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Education et Mondialisation : les conséquences de la libéralisation de l'éducation prônée par l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) ; illustration sur la base de la position canadienne et belge

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par Ahmed Seghaier
Univeristé de Genève - diplôme d'études approfondies en études du développement 2004
  

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CONCLUSION

Tout au long de ce travail nous avons tenté de présenter d'une manière générale, le cadre conceptuel général et le contexte économique, financier et politique global dans lequel la mondialisation est apparue comme un nouveau système économique et politique mondial. Dans cette perspective, la mondialisation est largement perçue comme une nouvelle vision globale qui va bouleverser les modes de vie déjà existants et imposer son propre mode de vie à tous les habitants de la planète, nonobstant et les frontières géographiques, les différences linguistiques, sociales et culturelles des populations.

En effet, grâce à la rapidité des transports, aux technologies de l'information et à une économie qui est de plus en plus internationalisée, le monde d'aujourd'hui devient largement interdépendant et interconnecté, comme jamais auparavant. C'est le début d'une nouvelle ère dans l'histoire humaine qui annonce la crise de l'Etat-providence et la naissance d'une gouvernance économique et financière mondiale.

Dans le cadre de ce nouveau système mondial qui s'impose sur les populations et les Etats nations, la libre circulation des produits, des biens, des services et des idées, n'est plus définie ou limitée par les frontières nationales, mais bien par certains gouvernements et puissances qui veulent de plus en plus contrôler la sphère économique et politique mondiale.

L'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) est à cet égard, l'un des accords fondateurs de l'OMC. Par des cycles successifs de négociations, il vise la libéralisation complète de tous les services et l'intensification de la privatisation des services publics. Dans ce cadre et malgré la rareté des travaux académiques réalisés jusqu'à maintenant sur cette matière, nous avons tenté de présenter la politique de la libéralisation des services prônée par l'AGCS, la logique générale et les conséquences de cet accord sur les services publics, notamment les services d'éducation.

Durant ce travail, nous avons concentré notre analyse sur les conséquences de l'AGCS sur l'éducation comme un service public vital et un droit humain fondamental. Dans ce cadre, nous avons mis en évidence le rôle de l'Etat et celui des pouvoirs publics dans la garantie et la protection de l'éducation pour l'ensemble de la population.

Vu son essentialité comme service public qui a pour rôle d'assurer la socialisation des jeunes et la garantie de l'harmonie et la cohésion sociale, l'éducation doit être garantie, assurée et gérée par les pouvoirs publics d'une manière démocratique et selon le principe d'égalité de tout le monde.

En tant que droit humain fondamental garanti par les instruments juridiques nationaux et internationaux, l'éducation doit obligatoirement disposer du statut de bien public mondial. La reconnaissance de cet attribut de l'éducation par tous les pays du monde est indispensable pour la préserver, notamment dans le contexte actuel de la mondialisation.

Dans la dernière partie de ce travail, nous avons analysé la position du Canada et de la Belgique. Malgré l'adhésion collective de la majorité des pays du monde à la politique de l'OMC qui consiste à libéraliser et à privatiser les services publics, nous avons vu que le Canada et la Belgique figurent parmi les rares pays qui résistent et qui refusent d'appliquer les règles du commerce sur les services publics vitaux, notamment l'éducation qui est conçue comme une assise du développement économique, social et culturel des pays. C'est pour cela que selon la position canadienne et belge, l'éducation ne pourra jamais faire l'objet d'une négociation commerciale.

Notre problématique centrale était de déterminer les impacts de la mondialisation économique (néolibérale) sur l'éducation, autrement dit, comment comprendre l'avenir de l'éducation en la subordonnant aux règles de l'économie de marché. Nous avons constaté que les instruments actuels de la mondialisation néolibérale constituent une vraie menace pour les droits humains. L'AGCS qui a pour but d'appliquer les règles du commerce mondial sur les secteurs des services notamment l'éducation, représente un grand danger pour un service qui représente une assise intellectuelle du développement des sociétés humaines. Les valeurs démocratiques, la pensée critique et la culture des débats sociaux se trouvent forcément menacées quand on porte atteinte à l'éducation.

la position officielle canadienne et belge, consolidée et renforcée par une société civile consciente et engagée, voit dans l'éducation un service public et un droit humain qui doit être garanti par l'Etat et mis à l'abri de toute négociation commerciale. À titre d'exemple, pour démontrer la place qu'occupe l'éducation pour l'ensemble de la société, le Conseil des ministres de l'éducation au Canada, a déclaré que l'avenir des canadiens «dépend d'une société dont les membres sont instruits et cultivés et qui, tout en atteignant leurs propres objectifs de développement personnel et professionnel, participent à l'essor socio-économique et culturel de leur collectivité et du pays tout entier»122(*). Cette position fière du Canada et de la Belgique doit être un exemple à suivre pour le reste des pays du monde.

La généralisation de l'éducation publique dans tous les pays du monde et la promotion de l'éducation des droits de l'homme nous semblent des outils indispensables pour l'instauration de relations intercommunautaires stables et harmonieuses. Elles contribuent à la promotion de la compréhension mutuelle, de la tolérance et de la culture de la paix dans le monde.

L'éducation doit être orientée vers le plein épanouissement de la personne humaine et le renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Comme l'a dit Jacques Delors, l'éducation doit être « au service d'un développement humain plus harmonieux, plus authentique, afin de faire reculer la pauvreté, l'exclusion, les incompréhensions, les oppressions, les guerres » 123(*).

Finalement, nous pensons que les efforts de la coopération internationale doivent essentiellement être investis dans le domaine de la préservation des services publics, notamment les services éducatifs et la promotion des droits humains fondamentaux tel que le droit à l'éducation. La multiplication des efforts de l'UNESCO comme une organisation internationale spécialisée des questions éducatives, pourra aider à améliorer la situation économique, sociale et culturelle dans le monde. Quant à l'aide au développement, elle doit être également orientée vers la garantie et la promotion des droits de l'Homme, notamment les droits économiques, sociaux et culturels. Pour lutter contre les problèmes économiques et sociaux dont souffrent les sociétés modernes, la généralisation d'une éducation publique et gratuite pourrait être un moyen essentiel qui peut contribuer à atteindre les objectifs définis par la communauté internationale à savoir l'élimination de la famine, de la pauvreté et de toutes les formes de misère dans le monde, notamment dans les pays en voie de développement. Car comme l'a déclaré l'Internationale de l'Education, nous pensons que l'éducation publique est un outil largement efficace qui « contribue à la diminution des inégalités et favorise la cohésion sociale de même que le progrès national »124(*).

* 122 Conseil des ministres de l'Education (Canada), 24 février 1997, www.cmec.ca

* 123 Jacques Delors 1996, www.unesco.org

* 124 Deuxième congrès mondial de l'Internationale de l'Education réuni à Washington D.C. (Etats-Unis) du 25 au 29 juillet 1998, www.ei-ie.org, p. 1.

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