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Besoins non satisfaits en planification familiale au sein du couple en république démocratique du Congo, déterminants. analyse des données de l'eds-rdc2007

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par Jocelyn MANTEMPA NZINUNU
Université de Kinshasa - licence en démographie (sciences de la population et du développement) 2007
  

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2. Problématique

Depuis la Conférence d'Arusha (janvier 1984) qui préparait les prises de position africaines à la conférence de Mexico (août 1984) et l'adoption du programme d'action de Kilimandjaro, les milieux politiques africains s'affirment beaucoup plus favorables à la planification des naissances, conçue comme un droit au «bien-être» et un élément important d'une politique de santé. L'expérience africaine des années soixante dix : sécheresse, désertification, récession économique, urbanisation rapide, chômage des jeunes, a renforcé l'intérêt pour la maîtrise de la croissance démographique (Gubry, 1988; Sala-Diakanda, 1991).

La conférence internationale du Caire de 1994 a été une occasion pour faire le point sur les progrès accomplis et pour proposer de nouvelles actions. C'est au cours de cette conférence que le concept de SMI/PF sera remplacé par celui de la santé de reproduction qui tient davantage compte de la stérilité, des individus, du couple et de l'enfant. Malgré ces améliorations, la toile de fonds est restée la même : la recherche de l'amélioration du bien être familial par la baisse de la croissance démographique. Pour ce faire, parmi les six déterminants proches de la fécondité (la nuptialité, la pratique de la contraception, l'allaitement, l'abstinence post-partum, la stérilité et l'avortement), la CIPD a privilégié la pratique contraceptive. L'idée de base était donc d'un programme de planification familiale avec des services de qualité, bénéficiant d'un soutien des autorités politiques et appuyé par des activités de sensibilisation du grand public. Cela, pour entraîner des changements de comportements en matière de procréation (NZITA, 2008).

Or, les déclarations officielles dans une enceinte internationale ne valent pas modification des règlements, des lois, des prises de position qui contrôlent, dans la vie quotidienne d'un pays, l'accès à la planification des naissances. Il existe une grande diversité des attitudes dans les décisions concrètes au sein de chaque pays. I1 arrive même que les positions officielles, prises à l'extérieur, soient très peu ressenties à l'intérieur du pays (Locoh, 1989).

Les programmes de planification familiale en Afrique, c'est à eux qu'on pense d'abord lorsqu'on parle de programmes en matière de population, associent encore dans bien des pays ces deux réalités à la fois : des programmes ambitieux, clés en main, proposés avec une insistance croissante aux gouvernements par des organismes internationaux et une absence quasi-totale des infrastructures les plus modestes pour réaliser ces programmes. Mais le même décalage entre les ambitions affichées et leurs effets concrets dans la vie quotidienne pourrait s'appliquer sans peine à d'autres secteurs censés agir sur les familles (Locoh, op.cit).

Les résultats de plusieurs enquêtes menées en Afrique sur la pratique contraceptive révèlent qu'il faut encore beaucoup d'efforts dans la matérialisation des projets en ce sens. En dépit du manque de volonté politique dans certains pays, les rapports de genre dans le domaine de la sexualité est aussi un obstacle dans la pratique contraceptive. Ces rapports, tels qu'ils existent en Afrique subsaharienne empêchent les femmes de négocier valablement un rapport sexuel ou de décider d'une naissance. La décision en matière de procréation dépendant en effet, principalement du mari (RWENGUE M., 1997).

En République Démocratique du Congo, bon nombre des lois en vigueur, visent à la protection de la femme congolaise et à sa pleine intégration sociale. Notamment, la déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard de la femme, doc.ONU.A/RES/48/104, mais celle-ci n'accède pas encore à un statut qui lui permette de s'épanouir pleinement et de participer à la prise des décisions relatives à la taille de sa famille. Le faible taux de prévalence contraceptive de la femme congolaise en est sans doute une des preuves.

Ceci est appuyé par les résultats de MICS2 (2001), qui indiquent qu'une femme sur trois utilise une méthode contraceptive, moderne ou traditionnelle. Parmi ces utilisatrices, 27% ont recours à une méthode contraceptive traditionnelle et seulement 4% à une méthode contraceptive moderne pour prévenir une grossesse non-désirée. Ces chiffres sous-estiment la réalité dans la mesure où ils n'excluent pas de la sous-population susceptible de concevoir les femmes enceintes, infertiles et celles en aménorrhée post-partum. La pratique de la contraception moderne par les femmes en union ou leurs partenaires est donc particulièrement faible.

Six ans après, les résultats de l'EDS-RDC (2007) montrent que les méthodes contraceptives sont relativement bien connues en RDC. En effet, un peu plus de huit femmes sur dix (82%) contre neuf hommes sur dix (89%) ont déclaré connaître au moins une méthode.

Mais les besoins non satisfaits en matière de planification familiale restent encore importants, puisque près d'une femme en union sur quatre (24%) en a exprimé le besoin. La majorité de ces femmes auraient voulu utiliser la contraception comme moyen d'espacement des naissances (19% contre seulement 5% pour limiter leur descendance). Le nombre idéal d'enfants étant de 6,3 pour l'ensemble des femmes et de 6,8 pour les femmes en union. Chez les hommes, le nombre idéal d'enfants est un peu plus élevé avec 7,0 pour l'ensemble des hommes et 8,0 pour ceux en union (EDS-RDC, 2007).

De ce qui précède, il apparait que plusieurs facteurs restent à la base de cette situation. Cette étude se propose donc de répondre aux questions ci-après :

- Quels sont les déterminants ou les facteurs à la base du besoin non satisfait en matière de planification familiale au sein du couple en République Démocratique du Congo?

- Les points de vue des hommes et des femmes ne seraient-ils pas pertinents dans les choix contraceptifs de leurs partenaires ? Qu'est-ce qui les empêchent d'utiliser la contraception malgré leur bonne intention ?

3. Objectifs :

3.1. Objectif général

Par ce travail, nous pensons mettre à la disposition des décideurs politiques, organismes nationaux qu'internationaux des éléments nécessaires, sur base desquels il faudra miser pour espérer réussir dans les programmes liés à la planification familiale, à moyen et à long termes.

3.2. Objectifs spécifiques

Trois objectifs spécifiques sont assignés dans cette étude, à savoir :

- (i) évaluer l'importance des Besoins Non Satisfaits ;

- (ii) identifier les facteurs à la base de la non satisfaction des besoins en matière de régulation ou de contrôle des naissances ;

- (iii) caractériser les couples ayant les Besoins Non Satisfaits  en Planification Familiale.

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