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La pin-up et ses filles: histoire d'un archétype érotique

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par Camille Favre
Université Toulouse Le Mirail - Master 2 Histoire des civilisations modernes et contemporaines 2007
  

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Sites internet

http://thepinupfiles.com

http://pinupglamour.com

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Presse masculine

Esquire : mensuel. Créé par Arnold Gingrich. Edition de Chicago. Esquire Pub.Co.

Début de l'édition : 1933, Fin de l'édition : 1978.

Années consultées 1935, 1939-1940, 1944-1945*, 1949-1978

? Esquire est dans ses premières années d'édition destiné aux classes bourgeoises. Son grand format, son papier glacé, son prix en font un magazine plutôt luxueux. Il se compose d'articles d'actualité, de reportages photographiques, de nouvelles policières ou sentimentales, de textes littéraires des grands écrivains de l'époque, de pages de sport, de photographies glamour, de nombreux dessins humoristiques voir satiriques, et de dessins de pin-up (signée Petty ou Vargas). On y trouve aussi de nombreuses publicités comportant une Petty Girl. A partir de la Seconde Guerre Mondiale, tout en gardant son standing, il devient plus accessible aux couches populaires.

* pour les années 1944 et 1945 la plupart des images de pin-up a disparu.

Man : mensuel. Edition Paris Open.

Années consultées 1978-1980.

Playboy : mensuel. Crée par Hugh Hufner. Edition Chicago. III. HMH Pub.Co.

Début de l'édition : 1953.

Années consultées 1953 à 1957, 1960 à 1971.

? L'éditorial du premier numéro de Playboy donne le ton du magazine : « Nous sommes élitistes mais nous serions ravis de vous aider à vous hisser à notre niveau. Si vous êtes un homme entre 18 et 80 ans, Playboy est fait pour vous. Si vous aimez l'humour, le raffinement et la grivoiserie, Playboy deviendra vite votre favori très spécial. Dans les pages de Playboy vous trouverez des articles, de la fiction, des histoires en images, des dessins humoristiques, de l'humour et des articles de fond provenant de différentes sources d'hier et d'aujourd'hui, pour le plaisir d'une lecture adaptée au goût masculin. Dans la plupart des magazines pour homme l'action se situe à l'extérieur - se tailler un chemin à travers des buissons épineux ou remonter des torrents impétueux. Nous les y suivrons aussi, occasionnellement, mais nous vous prévenons - avec nous elle se passera aussi beaucoup à la maison. Nous aimons préparer des cocktails et un hors d'oeuvre ou deux, mettre une musique d'ambiance sur le phonographe et inviter une amie pour une conversation intime sur Picasso, Nietzsche, le jazz, le sexe... ». Playboy se veut un magazine culturel, en plus de nombreux articles sur les musiciens et les artistes de l'époque : Picasso, Pollock, on trouve aussi des textes littéraires de Henry Miller, Vladimir Nabokov, Norman Mailer, Ray Bradbury, Philip Roth, John Updire. Playboy publiera aussi les premiers écrits de Jack Kerouac, un des fers de lance des Beatniks ou de Timothy Leary, théoricien du mouvement Hippie. A partir de 1962, apparaît une rubrique « Interviews de gens célèbres », parmi ces nombreux entretiens avec de personnalités, on peut signaler celles de Miles Davis, Malcolm X, Fidel Castro, Jimmy Carter, Snoop Dogg...On note aussi des articles politiques notamment sur Nixon. Vargas y publie ses dernières pin-up. La rubrique « vie moderne » traite de mode, de gastronomie, de voyage et spectacles. Chaque mois, la playmate illustre le poster central : Marylin Monroe dès le numéro du mois de décembre 1953 puis elle figurera sur de nombreuses couvertures. En 1960, le magazine s'exporte, la plupart des pays européens l'adopte comme modèle : Lui pour la France, Playmen pour l'Italie, King pour la Grande Bretagne, Eden pour l'Allemagne. Son seul vrai rival est l'anglais Penthouse. A partir des années 80, le magazine se fera plus cru, les photographies plus explicites et pornographiques, le côté culturel s'efface.

Pin-up Chow-Chow : Edition S.I Edition Chow.

Année consultée 1988.

? Magazine pornographique de quelques pages. On note la présence d'un poster central, du courrier des lecteurs et d'un roman photo érotique ou pornographique.

Men Only : mensuel. London Edition.

Début édition : 1954.

Lui : mensuel. Crée par Daniel Filipacchi. Edition Presse Office. Paris.

Début de l'édition : 1963.

Années consultées 1963-1980, 2002.

? Lui s'inspire énormément de Playboy (même format 20 x 27). On y trouve à peu près les mêmes rubriques. La différence vient du le style, l'humour, et la touche légèrement décadente très vieille Europe. A partir de 1970, Lui se vend proportionnellement mieux en France que Playboy aux Etats-Unis. Il entraîne la disparition d'une autre revue de charme célèbre Paris Hollywood. Aslan y publie de très nombreuses pin-up. En 1972, Daniel Filipacchi signe un accord avec Hugh Hufner afin de franchiser le nom et le contenu de Lui pour le diffuser aux Etats-Unis sous le titre Oui. Malgré de nombreux adeptes, cette publication s'avéra finalement trop européenne pour la plupart des mâles américains. En 1980, Oui est revendu à une édition de titres érotiques de troisième zone.

Penthouse : mensuel. Crée par Bob Guccione.

Début édition : 1965.

Années consultées 1970, 1985-1990, 2004.

? En 1960, Bob Guccione commence par distribuer des magazines érotiques par correspondance. Après avoir découvert Playboy, il imagine un magazine dont les photographies et les textes seraient de la qualité de ceux de Playboy mais en plus réaliste et plus érotiquement provoquant. Il renforce l'effet voyeuriste de ses photographies en mettant par exemple de la vaseline sur l'objectif ou prenant la photo au travers des arbres, branches, fleurs. En 1968, Penthouse est le magazine le plus vendu en Europe. Les G.I au Vietnam affichent leur préférence pour Penthouse au détriment de Playboy. En 1969, Penthouse est lancé sur le marché américain. Le numéro d'avril 1970 fait de cette revue la première à montrer la toison pubienne : la photographie, prise de loin, montre une femme marchand nue sur la plage. Penthouse se définit alors comme le magazine du sexe, de la politique et de la protestation. En 1980, le magazine atteint les 5 millions d'exemplaire. En 1997, une photographie de coït non simulé est publiée. La revue est obligée de déposer bilan au mois de juillet 2003, l'année suivante il est acheté par Marc Bell.

Le sourire : hebdomadaire.

Début édition : 1926.

Année consultée 1927.

Yank, The Army Weekly : hebdomadaire.

Edition New York, Head Quarters Detachement Spécial Service War Dept.

Début édition : 1942. Fin édition : 1945.

Années consultées 1943-1945.

? Ce magazine est composé de reportages photographiques sur la guerre, d'articles relatant les avancées des combats, des pages de sport, de nouvelle, de photographies de charme, dessins de pin-up, jeux et une rubrique courrier des lecteurs.

Documentaires.

MEGATON Olivier, Pin-up obsession, Arte France, 2004..

? Documentaire réalisé par Olivier Megaton en 2004 sur l'histoire de la pin-up, qui

prend parfois le nom de « vamp » ou de « sex-symbol » en tant que représentation idéalisée de la femme de début du siècle à nos jours, laquelle n'a cessé d'évoluer en même temps que la société. Les interviews de spécialistes, de journalistes, de dessinateurs, de réalisateurs, ou de créateurs de jeux vidéo alternent avec des extraits de films, d'archives, des illustrations et des dessins de pin-up. Dans une première partie, le documentaire évoque la naissance de la pin- up en tant que représentation idéalisée de la femme. Des spécialistes parlent de ce phénomène, leurs propos étant illustrés par des extraits de films en noir et blanc, des photos ou dessins de l'époque. Dans une deuxième partie, le documentaire insiste sur la construction de l'image de la pin-up dans l'après guerre et les différents visages qu'elle peut prendre dans le dernier quart du vingtième siècle.

CAMUZAT Jérôme, L'histoire des pin-up girls, Flash Film, 2002 .

? Ce documentaire, construit à partir de l'ouvrage de Bertrant Mary, retrace l'histoire des pin-up. Il offre de très nombreux extrait de films, de chansons sur ce thème.

Films.

COPPOLA Francis, Apocalypse Now, 1979.

HUMBERSTONE Bruce, Pin-up Girl, 1944.

? Ce film décrit assez fidèlement le rôle des jeunes filles, pin-up, durant le conflit de la Seconde Guerre Mondiale. L'héroïne, Lorrie, sert dans une cantine pour les hommes servant dans les différents corps de l'armée. Depuis qu'elle a posé dans un magazine militaire, elle reçoit de très nombreuses lettres de soldats à qui elle promet un mariage dès la fin du conflit. Jeune sténographe, elle tombe amoureuse de Tommy, jeune marin, revenu au pays en héros. De peur de le décevoir, elle se fait passer pour une starlette de cabaret, son rêve secret. Le scénario se compose d'une série de quiproquo et de nombreux numéros de danses et de chants façon comédie musicale. Finalement le beau Tommy, après avoir évincé les nombreux fiancés de Lorrie et malgré ses nombreux mensonges, l'épouse. La jeune fille, devient afin jeune starlette de Broadway.

La pin-up, une histoire particulière au coeur de plusieurs histoires.

De nombreux pays semblent avoir préservé un fort patrimoine de représentations collectives, permettant alors de parler d'un imaginaire national. De même, certaines de ces représentations collectives imaginaires sont passées dans le langage courant et définissent les individus. Ainsi le terme pin-up, terme d'origine anglophone signifiant « épingler en haut », entré dans le dictionnaire en 1942, désigne une jolie fille peu vêtue dont on épingle la photographie au mur. Par extension ce terme désigne aussi toute jolie fille au charme sensuel, qui a du sex-appeal, parfois avec une connotation péjorative. La pin-up est à l'origine une représentation féminine que l'on épingle. Aslan, dessinateur français de pin-up, intitule ses dessins de femmes : les filles qu'on épingle. C'est cette caractéristique qui fera acte d'identification. Parce que cette image de femme, dans ses normes, dans sa forme, donne envie de la garder sous l'oeil. C'est par sa plastique, par son graphisme que cette image de femme devient pin-up (Illustrations. 1, 2, 3).

Selon Louis Meisel, la pin-up est le portrait en pied d'une jolie fille, présentant un élément thématique ou évoquant implicitement une histoire. Elle porte généralement une tenue qui révèle ses formes avantageuses, comme un vêtement provoquant et intime, tel que de la lingerie fine. Il arrive que la pin-up soit entièrement nue mais cela reste l'exception268(*).

Pour le magazine Antiquité&Brocante qui consacre un dossier à l'art des pin-up, la pin-up est une fille aguicheuse et légèrement vêtue dont l'image est imprimée sur support papier269(*). La revue Retroviseur, qui consacre elle aussi un dossier aux pin-up, complète cette définition : « la pin-up est une belle fille, sage, disponible, aperçue dans les endroits les plus baroques et dans des poses les plus surréalistes qui soient. En rien, elle n'est une femme fatale, une tigresse, une mangeuse d'homo sapiens [...] Bien au contraire, elle sourit comme par enchantement, faisant montre d'une bonne humeur, contente de son corps et de sa vie. Les hommes, elle leur sourit mais ne les croque pas. La pin-up n'est pas carnivore. Bien au contraire, elle attendrit avec ce côté agneau heureux d'être attaché à son poteau. [...] Formes généreuses, galbe hypertrophié, corps alanguis à la limite de la soumission, la pin-up s'offre270(*)

Esquire, un des premiers magazines à diffuser des pin-up, définit en 1943 ce qu'est une pin-up : « et ceci monsieur, est ce qu'on appelle techniquement une pin-up. La pin-up n'a rien de nouveau, bien que le terme soit une importation anglaise relativement récente. Une pin-up est n'importe quelle image qu'un soldat (mais aussi un marin, de la marine de guerre ou de la marine marchande) souhaite regarder plus d'une fois. Par une étrange coïncidence, l'écrasante majorité de ces images représente des jolies filles, dans des poses qui ne sont pas trop guindées. De telles images peuvent aussi se transformer en valeur d'échange, être troquées, achetées ou pariées dans des parties de dés271(*)

Son sex-appeal, son côté sexy mais aussi rassurant, semblent être alors les éléments primordiaux de la définition de pin-up. Le terme pin-up, qui a l'origine, ne désigne que les images, sert aussi par extension à qualifier certains femmes en chair, qui sont particulièrement érotiques. Comme le souligne Mark Gabor, les pin-up sont alors des créatures de rêves, pulpeuses, émoustillantes et sensuelles. Une femme idéalisée qui nourrit tous les fantasmes masculins : a man's object in a man's world272(*).

De plus, en raison de leur omniprésence et de leur popularité, elles synthétisent et représentent un chapitre riche et significatif de la culture populaire occidentale du XXe siècle. Mais la pin-up est aussi une effigie du corps féminin, destinée principalement aux hommes. Elle est un symbole sexuel, un support de fantasmes. Les approches de ce thème ne peuvent être, en raison de la complexité du phénomène pin-up, qu'interdisciplinaires, impliquant alors un grand nombre de domaines d'approches.

I. Histoire de la culture populaire.

Il est possible d'analyser les pin-up comme un produit culturel, un « objet image ». Aussi futiles et secondaires qu'apparaissent ces images de pin-up, elles possèdent la capacité, en tant que source historique, à révéler de nombreux indices sur l'histoire de la culture populaire. Pour Harry Bros273(*), la popularité de la pin-up correspond à une démocratisation de la patriarchie, pur produit du capitalisme. Elle est liée à l'influence de la publicité sur les médias en raison de l'utilisation du corps des femmes en tant que symbole du capitalisme. Ainsi la naissance de la pin-up est à mettre en parallèle avec la naissance d'une culture de masse et d'une société de consommation. D'où l'importance des recherches et des analyses sur ces deux thématiques.

1.1 Culture de masse.

Les pin-up, par leur incroyable succès (elles sont appréciées par tous sans distinction d'âge, de classe ou de sexe) et la diversité des supports sur lesquels elles apparaissent (presse spécialisée, familiale, érotique, roman, bande dessinée, avions, publicité...), sont à rattacher à la culture populaire et à la culture de masse. Ces dernières peuvent se définir comme une culture non produite par des intellectuels et déversée sur une masse sociale sans distinction apparente de classe ou de longévité.

Directement issu des débats qui ont opposé les intellectuels de l'après-guerre à propos des tensions entre culture d'élite et arts populaires, le mouvement d'étude de la culture de masse prend son essor dès les années cinquante, sous l'impulsion de chercheurs comme Carol Bode et Russel B. Nye. Il s'installe définitivement dans le champ universitaire avec la création du Journal of Popular Culture en 1967 à Bowling Green State University (Ohio) et de la « Popular Culture Association » lancée en 1971 à l'initiative de Ray Bowne274(*) (Bowling Green State University) et Russel Nye (Michigan State University-East Lansing)275(*). La pin-up, par sa capacité à multiplier ses supports, touche alors de nombreux domaines de l'histoire de la culture populaire.

1.1.1 L'art de l'illustration

En tant qu'image et grâce à sa forte présence dans la presse, qu'elle soit familiale ou plus spécialisée, cette figure féminine offre de nombreux indices sur l'histoire de l'art de l'illustration. Mais ce dernier est encore aujourd'hui considéré comme un art secondaire et peu de travaux lui sont consacrés. Un tournant se produit dans les années soixante-dix avec l'ouvrage de Russel Nye276(*) qui se propose de fonder la légitimation universitaire des arts populaires en général.

Le fait que le terme « illustrateur », qui a certes servi à définir de nombreux artistes, soit emprunt de connotations péjoratives, a certainement joué dans la méconnaissance des dessinateurs de pin-up. Pratiquement tous les artistes de pin-up ou de beautés glamour, ont été formés dans les mêmes écoles et au même niveau que leurs confrères des Beaux Arts. Or, encore aujourd'hui, la majorité des créateurs de pin-up et de leurs oeuvres restent ignorées. Néanmoins à partir des années 90, les éditions Taschen principalement, vont éditer de nombreux ouvrages d'art sur les pin-up. Ces ouvrages sont composés d'un important corpus de sources, de reproductions d'originaux, généralement avec la date, le titre, les dimensions et parfois le commanditaire. Ce qui est un apport important puisque cet art des pin-up demeure considéré comme un art secondaire.

L'ouvrage le plus complet, offrant la plus grande compilation d'images et d'informations, est celui de Louis. K Meisel et de Charles. G Martignette, The Great american Pin-up de 1996277(*). Les auteurs ont fait appel à des collections privées et personnelles (Louis Meisel possède une galerie d'art spécialisé sur les pin-up et Charles Martignette les collectionne depuis les années 70), aux familles et aux amis des artistes, aux archives des magazines tels Esquire afin de collecter le maximum d'originaux et de renseignements. Enfants dans les années cinquante aux Etats-Unis, les deux ont grandi au milieu de ces images et aujourd'hui ils pensent « sincèrement que le moment est venu pour l'art glamour et les pin-up de prendre enfin leur juste place dans l'histoire de l'art américain [...] et ne doutent pas qu'ils finiront par être reconnus dans le monde entier comme forme d'art à part entière278(*) ».

D'autres ouvrages s'intéressent plus précisément à un dessinateur précis et offre alors une monographie très complète de l'artiste et de ses oeuvres. Néanmoins le choix de celui-ci est tributaire de sa popularité et de sa reconnaissance en tant que « Grand Artiste des pin-up » qu'il soit américain279(*), français280(*), ou précurseur de l'art pin-up281(*).

1.1.2 Les comic books.

A l'inverse, de nombreux travaux ont été menés, principalement aux Etats-Unis, sur les comic books et cette thématique est devenue aujourd'hui un sujet de recherche fructueux282(*). Ces magazines, composé de séries de bandes dessinées, font partie intégrante de la culture populaire, et dès les années 1970, ont été sujets d'expositions283(*), de recherches et dans la foulée les premiers dictionnaires284(*) voient le jour. Parmi les universitaires, ce sont d'abord les sociologues qui ont le plus écrit sur la bande dessinée et les comic books. Mais ils ne les évoquent que pour illustrer leurs propres problématiques.

Dans la lignée de cette évolution, au cours de la première moitié des années soixante-dix paraissent plusieurs ouvrages visant à fonder la légitimité des comic books comme tradition et pratique culturelle. Rédigé dans un esprit universitaire, l'ouvrage de Les Daniels285(*) est le premier à opérer un survol qui permet de parler « du » comic books comme entité culturelle constante se manifestant sous des formes aussi diverses que les super-héros, les récits d'horreur, de guerre et d'amour, les bandes dessinées pour enfants (funny animals) mais aussi celles pour « les adultes » : des Tijuana Bibles* d'avant-guerre aux fascicules underground en passant par l'humour satirique et la critique sociale du scénariste Harvey Kurtzman. Ce dernier genre (la bande dessinée pour adulte) va offrir aux pin-up la possibilité, après son âge d'or, de continuer à exister sous de nouvelles formes. Le livre de Les Daniels pose les bases du discours historiographique sur les comic books, ensuite ou parallèlement complétées par des ouvrages plus spécialisés286(*).

Ces derniers constituent des aides précieuses, notamment lorsqu'ils traitent des héroïnes, pour comprendre l'évolution graphique mais aussi sociale du phénomène pin-up. La production consacrée aux femmes est assez volumineuse. L'ouvrage précurseur de Maurice Horn287(*) procède à un survol de la question mais reste empreint d'un regard très « masculin ». En rupture total avec cet auteur, les travaux Trina Robbins288(*) réévaluent l'histoire de la représentation des femmes dans les comic books et leur participation à la profession dans une perceptive féministe unique parmi les auteurs écrivant sur la bande dessinée.

L'historiographie des comic books illustre une des caractéristiques de la « démocratie culturelle » à l'américaine, où un objet culturel en tant qu'élément incontournable du mode de vie américain, peut se voir reconnaître la légitimité que confère sa simple participation à la construction de l'identité collective nationale, sans pour autant bénéficier de la valeur ajoutée que constitue la reconnaissance d'une position élevée dans la hiérarchie culturelle. Cette remarque s'applique aussi à l'historiographie de la pin-up qui, malgré sa popularité et son omniprésence durant le XXe siècle, son inscription dans le langage courant et sa reconnaissance par tous, ne bénéficie pas ou peu d'études poussées dans le champ universitaire sauf tout récemment289(*). Les premières recherches sur cette imagerie et son histoire ont d'abord été menées par des journalistes290(*). Le titre de certains ouvrages sur ce thème met aussi en évidence ce manque de considération : The pin-up a modest history291(*) et La pin-up ou la fragile indifférence292(*). Ce dernier ouvrage se révèle très complet sur l'évolution de la pin-up. Son auteur, sociologue spécialiste dans l'étude des nouvelles imageries populaires, y souligne le lien entre les pin-up et le cinéma.

1.1.3 Les nouveaux média, cinéma et films d'animation.

Par contre les nouveaux médias comme le cinéma, les dessins animés et la télévision ont été largement étudiés. Ces moyens d'expression se voient reconnaître à grande échelle une autonomie culturelle que reflète l'émergence d'un créneau universitaire distinct, générateur de publications et de revues spécialisées comme les films studies, photographic studies et même television studies.

En effet, les pin-up fleurissent aussi dans les dessins animés, comme nous l'avions souligné l'année dernière au travers de l'héroïne Betty Boop. L'historiographie du dessin animé suit la même évolution que l'historiographie du comic. Les premières recherches datent des années soixante-dix mais c'est véritablement dans les années quatre-vingt-dix que celles-ci connaissent un essor considérable. Certains ouvrages s'attachent à donner une perspective historique293(*), d'autres s'intéressent au début du film d'animation294(*). Des chercheurs se sont aussi penchés sur les maisons de productions295(*), sur les réalisateurs296(*), sur les dessinateurs297(*) ou encore sur des personnages particuliers298(*). De nombreuses recherches sont aussi menées dans une perceptive d'interdisciplinarité299(*). Enfin les derniers travaux300(*) mêlent les dessins animés et période historique particulière. Des auteurs articulent aussi dans leurs analyses301(*) dessins animés, genre et sexualité. Ces premières tentatives sont particulièrement intéressantes et renouvellent évidement l'historiographie du dessin animé en offrant une piste stimulante. Elles sont des aides précieuses qui permettent véritablement de saisir la symbolique que véhiculent les pin-up notamment sur la construction de l'hétérosexualité et sur l'image des femmes.

Du côté du cinéma, les premiers travaux s'attachent d'abord à analyser la fabrication des stars302(*) dès les années cinquante et soixante, puis le système hollywoodien303(*) par différents rendus comme des expositions304(*). Les femmes et l'image des femmes dans ce nouveau médium ont très vite constituées des sujets de recherches riches dès les années cinquante305(*), dans les années soixante-dix306(*) et encore actuellement307(*). Certains auteurs se sont penchés sur des actrices mythiques308(*) ou des sex-symbol309(*) de l'industrie cinématographique. Ces travaux sur le système hollywoodien et la fabrication du mythe du sex-symbol ainsi que ceux traitant des autres figures féminines secondaires310(*) dans le cinéma sont particulièrement intéressants puisque le terme pin-up désigne à la fois des dessins mais aussi des jeunes actrices ou encore des modèles. On notera enfin un ouvrage précurseur311(*) articulant genre et cinéma, ouvrage qui apporte un nouveau regard sur le sujet.

D'autres auteurs associent, dans leurs recherches, culture populaire et femmes312(*). Certaines sont particulièrement enrichissantes313(*) et constituent des aides réelles dans la compréhension du phénomène pin-up et de ses extraordinaires succès et longévité. Mais la culture de masse est aussi à mettre en relation avec la société de consommation, comme le soulignent de nombreux chercheurs314(*).

1.2 La société de consommation.

1.2.1 La publicité.

« La relation que nous établissons avec une image est inséparable du dispositif à travers lequel elle nous parvient c'est-à-dire en tant qu'objet image315(*)». Par conséquent l'étude de la construction d'une image doit s'accompagner d'une étude des conditions et des contraintes concrètes qui entrent dans son processus de création.

Dans son ouvrage La société de consommation316(*), Jean Baudrillard analyse nos sociétés contemporaines y compris celle des Etats-Unis. Ces travaux sont centrés sur le phénomène de la consommation d'objets et de produits. Il montre avec perspicacité comment les grandes corporations technocrates provoquent des désirs irrépressibles, créant des hiérarchies sociales nouvelles qui ont remplacé les anciennes différences de classes. Dans la logique des signes comme dans celles des symboles, les objets ne sont plus tout à fait liés à une fonction ou à un besoin défini. Ces travaux sur la société de consommation le pousse à s'interroger sur la relation entre l'économie et le corps : « ce que nous voulons montrer, c'est que les structures actuelles de la production/consommation induisent chez le sujet une pratique double [...] : celle du corps comme capital, celle du corps comme fétiche317(*). Proposition que rejoint Guy Debord, dans ses écrits et plus particulièrement dans La société du spectacle318(*) : « Le spectacle est le moment où la marchandisation est parvenue à l'occupation totale de la vie sociale319(*) ». Au « moi social » s'ajoute le « moi marchandise ».

Stuart Ewen dans son ouvrage320(*), démontre avec précision le mécanisme de l'autre révolution du XXe siècle : l'avènement de la société de consommation. Il donne à voir successivement les différentes facettes de ce gigantesque dispositif qui permet tout à la fois de fournir des débouchés à l'industrie proliférante, d'instaurer une culture nationale cimentée par l'usage généralisée de nouveaux produits, de détourner aussi les masses laborieuses des luttes sociales, en présentant la consommation comme l'expression naturelle de la démocratie. Encore fallait-il que cette situation socio-économique singulière puisse rencontrer de nouvelles technologies. L'un des mérites de ce livre est de montrer comment la psychologie naissante est arrivée à point nommé pour offrir aux milieux d'affaires américains sa plus brillante application : la publicité fondée sur le principe de séduction dont le corps des femmes en est l'incarnation. Sur la même thématique, on signalera l'autre ouvrage de Jean Baudrillard, De la séduction321(*).

Le premier médium de la société de consommation est évidemment la publicité. Ce type de communication utilise largement l'image de la femme ainsi que son corps comme outil de promotion. Les pin-up en raison de leur graphisme et de leur pouvoir de fascination vont y devenir omniprésentes dans les années cinquante. Les recherches sur ce sujet représentent alors des aides utiles pour comprendre le rôle stratégique que ces figures féminines jouent dans la promotion de ce nouvel ordre social, mais aussi les stéréotypes qu'elles véhiculent. En effet aussi innocente que puisse paraître une image, elle porte toujours en elle la possibilité de faire passer un message. Toute image est constamment habitée par la potentialité de contenir ce qu'elle représente, mais aussi de pouvoir transformer qui la regarde. Les pin-up sont, en effet, des images socialisées dont l'impact est mesurable autant sur les hommes que sur les femmes.

De nombreux auteurs s'intéressent évidemment au rapport entre société de consommation et « commercialisation » des femmes322(*) mais aussi aux différentes images des femmes dans la publicité323(*) ou encore aux stéréotypes qui y sont transmis324(*). Les premières recherches autour de cette thématique sont principalement issues de la sociologie. Le livre de Betty Friedan325(*) est une aide précieuse pour contextualiser la situation et la condition féminine au XXe siècle mais permet surtout de saisir l'enjeu de la pin-up dans la société de consommation. Les pin-up constituent un indice intéressant, notamment lorsqu'elles sont utilisées par les médias, pour mesurer l'impact des images sur les individus. Elles s'inscrivent alors dans les recherches évaluant l'impact de la publicité sur le sentiment que les femmes ont de leur propre corps326(*).

Ces images peuvent être qualifiées de propagande sociologique dans le sens  «  d'un ensemble de manifestations par lequel une société tente d'intégrer en elle le maximum d'individus, d'unifier les comportements selon un modèle327(*) ». Mais aussi elles peuvent être appréhendées en tant que propagande d'intégration et de conformation globalisant l'ensemble des manifestations par lesquelles une société vise à donner des stéréotypes, des modèles. Car il y a véritablement une efficacité symbolique des images : « les images fonctionnent dans un contexte symbolique et rituel précis en dehors duquel elles perdent de leur efficacité »328(*).

1.2.1 Le mythe américain

La pin-up va colporter le mythe « the americain way of life ». En 1950, l'Amérique et les pin-up se trouvent au seuil d'une nouvelle ère pleine de promesse. Non seulement les pin-up sont devenues socialement acceptables, mais sont aussi parfaitement intégrées dans la culture populaire de la nation. En dépit de leur caractère et de leur aspect typiquement américains, les pin-up trouvent également un public hors des frontières. Elles sont pleines de sex-appeal, sans pour autant inciter à la débauche, et toujours pleines de formes et de rondeurs. Cette image symbole de jeunesse, de sécurité et d'abondance, véritable inspiratrice de la société de consommation incarne la voie rédemptrice de la paix et de l'amour. Leurs moues séductrices et leurs poses suggestives suscitent un amusement innocent : le public répond spontanément à l'humour de ces images. Les hautes affiches, présentoirs de toutes dimensions, pancartes de cartons, panneaux métallisés, plaques de porcelaine ou de tôles émaillées, pages publicitaires dans les revues, toutes sont aisément reconnaissables à leurs coloris criards, leurs graphismes accrocheurs et à leurs pin-up qui ne les quittent plus. Les pin-up sont un excellent moyen de promouvoir leurs produits, servant ainsi l'économie capitaliste et la société de consommation en présentant une image pleine de vie, d'espoir, de jeunesse et de beauté. La pin-up symbolise alors le rêve d'une société où tout va bien, les espoirs d'un avenir meilleur fait d'abondance, d'opulence, de vitalité et d'harmonie.

L'ouvrage de Roland Barthes Mythologie329(*), traitant des nouveaux mythes du XXe siècle, devient alors primordial pour comprendre la signification réelle de l'image de la pin-up, de son « système » et de sa symbolique. Pour l'auteur, le départ de cette réflexion était : « le plus souvent un sentiment d'impatience devant le naturel dont la presse, l'art, le sens commun affublent sans cesse une réalité qui, pour être celle dans laquelle nous vivons, n'en est pas moins parfaitement historique : en un mot, je souffrais de voir à tout moment confondues dans le récit de notre actualité, Nature et Histoire, et je voulais ressaisir dans l'exposition décorative de ce-qui-va-de-soi, l'abus idéologique qui, à mon sens, s'y trouve caché330(*) ». Ce n'est pourtant qu'après avoir exploré un certain nombre de faits d'actualité : la publicité, le strip-tease... qu'il tente de définir d'une façon méthodique le mythe contemporain. Ces réflexions autour du mythe et de sa fabrication nous permettent d'analyser la pin-up comme un mode de signification et induisent d'articuler les analyses sur la société de consommation avec celles du corps afin de saisir le phénomène des pin-up dans toute sa complexité.

De nombreux auteurs ont aussi travaillé sur l'imaginaire dont l'historien Jacques Le Goff est l'un des précurseurs sur ce thème. Ces recherches peuvent être utiles pour saisir la mise en place du mythe de la pin-up et l'imaginaire qu'elle véhicule. Elles permettent de comprendre les stéréotypes, l'idée de la répétition automatique à partir d'un modèle antérieur. Car tous les préceptes de normalisation, de standardisation ne font que restaurer de façon ininterrompue des modèles de référence. Selon Jean Jacques Wunenburger, l'imaginaire peut être appréhendé en tant que sphère organisée de représentations où le fond et la forme, les parties et le tout s'entrelacent331(*). L'imaginaire a un contenu (sémantique), des structures, il est doté d'une dynamique créatrice, d'une prégnance symbolique et d'une puissance d'adhésion du sujet. Mais il relève surtout d'une intention, d'une visée de la conscience. L'imaginaire crée des images et a besoin de celles-ci. Il ne peut pas avoir d'imaginaire sans images. L'art, depuis 30000 ans, atteste ainsi chez l'homme d'un besoin de donner corps et prise à un imaginaire visuel et symbolique. L'image nous tient sous sa loi, elle est moins objet que sujet du regard. Elle l'oriente, l'imprègne, le façonne, l'éduque. La représentation peut être appréhendée comme la mise en réserve de la force dans les signes, et par-delà, le dispositif de la représentation exerce alors une certaine emprise.

L'histoire ne se réduit pas alors à des éléments positifs, elle se manifeste également, et peut-être surtout, par la création d'éléments non réels qui relèvent avant tout du rêve et du désir et qui plus que les réalités factuelles, font agir les hommes et les femmes dans le temps. Grâce aux travaux menés par Jean-Claude Schmitt et Jérôme Baschet, désormais, l'historien, en étudiant l'histoire d'une société, peut mettre en valeur non seulement les réalités matérielles, économiques et sociales de cette société, mais aussi ces rêves.

II. Le sexe et le genre : au coeur du questionnement de l'histoire du corps et de la sexualité.

2.1 Une histoire du corps.

Traditionnellement, en tant qu'entité organique située dans le temps et l'espace et donc soumis, comme les autres objets du monde, aux lois physiques et biologiques, le corps a été pensé comme une substance douée d'un certain nombre de propriétés que l'on pouvait étudier d'un point de vue objectif. Ce n'est que plus récemment, que le corps est devenu aussi un sujet des sciences de l'homme et de la société, le regard s'étant progressivement déplacé de l'objectivité du corps biologique à la subjectivité du corps érotique, de l'essentialisme ontologique à l'évolution culturelle et sociale des techniques du corps. D'où, une multiplication d'ouvrages qui ont cherché à redonner un statut différent au corps et une signification autre à sa place dans le monde.

L'histoire du corps s'est construite grâce à des contributions interdisciplinaires. Certains sociologues et anthropologues se sont par exemple penchés sur les usages sociaux du corps et ont cherché à décrire celui-ci comme l'un des produits culturels sociaux propre à chaque société, voire comme l'un des principaux point d'impact de l'acculturation. Certains sémiologues ont décrit le corps comme un signe ou, plus précisément, comme un système de signes. Des historiens lui ont porté une attention en tant qu'objet capable de restituer le coeur des civilisations matérielles. Ces recherches portent plutôt sur le côté culturel et construit du corps, touchant par ce fait au genre.

2.1.1 Le corps façonnable.

Les travaux de Philippe Perrot332(*) s'inscrivent dans cette lignée. Le corps selon sa définition, est un produit social, culturel, historique, il est porteur et producteur de signes, ce qui justifie la pertinence des recherches autour de ce thème. Quelques années plus tard, Alain Corbin dirige trois volumes intitulés : Histoire du corps333(*), qui offrent une vue panoramique très complète sur l'usage social, médical, et culturel de celui-ci. Ces ouvrages notamment les volumes deux et trois, traitant plus particulièrement du XIXe siècle et du XXe siècle, fournissent de très nombreux renseignements sur les permanences et transformations que subit le corps et sur l'évolution du regard que l'on porte sur celui-ci. Ces ouvrages collectifs et presque interdisciplinaires prouvent l'intérêt croissant de l'historiographie française pour ce sujet.

De nombreux travaux ont été menés sur ce propos dans une perceptive de genre. Les recherches autour du corps masculin, pour l'instant, ne semblent pas susciter un intérêt particulier. On notera néanmoins l'ouvrage précurseur de Jean-Yves Le Naour334(*) traitant des souffrances et difficultés corporelles que connaissent les soldats durant la Première Guerre Mondiale. A l'inverse, le corps féminin a été largement étudié dès les années 1980335(*). Ces recherches permettent de comprendre les structures qui sous-tendent les pin-up. Ces analyses sont utiles pour véritablement appréhender, dans toute sa complexité, le phénomène des pin-up en tant que représentation idéalisée du corps féminin. Il faut signaler sur le thème du corps féminin, les recherches de George Vigarello336(*) traitant des canons esthétiques et les normes de beauté qui le régissent ou celles des anglophones Noami Wolf337(*) et Brumberg Joan Jacob338(*). Par sa capacité à s'adapter aux modes corporelles pour répondre aux goûts et aux attentes du public, la pin-up en tant que figure féminine, offre de nombreux indices sur les permanences de certains canons esthétiques mais aussi sur leur évolution. Un ouvrage collectif traite aussi des enjeux qui se nouent autour du corps des jeunes filles tout en mesurant les permanences et transformations que celui-ci connaît à travers l'histoire339(*). Ces recherches autour du statut particulier du corps des jeunes filles ont été amorcées, dans les années 1980, par un autre ouvrage collectif340(*) qui propose, lui aussi, une perceptive transhistorique.

Cet intérêt plus important pour le corps féminin est à mettre en relation avec l'institutionnalisation plus tardive des études portant sur le masculin et les hommes (1980) que celles portant sur le féminin et les femmes, travaux découlant du mouvement féministe des années 1970.

2.1.2 L'éthique du corps.

Des philosophes ont également cherché à clarifier la place du corps dans le monde humain en montrant la présence chez l'individu, à la fois, d'un corps-objet-organique et d'un corps-sujet-intentionnel. Michela Marzano et Maria Parisolo s'interrogent dans leur ouvrage, Penser le corps341(*), sur les définitions du corps comme produit social, culturel, historique mais surtout politique. Leurs réflexions se centrent sur la place que le corps peut aujourd'hui occuper à l'intérieur d'une pensée éthique. Elles rejoignent par cette recherche, les travaux de Michel Bernard342(*) qui s'est intéressé aux différentes approches de notre corps par la philosophie contemporaine.

On signalera aussi la récente publication d'un dictionnaire du corps dirigé par Michela Marzano343(*), ouvrage visant à constituer tout à la fois un outil de travail et de formation mais aussi une oeuvre de référence. Le souci d'interdisciplinarité guide le choix des thèmes traités aussi bien que l'angle sous lequel ils ont été abordés. Dictionnaire thématique, l'ouvrage ne se veut pourtant pas exhaustif. C'est ainsi que le choix des articles a été fait en fonction de l'intérêt que telle ou telle entrée peut constituer pour une compréhension globale du corps, de son statut et de son rapport à la subjectivité. Il ne s'agit pas, pour les auteurs, de reconstituer toute l'histoire du corps et de sa conceptualisation, ni de restituer l'ensemble des paradigmes à travers lesquels le corps a été pensé, mais plutôt de repérer ceux qui sont d'actualité et qui permettent une mise en perceptive de l'objet « corps ».

C'est pourquoi les articles du Dictionnaire ne sont pas tous de la même nature. Certains sont consacrés aux penseurs (philosophes, psychanalystes, anthropologues) qui ont élaboré une conception spécifique du corps humain et de son statut. D'autres portent sur l'étude de notions ou de concepts clés tels que la maladie, la santé, le désir, l'amour, la mort. D'autres encore sont de véritables textes d'auteurs qui, tout en faisant le point sur l'état d'une notion ou d'une question, ont la marge de manoeuvre nécessaire pour inclure une prise de position. Enfin, des articles sont consacrés à des artistes qui ont donné au corps, dans leur oeuvre, une place particulière et originale.

Chaque article est assorti d'une bibliographie sélective, mais internationale, pour donner certes aux lecteurs les références des travaux mentionnés dans l'article, mais aussi pour présenter la littérature critique relative à cette question. Cet ouvrage par sa richesse et par sa pertinence constitue une référence et un outil indispensable pour les recherches sur ce thème.

2.1.3 L'anatomie du corps.

Mais le corps est un objet particulier et ambigu. Le travail historique sur le corps et la construction sociale du sexe devient une piste féconde, permettant de penser autrement la sexualité. Thomas Laqueur344(*), dans un ancien livre désormais célèbre, explique le passage à partir du XVIIIe siècle d'un modèle anatomique ancien unisexe, à un modèle moderne à deux sexes qui fonde la différence sur la nature. Dans son sillage, des travaux français déconstruisent « l'invention du naturel » par les sciences depuis deux siècles et tentent de décrire l'histoire de la dissociation entre sexe et genre345(*). Cette réflexion traverse désormais l'histoire des sciences. De nombreux historiens analysent les impacts et les limites des discours scientifiques et médicaux sur le corps et la sexualité en Europe occidentale et en Amérique du Nord.

Aujourd'hui, la majorité des débats autour du corps semblent pris à l'intérieur d'une impasse : d'un côté le corps est analysé comme matière façonnable, de l'autre il est identifié au destin et à la fatalité. Sa matérialité est le thème de nombreuses recherches. En effet, le débat sur la distinction entre sexe (biologique) et genre (social), sur l'utilisation du concept de genre pour rendre compte d'un rapport de domination, et sur la construction-déconstruction du sexe biologique qui s'en est suivi, a amené des positions de plus en plus abstraites de la matérialité des corps. Le statut et la place du corps dans le jeu à deux du sexe et du genre se révèlent problématiques. Une journée d'études « Entre sexe et genre, où est le corps ? », a été organisé le 17 novembre 2004 par le CEDREF / Université Paris 7-Denis Diderot afin de réfléchir sur ces nouvelles problématiques. A partir de ce séminaire, un ouvrage346(*) réunissant les différentes réflexions et textes, a été publié en 2006.

2.2 Une histoire de la sexualité.

Les conditions d'émergence et de développement de l'histoire contemporaine des sexualités révèlent les spécificités de cette historiographie mais aussi ces paradoxes. Il ne faut pas non plus sous-estimer l'idée, longtemps ancrée, que la sexualité est une donnée anhistorique, naturelle et immuable et donc qu'il est inutile de l'étudier en dehors de l'anatomie et de l'éthologie.

2.2.1 Va et vient entre la France et les Etats-Unis.

L'émergence d'une histoire contemporaine des sexualités a été plus lente en France qu'aux Etats-Unis. Il faut attendre la fin des années 1990, quand l'actualité sexuelle devient une actualité politique de première importance (débats autour du PACS, puis controverse sur le harcèlement et la violence sexuelle, la prostitution, la pornographie)347(*), pour que l'histoire de la sexualité prenne vraiment son essor. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, où la politisation a été plus vive qu'en France dès les années 1970, l'institutionnalisation universitaire des recherches sur les sexualités s'est produite de manière plus rapide et plus efficace348(*). Les gender studies, gay and lesbian studies et autres cultural et queer studies, qui prennent les sexualités soit pour objet central, soit comme une des dimensions du sujet étudié, facilitent l'interdisciplinarité. Plusieurs revues de langue anglaise sont spécialisé dans l'histoire des sexualités : Journal of History of sexuality (1990), GLQ A Journal of Gay and Lesbian Studies (1994), Sexualities (1998), Studies in Gender and Sexuality (2000).

Fait intéressant, les historiens français de l'époque contemporaine (et en particulier les vingtièmistes) ont investi ce champ de recherche bien après les antiquisants, les médiévistes et surtout, les modernismes, alors qu'ils disposent de sources plus abondantes. Ils restent encore aujourd'hui moins productifs que les sociologues, à l'inverse de leurs collègues anglo-américains, qui ont joué un rôle très actif dès le départ, entraînant dans leur sillage les autres sciences humaines349(*).

Les historiens anglophones ont très tôt privilégié la réflexion épistémologique, attentifs aux sens des mots et aux catégories sexuelles (qu'il s'agisse d'interroger les binômes homme/femme ou hétérosexualité/homosexualité, de réfléchir à la signification du genre, à la définition même de l'activité sexuelle, au vocabulaire de l'orientation, de l'identité et des pratiques sexuelles, etc.). Paradoxalement, les différents concepts et théories mis en place par les historiens de la langue anglaise doivent beaucoup à des travaux français. Les anthropologues et les historiennes féministes anglo-américaines des années 1970, qui mettent au point le concept de genre ont lu Simone de Beauvoir et Claude Levis-Strauss, et en retiennent l'opposition entre nature et culture pour distinguer le sexe (biologique) du genre (social)350(*). Il faut cependant attendre la seconde moitié des années 1990 pour que le terme et le concept soient bien implantés en France351(*). De même, le courant « constructionniste », qui a conduit à l'analyse de la construction des catégories sexuelles, est issus de la « boîte à outil » de Michel Foucault352(*). La théorie queer, qui propose une nouvelle lecture des identités et des différences sexuelles, en analysant la performativité du genre, est née des relectures de la philosophie post-structuraliste française dans les Etats-Unis du début des années 1990 et s'inspire également d'une auteure française, Monique Wittig353(*).

2.2.2 Hétérosexualité, homosexualité et autres.

En Amérique du Nord comme au Royaume-Uni, les premières recherches historiques sont directement liées au militantisme féministe et/ou gay et lesbien, et bénéficient de l'effet d'entraînement et des soutiens puissants de mouvements associatifs. En France, les liens entre la recherche historique sur les sexualités et le militantisme sont peut-être moins évidents354(*). L'histoire des sexualités en langue anglaise, c'est d'abord celles des homosexualités, ou plutôt, celle de la construction de la catégorie « homosexualité ». La controverse des années 1980 entre les historiens « essentialistes » et « constructionnistes » a été très vive à ce propos. L'homosexualité est analysé en terme de continuité historique et culturelle par les premiers ou au contraire, en terme de discontinuité historique par les seconds, qui estiment que ce n'est pas la même homosexualité qui traverse l'histoire de manière immuable : il serait donc anachronique de parler d'homosexualité chez les Grecs anciens355(*). L'approche « constructionniste », qui est devenue par la suite dominante en histoire (mais aussi en sociologie et en anthropologie des sexualités), est à l'origine d'une riche historiographie de l'homosexualité (surtout masculine). Par ailleurs, des chercheuses françaises ont entrepris une histoire de l'homosexualité féminine356(*).

Depuis peu, le centre d'intérêt de cette historiographie « constructionniste » s'est déplacé « des marges » vers la « norme », de l'homosexualité vers l'hétérosexualité, à l'image des importants travaux de Jonathan Katz357(*). S'inspirant de la réflexion sur la construction des catégories « homosexuel » ou « lesbienne » qu'il a lui-même menée en parallèle avec d'autres historiens, il décide d'appliquer le même questionnement à la catégorie « hétérosexuelle »358(*). Contrairement à l'historiographie du monde anglo-américain, les études françaises concernent plutôt l'hétérosexualité : c'est la sexualité entre hommes et femmes qui a d'abord été investie dans le cadre de la prostitution, des violences sexuelles et de la lutte pour la libération de la contraception et de l'avortement. A l'inverse ni la catégorie « hétérosexualité » ni la construction de la culture hétérosexuelle ne sont guère interrogées359(*). Le phénomène des pin-up, par bien des aspects, pousse à réfléchir sur la construction et la validation de cette culture hétérosexuelle et la normalisation de celle-ci. En effet durant la Seconde Guerre Mondiale, les images de pin-up vont être distribuées sur les fronts pour calmer les frustrations sexuelles des soldats, limiter les visites aux bordels mais aussi pour lutter contre l'homosexualité latente.

De moins en moins pensé par contraste avec le sexe, le genre s'articule désormais avec la sexualité dans les années 1990. Cet aspect innovant des recherches sur les sexualités concerne aussi les pratiques transgenres et l'analyse des discours sur ces pratiques. Les théories de Judith Butler ont ouvert la voie à de nouvelles subversions des normes hétérosexuelles et à une réflexion sur la « performativité » du genre. Dans la foulée des études queer, les premiers travaux historiques sur la bisexualité360(*) ou la transsexualité361(*) voient le jour.

2.2.3 Sexe, genre et pouvoir.

Prenant la sexualité pour principal centre d'intérêt, les historiens d'études féministes ont d'abord confronté le genre au sexe, dans une opposition entre nature et culture, également au coeur des débats entre « constructionnistes » et « essentialistes ». La généralisation de la question du genre en histoire s'est ensuite traduite par une réflexion sur le pouvoir, particulièrement intense dans le cas des recherches sur les sexualités. En effet, pour les premiers travaux féministes, penser les relations hétérosexuelles, c'est d'abord analyser la domination masculine à l'oeuvre dans le domaine sexuel. Dans les années 1980 et 1990, de violents débats ont alors opposé entre-elles les historiennes anglaises du féminisme au sujet de l'interprétation de la sexologie et de la psychanalyse362(*), ou les chercheuses américaines autour des violences sexuelles, de la prostitution et de la pornographie363(*). Les mécanismes de la domination masculine sont également déjoués à travers des études françaises sur les violences sexuées et sexuelles comme les tontes des femmes à la Libération364(*), les viols perpétrés par les soldats allemands365(*) ou américains366(*) durant les deux guerres mondiales.

De fait, la guerre est un terrain propice pour faire jouer le genre avec les notions de sexualité. Dans la lignée de ces travaux, une synthèse récente sur les deux guerres mondiales prend en compte le genre pour révéler l'autre versant de la domination masculine : leurs frustrations sexuelles et leur peur de perdre leur virilité367(*). Ces recherches sur la construction du masculin, de la virilité en temps de guerre sont particulièrement intéressantes pour saisir le rôle patriotique et de soutien moral des pin-up. D'autres travaux autour de la gestion et du contrôle de la sexualité des soldats par les institutions368(*) permettent de comprendre l'importance stratégique de ces figures féminines et l'impact de celles-ci.

Cette réflexion sur le pouvoir contribue également à repenser la dualité entre sexe naturel et genre culturel aux Etats-Unis. Judith Butler en formule la critique théorique369(*), historiens et anthropologue en fournissent les fondements historiques et culturels, montrant ainsi les limites du débat entre « essentialistes » et « constructionnistes ».

III. La pin-up au centre de nouvelles histoires.

3.1 Erotisme et pornographie.

3.1.1 Du côté de l'histoire.

La confrontation du genre et de la sexualité avec l'amour et le désir constitue une nouvelle piste de recherche stimulante. Par exemple les travaux sur l'impact du roman d'amour, de la presse de coeur permettent d'articuler genre, sentiment amoureux et sexualité370(*). L'impact des films pornographiques sur leur public masculin371(*) ou sur les adolescents372(*) constitue une autre approche intéressante. Mais la pornographie intéresse d'avantage les anthropologues373(*), les sociologues, ou les philosophes374(*) en dépit des premières ouvertures de la part des historiens. Nos pin-up, en tant que représentation érotique du corps féminin, s'inscrivent bel et bien dans cette perceptive. Leur histoire est inhérente à l'histoire de l'érotisme du XXe siècle.

Certains de ces historiens s'attachent principalement à démontrer « l'invention moderne » de la pornographie375(*). Pour eux, ce n'est qu'à partir du XIXe siècle et dans le monde occidental seulement, que la justification publique du contrôle et de la répression de la production, de la diffusion et de la consommation de représentations sexuelles explicites aurait cessé de s'exprimer en termes religieux ou politiques pour commencer à être formulée en termes moraux issus des valeurs bourgeoises. Une histoire dépassionnée de la pornographie au XXe siècle est en train de voir le jour376(*). En effet les premiers travaux sur la pornographie ont d'abord émané de chercheurs féministes377(*). Après avoir démontré que la pornographie a un pouvoir performatif capable de causer un préjudice aux femmes378(*), ils oublient qu'elle n'est pas uniquement une représentation qui donne une vision particulière (et préjudiciable) des femmes et de la féminité, mais aussi une représentation particulière (et préjudiciable) des hommes et de la masculinité. Certains chercheurs se penchent aussi sur le rapport entre la norme sexuelle, la marchandisation des corps et la pornographie379(*).

Par contre les recherches sur l'histoire de l'érotisme sont encore très faibles, malgré quelques tentatives380(*) et l'ouvrage précurseur de Georges Bataille381(*). Néanmoins cette thématique semble être de plus en plus présente dans le champ universitaire382(*). Il faut remarquer aussi le travail très complet de William Maclean383(*) qui articule art populaire et érotisme ou celui de André Durandeau et de Charlyne Vasseur-Fauconnet384(*), offrant un regard interdisciplinaire et historique sur la sexualité, la culture et les mythes. Cet ouvrage se signale aussi par son ouverture interculturelle. En effet, les auteurs ont fait le choix de ne pas se cantonner à l'art érotique de la culture occidentale comme cela est souvent le cas.

3.1.2 Du côté de l'art.

A l'inverse, le champ de l'histoire de l'art s'est vite intéressé à la pornographie et à l'érotisme. De très nombreux ouvrages ou monographies, sur ces thèmes, ont été édités. Ces recherches ont d'abord concerné l'art érotique385(*) avant de s'intéresser à l'art pornographique dans une moindre mesure. Le terme érotique sert à désigner une représentation implicite de la sexualité alors qu'à l'inverse le terme pornographique  désigne une représentation explicite de l'acte sexuel. Nous utiliserons, dans notre recherche, ces deux termes selon cette double définition.

La photographie érotique se révèle également un sujet fructueux, preuve en est les nombreuses monographies386(*) à ce sujet. La pornographie est, elle aussi, matière à édition387(*). Néanmoins la plupart de ces ouvrages sont des compilations d'images et ne bénéficient pas de commentaires ou d'analyses pertinentes incluant les normes, le genre ou les rapports de domination. A l'inverse, ils sont des aides précieuses pour saisir les références et les influences des artistes de pin-up ; en effet Bertrand Mary388(*) souligne l'importance des premières photographies érotiques dans la création de la pin-up.

Force est de constater que les premières décennies de la photographie érotique sont essentiellement françaises. La principale raison en est que la naissance de la photographie a lieu en France où des recherches sur des nouveaux procédés de reproduction iconographique sont en cours depuis le XVIIIe siècle. Ensuite, la France bénéficie au XIXe siècle d'un libéralisme plus développé qu'ailleurs. L'Italie, l'Espagne, les Etats-Unis, l'Allemagne importent des images licencieuses françaises, leur propre production étant plus marginale car plus sévèrement réprimée.

Concernant le premier siècle de l'histoire de la photographie érotique (1839-1939), toutes les collections internationales, anciennes ou contemporaines, sont composées en grande majorité d'images françaises. Lorsque les anglais Graham Ovenden et Peter Mendes, intitulent leur ouvrage Victorian Erotic Photography389(*), il s'agit en fait essentiellement d'oeuvres d'origine parisienne des photographes Belloc ou Durieu. Lorsque l'américain Richard Merkin, professeur à Rhode Island School of Design de New York, présente sa collection dans l'ouvrage Velvet Eden390(*), la majorité des images sont françaises. Les premières images américaines qu'il a selectionnées datent de 1920 et sont issues de la presse masculine. Le constat reste le même pour de prolifiques collections telles que celles de Uwe Scheid, du Kinsey Institute391(*), ou encore françaises, tant au niveau institutionnel (le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France) que des collections privées.

Selon Alexandre Dupouy, un des premiers ouvrages de référence dans le domaine de la photographie érotique, Die Erotik in der photographie (trois volumes publiées par une demi-douzaine d'éminents docteurs en 1931 à Vienne) rassemblant ce qui se fait de mieux dans les collections allemandes et autrichiennes de l'époque et comportant plusieurs centaines de reproductions, laisse la part belle à la production française pour la période précédent la Première Guerre Mondiale392(*).

Cependant, ces travaux sur l'art érotique ne mettent guère en avant la prédominance du regard masculin dans celui-ci. Les recherches menées par Linda Nochlin sont primordiales sur cette thématique. En 1989 paraît aux Etats Unis son ouvrage : Femmes, art et pouvoir et autres essais393(*). Cet ouvrage composé d'essais écrits entre 1970 et 1988, s'inscrit dans la lignée des Gender Studies. Certains de ces essais ont été publié dans différents bulletins artistiques ou revues spécialisées : Art News, Arts Magazine, Art Bulletin, Art in America, d'autres sont des actes de colloques ou de conférences. Lorsque l'auteure entreprend d'écrire en 1970 son essai : « pourquoi n'y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? » l'histoire de l'art féministe reste à inventer. Elle-même le souligne dans son introduction « il fallait la construire, comme toute forme de discours historique. Et pour cela partir en quête d'un matériel nouveau, mettre en place une assise théorique, élaborer peu à peu une méthodologie394(*) ». La raison d'être de l'histoire de l'art féministe et son importance comme outil d'analyse réside dans le fait de « poser problème, remettre en question, voler dans les plumes du patriarcat395(*) ».

Grâce au genre, il est possible de rendre visible le processus par lequel l'art produit et reproduit des inégalités de sexe à la fois dans une dimension symbolique et matérielle. Cette pratique doit être pour l'auteure, appliquée avec « toute l'exigence requise car l'histoire de l'art féministe est une pratique transgressive dirigée contre les pouvoirs établis, conçue pour passer au crible les préceptes majeurs de la discipline396(*) ». Il y a véritablement chez elle, une volonté de questionnement et de prendre du recul vis-à-vis de sa discipline. Car les rapports sociaux de sexe étant transversaux à l'ensemble de la société, les hommes et les femmes en sont traversés. On note chez Linda Nochlin une volonté de « rendre visible l'invisible397(*) » grâce à son outil d'analyse. Cependant elle reste très critique aussi vis à vis de son travail car «  une histoire de l'art féministe ne se limite pas à mon sens à une approche positive, au désir de simplement ajouter au canon une liste symbolique de peintres et sculpteurs femmes » mais bel et bien de «  questionner en bloc le dispositif historico-artistique qui s'est employé à les mettre en place [...] de révéler les structures et les opérations élaborées pour marginaliser certaines formes de la production artistiques et en privilégier d'autres398(*). » En examinant des raisonnements intellectuels, en s'interrogeant sur la validité du « problème » des femmes, en établissant quelques-unes des limites de l'histoire de l'art et en s'attachant aux pré requis institutionnels, l'auteure essaie de dégager un paradigme utilisable par d'autres recherches dans d'autres secteurs de ce domaine.

L'autre ouvrage de Linda Nochlin, s'inscrivant dans cette volonté d'histoire de l'art féministe, est intitulé : Les politiques de la vision, Art, société et politique au XIXe siècle399(*) et date lui aussi de 1989. Il s'agit d'un recueil d'essais écrits entre 1968 et 1987 : articles pour des revues et des bulletins d'art ou communications de colloques. Etudiante à l'Institute of Fine Arts de New York où le formalisme constitue l'idéologie dominante, elle travaille sur son mémoire « Courbet et le réalisme ». Elle est alors confrontée au problème du rapport entre le politique et l'art en essayant d'établir un lien entre le style réaliste de Courbet et ses opinions politiques. Pour l'auteure  « l'historien de l'art qui entreprend de débrouiller la question de l'art et du politique doit en premier lieu se pencher sur la politique de l'histoire de l'art400(*) ».

Trop souvent l'histoire de l'art néglige d'interroger le statut de l'histoire elle-même en considérant le discours historique comme une donnée, une sorte de motif créateur ou causal, tout en posant la représentation visuelle comme un résultat ou un phénomène secondaire. L'acte qui consiste à produire l'histoire de l'art implique politiquement l'historien de l'art. Les essais rassemblés dans cet ouvrage soulèvent plusieurs des questions et des problèmes liés à la tentative de penser l'histoire de l'art « autrement ». Ce qui « obligent le/la spécialiste engagé/e à repenser ce qu'il ou elle regarde et comment il ou elle le regarde », à l'observer d'un oeil plus sévère, plus exigeant, plus critique et plus réservé.

Le projet de Linda Nochlin de « penser l'histoire de l'art autrement » s'appuie sur un article de Lisa Tickner. Cette dernière, dans cet article, analyse la relation entre féminisme et histoire de l'art : «  si la production du sens est inséparable de la production du pouvoir, le féminisme (idéologie politique portant sur les rapports de pouvoir) et l'histoire de l'art (ou tout discours producteur de savoir) sont intimement plus liés qu'on ne le croit généralement [...] la recherche féministe n'est pas cet article d'importation étranger, abâtardi ou à un usage intéressé que ses détracteurs vilipendent ; c'est une forme de savoir motivé qui a [...] des questions extrêmement pointues à poser à la discipline dans son ensemble401(*) ». Si la problématique féministe ou de genre apparaît de façon moins évidente dans Les politiques de la vision que dans l'ouvrage précédent, elle n'en est pas moins au coeur de celui-ci puisqu'elle sous-entend les questions sur la sexualité, la place du sujet, la différence et la subordination, toutes inhérentes à la production du sens dans le discours pictural.

Deux ouvrages sur l'art érotique et pornographique s'inscrivent néanmoins dans la problématique de Linda Nochlin : celui de Baque Dominique402(*) sur l'art contemporain et celui Thomas Hess403(*) sur les figures de femmes présentes dans cette forme d'art. Ces recherches pertinentes enrichissent l'histoire de l'art. Il est évident que l'analyse des pin-up et de leur iconographie doit s'inscrire dans cette perspective.

Mais les pin-up appartiennent aussi à l'histoire du fantasme, elles donnent de nombreux indices sur ces thématiques et leur possible normalisation.

3.2 La presse masculine.

3.2.1 Les revues.

La presse masculine constitue le support le plus florissant pour les pin-up. De nombreux auteurs qui ont travaillé sur l'histoire de cette image404(*) et sur son « archéologie »405(*) lient bel et bien celles-ci à la presse masculine.

En 2004, chez Taschen, Dian Hanson publie une importante étude de la presse masculine érotique406(*) au XXe siècle et retrace son histoire à travers six volumes. Ces ouvrages sont très riches en illustrations et comportent de très nombreuses analyses sur ce thème tout en y induisant une perspective historique et internationale. Quelques années plus tard, poursuivant ses recherches cette auteure publie aussi une histoire des girlies magazines407(*) : les girlies magazines sont dans les années quarante et cinquante, des magazines américains pour hommes composés principalement d'images, dessins et photographies de filles. Elle rejoint les recherches sur cette thématique de Burhard Riemschneider408(*). Edité aussi chez Taschen, l'ouvrage de Harald Hellmann intitulé 1000 pin-up Girls 409(*), s'intéresse lui aussi aux girlies magazines et à leur histoire au travers Robert Harrison, créateur et directeur d'un très grand nombre de ces magazines comme Wink, Titter, Eyeful, Flirt. L'auteur retrace l'histoire de ces principales revues et présente une grande variété des premières de couvertures.

Certains auteurs410(*) se sont attachés principalement à analyser l'évolution de la pin-up. En effet, la pin-up met en place l'érotisme de la « fille d'à côté » créant ainsi un nouveau support de fantasme. L'érotisme de la « fille d'à côté » est une des caractéristiques du « système » pin-up. C'est ce même érotisme que souhaite créer Hugh Hefner avec la playmate. Les travaux sur Playboy, un des principaux magazines masculins et peut-être le plus populaire sont alors utiles pour comprendre l'évolution de la pin-up et surtout comment celle-ci est à l'origine du fantasme de la playmate. L'histoire de cette revue est retracée au travers deux livres, celui de James Perterson411(*) et celui de Edgren Gretchen412(*). Ce dernier auteur se penche aussi sur les playmates413(*), les influences de celles-ci et leur évolution. Enfin des recherches ont été mené sur Hugh Hefner, le créateur de Playboy. Cet ouvrage414(*) s'intéresse à la fois à la vie de Hugh Hefner, offrant ainsi une biographie très complète, mais aussi aux autres magazines édités par Playboy et aux autres éléments de l'empire Playboy : les clubs Playboy et les bunnies, les casinos, la fondation Playboy...

3.2.2 La pin-up, un fantasme typiquement masculin ?

Malgré les recherches approfondies de ces auteurs sur la presse masculine érotique, la notion de norme, d'hétérosexualité ou les principes de domination ne sont pas analysés. Les représentations érotiques ou pornographiques ne bénéficient pas, non plus, de cette analyse pertinente qui permet de révéler ce qui sous-tend ces figures. L'ouvrage de Mark Gabor, The pin-up a modest history415(*), est celui qui propose une approche de genre pour analyser l'image de la pin-up. L'auteur retrace comme les auteurs cités précédemment l'histoire et la mise en place de l'image de la pin-up. Il analyse lui aussi la naissance ainsi que la construction de celle-ci. Mais il dépasse cette analyse en proposant de la situer dans une perspective de rapports sociaux de sexe, examinant de ce fait ce processus composé d'un système de signes, de symboles et de pratiques. Pour l'auteur, la pin-up est une image idéalisée des femmes qui nourrit tous les fantasmes masculins. Elle représente tout ce que nous aimons, tout ce que nous voulons aimer ou voudrions aimer. La principale fonction de la pin-up est pour lui une fonction érotique. C'est cette fonction évidente que va étudier plus particulièrement l'auteur.

Il étudie l'impact sur l'apprentissage et la construction de la sexualité masculine. Selon M. Gabor, la pin-up permet d'assurer (et de rassurer) la virilité des hommes plus particulièrement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Collectionner les pin-up leurs permet d'éviter de douter de leur sexualité et de leur virilité. Cette conduite se traduit par une exagération de l'attitude virile. Virilité affirmée et prouvée par la domination sur les femmes.

La pin-up serait alors pour M. Gabor, le symbole des femmes aliénées par les hommes, imposant ainsi leurs lois économiques et sociales. Il n'hésite pas à qualifier la de pin-up de concept sexiste. Grâce à un corpus de dessins, esquisses, photographies, l'auteur approfondit aussi l'évolution de cette image et la met en parallèle avec les mutations qui affectent les représentations du corps et de la sexualité.

Ces recherches sur la presse masculine ainsi que celles sur les pin-up permettent de mettre en évidence les permanences et les transformations de l'histoire des fantasmes masculins. Sur cette thématique, l'édition récente des premiers dictionnaires des fantasmes416(*) ou de l'érotisme417(*) peuvent apporter quelques éclairages et enrichir la réflexion. Mais l'histoire de la pin-up en tant que représentation érotique est aussi une histoire de la séduction et de ses accessoires.

3.3 L'histoire des accessoires de séduction.

Certains travaux, très récemment, interrogent le genre et la sexualité sous l'angle du désir et du plaisir, et esquissent une première histoire de la séduction418(*) ou de l'orgasme419(*) par exemple.

L'un des attraits de la pin-up est qu'elle dévoile ses dessous grâce à une instrumentalisation plus ou crédible de la mise en scène. Les principaux chercheurs sur la lingerie ont souvent d'abord étudié la mode avant de se pencher sur ces vêtements intimes. On note une prédominance de travaux sur les sous-vêtements féminins par rapport à celles sur les sous-vêtements masculins. La vocation érotique des dessous féminins a été maintes fois soulignée. Ils dissimulent pour mieux laisser deviner, interdisent pour faire désirer. Les exercices savants ou naïfs de cette rhétorique de la séduction varient d'une époque à une autre, voire d'une classe à une autre. De nombreux travaux ont été menés sur la lingerie420(*) ou son histoire421(*). Certains auteurs articulent histoire de la lingerie et codes esthétiques422(*). En effet la lingerie dompte et embellit le corps selon les normes et les codes en cours (codes esthétiques, érotiques et hygiéniques). Entre les diktats de la séduction et de la santé, l'évolution de la lingerie ne doit rien au hasard. Elle suit l'air du temps comme la longueur des ourlets, et le corps se couvre et se découvre selon une logique implacable. Gilles Néret, dans son ouvrage423(*), souligne la relation entre la lingerie et la séduction. Pour lui, dès ses débuts jusqu'à l'apogée du cinéma et de la publicité, l'histoire des dessous illustre comment, de tout temps, le besoin de se couvrir ou l'envie de se découvrir a été pour les femmes prétexte à mettre en valeur leur féminité et leur pouvoir de séduction.

Les principaux accessoires vestimentaires des pin-up sont des accessoires de séduction usuels : bas, porte-jarretelles, talons, culotte. Leur utilisation systématique les banalise en même temps qu'elle les fait accéder au rang de fétiches. Ces accessoires, plus ou moins utilitaires, sont devenus des attributs emblématiques de la séduction féminine. Ils symbolisent dans notre société la femme érotique et sont, de ce fait, associés à la sexualité en raison de leurs histoires et d'une certaine construction culturelle. De nombreux auteurs se sont penchés sur ces accessoires, leur histoire et leur utilisation. Ces travaux permettent de comprendre comment ils jouent un rôle important dans l'histoire du fantasme et montrent leurs permanences, leurs transformations et peut-être leurs normalisations. Sur les bas, on retiendra l'ouvrage de Paola Lombardi et de Marie-Rosa Schiaffino424(*) et sur le porte-jarretelles celui de Lili Sztajn425(*). William Rossi, quant à lui, s'est attaché à démontrer la vocation érotique des chaussures et notamment des talons hauts. Son ouvrage426(*), particulièrement bien documenté, propose une analyse historique et sociologique sur ce sujet. L'histoire des accessoires érotiques ou de séduction est à mettre en relation avec le fétichisme. Sur ce sujet, l'ouvrage de Paul-Laurent Assoun427(*) est fort utile et permet une meilleur compréhension du pouvoir de ces « auxiliaires », tout comme celui de Lucien Israel428(*).

Dans les recherches menées l'année passée, nous nous sommes attachées à définir avec plus de précision ce qu'est réellement une pin-up. Nous avons pu mettre en valeur les caractéristiques de celle-ci, de son processus de création, de ses nombreuses références artistiques. Cette tentative de définition nous a conduit à nous interroger sur les différentes fonctions de cette image.

En effet d'abord employée pour son attrait érotique, la pin-up fleurit dans la presse afin d'émoustiller le lecteur. Sa massive utilisation lors de la Seconde Guerre Mondiale a permis de fidéliser des milliers d'hommes à cette image. Elles sont présentes comme objet de réconfort et d'encouragement. Au début des années cinquante, les pin-up envahissent la publicité, elles deviennent alors les représentantes d'une nouvelle économie. Les pin-up incarnent dans leur féminité idéalisée une sorte de compromis significatif, dont la rareté fait le prix : modernes car elles répondent aux exigences de la jambe interminable, du ventre sans bourrelet, du sein haut et de la bouche pulpeuse, mais traditionnelles, car elles conservent la générosité de certaines rondeurs, références à la maternité. Mais les années soixante-dix semblent sonner le glas de l'âge d'or de cette image.

Pourtant la pin-up a semble-t-il réussi à renouveler son genre. Parallèlement à ce symbole sexuel, on trouve d'autres représentations érotiques dont les liens avec les pin-up sont visibles. Les recherches menées cette année sur l'histoire de l'érotisme et de la pornographie ont permis d'établir de nombreuses comparaisons avec d'autres dessins ou photographies érotiques, et d'inscrire nos pin-up dans une dynamique artistique et politique. Car selon Philippe Perrot, « produit social, produit culturel, produit historique, porteur et producteur de signes, le corps n'a jamais cessé de changer de sens en changeant d'apparence. Par diverses médiations, chaque société, à chaque époque, le marque, le modèle, le transmute, le fragmente et le recompose, réglant sa définition et ses usages, posant ses normes et ses fonctions, donnant à voir les effets entremêlés d'un ordre économique et d'une condition sociale, d'une vision du monde et d'une division des rôles429(*)

Les réflexions produites par d'autres chercheurs sur le corps nous ont amené à penser cette représentation du corps féminin en relation avec les mécanismes de pouvoir. Mais aussi à s'intéresser aux enjeux dans la production de normes qui se nouent, autour de ce même corps. En articulant ces analyses autour du corps et de la sexualité avec des analyses plus théoriques sur la culture de masse et la société de consommation, nous avons pu mettre en évidence le rôle des pin-up comme agent d'un nouvel ordre social.

Mais les pin-up, par leur incroyable force d'adaptation, sont aussi révélatrices, en tant qu'image érotique, de l'évolution du statut conféré à la sexualité dans une société donnée. Non seulement, elles offrent de nombreux indices sur la construction de la sexualité masculine mais aussi sur la sexualité féminine et sa reconnaissance. En effet, l'histoire de cette représentation du corps féminin nous renseigne sur le processus de sexualisation de ce même corps et sur le contexte de ce processus.

* 268 MEISEL Louis, The great american Pin-up, Koln, Taschen, p.62.

* 269 PERNET Gaspart, « Le charme des calendriers pin-up », Antiquité&Brocante, Janvier 2006, pp.140-146.

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* 277 MEISEL Louis. K, MARTIGNETTE Charles. G, The great american Pin-up, Koln, Taschen, 1996.

* 278 Idem, p.13.

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* 316 BAUDRILLARD Jean, La société de consommation, Paris, Folio Essais, 2000 (1ière édition 1970).

* 317 BAUDRILLARD Jean, «op.cit.», p.200.

* 318 DEBORD Guy, La société du spectacle, Paris, Folio, 2005 (1967).

* 319 Idem, p.39.

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* 327 ROFFAT Sébastien, Animation et propagande, les dessins animés pendant la Seconde Guerre Mondiale, Paris, l'Harmattan, 2005, p.20.

* 328 Idem, p.23.

* 329 BARTHES Roland, Mythologies, Paris, Seuil, 1957.

* 330 BARTHES Roland, «op.cit.», p.7.

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* 332 PERROT Philippe, Le travail des apparences, Paris, Seuil, 1984.

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* 375 HUNT Lynn, The Invention of Pornography, New York, Zone Books, 1996, p.10.

* 376 CANCIAN Francesca M., Love in America : Gender and Self-Development, NewYork, Cambridge University Press, 1987.

* 377 On pense, certes de manière un peu caricaturale, aux travaux féministes antipornographiques et victimisant les femmes de la juriste Catherine MacKinnon.

* 378 HANS Marie Françoise, LAPOUGE Gilles, les femmes, la pornographie, l'érotisme, Paris, Seuil, 1978 ou POULIN Richard, la violence pornographique la virilité démasquée, Québec, Hull Asticou, 1986 ou encore MAYNE Gilles, Pornographie violence obscène, érotisme, Paris, Descartes et Cie, 2001.

* 379 MARZANO Michela, Malaise dans la sexualité, Le piège de la pornographie, Paris, JC Lattès, 2006.

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* 387 DUPOUY Alexandre, Le premier pornographe, photographies clandestines de la fin du XIXe siècle, Paris, Astardé, 2004 ou Yva Richard, l'âge d'or du fétichisme, Paris, Astardé, 1994.

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* 391 PEARSON YAMASHIRO Jennifer, SQUIRES Carol, Peek, Photographs from the Kinsey Institute, New York, Arena Editions, 2000 ou PEARSON YAMASHIRO Jennifer, Les vérités du sexe, Paris, Marval, 2003.

* 392 DUPOUY Alexandre, La photographie Erotique, New-York, Parkstone Press, 2004, p.12.

* 393 NOCHLIN Linda, Femmes, art et pouvoir et autres essais, Marseille, Edition Jacqueline Chambon, 1993.

* 394 Idem, p.5.

* 395 Idem, p.6.

* 396 «Ibid.»

* 397 Idem, p.7.

* 398 «Ibid.»

* 399 NOCHLIN Linda, Les politiques de la vision, Art, société et politique au XIXe siècle, Marseille, Edition Jacqueline Chambon, 1995.

* 400 Idem, p.5.

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* 404 STEIN Ralph, The pin-up from 1850 to Now, Londres, Hamlyn, 1974.

* 405 STERNBERG Jacques, CHAPELOT Pierre, Un siècle de pin-up, Paris, Redécouverte, 1971

* 406 HANSON Dian, The history of men's magazine, Koln, Taschen, 2004.

* 407 HANSON Dian, The history of girly magazines, Paris, Taschen, 2006.

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* 414 MILLER Russel, L'histoire excessive de Playboy, Paris, Albin Michel, 1987.

* 415 GABOR Mark, The pin-up a modest history, Londres, Pan Books, 1972.

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* 421 CHENOUNE Farid, Les dessous de la féminité, un siècle de lingerie, Paris, Assouline, 1998.

* 422 BERTHERAT Marie, DE HALLEAX Martin, 100 ans de lingerie, Paris, Atlas, 1996.

* 423 NERET Gilles, 1000 dessous Histoire de la lingerie, Paris, Taschen, 2003.

* 424 LOMBARDI Paola, SCHIAFFINO Marie-Rosa, L'éloge du bas, Paris, 1989.

* 425 SZTAJN Lili, Histoire du porte-jarretelles, Paris, La Sirène, 1992.

* 426 ROSSI William, Erotisme du pied et de la chaussure, Paris, Payot, 1976.

* 427 ASSOUN Paul-Laurent, Le fétichisme, Paris, Puf, 1994.

* 428 ISRAEL Lucien, Le désir à l'oeil, Strasbourg, Arcanes, 1994.

* 429 PERROT Philippe, Le travail des apparences, Paris, Seuil, 1984, (p.199).

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand