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La migration andine, rapport à la terre et conquête de la ville. Entre Huancavelica et la Vizcachera. De la Sierra à Lima.

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par Tiphaine POULAIN
Université Paris VII - Denis Diderot - Maitrise Ethnologie 2005
  

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La, migration andine

Rapport à la terre et conquête de la ville

Entre Kuancavelltn et la eicachera.

De la sierra à Lima

Gilda Nicolau Patrick Deshayes

« L'objet d étude que l'on choisi est un aveu biographique. » Bonis (Sn lnik

En janvier 2000, je partais au Pérou, rejoindre l'association Gabriela Mistral, à Lima. Participant à l'un de leurs projets avec les enfants et les jeunes, je me rendais quotidiennement dans un quartier de San Juan de Lurigancho, district de la Lima périurbaine, dans le "cône"1 Est. Je réalisais très vite que la population était majoritairement d'origine andine, sans pour autant savoir exactement d'où venaient les uns et les autres. J'étais indignée également de la réaction de certains liméniens lorsqu'ils s'étonnaient avec dédain de me voir aller là-bas. J'ai d'abord été interpellée par cette dynamique de "débrouille" que les migrants ont développé, une sorte d' « endodéveloppement ». Inventifs dans un milieu hostile grâce à des réseaux de liens importants, ils semblaient conquérir la ville et construire de nouveaux univers de vie. Les femmes semblaient particulièrement actives par le biais de cantine populaire --par exemple, et de petites organisations ; leur lutte quotidienne était saisissante.

Dans les collines auparavant désertes, toute une vie se déployait ; de nouvelles demeures apparaissaient. On entendait souvent parler d'invasions ; j'ai moi-même assisté à l'implantation d'un groupe de maisons, au petit matin sur une dune de Lima ; c'est ainsi que naissait un nouveau quartier !

De profondes amitiés se sont forgées au fil des différents séjours que j'y ai effectués. C'est ainsi que j'ai décidé de retourner dans ce pays, de nouveau pour quelques mois. Je souhaitais, tout en retrouvant le plaisir d'y séjourner et d'y mener diverses expériences, approfondir ce thème qui me tenait à coeur, rencontrer des personnes susceptibles d'apporter des éléments de réponse à mes questions et surtout découvrir l'inattendu...

Quelle migration ?

Ce mouvement migratoire s'est produit pour différentes raisons. D'importants changements socio-économiques et démographiques ont conditionné et intensifié ce phénomène. Il a été exacerbé par des crises importantes telles les grandes sécheresses et les séismes mais aussi et surtout le terrorisme, obligeant les paysans à chercher d'autres terres.

Peut-on parler de la migration de la même façon lorsqu'il a fallu choisir entre fuir ou mourir, ou lorsque l'on part pour trouver du travail ou encore étudier à la ville ? On ne peut comparer les migrants en quête d'« une amélioration » avec les déplacés du terrorisme, venus malgré eux. Les désirs d'adaptation ne sont pas les mêmes, ni les possibilités.

J'ai rencontré beaucoup de réfugiés sur le terrain de mes investigations (à la Vizcachera et dans la Sierra) et je les évoquerai.

Néanmoins, je me suis intéressée quand cela était possible, aux derniers arrivés, aux derniers migrants qui continuent à venir dans cette Lima « explosante », où seuls les flancs des collines les plus hostiles offrent un espace d'habitat. Aujourd'hui, ces gens continuent à. quitter leur village, ces paysans « abandonnent » leurs terres pour un univers plus prometteur (ils l'espèrent et pensent pouvoir "avancer" plus rapidement et exhaustivement à la ville).

Quels sont leurs lieux de vie qui les poussent à chercher ailleurs une certaine forme de progrès
ou un « meilleur » qui s'impose et qu'ils s'approprient. Est-ce le mode de vie andin "mobile"

1 Lima est divisée en trois « cônes » : "cono forte", "cono este", "cono sur" (l'ouest étant l'apanage du Pacifique...) qui sont la périphérie de l'ancienne Lima et se sont constitués au gré des migrations, intensifiées depuis les années 40.

(on parle de « mobilité »), qui a toujours mené ses habitants vers une quête de « terres meilleures » face aux obstacles ?

« Costa, Sierra y Selva »

Pour les péruviens, les trois espaces géographiques du pays : Costa, Sierra et Selva, semblent représenter non seulement trois espaces, mais aussi trois univers, et presque trois "cultures", qui sont pourtant en interrelation. La côte (désertique), les Andes, l'Amazonie. Ils semblent attacher beaucoup d'importance à cette division tant pour vanter la diversité du pays que pour se différencier les uns des autres.

Je n'ai pas choisi d'appréhender la migration d'une communauté en particulier, mais celles qui s'entrecroisent et s'enchevêtrent dans un même quartier de Lima et à travers une région. J'ai donc centré mes recherches sur les migrations depuis la Sierra vers Lima, et du département de Huancavelica.

Il faut se perdre dans les différents "cônes", districts et recoins de Lima pour réaliser toute l'ampleur du phénomène mais aussi observer quelques endroits de l'intérieur. J'ai choisi le quartier de la Vizcacbera pour centrer cette étude sur l'aspect communautaire et territorial. C'est un lieu à la fois atypique et caractéristique, qui s'est peuplé progressivement autour de l'élevage porcin, à ses débuts, et il s'étend de jours en jours.

Huancavelica est « un des départements les plus pauvres du Pérou ». Caractéristique de la vie paysanne (la majeure partie de la population vie en milieu rural), de la vie minière et des changements (migratoire et impact sur l'espace) qu'elle entraîne, c'est en outre une région éloignée des routes touristiques. Le terrorisme y a été très intense par sa présence et sa violence, marquant profondément la population, ses victimes et ses déplacés.

Un regard dans la Sierra permet de réaliser la dissémination des familles et les réseaux qui y existent, et se refont à la ville. Territoire agropastoral, son mode vie y est communautaire et souvent paysan, il influence l'adaptation sur la côte. C'est aussi une réalité du pays, aujourd'hui oubliée par une partie de la population, mais qui transforme le monde urbain et entretient, par ses « diasporas », un rapport important avec la ville.

Un abîme paraît se creuser entre la Côte et la Sierra mais à Lima, ces mondes se rencontrent. Problématique

Si je n'ai pas choisi de m'intéresser aux hautes sphères de migration, je n'ai pas non plus opté pour suivre l'orientation d'un certain nombre d'études qui montrent le lien permanent entre la Sierra et ses émigrés de Lima, ou la reproduction des "traditions" à Lima. Ou bien, celles qui démontrent le potentiel "capitaliste" des émigrés andins, tels des petits entrepreneurs... J'ai plutôt rencontré des gens qui me paraissaient s'être "coupés" de leur lieu d'origine, confrontés à un quotidien difficile. La lutte pour la propriété ou la défense commune du territoire s'est révélée importante pour la conquête de la ville. Le rapport au sol est donc l'élément central sur lequel mes "ethnographies" ont été orientées.

J'ai accordé une place particulière aux histoires de vie, qui oscillent entre mémoire et soucis du quotidien. Elles permettent de s'interroger sur l'identité qui se reconstruit en ville et les nouvelles appartenances qui se dessinent.

Chez tous les migrants, on constate cette quête pour la propriété, qu'est-ce donc qui anime ce combat ? Celui-ci semble également s'inscrire dans la lutte d'un groupe, d'une communauté sur un territoire.

J'ai donc essayé de traiter la question de la migration dans toute sa complexité entre départ et retour, mémoire et la quête qu'elle suscite. Le phénomène de la migration ne commence pas dans un lieu de départ pour se terminer dans un lieu d'arrivée... Elle concerne toute la famille, son passé, son présent, ses projections futures, et ses espaces de mobilité.

Je m'intéresse aux histoires de vie et du quotidien d'un quartier de la périphérie de Lima, j'essaie de comprendre comment il s'est peuplé et comment s'y constituent les rapports et l'appartenance.

Un voyage dans les Andes permettra de mieux comprendre la réalité et les raisons de ceux qui partent. La terre y joue un rôle prépondérant.

Quels sont les liens entre le rapport à la terre, l'attachement qu'elle suscite et la lutte des migrants à Lima pour la propriété ? Quel est son sens symbolique, social et juridique ? Quel est l'impact de l'émigration dans son évolution ?

Méthodes et écritures...

Mon "terrain" --comme il est communément appelé en ethnologie, ne se limite pas en un lieu ; il est à l'image de la migration, en de multiples lieux. Ce "terrain", je le côtoyais au quotidien; en étant à Lima --puisque la ville a été constituée par ces migrations, ce qui permettait de sortir de la seule posture d'ethnologue, jusqu'à l'en oublier. Je rendais régulièrement visite aux gens rencontrés à la Vizcachera. Je retrouvais Leoncio, dans le quartier de Zapallal dont il est dirigeant. Nous allions à la rencontre des habitants de tous les quartiers qui le composent.

reprit presque à son compte mes questions et interrogations ! 11 s'enquérait auprès des gens de leurs origines et de leur valorisation ainsi que des problèmes qui lui tenaient à coeur, liés au statut d'occupation des sols et à la lutte des habitants. C'est ainsi (et en allant à travers la ville) que j'ai pu connaître les autres formations de quartiers à Lima, peut-être différentes de la Vizcachera. Dans la Sierra, des rencontres et évènements (festifs et associatifs) m'ont amenée dans divers villages du département de Huancavelica. Des gens me proposaient de me faire connaître leur terre, de rencontrer tel groupe ; une amie de participer à son projet d'alimentation, des entrevues avec des autorités (qui pouvaient se conclure autour d'un déjeuner), des travailleurs sociaux, et surtout des habitants, des amis d'amis, etc. Cela a abouti dans quelques cas à des entretiens trop formels, mais fort heureusement par des naissances de liens, des échanges, des témoignages de vie, et des fêtes aussi ! L'ethnologie réside dans la rencontre et le rapport établi, celle d'un moment impromptu, celle de rendez-vous répétés, selon les désirs de chacun, de dire et de faire... Ce que l'on voit, n'est-ce pas aussi ce que l'on choisit de regarder et ce que l'on aura bien voulu nous montrer ?

Sans pourtant enregistrer aucun "entretien", j'ai choisi de laisser une place importante aux discours des gens, à leurs mots, à leur voix. Je les ai retranscrits sous la forme de citations et de récits de vie. D'une part, il me semble que l'on prend trop souvent la parole à leur place (à travers les écrits) au risque d'interpréter trop hâtivement et de ne plus savoir "qui dit quoi" (entre les protagonistes, les visions exogènes, les auteurs et moi-même...). D'autre part, afin

de traduire fidèlement le « discours authentique qui mobilise toutes les ressources d'une culture et d'une langue originale pour exprimer et expliquer des expériences qu'une autre langue ignore [..12 » --notons que la pratique du quechua aurait été bien plus adaptée avec les populations andines ; les termes employés, de par leur récurrences ou leurs connotations, ont toute une résonance impossible à exprimer. Je voulais surtout rester fidèle à leurs propos, leurs voix, leurs témoignages, sans les trahir, tout en laissant transparaître ma propre sensibilité.

Reste à trier dans le "fatras des faits", entre vécu et « imaginaire », entre vie personnelle et "recherches"... L'écriture n'en est pas aisée, il faut faire des choix et accepter ses postulats. Mais surtout à qui s'adresser. Qui sera le lecteur de ce récit ? Les protagonistes ? Des "spécialistes" en ethnologie ? Des proches ? Des inconnus ?... Je me suis souvent remise en question avant d'écrire, ou après avoir porté une forme de "jugement". Les intéressés seraient- ils vraiment d'accord ? Qui partage cette vision ? Raconter cela comme une histoire ? Mener une "démonstration" ?... Il m'a fallu accepter le fait que le travail réalisé (en tant qu'écriture uniquement) devait s'inclure tout d'abord dans le contexte qui m'était fixé tout en conservant mes intentions de réciprocité avec les habitants, sur d'autres plans.

Et puis, subsiste toujours le risque de la solitude de l'écriture. On peut très vite s'emporter, interpréter, en oubliant que la réalité telle que les gens la vivent et l'appréhendent, est autre. J'ai tenté de rester mesurée. Si l'ethnologie est une rencontre, l'écriture quand à elle, mériterait d'être partagée, interactive. J'ai cependant pu échanger au sujet de mon terrain avec d'autres personnes, ce qui me semble fondamental, mais insuffisant.

Posture et réciprocité

Les jugements de valeurs demeurent incontournables : admiration devant la lutte des habitants et leur imagination provoquée par l'émigration ; et consternation devant la domination d'une société discriminante et l'apparente indifférence devant la réalité des Andes. En deçà, interviennent les meurtrissures du passé, engendrées par la terreur du Sentier Lumineux3, sans parler des campagnes de stérilisation forcée'.

Les ethnologues ne sont pas tous d'accord sur le fait de prendre parti ou pas. Au nom de quelle superbe devrait-on être l'observateur insensible de situations parfois si consternantes ? La rencontre, à la base de cette discipline, n'incite-t-elle pas à vous détacher de toute objectivité ?

Il est néanmoins difficile de traiter certains thèmes qui engagent l'observateur et lui seul, à considérer le bien fondé de son discours, la véracité des ses écrits et surtout la légitimité de ses réflexions. Il convient de ne pas juger hâtivement à partir d'un regard trop fugace, et de se détacher de tout ethnocentrisme. Je me suis d'ailleurs souvent remise en question devant des

2 Sayad, Abdelmalek. La double absence.

3 20 années de violence, depuis 1980 où commença la violence armée, dans la Sierra. Un pays en conflit où les Forces années et la police s'affrontèrent aux subversifs... Le Sentier lumineux, mouvement d'inspiration maoïste, voulait imposer un nouvel ordre politique, social et économique. C'était le principal groupe subversif, mais d'autres mouvements s'ajoutèrent et leurs actes, comme ceux commis par les Forces Armées, relèvent d'une indescriptible ignominie.

4 Durant le gouvernement de Fujimori, des campagnes de stérilisation forcée, menées dans des conditions déplorables, ont été conduites dans des communautés de la Sierra et de la Selva, ainsi que dans quelques quartiers pauvres de Lima. De l'ethnocide en passant par le génocide...

hypothèses que je formulais, de peur de ne pas respecter les points de vue des uns et des autres.

D'autre part, lorsqu'il se crée un rapport relativement profond avec les gens, comment ne pas prendre parti dans leur combat ? En outre, la discrimination dont ils sont parfois victimes amène se positionner de leur côté. Il est naturel de se préoccuper de leur combat et d'échanger sur des plans plus personnels.

En rencontrant les déplacés du terrorisme, j'ai été saisie par leur cause et surtout consternée par leur isolement. Ils m'ont quelque peu prise à témoin, espérant être compris et orientés. Je me suis donc informée des éventuelles aides à leur disposition et de leurs droits. On se trouve bien souvent seul et incapable devant de telles situations.

Si la rencontre est le lieu de l'ethnologie, l'hospitalité est sa condition sine qua non.

Les gens se montrent généralement (mais pas toujours, à raison) disponibles ; à la fin de la première rencontre, il s'inquiétait : «j'espère que j'ai pu vous apporter quelque chose ». Par la suite, cette disposition pouvait se traduire par des rencontres plus personnelles, m'invitant à revenir chez eux.

L'accueil passe toujours par un digne « excuse-nous de la pauvreté ou du peu que je puisse t'oeir », sans manquer de proposer une boisson ou de manger quelque chose même si ce n'était pas l'heure. Alors que certaines paraissent toujours indisponibles, la plupart m'invitaient volontiers à leur rendre visite.

C'est finalement la rencontre que l'on cherche au-delà des critères objectifs. Une rencontre, souvent fortuite, mais aussi provoquée par ces réseaux de liens auxquels on accède très vite et que l'on utilise. Ce que l'on comprend et interprète, résulte du fruit de cette rencontre, de cet instant d'échange, de l'hospitalité de l'autre, de sa propre volonté et de la disponibilité de l'un et de l'autre.

***

Historique de la migration à Lima

Les villes d'Amérique latine, de part leur formation et leur évolution, diffèrent grandement du modèle urbain européen auquel nous sommes habitués. D'ailleurs au sein même de l'Amérique latine on distingue deux grandes familles de villes : celles issues de la colonisation hispanique, el les villes brésiliennes, issues de la colonisation lusophone, qui ont eu une formation sensiblement différente.

Lima est l'une des villes emblématiques de la colonisation Espagnole, avec son centre ville classé par l'UNESCO depuis 1991. La description de son histoire urbaine va nous permettre de mieux nous plonger dans cet ancien idéal d'urbanisme pétri des idées de la renaissance, qui est aujourd'hui devenu un monstre urbain de 7 millions d'habitants, saturé de bidonvilles...

Au début, il n'y avait rien, du moins rien de signifiant pour les conquistadors espagnols, puisque l'on sait maintenant que la zone regroupait un ensemble de villages cultivant les terres fertiles des environs du rio Rimac, le fleuve qui coule actuellement au centre de Lima. La population s'élevait alors à 50 000 habitants, la plupart décimés lors de la construction de la ville. On avait en premier lieu pensé situer la capitale Péruvienne dans les Andes, à Jauja, près d'une immense mine d'argent, mais les zones montagneuses étaient encore contrôlées par la résistance Inca, et il fallait de toute façon une ville au bord du Pacifique pour charger les galions de sa majesté Charles Quint, roi d'Espagne... Alors il fallut se décider à installer la capitale au coeur de l'inhospitalier désert côtier Péruvien, qui court de l'équateur jusqu'au nord du Chili, et l'oasis du rio Rimac s'est imposée.

les règles précises de

La « Ciudad de los Reyes » (ville des rois) naquit donc le 18 janvier 1535, fondée par Francisco Pizarro, légèrement avant la publication des « ordonnances royales » de Philippe II (successeur de Charles Quint), qui dictaient formation d'une ville dans le nouveau monde.

Le plan de base, très imprégné du rationalisme propre à la renaissance européenne, prévoyait une ville sans fortifications, pour lui permettre de s'étendre suivant son module de « manzanas » (sortes d'îlots, carrés, et de 100m de coté).

La ville d'alors est la plus importante du continent sud américain, capitale de tout le vice royaume, couvrant l'ensemble de l'Amérique du sud à l'exception du Brésil. En 1551 elle se dota de la première université du nouveau monde, San Marcos, et atteint son apogée économique et culturelle au XVIIème siècle. C'est à cette époque que se construisirent de nombreux palais aux balcons somptuaires, presque tous détruits par le tremblement de terre de 1746.

En 1919 Lima est une ville de 173 007 habitants et qui entre dans l'économie de marché avec l'émergence d'une classe moyenne, qui se développe suivant deux axes principaux: l'un en direction de Miraflores, à travers l'avenue Arequipa pour les classes moyennes élevées et les classes aisées, l'autre plus dirigé vers le Callao pour les classes moyennes et ouvrières, à travers l'avenue Brasil.

Mais déjà dans les années 1930 la ville doit faire face à des soulèvements populaires ouvriers, qui réclament des logements, et le gouvernement va mener une politique de construction de quartiers ouvriers, pour calmer la situation. Malgré cette volonté de « limiter les dégâts », le gouvernement va payer le prix d'une réforme agraire bâclée, qui engendre des famines chez les indiens des Andes : chaque jour les immigrants sont plus nombreux, et le gouvernement ne peut pas suivre la cadence : les « cerros » (colline) de Laeticia, San Cosme et El pino, presque dans le centre de Lima, commencent à se couvrir d' « indios », en attente de logement...

En 1946 se met en place le « plan de développement métropolitain » sur le modèle du « zoning » américain, mais celui-ci est dépassé par la croissance des quartiers irréguliers : devant l'afflux toujours croissant de paysans venant des Andes, les « zones d'attente » où l'on

avait fini par tolérer leur présence deviennent définitives. Ainsi la ville traditionnelle se développe vers le sud du Rimac, pour rejoindre peu à peu le Callao et Miraflores, tandis que la rive nord devient très populaire et s'y développent de plus en plus de « barriadas » ("bidonvilles").

Dans les années 70 et 80 le phénomène empire, car en plus de la pauvreté extrême des Andes, le « sentier lumineux », groupe révolutionnaire terroriste, massacre et terrorise les campagnes andines, provoquant un exode d'autant plus fort. Les nouveaux quartiers se développent par énormes poches, au sud, à l'est et au nord de la ville, pendant que les maisons du centre ville, de plus en plus dégradées, se

transforment en taudis. Pour l'état il n'est plus question d'essayer de reloger ces migrants, mais plutôt seulement de les empêcher d'envahir les terrains qui ont une forte valeur foncière. Ainsi les "bidonvilles" se retrouvent relégués en de lointaines périphéries, loin de l'oasis qu'était Lima, en plein désert. C'est aussi l'époque des immenses opérations d'auto construction, tel Villa el Salvador au sud.

t.

En 1993 Lima couvrait une superficie de ,741

2812km2, et aujourd'hui la ville compte près de
8 000 000 d'habitants, avec un toujours très fort
taux de croissance, bien que moins important. Il

. 1

n'est plus dû seulement à l'exode rural, mais

tout simplement aux 2èm" et même 3" générations des premiers arrivants devenus citadins, toujours confrontés à la même crise du logement. La situation actuelle dépeint les cinquante ans d'« invasion ». La ville, assez peu dense dans ses périphéries, occupe un espace très important, et le centre ville de Lima se trouve maintenant à 50 Kms des derniers quartiers. Ceux-ci connaissent toujours de terribles problèmes d'adduction d'eau, d'évacuation des eaux usées, de circulation, et l'invasion actuelle des dunes les plus éloignées promet des nouvelles problématiques.

Aujourd'hui, les migrations continuent à Lima, mais il semble se développer une nouvelle dynamique de déplacement vers la Selva, où les petites villes s'accroissent notablement.

Les migrations vers l'étranger, qui se sont d'abord dirigées vers les Etats-Unis commencent à s'intensifier vers l'Europe. Quitter le pays à la rechercher de « meilleures possibilités » continue d'être le rêve de beaucoup, surtout les jeunes...

1ERE PARTIE

LA V Z('ACHERA. --I NTRoleecrioN

DE CAMPOY A « LA VIZCACHERA » 1

L'ARRIVER A LA VIZCACHERA 3

LES HABITATIONS. CONSTRUCTION. IMPORTANCE DE L'EMPLACEMENT. 6

SPECIFICITE DU QUARTIER 7

TERRES RURBAINES ? 8

L'ORGANISATION POLITIQUE 9

COMMUNAUTE CAMPESINA VERSUS COMMUNAUTE URBAINE ? 9

HISTOIRES DE LA VIZCACHERA 9

LA VIE A LA VTA,'AC'ElEIL, UN CAS PARTICULIER i. MORS » LIMA ?,.... ,,,,, ,... ......... ,. ... .. ..

UNE VIE ENDOGENE? RAPPORT AVEC L' EXTERIEUR. VIE INTERNE 11

De l'élevage au recyclage... de la chancheria au hueco 11

De la lessive au comedor... De l'intendance familiale à la gestion communautaire 13

Et la chancheria 2 17

De l'élevage 17

ORGANISATION DE LA COMMUNAUTE 18

Origine et fonctionnement de la communauté 18

Les noeuds juridiques au sein de la communauté 19

LA REPARTITION / LA RECOMMANDATION / LA PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE 20

LES RESEAUX 22

HISTOIRE DU PEUPLEMENT DE LA VIZCACIIERA........ ..................................... ..,...,.. ...... 24

D'UNE COMMUNAUTE D'ELEVEURS DE COCHONS A UNE « INVASION » REGULEE ET CONTROLEE PAR LA

COMMUNAUTE... 24

La fondation et ses fondateurs, des éleveurs 24

Phase Huancayo dans les années 90 (Vicso, Orcotuna --Akko) 26

« El ano pasado se Ileno » - L'explosion de ces dernières années. Les nouveaux arrivés 28

DE LA FORMATION D'UN QUARTIER A L'EXPLOSION LES CHANGEMENTS D'AUJOURD'HUI POUR DEMAIN. LES MOUVEMENTS : NOUVELLES ARRIVEES ET RELOGEMENT 29

LES NIEMOIRE DE LA VIZCACIIERAIlli R ECU D'ARRITvrEE AUX SOUVENIRS EPISODIQUESP

LES SOUVENIRS DE LA VIZCACHERA 32

Souvenirs d'antan... ou les temps mythiques 32

L 'âge d'or de la Vizcachera 32

SOUVENIRS DE L'ARRIVER A LA. VIZCACHERA 34

L'historique subjectif selon le moment de l'arrivée de chacun 34

POURQUOI LA VIZCACHERA 7 37

Buscaba un lote, un terreno (Je cherchais un lot, un terrain) 38

Parcours liméniens 38

Pourquoi la Vizcachera ? 42

Que viennent-ils chercher à travers la casa propia? 43

HISTOIRES DE VIE I

I/ LES LIEUX DE LA MEMOIRE 46

ENTRE PRATIQUES, DISCOURS ET REPRESENTATIONS ... QUELS ESPACES POUR LA MEMOIRE ? 46

TEMOIGNAGES... 48

Chez Cirila et Marcelino... des « antiguos » ou des andahuaylinos. 49

Genobeba... seule dans la montée 54

Milagro et la maison disparue ! 63

Meche loin (et liberée 1?) de la chacra 66

II/ Du SOUVENIR A LA MEMOIRE 70

« L 'épreuve de la mémoire ou la mémoire éprouvée » 70

De l'idéalisation au négativisme, entre discours et discrimination 71

1111 « VAMOS AMI TIERRA » 74

Du discours idéal à la coupure : le non retour 74

Discours et représentation. Transfert de valeurs ? 78

Quelle rupture ? 83

Quelle transmission ? La mémoire par les enfants ou la transmission de la mémoire 84

DE: É,' I I ISTOIRE 1H VIE A LA VIE la SES IIISIO I RES

A/ LA COMMUNAUTE : IDENTITE ET APPARTENANCES 88

1/ DE L'ADAPTATION EN VILLE : IDENTITE ET APPARTENANCE. 88

Les rapports sociaux dans la ville 88

Des étapes d'intégration'? 89

La communauté vers le K nous » 89

Le quartier au pueblo, la communauté dans la ville 90

Vivre en communauté 90

2/ TERRITOIRE ET APPARTENANCES... LES RAPPORTS ENTRE LES HABITANTS 93

Le nouveau tissu social de la communauté 93

Les enfants de migrés (parfois de fondateurs) et "liméniens" 95

Les anciens/les nouveaux : fondateurs versus intégrés 9 97

3/ LA COMMUNAUTE ET LES RAPPORTS SOCIAUX, VERS LES CONFLITS 98

Union/désunion 99

Participation / démission 99

L'association contre la communauté 100

B/ LES TENSIONS, OU L'EXEMPLE DE LA FETE DE LA CROIX OU PROCESSION DANS LA CHANCHERIA 102

LE RAPPORT A LA TERRE COMME VECTEUR DES APPARTENANCES ET REGULATEUR DES RELATIONS SOCIALES 108

Comment se positionne-t-on 7 108

Des positionnements au jugement : la lutte 111

Du conflit aux expectatives 111

CI LES CONFLITS OU LE LIEN A LA TERRE. HISTOIRES DE POSSESSION 113

RAPPORT A LA TERRE ET DEFENSE CONTRE L'INVASION 113

LES RAPPORTS AU SOL : BASE DES RAPPORTS SOCIAUX ? 114

AUTONOMIE ET COFIESION DE LA COMMUNAUTE 114

LE SENS SYMBOLIQUE DE LA TERRE : PROPRIETE ET COMMUNAUTE 115

EVOLUTION ET AVENIR DE LA COMMUNAUTE 116

La Vizcachera --introduction

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De Campos à « La Vizcachera »

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J'étais allée plusieurs fois à Campoy --quartier qui se trouve aux confins du district de San Juan de Lurigancho, (district le plus peuplé de la ville, principalement issu des migrations à Lima avec près d'un million d'habitants) dans le Cône Este. Derechef je m'y rendais parce qu'en février, c'était l'époque des carnavals et beaucoup de provinces péruviennes réorganisent cortamontes ou jalapatos3, à la mode de leur communauté, dans Lima. En l'occurrence c'était la fête d'une communauté d'origine andine, de la province de Churcampa dont je revenais !

Campoy fait en quelque sorte figure de « siège » de nombreuses associations de « provincianos »4, un certain nombre de districts ou de provinces du Pérou y ont acheté un « local », à. toit ouvert... probablement en raison du coût moins onéreux des terrains quand le quartier était encore peu habité... (Il y avait encore des champs jusque dans les années 85 grâce à une bonne irrigation). A ce niveau de Campoy, je pensais être au bout. Là où, enfin, on peut voir que la ville s'arrête, pour laisser place au relief...Au loin, on ne voyait plus que des collines arides. Nues. L'habitat semblait s'arrêter en haut de cette grande avenue sans asphalte, pollué par le constant défilé de bus qui l'empruntaient, arrivant à leur terminal, en haut de la rue. Aurait-on imaginé que d'autres lieux de vie existaient encore là-derrière ?

Plus tard, en m'informant sur les différents quartiers de Campoy, j'apprenais l'existence de l'un d'eux, avec des maisons assez récentes, qui vivait en partie du recyclage des déchets. On me donna alors le contact d'une soeur (Francesca), habillée en civile, qui y vivait.

A priori, c'était ce que je pensais chercher : des gens venant surtout de la partie centrale du Pérou (sur laquelle je tentais de me spécialiser !?) en l'occurrence des gens arrivés depuis peu, et notamment primo-arrivants (qui ne soient pas des enfants d'immigrés), même si le quartier ne venait pas de « naître », et avait déjà plus de 25 ans. Francesca travaillait au comedor popular5 et m'emmena voir les femmes qu'elle connaissait par le biais de ce lieu de partage entre femmes, et ainsi de suite.

Extrait d'une nouvelle de Jaune Bailv. auteur péruvien. Lima est un terrible et épouvantable mélange,

Avant. les blancs étaient à Lima et les indiens dans la Sierra »J

2 Lima est divisée en 3 cônes, pour ses parties périphériques (le cône nord, le cône est et le cône sud) ce sont les immigrés qui sont venus peu à peu s'installer aux alentours de la ville, en bordant ses collines, puis en s'éloignant de plus en plus, formant ces « cônes » entre les trop hautes collines

Cortainonte et lalapato sont deux sortes de rituels ludiques, toujours accompagnés de boissons alcoolisées (chicha-boisson fermentée à base de maïs, cadi'', et bière pour les plus aisés...) La finalité étant de désigner, par le jeu, les prochains organisateurs de la fête, les « mmywdomos »

4 On enregistre des centaines d'associations de provinciaux. Elles regroupent des émigrés d'une province ou d'un district du Pérou (les associations régionales --soit départementales, étant plus aisée et ayant leur siège dans les quartiers centraux...) et organisent surtout les fêtes du lieu (carnavals, fêtes patronales, fêtes coutumières, rencontres sportives (foot), etc.)

5 Cantine populaire. organisation de base, féminine et communautaire. présente dans de nombreux quartiers. C'est à partir d'elle que naît une certaine cohésion et organisation, et elle permet

J

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« Buenos dias hermanita6 »

C'est ainsi que quelques-unes m'appelèrent « hermanita7 », par analogie avec la soeur, puisque, de surcroît, nous étions du même pays. Cette connotation quelque peu affective, permettait de pas entrer dans des relations trop instrumentalisées (j'ai vite renoncé à expliquer que je n'étais pas soeur, là n'était finalement pas la raison de cette appellation...), les autres s'en tinrent à « setiorita », et pour les plus vaillantes, à prononcer mon prénom ! Cette drôle d'appellation8, malgré une présentation en tant qu' « étudiante en anthropologie, française, faisant une investigation sur les migrations et les origines des gens venus à Lima », me permettait peut-être de gagner plus vite la confiance des gens, parce qu'il y avait un certain rapprochement avec quelqu'un de connu et apprécié faisant union avec les femmes, une sorte de recommandation, comme elle fonctionne si bien au Pérou.

Peut-être mes rencontres, dans un premier temps, dépendraient de cette approche et, on pouvait le croire, se feraient avec (et de manière exclusive) la communauté chrétienne (communauté parmi d'autres --évangélique, paysanne, association d'acheteurs...certaines pouvant s'enchevêtrer, s'allier ; d'autres, en plein affront... !) Ce ne ffit pas le cas et peu à peu, on me commentait des problèmes latents qui semblaient être le centre de leur préoccupation ; j'entrais alors dans un jeu de conflits et d'alliances qui paraissait presque sournois, aux débuts, mais me révéla le lien fondamental qui influençait les rapports sociaux...

C'est à travers de ce que j'ai pu voir, mais surtout échanger, et donc à partir des propos des
gens, que je comprendrais les rouages qui font et défont la Vizcachera. Discours qui sont
autant de manières de dépeindre leur réalité et celle des autres, et de livrer un regard
rétrospectif sur leur vie, de commenter le quotidien empli d'espoirs et de questions
prospectives sur la communauté. Il n'est pourtant pas aisé de prendre en compte ces dires, en
cela qu'ils paraissent parfois se contredire (regards qui évoluent au fil des entretiens ?)
Adaptation de l'image que l'on veut montrer. Des rencontres, parfois, trop succinctes... Mais
c'est dans ces discours, aux

apparences paradoxales, que

demeuraient peut-être les

représentations et manières de se dire, selon l'intérêt de la situation et l'interlocuteur qui se trouve en face, discours à l'aune de la confiance qui peut naître et, a fortiori, du temps qui passe...

« Petite soeur ». littéralement

s J'étais, selon le cas, lors de mes rencontres au Pérou. serwrita, « gringuita « vecina » (voisine). et, heureusement « amiga » (amie)

L'arrivée à la Vizcachera

C'est donc après bien des détours (finalement pas si inopportuns) que je suis arrivée à la Vizcachera. J'ai été séduite par cet endroit presque invisible, flanqué derrière les collines qui entourent Campoy Chemin faisant, je suis aussitôt saisie : le « cobrador9 » de la « combi » de l'une des seules lignes qui vont au-delà du terminal des bus (au fin fond de Campoy) pour monter s'aventurer à la Vizcachera, m'exonère des 50 centimes (de Sol- la monnaie) qui lui sont dus ! Quel accueil : ne pas faire payer à une « gringall »!! (Peu de gens y montent --ils, à mon instar ? Ce monde serait-il régi par d'autres codes ?!...) Ce sera d'ailleurs la seule fois que cela arrivera... un signe de bienvenue ?

En bas : le quartier de Campoy et sa longue avenue qui mène à l'entrée de la Vizcachera. Sur la droite, se déploie à travers les collines la porcherie, qui a fait naître le quartier

En allant vers la gauche, on en sort pour aller vers les habitations qui vinrent jouxter la porcherie

La route qui s'introduit dans les collines terreuses de la porcherie croise celle qui mène à la partie habitée, fondée après. Nous sommes à l'Est de Lima, dans la formation des Andes. C'est pour cela qu'il ne s'agit pas, comme dans les quartiers longeant le littoral, de dunes de sable.

9 « Cobrador » je n'ai pas vraiment de traduction. C'est « celui qui fait payer ». Mais c'est surtout un sacré roersonnage dans la folie des transports au Pérou I

Dans la hiérarchie des «bus c'est le plus petit (et inconfortable I) et souvent le plus informel.

A la base, les « gringos » sont les nord-américains... mais l'amalgame du fait de la couleur de peau (et sûrement du côté « occidental » et nanti) inclut désormais tous les «blancs », européens comme nord-américain. On peut d'ailleurs appeler quelqu'un de la sorte (au même titre que « ehino » (chinois), « gordo » (gros), etc.) sans que ce soit (trop !) insultant, en y ajoutant le diminutif --ito : gringuito/a....

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I,ors de la montée, on s'arrêtera en chemin afin d'emprunter la « bretelle » conduisant dans la soue si l'on veut s'y rendre. A la fin de l'ascension, on arrive sur un grand plateau... des habitations sont dispatchées sur différents flancs, et sur la pampa qui s'étend jusqu'à donner, à l'autre bout, sur une autre vallée que l'on entraperçoit... Qui aurait soupçonné l'existence d'habitants derrière les collines...

Où sommes nous ? La frontière de « Lima Metropolitana » est franchie, il s'agit déjà de la province de Huarochiri qui se trouve à la sortie, fond de toile verdoyant grâce à ses cours d'eau qui alimentent la vallée encore un peu agricole et, notamment, « Campo Fé », un des cimetières les plus grands et luxueux (les plus grands espaces verts de Lima seraient-ils ces cimetières ?!) : c'est un peu le poumon de ce quartier ce quartier des plus arides, sans eau.

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Un mur sépare la Vizcachera de cette vallée ; la séparation physique et sociale entre les riches et les pauvres ? Mais avant ce mur se trouve le « hueco 12 » qui reçoit les déchets (de construction - précisions-le) de toute la ville. La population se réjouit de recevoir l'air pur venu de ces aires verdoyantes (en sautant le hueco, probablement contaminé ...

On peut y voir des gens affairés au tri...

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Les arbres ne font pas partie du quartier...

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De l'autre côté du trou....on peut


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voir le remplissage qui s'y opère... On fond, le long, entre cerro et hueco, quelques habitations...Certains viennent d'en bas, dans le trou, mais le

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remplissage faisant, ils ont du

remonter la pente...

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12 « El hueco » : le trou, ancienne mine de sable. Au fond du quartier, bordé par des habitations, qui recule peu à peu car on l'utilise comme réceptacle lucratif des déchets de construction....

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