WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Stratégies électorales et démocratie locale - L'ambition politique au service du citoyen : le cas des Ateliers de l'Avenir à Aix-en-Provence

( Télécharger le fichier original )
par Guillaume SELLI
Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence - Master II Ingénierie Politique 2007
  

précédent sommaire suivant

I Aix-en-Provence entre jeux de scène

locaux et dynamisme participatif

Avant de décider de se porter candidat aux suffrages des électeurs, il est recommandé d'analyser le terrain sur lequel on se présente. Sa connaissance invite le candidat à adapter sa stratégie, le corps électoral «est un corps vivant qui réagit avec son instinct, le sens de ses intérêts, le poids de son passé21(*)

L'histoire politique en général est faite de surprises, ce qui constitue le risque (et le charme) de la vie publique. Théoriquement, mieux un homme politique est implanté dans son territoire d'élection, moins il a de chances de connaître de (mauvaises) surprises. Cependant la ville d'Aix-en-Provence semble quelque peu échapper à la règle, tant le comportement et les variations des électeurs aixois sont imprévisibles...

Aix-en-Provence, capitale historique de cette région contenue dans son propre nom, ville à dimension internationale sur le plan culturel et puissance économique régionale, célèbre pour ses représentations scéniques et son Festival d'Art lyrique, connaît une vie publique pour le moins agitée, avec une classe politique locale qui s'entredéchire, des associations vindicatives diverses et variées, des notables locaux influents, et une population relativement hétéroclite, dispersée entre les multiples quartiers et villages qui composent cette ville de province dont l'étendue est bien plus grande que celle de Paris22(*)....

La population aixoise en général est particulièrement exigeante envers ses dirigeants, ayant la plupart du temps une haute idée de sa ville et de la façon de la servir. Les politiques aixois affichent d'ailleurs tous un point de vue semblable, ayant beau jeu de s'accuser mutuellement de ne pas avoir de vision politique à la hauteur des ambitions légitimes que doit nourrir une ville telle qu'Aix-en-Provence. Cependant une figure du paysage politique aixois ressort particulièrement du lot lorsqu'il s'agit d'employer ce genre de vocabulaire  : Bruno Genzana, conseiller général du canton Aix Centre23(*) et actuel 5e adjoint au Maire, délégué au tourisme, au Festival d'Art lyrique et aux Relations internationales.

Ayant pris ses distances avec la majorité municipale actuelle, quoique ne l'ayant pas quittée, Bruno Genzana a lancé en septembre 2006 une vaste consultation recouvrant un large champ de domaines, orchestrée par une campagne de communication qui n'est point passée inaperçue... Le tout dans un but ouvertement avoué : l'ambition. Mais quelle ambition ? Une ambition «à la hauteur de notre ville», d'où la nécessité de construire un projet avec la contribution de tous les Aixois. Cependant il fallait compter aussi sur une ambition d'une autre nature, non encore avouée : ce projet d'avenir va de fait servir de tremplin à Bruno Genzana pour se placer en situation d'être un candidat crédible à la mairie d'Aix-en-Provence...

Un point sur le contexte politique aixois, caractérisé par divisions et luttes fratricides, est nécessaire afin de mieux comprendre les tenants et les aboutissants du projet des Ateliers de l'Avenir. Ce projet n'est d'ailleurs pas le seul moyen trouvé par Bruno Genzana d'accroître son capital nom : notre élu pratique la concertation depuis de nombreuses années sous d'autres formes. Cependant cette consultation n'a pas manqué de déclencher de nombreuses polémiques dans l'opposition municipale et aussi au sein du camp majoritaire...

1) Le contexte politique aixois

L'hétérogénéité architecturale du centre ville d'Aix-en-Provence ne fait aucun doute. Il suffit pour s'en convaincre de parcourir des yeux un plan du centre ville délimité par les boulevards périphériques et traversé par le Cours Mirabeau. Ce dernier sépare deux ensembles, deux secteurs urbains à la configuration bien différente. Au nord le vieux centre antique et médiéval se caractérise par son labyrinthe de rues, de forums et de places promptes à désorienter les esprits cartésiens24(*). Le caractère anarchique de la disposition des artères du vieux centre, fruit de plusieurs siècles d'histoire, a cependant tendance à s'atténuer au fur et à mesure que l'on se rapproche des boulevards qui matérialisent ses limites. Au sud du Cours Mirabeau s'étend un espace urbain structuré au contraire par des rues de largeur presque identique qui se coupent à angle droit : le quartier Mazarin. L'urbanisme qui s'y déploie paraît tout droit sorti de l'esprit d'un géomètre et les vicissitudes de l'histoire semblent n'avoir que peu perturbé cet ordonnancement25(*).

Aix est donc une ville de contrastes, et ce qui est valable en architecture l'est également en politique : si cette ville a généralement une image plutôt bourgeoise et conservatrice, il n'empêche que si l'on voulait schématiser les différents clans qui composent le paysage politique aixois, on serait tout autant désorienté que le touriste consultant le plan du centre ancien. La politique locale y a ici une saveur particulière, les journaux locaux ne se privant pas de rapporter une énième querelle ayant éclaté en plein conseil municipal, dont les séances sous la présidence de Maryse Joissains tiennent aussi bien du théâtre de boulevard que d'un combat de gladiateurs, sans parler du climat lors des élections...

Les électeurs aixois sont pour le moins aussi capricieux que leurs dirigeants locaux, et n'hésitent pas à le montrer lors du vote, ce qui fait d'Aix un ville où les élections municipales restent toujours relativement ouvertes, où le dynamisme des candidats lors de la campagne électorale peut faire la différence même si au départ ils ne partaient pas favoris. L'initiative de Bruno Genzana s'inscrit pleinement dans cette optique...

Cette caractéristique aixoise n'est pas récente : l'histoire politique d'Aix est faite de grandeurs et de décadences, de chutes et de rebondissements, de vertu et de trahison. Tout cela abouti au paysage politique aixois actuel, complètement divisé et éclaté, au sein même des partis, avec une large incertitude pesant sur les intentions réelles des uns et des autres, et sur les rapprochements ou éloignements possibles entre politiques.

Le problème est qu'aujourd'hui les Aixois demandent naturellement que leurs dirigeants s'occupent de leurs concitoyens en priorité et non de leurs querelles personnelles : il existe une réelle attente de la part de la population, car nombreux sont les problèmes que rencontre cette ville, ainsi que les défis qu'elle a à relever...

a) Un peu d'histoire

A Aix depuis près de trente ans, les luttes fratricides n'ont jamais manqué. Aux temps du socialiste Félix Ciccolini (maire de 1967 à 1978), Aix se distinguait déjà par une succession d'annulations des élections. Depuis 1983, année où le maire Alain Joissains n'avait pas pu se représenter pour cause de déboires avec la justice et avait propulsé tête de liste Jean-Pierre de Peretti della Rocca dans l'attente d'un éventuel retour, la division n'a cessé de régner à droite.

Quatre listes de droite se sont affrontées en 1983 : se sont notamment présentés Jean-Pierre de Peretti della Rocca (UDF), Charles de Peretti26(*) (RPR mais soutenu également par le Parti Républicain, composante libérale de l'UDF), et Charles Debbash, le célèbre et sulfureux juriste... Une fois élu, Jean-Pierre de Peretti a vite pris goût à la fonction. Mais ayant accepté de placer Maryse Joissains, l'épouse d'Alain, comme première adjointe, les rapports avec cette dernière furent rapidement tendus. En fin de mandat, il fut mis en minorité sur le vote du budget. La droite allait passer dans l'opposition pendant douze ans.

En 1989, deux listes, une UDF menée par Jean-Pierre de Peretti della Rocca, l'autre RPR menée par Jean-Pierre Bouvet, étaient candidates tandis qu'une liste du Front national se qualifiait pour le second tour. La bataille fut âpre entre les deux listes de droite et le soir du premier tour de Peretti devançait Bouvet d'à peine 26 voix : l'inversion des résultats des deux candidats dans un bureau de vote de la part d'un membre de l'équipe Bouvet fit qu'ainsi la liste RPR croyait avoir remporté la primaire à droite et le malentendu ne put se rectifier sans exacerber les tensions. A l'issue de très difficiles tractations, une entente fut trouvée pour faire fusionner les deux listes mais trop tard, la liste finale ayant été déposée quelques minutes après l'heure limite, elle fut invalidée par la sous-préfecture. Les deux candidats ayant déposé leurs propres listes auparavant, cela faisait quatre prétendants en lice au second tour, avec la liste socialiste et celle du Front National. Malgré le désistement de Jean-Pierre Bouvet et le retrait de sa liste, cette configuration offrait pour ainsi dire la mairie sur un plateau au socialiste Jean-François Picheral, ancien premier adjoint de Félix Ciccolini.

En 1995, nouvelles avanies, trois listes de droite n'arrivaient toujours pas à se mettre d'accord au premier tour. Une était menée par le député de la XIVe circonscription27(*) Jean-Bernard Raimond (RPR), ancien ministre des Affaires étrangères que l'on traitait volontiers de parachuté, une autre par l'ancien maire Alain Joissains (UDF) et une troisième par le jeune ambitieux François-Xavier de Peretti28(*), qui avait fraîchement rejoint l'UDF. Picheral fut réélu suite à une triangulaire opposant la gauche, la droite et le Front National. En 2001 à nouveau trois listes de droite, conduites cette fois-ci par Jean Chorro (RPR), François-Xavier de Peretti (UDF) et Maryse Joissains (sans étiquette). Ayant fait chacune environ 15%, celles-ci ont fusionné pour enfin remporter l'élection avec seulement 550 voix d'avance, l'extrême droite n'ayant pu cette fois-ci atteindre le second tour.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est au total la gauche qui a le plus longtemps exercé le pouvoir municipal à Aix ces quarante dernières années : pendant 23 ans et la droite seulement 17. Cela est dû essentiellement à trois facteurs : la division récurrente de la droite aixoise et ses déchirements internes, le poids relativement important de l'extrême droite à Aix jusqu'en 2001, et enfin le positionnement de certains leaders de la gauche, Jean-François Picheral en particulier, qui a su se faire reconnaître comme une personne de bon teint et modérée, ce qui a pu séduire une partie d'un électorat conservateur mais soucieux d'avoir un maire qui donne une bonne image de sa ville, tandis que le discrédit pesait quelque peu sur les leaders de la droite aixoise.

Aujourd'hui à Aix, l'histoire est un éternel recommencement, les divisions n'ont pas cessé, et celles de la gauche se sont ajoutées à celles de la droite...

b) La situation politique aujourd'hui

En mal de leader incontesté suite au retrait de Jean-François Picheral après sa défait de 2001, la gauche aixoise souffre elle aussi désormais d'un manque d'unité. Celui qui apparaît naturellement comme le chef de file de l'opposition aixoise, Alexandre Medvedowsky, a vu son statut de candidat socialiste potentiel aux prochaines municipales contesté par l'arrivée sur Aix de Michel Pezet, ancien bras droit de Gaston Defferre à Marseille et président de la Région PACA jusqu'en 1986, adoubé par l'ancien maire Picheral, qui désormais voue une haine farouche à Medvedowsky son ancien dauphin29(*). L'ancien maire et son ancien adjoint se sont d'ailleurs livrés à une querelle épistolaire plutôt polémique dont les destinataires étaient les adhérents aixois du PS, ce qui a fait largement désordre. Ces derniers devraient se prononcer dans les prochains jours pour désigner leur candidat investi et Medvedowsky devrait pouvoir s'en tirer sans problèmes, étant donné que Michel Pezet, totalement privé d'appuis au sein du PS aixois, vient tout juste de renoncer à se présenter à l'investiture30(*). Cependant il est fort probable qu'il maintienne sa candidature en dissidence, le soutien de Jean-François Picheral demeurant un atout non négligeable en sa faveur. Quant au socialiste André Guinde, conseiller général du canton Aix Sud-Ouest, après avoir commencé à soutenir Pezet tout en envisageant d'être lui-même candidat, il s'est finalement rallié à Medvedowsky...

En ce qui concerne la majorité de droite qui gère la mairie depuis 2001, son caractère hétéroclite (elle est issue de trois listes différentes) a bien vite provoqué de béantes fissures. La rupture entre Maryse Joissains et François-Xavier de Peretti est consommée dès 2002 à l'occasion des élections législatives31(*) : 3e adjoint à la culture, de Peretti s'est vu retirer ses délégations et vote régulièrement contre de nombreuses décisions prises en conseil municipal. La nette prise de distance de François Bayrou vis-à-vis de la droite, après sa campagne présidentielle et la création du Modem, recoupe tout à fait celle de de Peretti au niveau local : il ne fait aucun doute que de Peretti sera le candidat Modem aux municipales à Aix et cette fois-ci toute entente avec une liste de droite semble particulièrement difficile.

La division est aussi présente au sein de l'UMP : plusieurs adjoints et conseillers municipaux, Bruno Genzana et Stéphane Salord32(*) en tête, ont progressivement pris leurs distances avec ce qu'il est communément admis d'appeler le «système Joissains33(*)» et sa gestion en cercle fermé, les élus n'entrant pas dans les bonnes grâces de Mme le Maire se retrouvant bien souvent court-circuités. L'affrontement est pour l'instant larvé, les intentions des uns et des autres n'ayant pas été clairement dévoilées. Cependant le lancement par Bruno Genzana des Ateliers de l'Avenir n'a pas manqué de susciter la controverse au sein de la majorité municipale, et c'est très naturellement que Maryse Joissains, réélue député en 2007, a préféré changer de suppléant...

Nous sommes donc en présence de cinq listes potentielles de candidats aux prochaines municipales, toutes susceptibles d'accéder au second tour : la campagne électorale et les tractations d'entre-deux tours s'annoncent pour le moins musclées... De nombreux bruits et rumeurs circulent déjà sur les éventuelles tractations et alliances qui pourraient se conclure : le ticket Pezet - de Peretti a longtemps tenu la côte dans les comptoirs, sans que ces rumeurs n'écartent totalement un rapprochement entre de Peretti et Bruno Genzana. Le moindre électeur sera courtisé : or l'électorat aixois est justement réputé pour être versatile et relativement imprévisible...

c) Un électorat difficile à cerner

Aix-en-Provence a connu deux périodes de mutations et de renouveau démographique et urbanistique. L'arrivée des rapatriés d'Algérie a accéléré la construction du quartier d'Encagnane et le lancement de l'urbanisation du Jas de Bouffan, deux quartiers populaires. Les années 90 ont été fastes pour le développement économique qui a vu plus de 10.000 habitants s'installer à Aix et qui a permis de promouvoir une politique d'équipements structurants. L'essentiel des grands projets qui trouvent leur achèvement aujourd'hui (centre chorégraphique, salle de spectacles, musée Granet, Sextius-Mirabeau...) ont d'ailleurs été lancés dans ces années-là : leur aboutissement récent a largement modifié la composition de la population aixoise, sans oublier la construction d'un nouveau «village34(*)» à proximité du Pôle de l'Arbois (La Duranne)... Difficile de prévoir le comportement électoral de ces nouveaux venus, avec qui en général la «prime au sortant» fonctionne moins qu'avec les habitants déjà implantés auparavant, à condition qu'aujourd'hui Maryse Joissains bénéficie d'une réelle prime au sortant, ce qui n'est pas véritablement établi...

Ces aménagements ont ainsi provoqué une évolution de la population (et donc de l'électorat) considérable35(*), à laquelle les politiques se sont bien entendu montrés attentifs, et ce d'autant plus que certains en quelques années se sont largement repositionnés en terme de captation d'électorat. Ainsi si en 2001 Maryse Joissains, ayant mené campagne sans étiquette politique, avait largement recueilli les suffrages d'un électorat populaire avec un brin de démagogie36(*), son positionnement lors des prochaines élections devrait nécessairement évoluer dans la mesure où elle bénéficiera désormais de l'investiture de l'UMP et que la politique qu'elle a menée depuis six ans n'a pas tellement dû la favoriser auprès des quartiers sensibles et devrait la pousser à viser un électorat de droite plus traditionnel... Quant aux candidats de gauche, leur stratégie de campagne et leur positionnement électoral sera différent si seul Medevedowsky investit se présente ou si Pezet maintient sa candidature, ce dernier ayant plus tendance à lorgner vers le centre...

L'électorat aixois est versatile également dans la mesure où il est relativement composite et que de surcroît chaque catégorie de la population ne vote pas forcément comme on pourrait le penser a priori : cette ville volontiers étiquetée de droite a souvent donné sa confiance à un candidat de gauche modérée, de plus des candidats de droite ont déjà recueilli de très bons scores dans les quartiers populaires comme Maryse Joissains en 2001 qui avait été élue en déjouant tous les pronostics, tandis que Picheral faisait un meilleur score qu'elle dans le centre ville, pourtant d'un niveau social nettement plus élevé. Au sein même du centre ville l'électorat est disparâtre, les habitants du centre médiéval se prononçant souvent nettement en faveur de la gauche37(*), tandis que ceux du quartier Mazarin s'identifient beaucoup plus à un électorat de centre-droit modéré, tendance démocrate-chrétien.

La vie politique à Aix peut ainsi ressembler à un cercle vicieux ou vertueux selon les points de vue : l'électorat aixois, ayant réélu un maire de gauche en 1995 alors qu'il avait voté massivement pour Jacques Chirac un mois auparavant, par sa nature imprévisible ne peut qu'accentuer les tensions et rivalités qui pèsent entre les politiques locaux, et ces mêmes rivalités entachées de divisions accentuent cette tendance qu'ont les Aixois de déjouer les pronostics.

* 21 André Laurens, Le métier politique, Alain Moreau, 1980

* 22 Avec un territoire s'étendant sur près de 186 km2, Aix arrive au 11e rang sur l'ensemble des communes métropolitaines en terme de superficie, la commune de Paris n'ayant une étendue que de près de 100 km2...

* 23 Bruno Genzana est d'ailleurs le président du groupe UMP-UDF au Conseil Général des Bouches-du-Rhône, dirigé par une majorité de gauche. Il est également vice-président de la Communauté du Pays d'Aix, délégué à l'Habitat et la Politique de la Ville.

* 24 Descartes lui-même décriait la cité médiévale désordonnée dans son Discours de la Méthode : « ces anciennes cités, qui, n'ayant été au commencement que des bourgades, sont devenues, par succession de temps, de grandes villes, sont ordinairement si mal compassées, au prix de ces places régulières qu'un ingénieur trace à sa fantaisie dans une plaine, qu'encore que, considérant leurs édifices chacun à part, on y trouve souvent autant ou plus d'art qu'en ceux des autres ; toutefois, à voir comme ils sont arrangés, ici un grand, là un petit, et comme ils rendent les rues courbées et inégales, on dirait que c'est plutôt la fortune, que la volonté de quelques hommes usant de raison, qui les a ainsi disposés. »

* 25 L'écrivain local Armand Lunel (1892-1977), ami de Darius Milhaud, célèbre la rationalité du tracé et l'harmonie des proportions dans son roman La Belle à la Fontaine, qui a le quartier Mazarin pour cadre : «Sur le plan d'Aix, notre quartier est ce quadrilatère délimité par les quatre artères du cours Mirabeau, de la rue d'Italie, de l'avenue Victor Hugo et du cours du Roi René. Toutes les rues y sont tirées au cordeau, composant ainsi d'admirables perspectives, surpassées entre toutes par celle qui, de la fontaine des Quatre Dauphins, s'ouvre sur le porche de l'église Saint-Jean. Nulle part mieux qu'ici n'est affirmé, dans l'art de bâtir, le sens des proportions.» Descartes aurait certainement apprécié...

* 26 Il n'y a aucun lien de parenté entre Charles de Peretti et Jean-Pierre de Peretti della Rocca

* 27 La commune d'Aix-en-Provence est couvertes par deux circonscriptions électorales des Bouches-du-Rhône : la XIe qui comprend entre autres le canton Aix Sud-Ouest, et la XIVe qui comprend les cantons Aix Centre et Aix Nord-Est, ainsi que ceux de Trets et de Peyrolles.

* 28 François-Xavier de Peretti est le fils de Charles de Peretti.

* 29 Tout ça officiellement parce que Medvedowsky aurait renoncé au recours devant le Conseil d'Etat visant l'annulation de l'élection municipale de 2001, que Picheral avait perdu de très peu contre Maryse Joissains alors qu'il était donné favori... Recours qui s'il avait été maintenu aurait vu le duo Picheral-Medvedowsky être défendu par l'avocat... Maître Michel Pezet !!!

* 30 Dans une déclaration donnée à La Provence le 14 septembre.

* 31 Le député RPR sortant de la XIVe circonscription Jean-Bernard Raymond s'est vu rafler à l'époque l'investiture de l'UMP par Maryse Joissains, qui a pris Bruno Genzana pour suppléant. Jean-Bernard Raymond a alors obtenu l'investiture de l'UDF et s'est représenté avec François-Xavier de Peretti comme candidat suppléant, ce qui constitua le prétexte qui manquait à Mme le Maire pour lui retirer ses délégations, sachant que les rapports entre eux s'étaient très rapidement dégradés...

* 32 Numéro 2 sur la liste conduite par Maryse Joissains en 2001 (tandis que Bruno Genzana figurait sur celle de Jean Chorro), Stéphane Salord est actuellement 2e adjoint au maire, chargé du développement économique, de l'emploi et de la vie culturelle.

* 33 Maire d'Aix et Présidente de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix (CPA), Maryse Joissains a deux directeurs de cabinet : son mari Alain à la Ville, et sa fille Sophie à la CPA. Le bruit court même qu'en cas de réélection en 2008, Maryse Joissains envisagerait de quitter son fauteuil de Maire en cours de mandat pour le laisser à sa fille... dès l'été 2006, à l'occasion d'un déjeuner avec jc gaudin elle demandait officiellement à jc gaudin de réserver la 2e place sur sa liste sénatoriale (élections fin sept 2008) à sa fille sophie

* 34 Certains quartiers d'Aix-en-Provence éloignés du centre et en discontinuité urbaine avec celui-ci sont appelés villages et revendiquent une identité particulière au sein de la commune d'Aix-en-Provence, ayant pour la plupart un adjoint spécial faisant office de «maire» : c'est le cas pour Luynes, Les Milles et Purycard notamment...

* 35 D'après Stéphane Salord, au moins 30% des électeurs aixois lors des municipales de 2008 seront des gens qui ne l'étaient pas lors de celle de 2001...

* 36Les Aixois attendent toujours la gratuité des transports, que la Tour Rouge soit repeinte, ou le fameux bouton pour les personnes âgées qui leur permettait d'avertir immédiatement la police en cas d'agression !!!

* 37 Dans les deux bureaux de votes situés à l'Hôtel de Ville donc au coeur du vieux centre historique, Ségolène Royal a recueilli environ 60% des suffrages au second tour de la dernière élection présidentielle. C'est ainsi qu'en privé Bruno Genzana a baptisé le vieux centre médiéval «Boboland».

précédent sommaire suivant