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la dynamique socio-économique de l'émergence du marché illégal des Ĺ“uvres musicales dans la nouvelles économie à  Douala

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par Henri TEDONGMO TEKO
Université de Douala, Cameroun - Master 2009
  

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CONCLUSION :

Que l'on soit scientifique ou pas, on ne peut s'empêcher de découvrir avec beaucoup d'émerveillement, la réalité de la vente illégale des oeuvres musicales dans la Nouvelle économie à Douala. Une telle réalité, lorsqu'elle est conquise et construite par la science, revêt un caractère tout à fait particulier. Ce qui était séparé par le profane est réuni dans cette étude, et ce qui était réuni par le profane est séparé dans cette étude. On se rend bien compte avec FAUCONNET et MAUSS (1953 :47), qu' << une recherche sérieuse conduit à réunir ce que le vulgaire sépare ou à distinguer ce que le vulgaire confond ». Cet effort de conquête et de construction scientifiques de la réalité étudiée, débouche sur des constations qui imposent un nouveau regard. << En désignant les objets par leur utilité, l'opinion s'interdit de les connaitre » (BACHELARD,1938 :14), car en fait, la vente illégale des oeuvres musicales dans la Nouvelle économie n'est qu'une expression du marché illégal des oeuvres musicales qui est le reflet miniaturisé d'un contexte socioéconomique et culturel catalyseur de l'émergence des institutions marchandes illégales. Ce marché n'a pas une origine ex-nihilo, mais il a été construit, et continue de l'être par les représentations sociales et par la rationalité économique des acteurs qui participent ainsi à son existence et à sa résistance.

LIMITES ET RECOMMANDATIONS

A la fin de cette étude, il convient de préciser que la prétention à une exhaustivité et à une scientificité irréprochables méritent d'être rejetée pour céder la place à une autocritique qui s'inscrive dans une humilité scientifique. Cette autocritique permettra de dégager les aspects limitatifs de cette étude qui pourront être dépassés dans les prochaines études.

Sur le plan conceptuel, cette étude a mobilisé des concepts dont le sens était pétrifié par l'opinion. Les définitions de ces concepts proposées dans cette étude avaient plus pour objectif de ressortir un sens justiciable d'une analyse scientifique, que de verser dans une archéologie linguistique qui aurait largement débordée le cadre de cette étude. La visée de ces définitions était donc opérationnalisante, et tenait toutefois compte des exigences scientifiques. Ces définitions doivent être considérées selon les disciplines mobilisées dans le cadre de cette étude.

Sur le plan épistémologique, la réalisation de cette étude a donné lieu à une acrobatie intellectuelle. Acrobatie qui avait pour objectif de se conformer aux impératifs de rigueur et d'objectivité scientifiques, mais tout en permettant une certaine souplesse. Le pluralisme scientifique qui s'est traduit ici par un renouvellement paradigmatique peut être discutable. L'hybridation de la Sociologie de la musique et de l'Economie de la culture sous la forme de la Socio-économie de la musique, reste entachée dans le cadre de cette étude, de quelques insuffisances épistémologiques, liées cependant à la relative jeunesse de cette discipline qui se constitue progressivement.

Sur le plan méthodologique, cette étude a permis de mettre en exergue l'efficacité du pluralisme méthodologique en Sciences sociales. Avec un échantillonnage qui visait moins une représentativité statistique qu'une représentativité qualitative, l'élasticité du champ d'application et du champ méthodologique réalisée dans cette étude, ne peut pas être considérée comme une motivation légitime d'une discipline à prétention scientifique. Bien que ce pluralisme ne constitue pas une panacée ou bien une bifurcation méthodologique absolue, il faut cependant noter que l'efficacité de ce pluralisme dans cette étude tient à la logique de la pluralité disciplinaire qui a orientée cette étude. Son application dans cette étude ouvre de nouvelles perspectives pour les études futures à visée

interdisciplinaire.

Ainsi, sur les plans conceptuel, épistémologique et méthodologique, cette étude connait des limites liées à la problématique et à l'objectif de cette étude. En fait, l'identité scientifique au nom de laquelle le pluralisme développé dans le cadre de cette étude pourrait être critiqué, est en elle-même dynamique. L'identité de la Socio-économie développée ici, n'est pas sa virginité scientifique, mais l'ensemble dynamique des éléments conceptuel, épistémologique, théorique et méthodologique qui constitue l'ossature de cette discipline en la différenciant des autres. La conquête du marché illégal des oeuvres musicales par la Socio-économie est d'abord l'expression de la vitalité et du dynamisme de cette discipline. Loin de livrer cette Socio-économie à une espèce de vagabondage épistémologique, théorique et méthodologique, cette étude débouche sur le constat épistémologique selon lequel l'avenir de la Socio-économie dépend de la pertinence du

pluralisme scientifique, car en fait, « ce ne sont pas les rapports réels entre les choses quiconstituent les principes de limitation des différents domaines scientifiques, mais les rapports conceptuels entre les problèmes » (WEBER, 1965 :147).

Au-delà de ces limites auxquelles s'ajoutent les difficultés rencontrées et la délimitation du domaine d'étude déjà présentées plus haut, des recommandations suivantes peuvent être formulées :

1- Le marché illégal des oeuvres musicales est un vaste champ dans lequel plusieurs formes de contrefaçon et de violation de la loi s'expriment. Des études futures pourront par exemple s'intéresser aux autres formes de représentation, de reproduction et de transformation illégales des oeuvres musicales. Il s'agit entre autres :

- De la reproduction et de la représentation dans un établissement de façon irrégulière des productions protégées ;

- Du versement ou du retard injustifié de versement d'une rémunération prévue par la loi ;

- De la violation des dispositions réglementant la rémunération de l'auteur ; - De la télédiffusion illégale par câble ;

- De la violation des droits patrimoniaux de l'artiste ;

- De la diffusion illégale de l'oeuvre musicale par les débits de boissons, boutiques et autres.

2- Dans le cadre de cette étude, une des difficultés rencontrées résidait pour nous

sociologue non juriste, à faire le lien entre la loi n°2000/011 du 19 décembre 2000 et le décret n° 2001/956/PM du 1er novembre 2001 fixant les modalités d'application de la loi du 19 décembre 2000 d'une part, et les modalités concrètes de l'organisation socio-économique du marché des oeuvres musicales soutenu par cette loi. Comprendre le fonctionnement réel du droit d'auteur et des droits voisins a nécessité de retracer les liens entre la règle de droit, les conflits passés qui sont à l'origine de la règle, et la traduction de la règle dans des dispositifs réels d'organisation socio-économique. La participation des spécialistes du droit d'auteur serait d'un très grand apport dans les études futures ;

3- L'analyse de l'économie du marché illégal des oeuvres musicales réalisée dans cette étude ne touche que les aspects de l'étude de marché qui intéressaient cette étude. Une prochaine étude consacrée uniquement à cette économie, permettra de dégager grâce à l'Econométrie, des informations encore plus précises et plus significatives, bien que les prévisions de cette économie soient incertaines.

En effet, l'émergence du marché illégal des oeuvres musicales interpelle bien d'autres acteurs en l'occurrence :

- le Ministère du commerce en ce qu'elle paralyse le développement des industries, notamment les éventuelles industries culturelles ;

- le Ministère des finances parce qu'elle occasionne un préjudice important au Trésor public par la fuite des droits fiscaux ;

- le Ministère de la Justice en ce qu'elle constitue une infraction prévue et punie par le code pénal ;

- le Ministère de l'Administration territoriale et de la décentralisation parce que les contrefacteurs troublent l'ordre public ;

- les artistes, producteurs et éditeurs du fait que la piraterie décime leur patrimoine et les réduits à la misère.

Un autre aspect très significatif exprimé par le marché illégal des oeuvres musicales est la banalisation de la pornographie. En rendant disponibles les films pornographiques, les contrefacteurs contribuent également à la dépravation des moeurs sociales, dans une société déjà en proie à une crise de valeurs. N'importe qui, quel que soit son âge, son statut social ou même son sexe, peut s'acheter ces films pornographiques sans être inquiété. Un tel libertinage constitue une véritable menace pour les mineurs qui sont curieusement plus

friands de ces films. L'enjeu du marché illégal des oeuvres musicales n'est donc pas seulement économique, social ou juridique, mais également scientifique, à long terme.

Toutefois, bien qu'il semble difficile de mettre fin au marché illégal des oeuvres musicales, au regard de son dynamisme, nous voulons tout de même soutenir avec ARNAUD (2007 :64) que, « cette délinquance, l'une des plus lucratives et des moins risquées dans les kleptocraties africaines, y représente hélas l'essentiel de l'économie musicale, mais ce n'est pas une fatalité ». La grande quantité de CD écoulée par le marché illégal des oeuvres musicales indique qu'il existe un marché local réel qui pourrait absorber les produits authentiques de la production musicale, si seulement les individus qui y interviennent prenaient en compte les exigences du contexte socioculturel. Le mode de financement de la production musicale basée plus sur les subventions et les sponsorings (privés), amènent très généralement les producteurs, les éditeurs, les distributeurs et les artistes musiciens, à oublier qu'un disque est un produit de consommation.

En tant que produit de consommation, le disque est adressé à des consommateurs. Loin de soutenir que le disque en tant que oeuvre artistique doive répondre aux préférences des consommateurs, nous voulons plutôt soutenir que les stratégies de distribution devraient être réellement orientées vers la conquête des consommateurs. La qualité des stratégies de promotion et de distribution des oeuvres musicales au Cameroun, montre que le domaine musical est encore géré par plus d'amateurs que de professionnels. Les producteurs et les artistes musiciens, sont d'ailleurs et généralement des individus qui brillent par une très grande méconnaissance en matière de gestion des oeuvres autistiques, et qui aiment à débiter dans les médias, le nombre de concerts réalisés en Occident, comme si c'était là le critère qui orientait le choix des consommateurs camerounais en ce qui concerne la consommation des oeuvres musicales.

En réalité, plusieurs des individus qui interviennent dans le domaine musical, sont déconnectés de la réalité sociale locale, et semblent d'ailleurs oeuvrer plutôt pour la conquête du public occidental, prétextant chaque fois qu'au Cameroun, l'artiste ne peut pas vivre de son art. Ce faisant, ils négligent ainsi les consommateurs locaux qui constituent pourtant un grand marché s'ils étaient pris en compte.

De ce qui précède, le dynamisme du marché illégal des oeuvres musicales montre que seul un véritable programme global de lutte contre la contrefaçon et la piraterie des oeuvres musicales inscrit dans une politique culturelle sérieuse, pourra permettre de lutter contre ce marché. Le renforcement des moyens de lutte est une exigence pour l'atteinte de

résultats efficaces. Dans une Note conceptuelle publiée tout récemment, THUAL (2008) reconnaissait qu' « à ce jour, il n'existe pas d'approche organisée et systématique de lutte contre la contrefaçon et la piraterie en Afrique, que ce soit au niveau national, régional ou continental. »75. Par conséquent, la conjugaison indispensable des efforts des différents acteurs identifiés est plus qu'une nécessité pour soutenir sur tous les plans cette lutte. La coopération avec les pays frontaliers pourra également être renforcée, précisément par le contrôle et le partage d'informations entre les services des Douanes, de Gendarmerie et de Police sur la circulation des oeuvres contrefaites ou piratées. Le cadre des commissions mixtes de coopération entre le Cameroun et les autres pays voisins peut être mis à contribution.

De plus, on pourra envisager aussi la signature des conventions de représentation réciproque avec les sociétés de gestion collective des pays limitrophes. Cette initiative, en plus de permettre aux auteurs camerounais de pouvoir disposer des droits liés à l'exploitation de leurs oeuvres sur ces territoires, faciliterait le contrôle de la contrefaçon et du piratage des oeuvres des répertoires respectifs de ces pays.

Par ailleurs, la création des structures économiques pour absorber les jeunes chômeurs pourrait être une solution pouvant réduire considérablement le nombre élevé de cette population jeune qui se retrouve actuellement dans le marché illégal des oeuvres musicales, pour n'avoir pas trouvé un emploi mieux que celui-là.

Enfin, il est important de prendre des mesures qui consisteront à intéresser et à impliquer davantage les pays de la zone Communauté des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC) dans la lutte contre le marché illégal des oeuvres musicales notamment par un soutien pour la mise en oeuvre d'un plan régional de lutte contre la contrefaçon et la piraterie, ainsi que la prise de dispositions incitatives au sein de la CEMAC pour l'importation des matières premières entrant dans le processus de duplication des supports.

75 C'est à la demande de la Facilité « Climat des Affaires ACP », en abrégé programme BizClim1, que cette note conceptuelle a été rédigée. L'objectif Elle était d'identifier des indicateurs permettant d'évaluer les efforts accomplis et les progrès réalisés par les pays africains en matière de lutte contre la contrefaçon et la piraterie. Elle faisait également des propositions concrètes dans le but de renforcer les capacités des pays africains à lutter contre la contrefaçon et la piraterie sur le continent africain

CONCLUSION GENERALE

La perspective socio-économique développée dans le cadre de cette étude s'inscrit dans un « renouvellement paradigmatique »76 et méthodologique. Le pluralisme paradigmatique et le pluralisme méthodologique consacrent dans la réalisation de cette étude, le règne de l'interdisciplinarité voire de la transdisciplinarité, de plus en plus indispensable dans la compréhension des réalités complexes. Loin de verser dans un racolage conceptuel, théorique et méthodologique, cette étude a tout d'abord consisté en une réaffirmation de l'ambition risquée mais noble des sciences sociales d'avancer ensemble, tout en se conformant aux exigences épistémologiques.

La problématique de l'encastrement social du marché adoptée dans cette étude, est une originalité dans la résolution du problème de l'émergence des institutions marchandes illégales en général et du marché illégal des oeuvres musicales en particulier. Cette originalité ne tient pas qu'à la primeur de cette étude, mais plus encore, à sa capacité à produire des connaissances empiriques nouvelles dans la thématique de la construction sociale des marchés illégaux du domaine artistique. Partant des dispositions légales, des stratégies de lutte contre la contrefaçon et la piraterie musicales, des représentations sociales et de la rationalité économique qui animent le marché illégal des oeuvres musicales, cette étude a pu mettre en évidence la << cognition sociale »77 et la « connaissance sociale »78, nécessaires à la compréhension de l'émergence de ce marché dans la Nouvelle économie. Cette problématique de l'encastrement social du marché adoptée dans un paradigme interactionniste, est une clé de lecture qui permet de rejeter l'absolutisme culturel en Sociologie et l'économicisme en Economie.

76 Ce « renouvellement paradigmatique » s'inscrit dans la logique de la problématique de l'économie plurielle, envisagée par AZNAR (1997), ROUSTANG (1996) et l'OCDE (1996), et qui vise à défricher d'autres voies de réflexion que celles émanant de la réduction de l'économie de marché. Dans ce sens, nous nous sommes appuyés dans le cadre de cette étude sur les composantes venues de la Sociologie économique, concernant à la fois la théorie de l'action et l'importance des cadres institutionnels.

77 << Divers processus mentaux par lesquels les individus qualifient la réalité et l'interprètent pour lui donner un sens » (FISCHER, 1991 :55).

78 << Ensemble de mécanismes sociocognitifs à travers lesquels les individus façonnent leurs idées sur la réalité et modulent en conséquence leurs conduites à partir des savoirs ainsi représentés qu'elle leur fournit » (FISCHER, 1991 :55).

L'objectif de cette étude était de comprendre le développement du marché illégal des oeuvres musicales à travers une appréciation de la lutte contre la contrefaçon des oeuvres musicales et une analyse de la dynamique socio-économique de ce marché. Le risque qui menaçait une telle étude était celui de « s'identifier à l'acteur » (TOURAINE, 1974 :16) et de se perdre si nous étions restés dans la philosophie sociale. Cependant, cet objectif n'aurait pu être que peine perdue si nous n'avions pas reconnu que le marché illégal des oeuvres musicales est un système capable de créer ses propres orientations, d'agir sur soi, de se transformer, de se produire en même temps que de se reproduire. A cet effet, l'atteinte de cet objectif a consisté tout d'abord à analyser et à évaluer la pertinence des dispositions légales et des stratégies des acteurs engagés dans la lutte contre la contrefaçon et la piraterie musicales et ensuite à analyser et à évaluer les mécanismes fonctionnels d'existence et de résistance du marché illégal des oeuvres musicales.

Dans un domaine comme celui en étude ici, qui est déjà sujet à d'innombrables réflexions, la fascination qu'exerce souvent son objet n'aide guère à construire la distance critique nécessaire à toute démarche scientifique. Une certaine dose de trivialité telle que introduite dans la question de recherche a donc pu y aider. A cet effet la dénégation de l'"économique" par les acteurs du champ du marché illégal des oeuvres musicales justifie le retournement paradigmatique de cette étude qui entendait débusquer l'intérêt bien compris des conduites les plus apparemment "trop intéressées" dans une tentative de << socioéconomie des oeuvres musicales ». Une sorte de Socio-économie du "second degré" en d'autres termes, qui va au-delà des espèces de la Science économique conventionnelle et de la Sociologie classique.

De même, c'est le rôle reconnu d'une Socio-économie que d'analyser les marchés non pas dans ce qu'ils ont d'unique, d'irréductible, mais en les rapportant à leurs contextes, social, représentationnel voire matériel. Cela a consisté à établir la véritable pertinence des dispositions légales et des stratégies de lutte contre la contrefaçon et de mettre à jour les logiques d'action des acteurs à l'oeuvre dans le marché illégal des oeuvres musicales, soumis aux pesanteurs sociales.

Les différentes analyses menées débouchent sur une découverte pertinente : le marché illégal des oeuvres musicales peut être également considéré comme un << interstice social »79, au-delà de son caractère marchand et de sa valeur sémantique. « L'interstice est

un espace de relations humaines qui, tout en s'insérant plus ou moins harmonieusement et ouvertement dans le système global, suggère d'autres possibilités d'échanges que celles qui sont en vigueur dans ce système >> (BOURRRICAUD, 2001 :17). Ce marché est un système complexe, composé d'un << ensemble hétérogène d'entités atomiques ou composites, dont le comportement d'ensemble est le fruit du comportement individuel de ces entités et de leurs interactions variées dans un environnement lui-même actif >> (PARENTOEN et TISSEAU, 2005 :1). Ce marché est caractérisé par la diversité, la variété et l'hétérogénéité des individus qui s'y trouvent. Ceux-ci entretiennent des relations complexes et diverses. Ils échangent entre eux et avec l'extérieur duquel ils reçoivent des matières, de l'énergie et des informations qu'ils transforment au profit du système. La complexité de ce marché implique également que chaque contrefacteur ne connait qu'une partie de l'ensemble des informations et que c'est la cohabitation des contrefacteurs, apportant chacun ses compétences locales, qui fait de ce marché ce qu'il est. Ce marché est adaptatif et évolutif de par l'action des acteurs qui mobilisent des logiques d'action de type normatif et de ceux qui mobilisent des logiques d'action de type déviationniste, mais aussi de par l'influence de l'environnement juridique, social et économique.

Dans une dynamique d'adaptation et d'évolution, l'émergence du marché illégal des oeuvres musicales connait des phases d'équilibre ultra-stables qui ne configurent pas seulement sa synchronie, mais plus encore son << homéostasie >>80. Cette homéostasie est un ensemble de processus qui agissent pour maintenir ce marché dans un état stationnaire mais dynamique, malgré la lutte contre la contrefaçon et la piraterie musicales qui le menacent. C'est cette capacité de ce marché à évoluer en dépassant un stade de développement atteint sans se déstructurer qui fait sa variabilité. Cette variabilité est rendue possible par le fait que les éléments du marché illégal des oeuvres musicales sont nettement différenciés et doués d'autonomie, et donc à même de mettre ou non tout ou une partie de leurs possibilités au service de ce marché, sans se déstructurer eux-mêmes et sans altérer la structure globale.

de l'économie capitaliste car soustraites à la loi du profit : troc, ventes à pertes, production autarciques).

80 CANNON (1932) qui le premier a observé l'Homéostasie, l'a décrite en ces termes : << les processus physiologiques qui maintiennent des états stables dans l'organisme sont si complexes et si particuliers aux êtres vivants que j'ai du suggérer une appellation spéciale pour ces états : l'homéostasie. Ce mot n'indique pas quelque chose de fixe et d'immobile, une stagnation. Il indique une condition qui peut varier ; mais relativement constante >>.

Etant donné que les contrefacteurs eux-mêmes sont autonomes et différenciés, ils peuvent être considérés comme des sous systèmes dont l'activité nécessite une coordination illégale et informelle, mais réelle, et une organisation nécessaires pour entretenir l'existence et la résistance du marché illégal des oeuvres musicales. Ainsi, il existe une structuration (informelle) et une hiérarchisation (non codifiée) de ces contrefacteurs, dont certains doivent gérer et coordonner l'activité des autres et leur propre activité : ce sont des sous-systèmes structurants ( les éditeurs et les distributeurs), et les autres sous-systèmes qu'on pourrait appeler sous-systèmes structurés (fournisseurs et vendeurs), qui sont à moitié autonomes, puisqu'ils sont partiellement gérés et coordonnés pour le « bon » fonctionnement de ce marché dans sa globalité.

L'émergence du marché illégal des oeuvres musicales est le résultat d'une agrégation d'actions, d'attentes, d'aspirations et d'enjeux individuels. En mettant ensemble les logiques d'action des acteurs (légaux et illégaux), nous avons abouti à un effet collectif, un effet émergent qui pourrait être positif ou négatif selon l'angle de lecture. Les pratiques de la contrefaçon sont socialement construites mais construisent aussi le social. Analyser ce marché en tant qu'activité déterminée socialement et économiquement ne signifie nullement qu'il se réduit à cela ! C'est pourquoi les représentations ont été considérées comme étant sociales, parce que le langage qui permettait leur expression était symbolique et social, et parce qu'également, elles utilisent des concepts propres au champ social. En nous intéressant à l'environnement social et aux rapports de communication établis entre les différentes catégories d'acteurs, et tenant compte des fonctionnements psychologiques nécessaires à la participation de chacun de ces acteurs à la dynamique socio-économique de l'émergence du marché illégal des oeuvres musicales , il a été possible de rendre évident le fait que ces acteurs vivent dans un monde à la fois physique et symbolique, réel et idéel, et que ce sont eux qui construisent les significations de leurs actions et du monde à l'aide de symboles signifiants qu'ils partagent.

L'obsolescence des lecteurs CD disponibles à des prix très réduits va de pair avec l'obsolescence des produits du marché illégal des oeuvres musicales. De même, la modicité des prix de ces lecteurs va également de pair avec celle des produits de ce marché. Plus il existera des lecteurs CD conçus selon la théorie de l'obsolescence et à des prix modiques, mieux se portera le marché illégal des oeuvres musicales. Les produits de ce marché s'inscrivent très fortement dans la théorie de l'obsolescence, et sont l'expression d'une

réification à outrance des oeuvres musicales. Le combat contre la contrefaçon et la piraterie musicales semble perdu d'avance, puisque les prix des lecteurs CD continuent de connaitre une décroissance irréversible, et qui semble intrinsèquement liée à la vision de la Nouvelle économie.

A la fin de cette étude, nous nous rendons compte que la dynamique de l'émergence du marché illégal des oeuvres musicales, remet en question la conception classique de l'Economie de la culture et de la Sociologie de la musique. Il apparaît que dans le contexte actuel, la prise en compte des réalités socioculturelles s'impose comme une nécessité. L'Economie de la culture et la Sociologie de la musique, méritent en définitive d'être repenser en fonction des mutations que subit de plus en plus le marché illégal des oeuvres musicales. Ainsi, toute conception "déconstructionniste" parait aujourd'hui obsolète, voire infertile, puisque le processus de réification de l'oeuvre musicale est largement engagé dans la Nouvelle économie, amplifié de plus en plus par des mécanismes encore plus puissants que ceux généralement mis en exergue par les sciences sociales : la marchandisation des oeuvres musicales participe désormais amplement à cette évolution. C'est désormais cette réalité qui s'impose d'elle-même, qui est devenue triviale au moment où la Nouvelle économie augure de nouvelles formes de sécularisation du marché des oeuvres artistiques en général et musicales en particulier.

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ANNEXES

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