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La problématique de la gestion des ressources humaines dans les administrations publiques en République centrafricaine : cas du ministère de la santé publique, de la population et de la lutte contre le sida.

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par Rénée sylvie NDEDOUMA
Université de Bangui - maàtrise en droit publique 2008
  

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LA PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DES

RESSOURCES HUMAINES DANS LES

ADMINISTRATIONS PUBLIQUES EN

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : CAS DU

MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE, DE LA

POPULATION ET DE LA LUTTE CONTRE LE

SIDA

INTRODUCTION

La santé reste de tout temps et en tout lieu un défi à relever par les communautés humaines tant opulentes que défavorisées. C'est ainsi que les Etats de la planète réunis au sein de l'Organisation des Nations Unies ont très tôt perçu la nécessité de conjuguer leurs efforts, de mettre en commun leurs ressources et leurs compétences afin de garantir quantitativement et durablement le bien être physique et morale de l'humanité toute entière, d'où la naissance de l'organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1948.

Dès lors, expertises, investissements, stratégies et slogans en matière de santé se sont succédés sous forme d'appoint aux initiatives nationales des Etats membres.

La république Centrafricaine, membre des Nations Unies et de l'Organisation Mondiale de la Santé à l'instar des autres pays membres a souscrit aux différentes conventions relatives à la santé sous l'égide de l'OMS.

Dès les indépendances, la couverture sanitaire de l'ensemble des populations était presque assurée par l'Etat, appuyé par l'aide au développement accordée aux pays du Tiers-monde en général et l'Afrique en particulier.

Vers les années 70, les Etats africains vont connaître le revers de la situation. Ce revirement résulte du constat de carence qu'il n'existe pas une véritable orthodoxie dans la gestion de ces aides d'une part et aussi de la crise économique généralisée assortie des difficultés réelles des Etats nantis à faire face à leurs propres problèmes d'autre part.

Par conséquent, la nécessité de redéfinir la coopération Nord-Sud s'impose. Ainsi, depuis le milieu des années 70, de nombreux vocabulaires ont fait leur apparition dans la nomenclature de la coopération internationale tant bilatérale que multilatérale : développement autocentré, contribution au développement. Outre ces initiatives de reforme du système sanitaire, la république Centrafricaine a pu adopter multiple reformes tels ; les soins de santé primaires c'est-à-dire la santé pour tous, l'initiative de BAMAKO considérée comme une stratégie permettant à tout citoyen d'avoir accès aux soins de santé primaires et surtout la bonne gouvernance.

Ces vocabulaires qui, nous pouvons dire, conditionnent le langage des donateurs, traduisant tout simplement un idéal de responsabilisation des partenaires sociaux.

Vu d'autres termes, il s'agit de faire en sorte que les bénéficiaires se retrouvent dans les stratégies de leur propre épanouissement.

Au plan social, ce revirement de situation est marqué par le passage d'un Etat total de gratuité des services sociaux (éducation, santé, voirie etc.), au type de développement communautaire et participatif. La République Centrafricaine, pays en voie de développement, elle aussi n'est pas en marge de cette réorientation des politiques de développement social.

La pression internationale exercée sur les pays en voie de développement en général et la République Centrafricaine en particulier pour qu'elle réajuste son économie a plus ou moins, anéanti ses pouvoirs et ses capacités à fournir des services sociaux à sa population. Afin de satisfaire la volonté de ses donateurs d'une part et de développer son propre

épanouissement d'autre part, diverses tentatives d'ajustement ont été entreprises par l'administration Centrafricaine. C'est ainsi qu'une haute commission chargée de définir une nouvelle politique du personnel de l'Etat a été créer par décret N°91.154 du juin 1991 ; elle déposera ses conclusions le 17 juillet 1991 dans un rapport de faisabilité comprenant en outre, une stratégie d'implantation et un calendrier d'application des recommandations relatives à la mise en place graduelle d'un système de gestion des Ressources Humaines fondé sur les tâches à accomplir et sur les résultats à produire pour répondre aux besoins de l'administration et de la population.

De ces recommandations, seront issus l'ordonnance n°93.008 du 14 juin 1993 portant statut général de la fonction publique centrafricaine ainsi que le décret n°94.041 du 02 février 1994 portant définition des règles d'application du statut général et adoption par la même occasion du guide normatif de classification et de gestion des emplois.

L'ensemble, mis en vigueur en janvier 1996 à la faveur de la nouvelle loi des finances sera amendé par la loi n°99.016 du 16 juillet 1999 et le décret n°0.172 du 2000 qui régissent aujourd'hui, la gestion du personnel de l'Etat en général et celui de la santé publique de la population en particulier, selon le système d'emploi.

Le ministre de la fonction publique est responsable de l'administration (1), de la gestion des emplois et des dossiers des fonctionnaires et des agents de l'Etat. Il est chargé d'élaborer et d'appliquer tous les textes législatifs ou réglementaires concernant la gestion des emplois. Il à la responsabilité du contrôle des effectifs de la fonction publique, de la masse salariale et de la gestion prévisionnelle des effectifs.

Ainsi, certaines de ces prérogatives seront-elles déléguées à chaque département ministériel pour une gestion adéquate de ses ressources humaines, tel en sera le cas du ministre de la santé publique et de la population, qui exerce à l'égard des fonctionnaires et agents de l'Etat placés sous sa responsabilité, les pouvoirs subsidiaires de gestion des ressources en général et des ressources humaines en particulier afin d'assurer le développement, la mise en place et l'application des politiques favorisant la réalisation des objectifs de l'Etat et de fournir des services adaptés aux besoins de la population en matière de la santé.

Selon la définition de l'OMS, la santé est « un état complet de bien être physique, moral et social et ne consiste pas seulement en l'absence de maladie ou d'infirmité ». En d'autres termes, la santé est l'absence de pathologie dans le corps, absence de tare au niveau des relations interpersonnelles, des rapports sociaux, de l'existence sociale.

Or, la situation sanitaire reste très précaire en RCA. On note en effet une insuffisance des infrastructures des soins (une formation sanitaire pour 6000 habitants et un lit pour 1035 habitants (2), qui sont pour la plus part vétustes et sous équipées. Cette situation s'est aggravée avec les derniers évènements militaro-politiques ayant pour conséquences le pillage et les destructions massives.

Les ressources humaines sont insuffisantes en quantité et en qualité et sont mal reparties : seulement 17% des médecins pratiquent à l'intérieur du pays et 90% des sages femmes exercent à Bangui où vivent 40% de la population. Ce déséquilibre en personnel vient d'être aggravé par les dernières crises qui ont secoué le pays privant ainsi certaines régions de leur personnel qualifié déjà insuffisant. A cela s'ajoute l'insuffisance de renforcement des compétences des personnels.

Depuis 1994, suite aux recommandations de la conférence internationale pour la population et le développement (CIPD) tenue au CAIRE et autres rencontre organisée par la communauté internationale relative à la santé, la République Centrafricaine a mis en place une politique de santé dénommée plan national de développement sanitaire (PNDS) qui permettra à chaque centrafricain et centrafricaine d'avoir un accès aux soins équitables.

Face à la situation sanitaire désastreuse que nous venons de retracer brièvement, la question fondamentale et préoccupante qui se pose en ce moment est celle de savoir comment le ministère de la santé publique et de la population peut-il orienter la gestion de ses ressources humaines afin d'atteindre son objectif en matière de santé pour tous ? Autrement dit, quelle stratégie adoptée pour mieux gérer ses ressources humaines afin de résoudre l'épineux problème de santé qui se pose à la population centrafricaine ?

Répondre à cette question posée reviendrait à présenter le ministère de la santé publique et de la population avec analyse de la situation de ses ressources humaines dans une première (I) partie, ce qui nous conduira ensuite à nous appesantir sur les différents problèmes liés à la gestion des ressources humaines, les axes stratégiques et les perspectives d'avenir ce qui fera l'objet de notre seconde partie (II).

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