village comme suite:
· Les autochtones (ceux originaire de Bacon
c'est-à-dire les (attié)
· Les allochtones (composé des ivoiriens migrants :
baoulé, malinké, Abron...,
· Les étrangers (composé de personnes venant
de la sous-région : malin, burkinabé, ...)
Ces différentes aires culturelles constituant notre
échantillon ont été représenté dans le
tableau suivant :
Tableau 7 : répartition des paysans selon l'aire
culturelle
Source :(enquête de terrain, décembre
2019)
Le tableau ci-dessus indique une diversité culturelle
au sein de notre population étudiée. On retrouve au sein de cette
population presque toutes les aires culturelles présentes en Côte
d'Ivoire mais aussi des non nationaux venant de la sous-région.
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Tel que présenté dans le tableau ci-dessus, les
autochtones représentent la population la plus représentative et
la plus élevée au sein des enquêtés soit environ
81,67%. Contrairement aux autochtones, les allochtones représentent
6,67% et les Allogène 11,67%. La forte proportion des autochtones se
justifie par le fait que ces derniers sont sur leurs terres, il est donc
évident qu'ils aient un accès privilégié à
la terre contrairement aux non autochtones.
Les allochtones et les étrangers que nous pouvons
caractériser de populations « migrantes » ou «
étrangère », représentent 18,34% des populations
interrogées. Cette proportion est le reflet d'une société
cosmopolite et composite que présente la population de Bacon dont les
membres viennent d'horizons divers. La proportion des non autochtones dans
notre échantillon traduit aussi l'accès à la terre des
étrangers. La faible proportion des non autochtones est dû
à l'accès dépendent de ceux-ci des autochtones. Le chef de
la communauté allochtone nous fait savoir que :
« A Bacon ici, tant que les autochtones n'ont pas
encore exploité des terres, on ne donne pas la terre à un
étranger comme ça. La plupart d'entre nous sommes venu pour se
chercher ici. Ceux qui avaient de l'argent on acheter la terre. Par contre, la
plupart d'entre nous sommes dans les champs par l'intermédiation d'un
autochtone qui est notre tuteur. »
Il ressort qu'à Bacon, aussi bien les autochtones que
les non autochtones ont accès à la terre. Toutefois, les
autochtones sont priorisés tant disque les non autochtones passent par
le biais d'un autochtone pour accéder à la terre. Par ailleurs,
certains
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migrants passent par le moyen d'achat pour accéder
à la terre. Ce qui lui donne de disposer de droit de
propriété au même titre que les autochtones.
I-3 revenus mensuels et dépenses mensuelles des
paysans de Bacon I-3-1- revenu mensuel des paysans
Le revenu mensuel est une variable importante dans la
détermination du gain des paysans. Cette variable nous permet de mesurer
leur capacité à faire face aux dépenses quotidiennes. Le
tableau ci-dessous présente les différentes tranches de revenus
des paysans de Bacon.
Tableau 8: répartition des enquêtés
selon le revenu mensuel

Source : enquête de terrain, décembre
2019
Tel que présenté par le tableau, le revenu
mensuel des paysans de Bacon varie de 20000f à plus de 150000f. 63,3%
des paysans de Bacon ont un revenu mensuel compris entre 20000 et 59995f. Cette
proportion représente la proportion la plus élevés avec un
revenu mensuel inférieur au SMIG national fixé à 60.000f.
Par
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contre, l'exploitant agricole représente 46,7%. Ces
derniers ont un revenu mensuel supérieur au SMIG.
La forte proportion des exploitants agricoles dont le revenu
mensuel est inférieur au SMIG est du fait que la plupart des
enquêtés ne sont pas propriétaire foncier. Du coup, ces
paysans ont des petites portions de terres qui les amènent à
pratiquer des cultures de subsistances qui ne leur apportent pas de grand
revenu. par exemple nous explique le chef des communautés non ivoirien
:
« Ici pour avoir la terre c'est compliqué.
Souvent, quand on nous donne la terre c'est jachére. On utilise pour les
simples cultures et seulement à se nourrir. On ne peut rien faire avec
ça. Donc ça fait qu'on ne gagne pas de l'argent. Moi-même
dans l'année je peux pas avoir 60000f»
A travers ce propos, nous comprenons qu'en
réalité les exploitations agricoles ne permettent pas aux
exploitants agricoles de faire de plus grands profits. Par conséquent le
revenu annuel pour ses paysans est moins significatif. Cette situation peut
constituer une contrainte à la demande du CF.