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Education et Mondialisation : les conséquences de la libéralisation de l'éducation prônée par l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) ; illustration sur la base de la position canadienne et belge

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par Ahmed Seghaier
Univeristé de Genève - diplôme d'études approfondies en études du développement 2004
  

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3- Les deux grandes visions relatives à la mondialisation

A partir du 19ème siècle, la pensée économique se développe à l'échelle du monde, les économistes libéraux voient la constitution d'un marché mondial comme une loi naturelle qui s'est faite à travers les évolutions technologiques et le développement des échanges commerciaux et financiers entre les différentes régions du monde. Selon le discours des partisans de la mondialisation, le monde est devenu un espace géographique quasi-uni. Un monde dans lequel toutes les formes d'échanges doivent se faire librement sans obstacles douaniers ni autres. Dans ce cadre, c'est uniquement à travers le progrès économique que l'évolution d'une société donnée peut être atteinte et la négation de la mondialisation conduit à priver les autres de réaliser le développement attendu.

Aussi, d'après les défenseurs de la mondialisation néolibérale, la mondialisation qui est venue pour changer toutes les réalités économiques, politiques, sociales et culturelles qui existaient, est-elle au profit de tous les pays du monde y compris les pays en développement.

Cependant, d'autres spécialistes de la question, voient dans la mondialisation une menace pour les droits de l'homme, la démocratie et l'égalité. À cet égard, plusieurs analyses et études considèrent que l'effet essentiel de la mondialisation c'est de faire accroître la pauvreté dans le monde et les inégalités entre les pays du sud et les pays du nord, puis entre les riches et les pauvres dans chaque pays du monde. D'après Rick Coolsaet, si on peut parler «pour la première fois dans l'histoire d'un marché mondial où biens, services, capitaux et personnes se déplaçaient librement sous toutes latitudes », il ajoute que « cette belle époque ne l'était pas pour tout le monde si une petite élite bourgeoise prospérait, l'immense majorité des êtres humains profitait à peine de la croissance sans précédent de richesse et n'avait pas voix au chapitre »35(*).

Dans cette partie de ce travail, nous allons tenter d'analyser les deux positions en présentant les arguments des deux groupes.

3.1« Les retombées » de la mondialisation : une vision néo-libérale de la mondialisation

Les économies nationales sont actuellement, et plus que jamais auparavant, intégrées dans une économie mondiale à travers la mobilité des moyens de production et l'harmonisation des règles et des normes qui organisent le commerce et les échanges internationaux. Cette mondialisation évoque l'intégration croissante des économies dans le monde entier, surtout au moyen des courants d'échanges et des flux financiers. Elle évoque aussi les transferts internationaux de main-d'oeuvre et des connaissances qui sont traduits successivement par la migration de travailleurs et la diffusion de la technologie. Aussi, la mondialisation se traduit-elle, selon ses partisans, par le progrès technique qui permet d'effectuer plus facilement et plus rapidement les opérations commerciales et financières à l'échelle planétaire. Le commerce mondial est à cet égard considéré comme le générateur de l'économie mondiale. L'ouverture de secteurs des services au commerce mondial, notamment les services de l'éducation, va permettre aux différents pays du monde de moderniser leur système éducatif, de rationaliser la gestion des services éducatifs et de réduire les charges publiques. La diversification de l'offre éducative à travers l'investissement des acteurs privés dans l'éducation, rend les services éducatifs plus efficaces et plus rentables.

D'après ceux qui plaident en faveur de la mondialisation économique et l'intégration des économies nationales dans un système économique mondial unique, la mondialisation permet à tous les pays du monde d'accéder plus facilement à davantage de capitaux, de moyens de financement et de ressources technologiques pour accroître la croissance économique et se développer davantage. Également, les coûts des importations vont amplement diminuer et les possibilités d'exportation vont beaucoup s'élargir.


·La mondialisation est aussi en faveur des pays en développement

Depuis leur décolonisation, les pays en développement ont déployé des efforts énormes pour rattraper les économies avancées. D'après les documents édités par certaines organisations internationales36(*), notamment la Banque Mondiale, depuis 1970, dans beaucoup de pays, surtout asiatiques, le niveau général de vie et le revenu par habitant se rapproche vite des niveaux atteints dans les sociétés qui ont des économies avancées et cela est dû à l'adhésion forte des économies émergentes dans le processus de mondialisation et à leur participation active dans les échanges commerciaux et financiers à l'échelle mondiale.

D'après cette vision, c'est dans la mondialisation néolibérale que résident les solutions et les réponses aux questions et aux problèmes liés au phénomène du sous-développement. La croissance économique et l'émergence d'une classe moyenne dans les pays en développement sont à cet égard liées à l'accroissement des échanges commerciaux, à l'insertion des pays dans l'économie mondiale et aux investissements internationaux.

Pour les institutions internationales, notamment la Banque Mondiale, l'éducation a un rôle central dans le processus de la croissance économique et la lutte contre la pauvreté. C'est la raison pour laquelle, la Banque Mondiale veut promouvoir l'enseignement et combattre l'inefficacité de l'école dans les pays en voie de développement. La soumission de l'éducation aux règles du marché et aux « principes de gestion et de financement qui reviennent à réduire l'intervention de l'Etat et à élargir en sens inverse la sphère du marché »37(*), représente la bonne voie pour promouvoir l'éducation et réduire la pauvreté et les inégalités dans les pays du Sud.

D'après le discours mondialiste, les pays en voie de développement sont parmi les premiers bénéficiaires de la mondialisation dans la mesure où la part des pays en développement dans le commerce mondial a considérablement augmenté, elle est passée de 19 % en 1971à 29 % en 199938(*).

* 35 Rick Coolsaet, au temps du terrorisme anarchique, Le Monde diplomatique, septembre 2004, p. 26.

* 36Voir les rapports et les publications de la Banque Mondiale et du FMI sur www.banquemondiale.org, par exemple East Asia Update novembre 2004, la déclaration écrite par M. Horst Köhler, directeur général du FMI à l'occasion de la réunion du comité de développement du 13 avril 2003.

* 37 Christian Laval et Louis Weber, op.cit, p.48.

* 38 D'après les rapports des institutions internationales. Voir par exemple une étude faite par le FMI le 01/08/2001 intitulée : libéralisation du commerce mondial et pays en développement, www.ifm.org

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