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Approche exploratoire de la relation de conséquence : description et implémentation

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par Sébastien Druon
Université Toulouse 2 - DEA de Sciences du Langage 2001
  

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2.4 Comment repérer un lien causal en discours

Nous venons de définir ce qu'est la relation de conséquence. Or les critères à notre disposition pour repérer une telle relation sont tout à fait subjectifs (lorsque l'on parle de prémisse et de conclusion d'un raisonnement). Il faut donc définir ce qui nous permet de détecter un lien de cause à effet dans le discours.

Après avoir défini ce qu'est un lien causal, nous allons nous demander comment nous faisons pour le repérer en lisant un texte ou en écoutant un interlocuteur.

Définition 2.8 -- Causation (lien causal ou de causalité): La causation est une relation entre événements ou états dans le temps et l'espace. Elle est basée sur l'idée de faire arriver les choses ou de les empêcher d'arriver. est la cause de si la présence de entraîne la présence de

, ou si l'absence de entraîne l'absence de .11

Nous parlons donc de lien de causalité ou lien causal12 pour désigner le lien qui unit une cause à son effet. Par exemple:

Pierre a chuté. Il s'est fait mal.

est la cause de , nous dirons donc qu'il existe un lien de causalité entre et .

11Cette définition est tirée de ITKONEN (1994).

12GALIOTOU (1999) utilise le terme de lien causal dans le même sens que causation.

2. Préalables théoriques

 

2.4.1 Les connaissances de sens commun

Selon certains auteurs, nous repérons un lien de cause à effet grâce à des règles de causalité. C'est le cas de MOESCHLER (1998) à qui nous avons emprunté l'exemple qui suit13:

(2.30) Le verre de whisky est tombé. Il s'est cassé.

Si nous interprétons la relation entre les deux propositions de cet exemple comme une relation de conséquence, c'est parce que nous avons connaissance (consciente ou non), ou du moins à notre disposition, une loi causale qui nous permet de faire cette interprétation. Ici c'est une loi causale du type tomber-casser qui nous permet de voir une relation de conséquence entre le fait que le verre de whisky est tombé et celui qu'il s'est cassé.

En admettant que notre interprétation des relations causales se fasse à partir de nos connaissances du monde (en l'occurrence de règles de causalité associant divers événements), il devient très difficile de modéliser le fonctionnement de la relation de conséquence. En effet, il faudrait construire une base de données d'une grande partie des connaissances de sens commun acquises par un être humain (la taille de cette base de données dépend évidemment de la complexité du texte et de l'étendue du domaine qu'il couvre). Et cette tâche n'est pas actuellement à notre portée, et de toute façon dépasse de loin le cadre de notre recherche.

Il existe cependant un projet principal visant à modéliser nos connaissances de sens commun14 : le projet Cyc initié dans les années 80 et toujours dirigé depuis par Douglas Lenat (voir LENAT (1995) et COPE-

13Ce point de vue est aussi celui de ASHER (1993) qui postule que l'on a par défaut une relation de narration entre deux segments qui se suivent, mais si nos connaissances de sens commun nous permettent de trouver une loi causale entre ces deux segments, alors la relation sera interprétée comme une relation de résultat par exemple.

141l existe également un autre projet, OpenMind common sense (http: / / www. openmind.org/commonsense) auquel tout le monde peut participer.

2. Préalables théoriques

 

LAND (1997)). Cette base de connaissances intègre aussi, bien entendu, les connaissances causales que nous avons du monde, comme par exemple (tiré de COPELAND (1997)):

(2.31) causal(there is water in the fuel the engine misfires)

Le problème est que ce projet est loin d'arriver à son terme, la somme de

travail en jeu étant colossale et n'est pas utilisable par un particulier.

C'est pourquoi nous voulons trouver des stratégies pour éviter au maximum le recours à ces connaissances causales pour déterminer la présence d'une relation de conséquence dans un texte, et nous pensons pouvoir nous passer de lois causales dans une majorité de cas. De plus, il ne semble pas suffisant de connaître les liens causaux qui existent entre deux éventualités afin de déterminer si nous nous trouvons face à une relation de conséquence. Prenons par exemple un cas de déduction:

(2.32) Jean est moine: il est célibataire.

Dans ce cas-là, nous avons besoin de connaissances encyclopédiques pour pouvoir interpréter la relation unissant les deux énoncés «Jean est moine» et «il est célibataire». Ici on extrait une propriété d'un cas plus général, et l'interprétation de la relation comme relation de conséquence ne repose pas sur une loi causale, mais sur une relation d'un autre type, plus précisément une relation entre un objet et une de ses propriétés (le fait d'être moine et une de ses propriétés: le célibat).

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