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Analyse des déterminants de la demande globale d'une ressource énergétique par les ménages:le cas du gaz butane en Côte d'Ivoire


par Aristide Cyrille DADIE
Université de Cocody Abidjan - DEA PTCI Economie 2005
  

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Les modèles classiques de demande

Pour Nasse(1973),l'étude des évolutions de la consommation des ménages sur séries chronologiques, a conduit à la mise au point de deux types de modèles :

-les modèles détaillés, décrivant séparément l'évolution de chacun des biens pouvant être isolé dans la nomenclature de consommation.

-les modèles complets donnant une représentation simultanée pour une nomenclature fixée des évolutions de la totalité des biens entrant dans la consommation des ménages.

En raison de la spécificité de notre étude qui est une analyse de la demande d'un bien précis, le premier type de modèles nous sieds le mieux. Ainsi le choix du modèle d'analyse approprié s'en trouve réduit. Selon Koné Amadou(1992), un modèle d'analyse économique n'a de valeur que par la pertinence des résultats qu'il fournit. Pour ce faire, il est basé sur la théorie classique de la demande et introduit des restrictions afin d'être simple et de réduire le nombre de paramètres à estimer. On peut citer parmi les plus importants :

-le modèle de demande différentiel de Rotterdam, Theil et Basten.

-le modèle de demande indirecte logarithmique de Leser

-le modèle de demande linéaire des dépenses de Klein et Rubin.

Ces trois modèles sont des modèles complets pour lesquels en 1969, Parks a fait une étude comparative afin de montrer leurs avantages et inconvénients.

En plus de ceux ci l'on peut citer des modèles plus récents tels que :

-Le système de demande presque parfait de Deaton et Muelbauer qui selon ses auteurs offrent plus d'avantages que les modèles Rotterdam et translog.

-Le système complet de fonction de demande de Fourgeaud et Nataf.

-Le modèle translog utilisé par Christensen et al et Jorgensen et Lau.

Ces modèles, bien que très performants, sont un peu trop sophistiqués pour notre usage. En effet, en leur qualité de modèles complets, ils sont conçus pour l'analyse de la demande globale alors que notre étude ne concerne qu'un seul bien de consommation(le gaz butane). Dès lors le modèle qui serait nécessaire serait un modèle détaillé, décrivant les évolutions du gaz butane dans l'ensemble des biens de consommation. Un autre avantage de ce choix est selon Nasse(1973), cité par Amadou Koné, que le premier type de modèles n'admet le plus souvent qu'un support très simple et leur spécification est essentiellement pragmatique. Il ne s'agit donc pas de tester les qualités ou capacités d'estimation ou de prédiction d'un modèle théorique, ni d'analyser le comportement général des consommateurs de gaz butane.

L'objet de cette étude est plutôt la recherche des paramètres qui expliquent le mieux possible la consommation globale de gaz butane des ménages. Ce pourquoi, nous pensons que le premier type de modèle est le mieux adapté à cette situation et qu'une simple équation s'appuyant sur la théorie fondamentale de la demande serait appropriée. Une analyse plus fine des hypothèses et restrictions de l'étude permettra une meilleure spécification du modèle retenu.

L'Identification des variables

Etant donné l'objectif principal de cette recherche, il s'agit dans cette partie de notre travail, de savoir quelles sont les variables qui, de manière pertinente, spécifient la demande globale de gaz butane des ménages en Cote D'Ivoire.

Koutsoyannis(1973), dit qu'un modèle d'analyse comprend habituellement, en plus de la variable dépendante, les variables explicatives les plus pertinentes, l'influence des variables moins importantes étant prise en compte par le terme de l'erreur. L'omission de variables étant une source potentielle d'erreur de spécification du modèle, la théorie générale de la demande combinée avec les informations issues des études antérieures et l'expérience du terrain, permettent de réduire la probabilité d'occurrence de cette éventualité. La contrainte du degré de liberté n'encourage pas la prise en compte d'un grand nombres de variables dans le modèle.

La variable dépendante

En supposant les ménages rationnels dans leur choix de consommation, la fonction de demande domestique de gaz butane, s'obtient par la maximisation de l'utilité retirée de la consommation du bien gaz butane sous la contrainte budgétaire.

Un consensus semble se dégager entre les économistes, concernant les déterminants de la demande énergétique des ménages.

De manière générale, la demande d'énergie des ménages dans la plupart des études antérieures au notre, a été appréhendée par les quantités consommées ou achetées du bien par les ménages. Dans cette étude donc, la fonction de demande de gaz butane par les ménages aura pour variable dépendante les quantités mensuelles de gaz butane achetée par les ménages.

Les variables explicatives

En outre, les variables explicatives couramment utilisées dans les études antérieures et sur lesquelles les économistes demeurent unanimes, sont le prix du bien étudié et le prix de produits substituts. Dans notre cas, le prix du gaz butane entre comme variable explicative de notre modèle. Les combustibles substituts ou complémentaires au gaz butane en Afrique Subsaharienne sont principalement le bois de chauffe et le charbon de bois. Le prix du bois de chauffe et celui du charbon de bois entrent comme variables explicatives de notre modèle de demande de gaz butane.

En théorie microéconomique, le consommateur maximise son utilité sous la contrainte budgétaire c'est à dire dans la mesure où son revenu le lui permet. Il est donc intelligent de percevoir l'effet que le revenu des ménages exerce sur leur consommation globale de gaz butane. Le revenu des ménages est donc l'un des principaux déterminants de la demande en général de ceux ci et est prise en compte dans notre fonction de demande de gaz butane.

Les quatre variables explicatives définies ci-dessus ont presque toujours figuré dans la plus part des études dans le domaine. Par compte certaines variables explicatives de la demande d'un produit sont plutôt liées au climat, au niveau de développement et à l'environnement socio-politique du pays étudié. Ces variables demeurent très importantes, car permettent l'adaptation de l'étude aux réalités de la région dans laquelle elle est réalisée. Dans le cadre de l'Afrique Subsaharienne, les attributs qui perpètrent la particularité de la région sont :la démographie galopante, le sous développement et les incommodités climatiques.

Les populations africaines en général et celle de la Cote D'Ivoire en particulier connaissent une très forte croissance. Le taux de croissance moyen annuel est de : 3,2% en moyenne. Or il est tout à fait normal que si la population augmente cela peut irrévocablement entraîner une augmentation potentielle de la demande du bien. Le volume de la population entre comme variable explicative de notre modèle de demande. Aussi une autre variable socio-demographique semble avoir une influence sur la demande de gaz butane : l'éducation. Dans la mesure où une population éduquée est plus réceptive à la modernisation et aux avancées technologiques, le passage de l'utilisation des combustibles ligneux à celui du gaz butane, peut être expliqué par le niveau d'éducation de la population. Celui doit donc être pris en compte dans notre analyse. Mais sa détermination étant difficile d'autant plus que nous ne travaillons pas sur un échantillon de population, nous substituons cette variable par le niveau d'alphabétisation de la population.

En outre, le niveau de sous développement qui caractérise la région Subsaharienne de l'Afrique soumet ses populations à des caractéristiques communes aux PVD tels que : Le faible niveau de revenu, un faible espérance de vie ; un manque d'infrastructures socio-économiques, un faible niveau d'accès à l'énergie etc.... .

Dans le contexte de notre étude, ce qui nous intéresse de toutes ces caractéristiques, c'est d'apprécier la dimension explicative que peut apporter le niveau d'accès à l'énergie des populations à la demande en énergie de ceux-ci. Mais cette variable est très difficile à évaluer car soumise à différentes formes d'énergies. Une population qui a accès au gaz et non à l'électricité est différente de celle qui a accès à l'électricité et non au gaz même si toutes les deux ont accès à l'énergie.

Dès lors, pour éviter cette indétermination, nous préférons utiliser le niveau de l'urbanisation des populations pour mesurer cet effet. Certaines études antérieures, ont utilisé l'urbanisation comme variable explicative, (soit directement (Villa( )), soit indirectement(Azam et Hawdon (2003)) de la demande globale d'énergie. Dans leur travail sur la demande d'énergie en Jordanie, Azam et Hawdon introduisent le taux de construction comme variable indépendante à titre d'indicateur de l'urbanisation.

En Afrique Subsaharienne, la précarité des constructions surtout en milieu rural, fait que l'énergie est le moyen privilégié d'avoir accès à l'énergie. L'urbanisation entre ainsi comme variable explicative dans notre modèle.

Aussi, certains biens sont influencés par le climat en ce qui concerne leur disponibilité sur le marché et leur demande par les ménages. C'est le cas par exemple de produits saisonniers. Dans le cas du gaz butane, ce ne sera pas la disponibilité du produit sur le marché qui sera influencée par le climat mais la demande. On peut simplement remarquer qu'en saison de pluie, le stockage et fabrication du bois de chauffe et du charbon de bois étant difficile, sa faible disponibilité sur le marché qui se traduira par la structure des prix, pourrait détourner l'attention de potentiels acheteurs vers des combustibles substituts. La demande de gaz butane peut donc indirectement être influencée par le climat. Pour attester ou réfuter cette éventualité, nous prenons en compte dans notre analyse le climat comme variable explicative de la demande de gaz.

Après avoir identifié et justifié de la pertinence de nos variables, il convient maintenant de déterminer de manière plus palpable les données qui serviront à leur mesure.

Les données

L'un des principaux problèmes que rencontrent les chercheurs dans leurs activités en Afrique est le manque d'informations, de données sur les phénomènes qu'ils étudient. Cette situation revêt beaucoup de contraintes et conditionnent très souvent les méthodes utilisées et les résultats obtenus.

Le domaine du gaz butane en Cote D'Ivoire, fait l'objet de très peu de statistiques, ce qui semble justifier la réticence des études économiques dans ce domaine et qui dès lors pourrait rendre caduque l'appréhension effective du phénomène étudié.

La décision d'utiliser un modèle de séries chronologiques apparaît lorsque selon Pyndick et Rubinsfield (1976) :

-On sait très peu de choses sur les déterminants de la variable étudiée.

- On dispose d'un important nombre de données.

-On utilise essentiellement le modèle pour les projections de court terme.

Ces conditions permettent d'apprécier ce type de modèle qui correspond bien au contexte du gaz butane.

En effet, excepté les données macroéconomiques, nous savions très peu de choses sur ce combustible ; l'un des objectifs spécifiques de cette étude ne consistait il pas à identifier les déterminants les plus pertinents de la demande globale de gaz butane ?

Aussi, nous travaillons dans cette étude avec des données secondaires mensuelles, partant de la période de janvier 1998 à décembre 2004. Nous disposons d'un nombre non négligeable d'observations (84 observations).

Le choix de données secondaires répond à la contrainte temporelle et aux difficultés techniques et financières qu'aurait suscité une enquête auprès d'un échantillon de ménages. De plus, il ne serait pas possible de prendre en compte dans une telle étude certaines variables tels que le taux d'urbanisation qui pourtant à notre humble avis, sont des facteurs explicatifs de la consommation globale de gaz des ménages.

Néanmoins, les données d'enquête sur un échantillon de ménages, nous auraient permis d'apprécier la relation entre la consommation de gaz butane et certaines caractéristiques propres aux ménages tels que sa taille, son revenu, le niveau d'éducation, la structure de l'habitat etc. ...

Mais ces caractéristiques bien que très explicites, ne sont pas facilement flexibles et ne se prêtent pas toujours à la mise sur pied de politiques économiques de court terme.

L'utilisation de variables secondaires, permet au contraire de statuer sur des variables qui pourraient facilement faire l'objet de politiques économiques.

Ainsi donc, la variable de consommation de gaz butane, qui est la variable expliquée de notre modèle sera mesurée par le volume total mensuel en Kg de gaz butane mis sur le marché par les différentes entreprises distributrices du secteur en COTE D'IVOIRE.

L'une des questions que l'on pourrait se poser serait de savoir si les quantités de gaz butane mises sur le marché par les différentes entreprises distributrices du secteur sont effectivement les quantités consommées par les ménages ?

La réponse à cette question trouve sa justification dans la durée du stockage du butane chez les distributeurs qui réalisent la mise en bouteille. Le stockage du butane chez les distributeurs est de 10 jours en moyenne. Et même la société Petroci gaz qui appartient à l'Etat et qui est leader dans la distribution avait voulu en 2002 renforcer ses capacités de stockage pour bénéficier d'au moins 15 jours avant la rupture de stock.

Ceci pour dire que la durée du stockage traduit fondamentalement la vitesse de consommation du gaz par les ménages. Les quantités mises sur le marché par une entreprise distributrice sont en moyenne dans les dix jours qui suivent, achetés par les ménages.

De plus, le volume total mensuel de gaz butane que nous utilisons ici représente surtout les quantités vendues par les entreprises distributrices de gaz butane et donc achetées par les ménages. Ces quantités ne sauraient en aucune manière constituées l'offre(production) de gaz butane, mais plutôt la demande.

Aussi, la période de notre étude (1998-2004) est une période relativement sensible pour le gaz butane, marquée par de fréquentes ruptures d'approvisionnement et des pénuries récurrentes. Chose qui témoigne d'une forte demande et donc d'une consommation presque égale aux quantités produites destinées à la consommation domestique.

Le volume de gaz butane pris en compte dans cette étude ne concerne exclusivement que celui destiné à l'usage domestique. Les quantités affectées au secteur industriel « distribués en vrac » ont été exclues de ce volume.

Les quantités de gaz butane utilisées ici sont les quantités vendues par les principales entreprises du secteur constituées en GPP(ex SHELL gaz devenu Oryx gaz ; Total ; Texaco gaz, Mobil gaz et Petrocigaz). Des sociétés tels que Lubafrique ;Elf oil Cote d'Ivoire elles exercent surtout dans la « distribution en vrac » et donc n'ont aucune incidence sur la consommation en butane des ménages. Seules les sociétés précitées ont pour activité principale la distribution du gaz. Leurs quantités vendues sont représentatives de la consommation réelle des ménages en gaz butane.

Toutes ces données nous sont fournies par les différentes sociétés par l'intermédiaire de la DCE de la SIR.

Pour ce qui concerne les variables de prix, à savoir : le prix du gaz butane, le du charbon de bois et du bois de feu, seront contrairement aux prix officiels, c'est à dire fixés par les autorités publiques, des prix directement prélevés sur le marché.

La préférence que nous accordons à ces prix est due à leur forte flexibilité qui est fonction de la structure de l'offre et de la demande et qui représentent également les prix auxquels les ménages sont effectivement confrontés sur le marché.

Les données de prix proviennent de la cellule de l'INS du ministère de l'économie et des finances et représentent le prix au kilogramme moyen mensuel de chacun des produits sur la période de notre étude. (janvier1998- décembre 2004)

Les variables population, urbanisation et alphabétisation seront respectivement mesurées par le volume mensuel de la population totale, le volume de la population urbanisée et le taux d'alphabétisation.

Malheureusement ces données étant généralement annuelles, leur usage dans notre étude doit être préalablement soumis à modification. Nous décidons donc de les harmoniser de sorte à les transformer en données mensuelles.

La méthode d'interpolation linéaire sera utilisée à cet effet et est décrite dans la section suivante. Les données utilisées pour mesurer ces 03 variables sont obtenues auprès de l'INS.

La variable climat sera mesurée par le niveau moyen mensuel de la pluviométrie sur la période de janvier 1998 à décembre 2004.

Les informations pluviométriques dont nous disposons proviennent de la station météorologique d'Abidjan.(ASECNA)

Enfin, la dernière variable qui est d'autant importante qu'elle est difficile à déterminer est le revenu global des ménages. La mesure de cette variable diffère selon les études.

Dans la plupart des études sur la demande d'énergie des ménages, ayant portées sur des données d'enquête auprès d'un échantillon de ménages, les dépenses de consommation de ceux ci ont été utilisées pour mesurer la variable revenu des ménages. Amadou Koné (1992), avait justifié cet usage par la réticence des ménages face à la déclaration de leur niveau de revenu.

D'autres études réalisées dans le domaine telle que celle de Hazzam et Hawdon (2003), et portant surtout sur la demande globale en énergie de la Jordanie, le revenu annuel par tête a été utilisé pour prendre en compte la variable revenu.

Notre étude portant sur des données mensuelles il sera inopportun d'utiliser revenu annuel par tête pour mesurer la variable revenu des ménages. De même, l'utilisation des dépenses de consommation des ménages à cet effet comme dans l'étude de Amadou Koné, serait très difficile, les données étant uniquement disponibles de manière annuelle.

Dans le cadre de notre étude et dans le but de satisfaire le mieux possible aux exigences économétriques de notre travail, nous définissons un revenu global des ménages essentiellement constitué de la masse salariale de différents secteurs définit comme suit :

-Le revenu des fonctionnaires et agents de l'Etat, définit par la masse salariale mensuelle payée par l'Etat à l'ensemble des fonctionnaires. Ces données sont obtenues auprès de la direction de la solde.

- Le revenu des agents du secteur privé, définit par la masse salariale mensuelle déclarée à la CNPS par les différentes entreprises du secteur privé. Les données concernant cette variable, proviennent de la direction de la CNPS.

- Le revenu des retraités, définit par la masse salariale annuelle payée par CGRAE pour le compte de l'Etat.

- Le revenu annuel des agents exerçant dans le secteur informel évalué par l'INS.

- Le revenu annuel des agriculteurs pour prendre en compte les populations rurales, qui le plus souvent vivent essentiellement de l'agriculture et surtout de la culture du café et du cacao. Cette donnée est disponible à l'INS.

Les trois derniers blocs étant des données annuelles, elles sont transformées en données mensuelles par la méthode d'interpolation linéaire définie dans la section suivante.

Notre variable revenu des ménages est donc la somme des différents revenus mensuels définis ci-dessus, selon l'illustration :

Y = Smf +Smp + Smr + Rsi + Rsa

Smf : salaire mensuel des fonctionnaires.

Smp :salaire mensuel des personnes exerçant dans le secteur privé

Smr : salaire mensuel des personnes retraitées.

Rsi : revenu dans le secteur informel

Rsa : revenu dans le secteur agricole

Mensualisation des données : la méthode d'interpolation linéaire.

Le reprofilage des données que nous faisons ici, n'est pas inhérente à notre seule étude. Elle a été utilisée dans plusieurs travaux où les données étant annuelles, l'indispensabilité de données mensuelles a conduit soit à leur trimestrialisation soit à leur mensualisation.

La méthode d'interpolation linéaire que nous utilisons ici, n'est pas unique. Il y a en dehors de cette méthode, la méthode dite de retropolation et celle de profilage. (voir annexe).

Mais devant la complexité de ces deux dernières, la méthode d'interpolation nous a parut plus adaptée à notre analyse.

L'interpolation linéaire

Partant d'une série temporelle annuelle, la première façon de la rendre mensuelle est de considérée que sur une année, son taux de variation mensuel est constant. Il faut remarquer que la série étant annuelle, les points la constituant sont des points en fin d'année.

Soit donc la série annuelle XXt est une donnée fin d'année.

On note Xit la série mensualisée à comprendre ainsi : Xit est la valeur de la série à la fin du mois i de l'année t(donc i=1 ; 2 ; 3.......12)

Pour t quelconque, puisque l'on veut un taux de variation mensuel At+1 constant sur l'année (t+1), on doit avoir :

X1t+1 /X12t =A t+1avec X12t = Xt puisque les données sont en fin d'année.

X2t+1/ X1t+1=At+1

.

.

.

.

.

X12t+1 /X11t+1 = At+1 avec X12t+1 = Xt+1

La multiplication de ces douze égalités nous donne :

Xt+1/Xt =A12t+1

D'où At+1= (Xt+1/Xt)(1/12), avec Xt+1/Xt qui n'est rien d'autre que le taux de croissance annuel Gt+1 de la série initiale augmentée de 1.

Ainsi, la seule connaissance de Gt+1, suffit à mensualiser la série.

On peut même écrire que pour t et i quelconque :

Xit+1 = [( Gt+1 +1)(1/12)i]Xt

Sur la base de cette méthode, nous calculons le volume mensuel de la population ivoirienne, en partant du volume annuel de la population de l'année 1997.

Une application toute simple sur l'année 1998 :

X11998 =[(G1998 +1)1/12]*X1997

Structure de la fonction de demande

Le choix d'une fonction de demande, ne se fait pas de manière fortuite. Il faudrait qu'elle reflète effectivement les réalités du phénomène étudié et qu'en plus elle soit plus représentative (explicative),concernant la robustesse de ces coefficients estimés.

Amadou Koné(1992), avait justifié l'utilisation d'une fonction de demande semi logarithmique(variable expliquée) par l'estimation de plusieurs fonctions de demande et avait trouvé que celle-ci rendait mieux compte de la structure de la consommation de charbon de bois des ménages ivoiriens.

Notre contexte, bien que plus général, s'apparente à celui de Koné.

En effet, le pays est le même (Cote D'Ivoire) et l'analyse porte sur la demande d'un bien énergétique(charbon de bois) plus ou moins substitut ou complémentaire au notre (gaz butane). La seule différence est que son étude a porté sur un échantillon de ménages alors que la notre porte sur l'ensemble de la population. Cette nuance se traduit par la structure des variables qui ne sont pas toutes les mêmes. (taille du ménage ;dépense de consommation........). En dehors de ce fait, l'objectif recherché est le même, à savoir identifier et quantifier la nature de la relation entre la demande du bien et ses principaux déterminants.

Alors notre modèle s'inspire de celui de Amadou Koné et s'illustre comme suit :

Ln Q = a0+a1Pg+ a2Pc+ a3Pb+a4Yt +a5Pop+ a6PL+ a7Alp+ a8URB+t

Qt = Consommation globale mensuelle de gaz butane des ménages au mois t.

Pgt = prix nominal moyen mensuel du Kilogramme de gaz butane au mois t.

Pct = prix nominal moyen mensuel du Kilogramme de charbon de bois au mois t.

Pbt = prix nominal moyen mensuel du Kilogramme de bois au mois t.

Yt = revenu global mensuel des ménages au mois t.

Popt = Volume mensuel de la population au mois t.

PLt = niveau moyen mensuel de pluie au mois t.

Alpt = taux moyen mensuel d'alphabétisation

URBt = Taux moyen mensuel d'urbanisation

t = terme de l'erreur

Analyse économétrique

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius