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La migration andine, rapport à la terre et conquête de la ville. Entre Huancavelica et la Vizcachera. De la Sierra à Lima.

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par Tiphaine POULAIN
Université Paris VII - Denis Diderot - Maitrise Ethnologie 2005
  

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Retour sur la migration à Lima

Ces conflits liés à la propriété communale (dans les Andes) se retrouvent aussi dans quelques situations de discordes liées aux terres de Lima.

A la Vizcachera, le système des terres communales dit « inaliénables » (rurales mais côtières, ce qui est différent) a engendré un conflit aux mesures disproportionnées. Les autres quartiers qui rencontrent cette même rivalité sur le statut d'occupation des sols, sont confrontés à une situation analogue

Il serait également intéressant de mettre en lien le rapport à la terre des paysans avec cette conquête de la propriété que l'on constate dans la migration.

Les migrants attachent donc une réelle importance au statut d'occupation du sol, en d'autres termes à la propriété. Cela se joue à un double niveau. Individuel, avoir son terrain et sa maison à soi revêt un caractère fondamental chez eux. Communal : lutter ensemble pour la reconnaissance de la propriété privée, et appartenir à un territoire donné dont les règles et les rapports semblent d'ordre communautaire.

A Lima, conquérir la propriété, c'est obtenir un statut, une reconnaissance sociale dans les dissensions urbaines et une assise dans une situation économique difficile. Lutter sur un territoire commun, c'est aussi consolider sa nouvelle identité et son appartenance à un groupe.

Il n'est pas vain de se demander si l'accès à la terre dans la Sierra influe sur leurs conditions et donc sur la migration. En effet, les conditions de vie sont plus difficiles pour quelqu'un qui ne jouit pas de terres et elles amènent plus volontiers à rechercher d'autres possibilités, par la migration. Mais cela n'est peut-être ni le seul ni le premier facteur de migration, et l'on a vu et voit encore des paysans laisser leurs terres aux bons soins des autres, ou les revendre.

Que font-ils de leurs terres quand ils s'en vont ? ?

« Ils vendent oui, mais plus couramment ils les gardent. Le problème, c'est toujours que si quelqu'un vient sur la terre d'un autre et que ce dernier est absent il peut la lui usurper !! » D'après Jala Uma (voir § « le droit à la terre »)

« Mon père a gardé ses terres, mais il ne va plus les cultiver, connue avant. Mais il l'a 1011.1011r là-bas. Il les CI laissées entre les mains de ses frères là-bas... le problème là-bas, c'est que quand tu n'es pas là, ils prennent ton terrain... Et ici, il est avec les chanchos...làbas aussi, il a du bétail, mais différent...ce sont des vaches, des moutons... » Une jeune femme de la Vizcachera.

En revanche, certaines terres semblent jouir d'un certain respect des gens me disaient que les terres de telles personnes, on les respectait. On sait très bien que ce lopin de terre appartient à "Untel", et on n'y touche pas

Nombreux sont ceux qui les louent à des gens qui n'en ont pas ou peu.

Soit, d'autres les exploitent et ils partagent les récoltes ; c'est néanmoins souvent à un neveu, un oncle, un parent qu'ils confient les terres... Certains reviennent régulièrement pour semer et récolter, mais cela est plus rare.

Soit, ils les vendent, mais c'est un peu plus compliqué dans la mesure où une partie des terres est communale et une autre individuelle ; souvent elles ne sont ni formalisées ni registrées. Certaines régions, où elles ont été individualisées, favorisent peut-être ce choix.

Ou sont-ils enterrés ?

Les personnes plus âgées, dont le lien à la communauté et son territoire est plus fort, émettent le souhait d'être enterrées dans « leurs terres ». Ainsi, implicitement, elles retransmettent leur lien à la terre d'origine à leurs enfants. Désireux de visiter leurs proches, nombreux sont ceux qui « fréquentent » les cimetières à Lima, et, s'ils le peuvent, occasionnellement dans la Sierra.

Le nombre de cimetières, des plus informels (flanqués dans les collines auprès des maisons) aux plus luxuriants, est à l'image des "invasions" et arrivées fulgurantes des Andins à Lima. Visitées régulièrement, beaucoup de tombes d'immigrés donnent une image des pratiques liées à la mort par les objets significatifs qui y sont déposés.

de tombes... qu'un mur sépare

A la Vizcachera, le cimetière se trouve à plus de 30 minutes de marche dans les collines environnantes. On le nomme : « le cimetière des pauvres », probablement parce qu'il se trouve à la limite de cet opulent parc parsemé pour rappeler que ce sont deux mondes qui s'excluent... ?

AiFY C'est vers la gauche qu'il faut

se diriger pour accéder au cimetière, entre les collines, sur un site archéologique funeste. Ces arbres séparent les collines arides de la vallée fertile, avec le cimetière luxuriant de

1 Campo Fé. (Cf. introduction

Vizcachera)


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Certaines croix comme ci-dessus, portent des symboles andins, comme le soleil et la lune (et 1 ' échelle)

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Les migrants et la terre de l'invasion à la "formalisation"

L'invasion

Il est question d'invasion dans la partie sur la Vizcachera. C'est ce mode presque usuel et banal d'occupation d'un terrain par un groupe de personnes, de familles plus précisément qui décident d'en prendre possession afin d'y élire domicile.

Généralement, c'est au cours de la nuit que les protagonistes viennent avec leurs esteras pour y construire leur maison, qui verra jour dès le lendemain, telle une "cabane"... Ce sont souvent les migrants (ou des enfants de migrants) "en attente de terrain" qui viennent envahir, et donc s'approprier le lieu. Ils conquièrent des lieux "vierges", sur les collines vertigineuses de Lima, encore inoccupées, de plus en plus ingrates (étant donné la rareté croissante des terrains).

Si ce n'est pas la façon dont a été occupée la Vizcachera, c'est ainsi que se sont constitués de nombreux quartiers de Lima. La Vizcachera est d'ailleurs sujette à ce mode d'invasion contre laquelle elle lutte.

Dans le journal, on peut régulièrement lire qu'il y a eu une nouvelle invasion à tel endroit. Parfois, c'est en couverture, parce qu'il y a eu des conflits, des « guerres » entre « irwasores » ou avec les voisins ou encore les éventuels propriétaires... Il y a peu, on a pu assister à une invasion organisée par les autorités : il fallait reloger toute une population qui

20 ,'Envahisseurs"

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faisait exploser le district de Villa el Salvador, et quelques familles d'autres quartiers... Cette invasion a eu lieu sur les dunes de Ventanilla (district de Lima): c'est la naissance de Pachacutec... Parfois, ceux sont les municipalités qui les déclenchent pour augmenter leur électorat...

Historique de l'invasion dans la migration Ce phénomène a commencé dans les années 40, où l'on voit apparaître un système d'urbanisation informel basé sur l'appropriation illégale des terrains de l'Etat, municipalités ou privés, ou aux abords de terres agricoles21, par des pobladores en carence de logement, alors convertis en « invasores ». Il s'est intensifié avec l'augmentation incontrôlée d'immigrants venant de province, en quête de meilleures conditions de vie à la ville. José Matos Mar22 fut un des premiers à en parler et à souligner qu'il se présente de manière spontanée et organisée dans la périphérie urbaine. Selon Christophe Martin23' c'est "un terrain à faire". « L'invasion est comme une victoire sur la vie et la nature qui en est la clé. Pour que cela devienne un « chez soi ». Mais, ils vivent toujours dans le danger du « desalojamiento » (délogement). La fondation est un moment sublimé ».

L'invasion a pris d'autres dimensions aujourd'hui. Elle n'est plus seulement le moyen sine qua non pour obtenir une terre à habiter, puisqu'elle est devenue l'apanage des "trafiquants"de terrains, spéculations aidant... On dit souvent que des familles viennent envahir pour laisser les terres à d'autres membres de leur famille, ou qu'ils envahissent ci et là, dans un but lucratif et recommencent ailleurs (une invasion).

Un vocabulaire presque "guerrier" se retrouve dans cette migration : "conquête", "lutte", "invasion", "défense". Cela nous montre peut-être la représentation que se font les gens de la migration. Migrants ou citadins, tous parleront d'invasion, des combats qui lui sont liés. La lutte est une dimension que les migrants semblent s'approprier. La conquête, c'est ce que l'on peut constater dans cette façon de venir "habiter" la ville.

L'invasion peut nous paraître insolite et inconcevable en tant que mode d'accès à la terre. C'est pourtant si banal à Lima ! Si cette pratique existe dans les terres andines, c'est plutôt en tant que "débordement" sur d'autres parcelles, lorsqu'on les considère trop exiguës ou mal délimitées, ce qui est foncièrement différent. Mais ceux sont quand même les immigrés à Lima qui ont développé cette possibilité d'accès au sol, lorsque la ville n'était pas prête à leur octroyer un logement (aujourd'hui encore)

La formalisation à Lima, par l'institution COFOPRI

Si la formalisation de la propriété est en cours dans les Andes, elle l'est aussi depuis quelques années à Lima pour régulariser toutes ces terres...

Voilà ce que commente un juriste, Marta, qui travaille dans le programme COFOPRI, à Lima.

« Dans le Sierra, souvent, il s'agit d'une propriété de fait. S'ils ont des titres, c'est de leurs ancêtres. Ils ne sont pas "registrés".

Les migrants s'approprient, ils prennent le pouvoir, ils prennent possession d'un terrain. De fait, ils vendaient sans documents, par possession, parce qu'ils occupaient. .11y a pourtant des

21 Lima était une petite ville, et autour, les terres cultivées de l'oasis de Lima, qui ont peu a peu été envahies.

22 José Matos Mar. Desborde popular y crisis del estado. El nuevo rostro del Peru en la decada de 1980

23 Christophe MARTIN. Ethnologie d'un bidonville de Lima, le petit peuple de Tupac Amaru.

façons de régulariser ! (Celles de l'état, par adjudication ; les privées, par prescription acquisitive)

Les invasions :

« Les gens sont habitués, quand ils voient des terrains libres, à les occuper et parfois comme ça ils en ont plusieurs et ils le donnent à. leurs enfants, par exemple... Ils abusaient et ils vendaient C'est parce que les gens sont habitués "à ce qu'on leur donne"! Cela peut arriver que des voisins jettent quelqu'un pour pouvoir avoir accès à ses droits.

Notre but : empêcher les invasions !

« Parfois il faut reloger les gens, parce qu'il y a des cas où l'on ne peut pas formaliser la propriété, mais souvent, les gens ne veulent pas. (Diagnostic de zone minière, archéologique ou d'irrigation)

« L'Etat avait donné des terres aux gens pour quelque chose de bien spécifique, bien déterminé : semer ou avoir du bétail. En fait, ils ne le firent pas mais à la place, vendirent ces terres ! Maintenant, l'état doit récupérer ses terrains !

« Pour les propriétés de l'Etat (PE) : il faut formaliser la propriété collective, Mais on ne peut pas formaliser les maisons individuelles.

« Voilà : notre action c'est de formaliser en masse, par groupes humains et puis par personnes individuelles ».

« L'idée, c'est de formaliser un lot, et c'est fait, mais les maisons aussi en registres publics pour qu'ils puissent hypothéquer, subdiviser, etc. Pour se faire, il faut réussir l'inscription aux registres publics. Les municipalités donnaient des titres sans le faire : à quoi bon ? Sans ces registres, ils vendaient à 3 ou 4 personnes et au final, il y avait plusieurs propriétaires ! »

Pendant ce temps, les gens luttent de leur côté pour pouvoir obtenir les titres de propriété essentiels à la pérennisation de leur logement. En outre, beaucoup d'institutions (de l'état) ne peuvent pas intervenir dans l'installation d'infrastructure (installation de l'eau, de l'électricité), tant que l'occupation des sols n'est pas "formalisée". On voit des quartiers se développer beaucoup plus vite que d'autres. Une des principales raisons réside dans la résolution des conflits et des jugements. Bien souvent les gens se sont installés sur des terres à leurs yeux "inoccupées", donc n'étant la possession de personne, qui sont ensuite revendiquées par un ou plusieurs propriétaires (l'un se présentant pour réclamer ses droits puis subséquemment un autre, revendiquant une propriété plus ancienne donc plus certaines... )!

Dans un district de Lima, par exemple, les dirigeants de tous les petits quartiers ont fondé une association pour aider les quartiers et les habitants dans la lutte pour la propriété. C'est le "Fridepz" : front indépendant de lutte pour la propriété de Zapallal, que j'ai connu par Leoncio.

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Territoires et propriété

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De l'importance du territoire commun

L'exemple de la Vizcachera illustre très bien le sens du territoire d'un groupe, appelé communauté (dans le cas de la Vizcachera) ou pueblo25 (pour les quartiers de Lima), qui par la participation de tous, a permis de construire un lieu de vie sur un espace inhabité (qu'on pourrait juger inhabitable). Dès lors, la cohésion du groupe semble revêtir une importance fondamentale. Défendre son territoire --dans la Sierra comme à Lima, est une dimension importante, et la lutte est évidente. L'espace commun semble enraciner l'appartenance, constructrice de l'identité.

Au-delà, il semble indispensable d'"habiter" --au sens strict de terme- le terrain que l'on a obtenu. Non seulement on est prêt à le défendre coûte que coûte contre la menace des "envahisseurs", mais aussi, il faut mériter son terrain, il faut le nécessiter. Dans certains quartiers, il est arrivé que des maisons soient "virées", ou des terrains récupérés parce que le pueblo (du quartier) estime que la personne n'est pas présente (ou autres raisons). Le concerné, en revenant, ne trouvera plus sa demeure... Le terrain sera alors redistribué à quelqu'un d'autre par l'assemblée directive du lieu. On assiste alors à des situations assez violentes dans le rapport à l'espace, mais cela a probablement son sens dans la manière de le concevoir. Le terrain ne doit pas être un lieu de spéculation et la présence sur celui-ci, et donc au sein du groupe, est primordiale. Attachement à la terre ?

Protection du soi, mais aussi repli sur soi...

Des "murailles" protègent beaucoup de quartiers. Les maisons "en dur" sont à Lima entièrement barricadées par des barreaux, et les rues commencent à être « fermées » : des grilles dans le pâté de maison filtrent les entrées indues. Cela reste à peu près "normal", et la tendance s'élargit aux quartiers récemment urbanisés (comme Zarate par exemple) dans les

nouveaux districts. Mais l'"enfermement"

Mil. ne I peut aller très loin, et c'est cela qui selon

moi, devient dangereux. Le cas le plus

le scandaleux (en première page du journal à

plusieurs reprises) ffit celle d'une maille

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Titre photo : maille de la discorde. Source :El comercio, 11 mai 2005

24

Étude anthropo-juridique. Ibid.

25 Le pueblo est à la fois le lieu (village, quartier...) et le groupe (le "peuple")

Cela rappelle le mur qui sépare la Vizcachera de la vallée fertile de Huarochiri... (Cf photo dans l'introduction à la Vizcachera)

Ces thèmes (violence de l'espace --retrait du terrain ou barrières) serait intéressant à approfondir, mais malheureusement, je ne dispose que de quelques anecdotes et témoignages, qui ne permettent pas d'appréhender réellement le sens d'un tel phénomène.

Le sens de la lutte vers la propriété

Comme on a pu le voir à la Vizcachera, les terres n'échappent pas aux appétences spéculatives... On entend aussi beaucoup parler de trafics de terrains, et les habitants mêmes (outre les entreprises) entrent dans le jeu. Participer (ou organiser) à. une invasion, c'est aussi prendre possession du lieu, l'aménager26 (avec les autres familles) pour pouvoir le "revendre" Il y a toujours beaucoup de gens "en attente" (donc en location) de terrain, espérant un jour pouvoir "acheter" leur terrain et construire leur "chez eux". Comme partout, la valeur peut vite augmenter...

La propriété peut donc être aussi considérée comme un moyen sûr qui garantit la possession, toujours sujette à des invasions, des expulsions, des relogements, des limites au développement, etc.... L'obtention du "titre" semble être la victoire...

Est-ce aussi le moyen pour le migrant ?

Cela a-t-il un lien avec l'importance dans la Sierra d'avoir sa propre terre, pour les paysans et habitants de la Sierra ? Finie la culture --agricole (encore que, beaucoup prennent soin à faire pousser des plantes devant chez eux, malgré la carence en eau...un peu de verdure, au milieu du désert !), mais les animaux se promènent un peu partout autour des maisons! L'élevage reste une activité largement pratiquée, mais adaptée...une façon, plus citadine... ?!

Peut-on penser qu'il s'agit aussi d'une victoire (on parle de lutte, non ?) sur le sol, pour ceux qui n'avaient jamais eu ("là-bas") de terres, et qui vivaient difficilement en louant celle des autres... ou tout simplement une victoire sur la ville ?

Du point de vue des habitants, le poids du collectif protège par la propriété communale, mais le statut individuel ouvre sur de nouvelles possibilités, celle du monde d'aujourd'hui (garantie, hypothèque, revente...).

C'est aussi peut-être aussi un nouveau modèle --encore une fois! -- qui s'instaure et devient nécessaire, parce que le inonde extérieur (dans le sens « extérieur au groupe ») suit cette direction. Mais quelles conséquences cela aura-t-il ?

26 L'aménager revient souvent à aplanir k lot (souvent en pente) afin de le rendre constructible

SAYAD, à travers l'exemple algérien, remarque que la migration était "devenue une entreprise individuelle dépouillée de son objectif initialement collectif'. On pourrait également s'interroger sur la double dimension, collective et individuelle, de la migration à Lima, et quelles en sont ses tendances actuelles. Si la migration permettait, comme le souligne Lida Aguirre, à la communauté de retrouver vie, qu'en est-il aujourd'hui ?

Les liens de la migration d'une partie de la communauté changent-ils de caractère ? Le parcours individuel à travers la "casa propia" (et la propriété) et la réussite sociale s'inscrivent dans la lutte au sein du quartier, de la communauté.

L'accès à la propriété --comme symbole d'un « chez soi », d'une réussite sociale semble donner un sens à l'existence dans le nouveau contexte, tout en s'intégrant dans une dynamique communautaire.

En quittant la leur, ils ont besoin de reconquérir une terre pour démarrer une nouvelle existence.

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La propriété est aussi la condition pour avancer et espérer obtenir plus d'aide pour se développer. Ces formes d'occupations de l'espace et du sol semblent s'inspirer du rapport à la terre important dans les Andes et des préoccupations d'aujourd'hui.

C'est le problème rencontré par les déplacés du terrorisme qui ont perdu leurs terres et trop souvent, n'en ont pas retrouvées d'autres (cas du district près de Pampas, Tayacaja)

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus