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Analyse des relations entre les femmes et les autres acteurs dans la chaine de valeur du poulpe à  Pointe Sarène, Nianing et Mbour

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par Daba NDIONE
Université Gabriel Berger de St Louis - DEA 2009
  

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UNIVERSITE GASTON BERGER DE SAINT-LOUIS

UFR LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

SECTION : SOCIOLOGIE

Module : Développement

Thème : Genre et développement

Sujet : Analyse des relations entre les femmes et les autres acteurs dans la chaine de valeur du poulpe à Pointe Sarène, Nianing et Mbour.

Présenté par : Sous la direction de :

Daba NDIONE Pr Gora Mbodj

Professeur Titulaire à l'U.G.B

Avec le concours du Réseau sur les politiques de pêche en Afrique de l'ouest (REPAO)

Année académique 2007/2008

DEDICACES

Ce travail est dédié à :

Ø Notre cher père Alioune Ndione pour l'éducation qu'il nous a donnée, son amour et son soutien ;

Ø Notre mère Soda Tine pour son amour et sa tendresse ;

Ø Nos grands frères et soeurs Djiby, Ndeye Ndew, Ndeye Fatou, Arame, Ibrahima et Assane ;

Ø Nos petits frères et soeurs Ablaye, Mansour, Mariétou et awa, puisse ce travail vous servir de modèle de référence dans la persévérance ;

Ø Nos homonymes : Daba Faye et bébé Daba Ndione

Ø Nos cousins et cousines ;

Ø Notre famille de Sanar : Pauline, Nguni, Coumba, Fina, Clarisse, François, Seynabou Sarr ;

Ø Aux membres du groupe de travail : Aîdara, Senghor, Ibnou, Hady, Moussa, Khadia, Marie Tall, Sakho, Yaye Touti, Thierno faye ;

Ø Nos chers amis Max, Marianne, Gnima, Pape ;

Ø Tout le personnel du REPAO ;

Ø Tous nos camarades de promotion.

REMERCIEMENTS

Nous rendons grâce à Allah le Tout Puissant et son prophète (PSL).

Au terme de ce travail de recherche, qu'il nous soit permis de remercier ceux qui nous ont aidés, encouragés, conseillés et encadrés dans sa réalisation.

Nous voudrions adresser nos sincères remerciements à :

Ø Pr Gora Mbodj pour son encadrement et pour tout son appui. Merci d'avoir accepter de diriger ce travail malgré votre indisponibilité et votre emploi du temps chargé ;

Ø L'ensemble du corps professoral de la section de sociologie de l'Université Gaston berger de Saint-Louis ;

Ø M. Papa Gora Ndiaye coordonateur du REPAO pour nous avoir offert l'opportunité de nous exercer dans un cadre professionnel ;

Ø M. Moustapha Kébé économiste des pêches et personne ressource au REPAO qui a bien voulu suivre avec beaucoup d'intérêt et de disponibilité ce travail ;

Ø Toute l'équipe du REPAO (Betty Diouf, Ndiaga Diop, Henriette Ramos, Siga Diop, André Bihibindi, Awa Gaye, Mata) pour l'accueil chaleureux qu'ils nous ont réservé mais aussi pour le bon climat de travail qui y règne ;

Ø Toute notre famille ;

Ø M.P pour son soutien infaillible

Ø Aux populations de Pointe Sarène, Nianing et Mbour

Ø Toutes ces personnes qui de près ou de loin ont apporté leur soutien à la réalisation de ce modeste travail


LISTE DES ACRONYMES

ADPES : Association pour une dynamique de progrès économique et social

AFD : Association Française de développement

AFET : Association des femmes transformatrices de Pointe Sarène

AJNID : Association des jeunes de Nianing pour le développement

CGRH : Comité de gestion des ressources halieutiques

CLP : Conseil local de pêche

CMS : Crédit mutuel du Sénégal

CNCAS : Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal

CNCR : Conseil national de concertation des ruraux

CNPS : Collectif national des pêcheurs artisanaux du Sénégal

COOPEC-RESOPP : Coopérative d'épargne et de crédit du RESOPP

CRODT : Centre de recherches océanographiques de Dakar Thiaroye

FAO : Organisation des Nations Unis pour l'alimentation et l'agriculture

FENAGIE : Fédération national des GIE de pêche

DITP : Direction des industries de transformation de la pêche

DPM : Direction des pêches maritimes

GIE : Groupement d'intérêt économique

GIRMAC : Gestion intégrée des ressources marines et côtières

GTZ : Coopération Allemande

MECPROPEM : Mutuelle d'épargne et de crédit pour la promotion de la pêche à Mbour

MSC : Marine stewardship council

NEPAD : Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique

ONG : Organisation non gouvernementale

PAMECAS : Partenariat pour la mobilisation de l'épargne et du crédit au Sénégal

PADER : Programme d'appui au développement rural

REPAO : Réseau sur les politiques de pêche en Afrique de l'Ouest

RESOPP : Réseau des organisations paysannes et pastorales du Sénégal

SDDR : Service départemental du développement rural

LISTE DES FIGURES ET TABLEAUX

Figure 1 : Répartition ethnique de la population de Nianing................................p31

Figure 2 : Répartition des activités économiques dans le village de Nianing.............p31

Figure 3 : Répartition ethnique de la population de Pointe Sarène........................p34

Figure 4 : Répartition de la population de Pointe Sarène par âge et par sexe............p35

Figure 5 : Cartographie générale de la chaine de valeur du poulpe..........................p46

Figure 6 : Répartition des acteurs dans la pêche et la commercialisation du poulpe.......p52

Figure 7 : Accès des femmes de Nianing aux structures de financement....................p57

Figure 8 : Matrice des relations des femmes et des autres acteurs et services...............p57

Tableau 1 : Répartition des pêcheurs et propriétaires de pirogues dans la zone de Mbour... p38

Tableau 2 : Répartition des mareyeurs dans les sites étudiés...................................p38

SOMMAIRE

Introduction..........................................................................................p1

Première partie :

Approche théorique et méthodologique

Chapitre I : Approche théorique..................................................................p4

Chapitre II : Approche méthodologique............................................................p16

Deuxième partie :

Présentation du cadre d'étude

Chapitre III : Présentation du REPAO et du projet chaîne de valeur...........................p20

Chapitre IV : Présentation des sites étudiés : Mbour, Nianing et Pointe Sarène..............p26

Troisième partie :

Analyse et interprétation des données d'enquête

Chapitre VI : Description de la chaine de valeur du poulpe.....................................p37

Chapitre VII : Les relations entre les différents acteurs de la chaine de valeur du poulpe..p47

Chapitre VIII : La place des femmes dans la chaine de valeur du poulpe.....................p52

Conclusion ..............................................................................................p59

Bibliographie ...........................................................................................p61

INTRODUCTION

La problématique du genre et développement est de nos jours au coeur des débats. En effet, les bailleurs de fonds, les ONG et la communauté scientifique sont de plus en plus conscients du rôle primordial des femmes dans la construction du développement social et économique.

Dans le secteur de la pêche artisanale sénégalaise, la question est récurrente et l'accent est souvent mis sur le rôle important que les femmes ont toujours joué dans le domaine de la transformation des produits halieutiques mais aussi dans l'appui des autres acteurs de la filière

Dès lors, dans le cadre de ce travail de mémoire de DEA, notre ambition de rendre compte des déterminants de la place des femmes dans la chaîne de valeur du poulpe à Mbour, Pointe Sarène et Nianing devient un sujet intéressant et rejoint les préoccupations affirmées dans un contexte marqué par l'impulsion de la parité et de l'implication effective des femmes dans tous les secteurs de développement.

Notre souci ici n'est pas de faire le procès des politiques dans le secteur de la pêche ni celui des acteurs de la dite filière mais nous cherchons à appréhender les diverses types de relations qui existent entre les femmes et les autres acteurs de la chaîne et leur incidence sur les activités des femmes. Nous proposons d'analyser les déterminants de la place des femmes dans la chaîne de valeur en nous appuyant sur le projet « chaîne de valeur » dans les sites de Pointe Sarène, Nianing et Mbour.

Ainsi, cette étude s'inscrit dans le cadre d'un projet de recherche-action mené par le Réseau sur les politiques de pêche en Afrique de l'Ouest ( REPAO) portant sur l'analyse de la chaîne de valeur du poulpe et les implications des schémas de certification dans la zone de Mbour : Etude des cas de Pointe Sarène et Nianing. Mais, nous avons mené des investigations complémentaires pour approfondir la problématique du genre.

Les résultats de ce travail que nous avons mené sont présentés en trois parties :

Ø La première partie est réservée à l'inventaire théorique et méthodologique de la recherche. La revue de la littérature et la démarche adoptée y sont présentées.

Ø La deuxième partie est consacrée à l'univers d'enquête traitant de la zone qui constitue notre champ d'investigation et l'institution porteuse du projet.

Ø Dans la troisième partie, nous procédons à l'analyse et à l'interprétation des résultats de l'enquête.

Cette première partie relative au cadre théorique et à la méthodologie sera structurée en deux chapitres. Dans le premier, nous exposons les bases théoriques de la présente étude. Il s'agit de la situation de la pêche et des approches théoriques développées sur la chaîne de valeur ainsi que les aspects genre (état de la question) afin d'opérer un positionnement (position du problème). L'état de la question et la position du problème constituent les éléments de la problématique.

Le deuxième chapitre traite du protocole expérimental de la recherche en retraçant l'histoire de la collecte et les techniques de recherche des données.

Chapitre I : Approche théorique

Dans ce chapitre, nous allons présenter la problématique de recherche avant d'exposer le modèle d'analyse.

I.1. La problématique de recherche

Il est question ici d'exposer l'état de la question et la position du problème puis de poser l'hypothèse de recherche.

I.1.1. Etat de la question

L'économie sénégalaise s'est pendant longtemps appuyée sur les phosphates et l'arachide. Depuis la sécheresse des années 1970 et la crise du secteur agricole qui a suivi, la pêche est devenue le premier secteur de l'économie.

Composante essentielle du développement rural, il s'agit d'une activité multifonctionnelle fortement intégrée au reste de l'économie et de la société sénégalaise. La pêche joue un rôle stratégique en contribuant à la croissance de l'économie nationale. Elle joue également un rôle capital dans des domaines vitaux tels que la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté, la création d'emplois, la création de richesses et l'équilibre de la balance commerciale du Sénégal.

La pêche est donc une source importante d'aliments pour la population sénégalaise, assurant un emploi et des bénéfices économiques à ceux qui la pratiquent. Toutefois, avec l'enrichissement des connaissances et le développement dynamique du secteur des pêches, les acteurs commencent à comprendre que les ressources aquatiques, quoique renouvelables, ne sont pas infinies et doivent être gérées correctement si l'on veut maintenir leur contribution au bien-être nutritionnel, économique et social de la population.

En effet, d'après les auteurs de la revue « pêche et environnement »1(*), « malgré son importance, le secteur de la pêche est confronté à de graves déséquilibres socio-économiques et environnementaux qui résultent de la surexploitation des ressources halieutiques et de l'utilisation de certains modes d'exploitation néfastes ». Il en découle des difficultés d'approvisionnement des marchés locaux et une diminution de l'apport en protéine des populations tributaires de la pêche. En outre, la forte propension à l'exportation de produits halieutiques du secteur de la pêche au Sénégal a conduit à une réorientation de l'effort de pêche des espèces consommées localement (pélagiques) vers les espèces exportées (démersaux) qui ont une valeur commerciale plus élevée.

C'est cette situation qui a conduit à une surexploitation des espèces démersales côtières tout en créant des tensions sur les prix des espèces consommées localement. De plus, la surpêche induit un appauvrissement d'une majeure partie de la population car la pêche constitue le principal moyen d'existence des populations sénégalaises.

Ainsi, les réflexions menées au sein du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), mettent en évidence le besoin de consentir d'urgence « des investissements stratégiques pour préserver la capacité future du secteur halieutique à contribuer à la lutte contre la pauvreté et au développement économique et social dans le continent »2(*). Les domaines d'intervention concernent l'amélioration de la gestion des stocks naturels de poissons, le développement de la production en aquaculture et la mise en valeur du commerce du poisson sur les marchés national, régional et mondial.

Ces investissements doivent s'accompagner d'un renforcement des capacités à l'échelle nationale et régionale dans les domaines de la recherche, du transfert de technologie et de l'élaboration et à la mise en oeuvre de politiques publiques.

C'est dans cette logique qu'une analyse de la chaîne de valeur de la filière pêche artisanale se révèle nécessaire afin d'exposer les réalités du secteur post-capture (transformation et commercialisation des produits pêchés) en identifiant les intervenants, les circuits et les flux de produits, et en analysant la commercialisation, la transformation de ces produits et leurs débouchés.

Si de nombreuses études de chaîne de valeur ont déjà été menées dans le secteur agricole, force est de constater que le domaine de la pêche fait figure de parent pauvre. L'utilisation des outils traditionnels d'analyse de la chaîne de valeur dans la pêche nécessite la prise en compte de certaines spécificités du secteur. En effet, il existe de fortes différences entre l'agriculture et la pêche, la première activité utilisant les potentialités d'un milieu donné pour cultiver de manière cyclique des végétaux, la seconde s'apparentant davantage à la cueillette.

Dans la filière pêche artisanale au Sénégal, les hommes ont l'exclusivité de la production c'est-à-dire de la pêche alors que la participation des femmes est limitée au segment post-capture.

L'implication de la femme dans les activités de pêche artisanale fait d'elle une actrice incontournable du segment post-capture. Sans conteste, il existe des inégalités entre les femmes et les hommes en ce qui concerne l'accès aux ressources, aux décisions et à l'information. Ces différences se traduisent par exemple dans la commercialisation par des circuits très courts pour les femmes. L'aspect genre sera donc abordé en identifiant les écarts existants entre hommes et femmes.

Pour localiser les populations les plus pauvres dans la chaîne, l'approche genre est fondamentale car bien souvent, dans le secteur post-capture, les femmes sont confrontées à de plus grandes difficultés d'accès au capital ou à certains services en comparaison aux hommes.

Par ailleurs, depuis 1975 consacrée année de la femme, par l'Organisation des Nations Unies (ONU), la place des femmes dans les activités de développement a évolué au fil des grandes conférences onusiennes3(*). Mais le slogan utilisé de « femme dans le développement » a été critiquée pour n'être tournée que vers une réponse aux besoins pratiques et immédiats des femmes.

En 1995 la quatrième conférence des femmes de l'ONU a marqué un tournant important. La plateforme d'action de Pékin a demandé aux gouvernements de développer leurs stratégies sur le genre, afin d'introduire celles-ci dans le courant principal de leurs activités de développement. Cela implique que les gouvernements s'engagent à intégrer la promotion de l'égalité homme-femme dans l'ensemble des processus d'élaboration des politiques et de la planification. Les gouvernements doivent toujours avoir en vue comment aider les femmes à accéder au pouvoir et à les aider à pouvoir faire leur propre choix. Le changement de discours de la notion des femmes vers celle de genre dans la coopération au développement implique la prise en compte des rapports sociaux entre les sexes et l'accès désormais possible des femmes mais qu'il fallait impliquer les hommes dans ce processus.

Le genre est à la fois un nouveau concept et une nouvelle approche d'analyse et de construction sociales sous tendus par une vision de développement durable et viable sur fond structurant de justice sociale et d'égalité des sexes face aux possibilités, opportunités et résultats divers et multiformes dans tous les domaines et secteurs sociaux, économiques, politiques, culturels, psychologiques, spirituels, etc.

Le genre se réfère aux différents rôles, droits et responsabilités des hommes et des femmes et à la relation entre eux. Le genre ne signifie pas simplement les femmes ou les hommes, mais la façon par laquelle leurs qualités, comportements, moyens et identités sont déterminés à travers le processus de socialisation.

Le genre est généralement associé à l'inégalité de pouvoir et d'accès aux choix et aux ressources. Les rôles différents des hommes et des femmes sont influencés par les réalités historiques, religieuses, économiques et culturelles. Ces rôles et responsabilités peuvent changer à travers le temps.

Dans ce contexte, l'analyse genre dans la chaîne de valeur est un outil qui permet de mettre en valeur les besoins éventuellement différents des femmes et des hommes (notamment en termes d'accès et contrôle des ressources et services dans la chaîne), les contraintes, les opportunités spécifiques et les stratégies de survie respectives. Elle inclut et prend fortement en compte les besoins spécifiques déterminés des deux sexes en vue d'améliorer leurs conditions de vie et la prise en compte dans tout le processus de leurs intérêts stratégiques

* 1 Mise en oeuvre de mesures de conservation et gestion durables des ressources halieutiques : le cas du Sénégal, 2004, PNUE, 76 pages

* 2 Le plan d'action du NEPAD pour le développement des pêcheries et de l'aquaculture en Afrique

* 3 Copenhague en 1980, Nairobi en 1985, Rio en 1992 et le Caire en 1994

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