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Les funerailles d'un chef coutumier Yaka

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par Sylvie MAMBOTE MOYO
IFASIC/Kinshasa-Gombe - Graduée en Sciences de l'Information et de la Communication 0000
  

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CHAPITRE I : PRESENTATION DU PEUPLE YAKA

Vu l'originalité qui caractérise chaque société, présenter un peuple suppose un référentiel de base. Il s'agit, de considérer un certain nombre d'aspects qui permettront au lecteur d'avoir une connaissance détaillée du peuple à l'étude.

Dans cet optique nous avons considéré différents aspects qui sont : l'historique, la structure sociale, l'organisation coutumière, l'aspect économique et la situation géographique.

I.1. L'histoire

I.1.1. Les origines et l'identité de l'ethnie Yaka

L'enquête sur les origines Yaka devra répondre à une double question5(*) :

- D'où sortirent les nomades envahisseurs du royaume Kongo qui, au milieu du XVIe Siècle, détruisirent la capitale de San Salvador ?

- Comment aussi s'opéra par eux, l'investissement des deux versants du Kwango où ils se croisèrent avec les populations présumées autochtones : Tsamba, Ngongo, Mbundu etc. ?

Pour répondre à ces question, il ya deux tendances. Les anciens qui se sont intéressés à la première question placent le foyer de migration au Sud de l'Angola. Cependant, à quelle souche ethnique de la région peut-on rattacher les envahisseurs du Royaume Kongo ? A ce sujet la réponse est fort incertaine.

La solution au second problème peut s'étayer sur des traditions plus récentes, dont les recoupements conduisent à distinguer parmi les envahisseurs du Kwango deux couches appartenant à des vagues successives : celle des premiers Yaka.

Les deux vagues, celle des Yaka makadi ou Yaka makelu, venu du sud, et celle des Yaka Makongo, venu de l'Ouest se sont croisés sur les rives du Kwango.

D'après Jan vansina, lorsqu'à la fin du XVIIIe Siècle, Kasongo Manguanda, Chef de file, d'un groupe d'émigrants Luunda, arriva dans la vallée du Kwango, il y avait déjà au moins trois groupes ethniques bien installés dans cet espace : les Suku, les Tsamba alors organisé en un ou deux royaumes et les Yaka proprement dits6(*).

Dans le cas des Yaka, Jan Vansina affirme que c'est à la suite de leur expulsion du royaume Kongo, après 1574, qu'ils émigrèrent vers la vallée du Kwango et arrivèrent jusqu'aux rapides de Kingushi7(*).

Il semble cependant que ces populations locales ne furent pas facilement acte d'allégeance au nouveau pouvoir Luunda. De telle sorte que Muni Putu Kasongo et ses successeurs durent recourir à la force des armes pour mâter les récalcitrants néanmoins, dans l'ensemble, l'assimilation de toutes les populations autchtonnes par la minorité Luunda, était si forte et bien structuré que presque tous finirent par se dire Yaka et originaire du pays de Lunda ou Koola8(*).

Elles reconnurent la souveraineté du Kwamvu qui, encore aujourd'hui prétend être descendant des Luunda. Même le nom que porte le territoire de Kasongo - Lunda signifie « Nkaka Kasongo wa tuka ku Luunda » c'est-à-dire grand père Kasongo est venu de Luunda. L'histoire de ce territoire montre que les premiers habitants de ce lieu furent kasongo et ses descendants venus de l'empire Luunda.

La délimitation de l'extension géographique du peuplement Yaka repose souvent sur une acceptation très large appliquée au terme Yaka9(*) et aux critères choisis pour définir l'appartenance au groupe et ethnique Yaka.

Qui peut être appelée Yaka ?

A cette question, Jacques Dénis10(*), empruntant une méthode qui allie l'apport de documents écrits et les enquêtes personnelles sur le terrain, relève un certain nombre des critères susceptibles, selon lui, de déterminer objectivement et sans contexte.

Qui est membre de l'ethnie Yaka, force est de constater qu'il existe actuellement dans le moyen - Kwango un peuple qui se dit et se sent yaka11(*). Il s'en tient à ce constat pour conclure qu'il faut donc considérer comme membres de l'ethnie yaka tous ceux qui prétendent en faire partie et qui s'en attribuent le nom12(*).

I.1.2 La structure sociale

La société Yaka, étant communautaire, est basée sur la solidarité tribale ou clanique. Celle-ci est spontanée, naturelle, mécanique, différente des solidarités contractuelles évoluées13(*).

Les Bayaka entre eux sont d'un patriarcat tempéré par certaines concessions aux oncles maternels ;

L'autorité est exercée par toute la famille14(*), car l'enfant est une propriété commune du clan paternel et maternel. C'est pourquoi on dit souvent Mwana ki (Maman) Ngudi, mwana kitata. C'est-à-dire l'enfant est à la fois paternel et maternel. Cette solidarité clanique se manifeste surtout à l'occasion de décès et de naissance, des cultures et des récoltes. Bref dans la joie et le malheur. « Dia tua butukila bole, kia kondi kwa mbuta, kua nleki » dit un proverbe plus utilisé en temps de deuil : ce qui veut dire : le motif de notre naissance à deux ; ce qui manque à l'aîné se trouve chez le cadet et vice versa.

I.1.3. La culture Yaka

Les bayaka ont une culture différente de celle des autres tribus de la République Démocratique du Congo en général et celle de tribus de la province de Bandundu en particulier par leurs données linguistiques et leurs croyances.

3.1. Les données linguistiques

Le peuple Yaka parle une langue appelée « Yiyaka » qui selon Robert Hermans, est parlé par plus d'un million de locuteurs à travers une aire. de 45.000 km2 dans le district du Kwango en RDC, sans compter les Bayaka de l'Angola qui sont séparés de premiers que par la rivière Kwango15(*). Le Yiyaka connaît un certain nombre des variations dialectales dont six principales reconnues comme telles par les locuteurs natifs.

Quelle que soit la distance qui les sépare, ces dialectes gardent une intercompréhension directe. Les deux dialectes représentés par l'échantillon de Kibanda et le Kinganga. Le Kibanda, parlé des gens en aval des rivières Kwango et Wamba. Ce dialecte est parlé par la population des territoires de Kenge et de popokabaka.

Le Dialecte Kinganga est parlé par ceux qui habitent la contrée de la rivière Nganga. Il importe de souligner tout de suite que, si le premier dialecte présente de façon générale une certaine unité du nord au sud, d'Est à l'Ouest, tel n'est pas le cas pour le Kinganga.

Ce dernier connaît des variantes fort remarquables. Ainsi à l'intérieur de Kinganga on peut distinguer deux principales variables connues des auteurs sous les appellations de Kinganga et le Kiwamba. Dans ce cas, le Kinganga désigne le parler de la population qui habite le long de la rivière Nganga et ses environs (la cité de Kasongo - Lunda). Le Kiwamba est le sous-dialecte en usage dans la contré de Pelende, à partir de la rivière Twana, et une partie de Kitenda. Du côté de Pelende après la rivière wamba commence une autre variante forte influencée par le Kisuku.

3.2. Les croyances Yaka

La population Yaka reste dans son ensemble très attachée aux coutumes ancestrales : croyances religieuses et magiques16(*).

Les Yaka croient en un dieu, en des nombreux esprits, en des phénomènes naturels et en des forces impersonnelles.

La croyance en un dieu Nzambi Mpungu constitue la pratique religieuse des Yaka. Cette croyance est très active. Elle se manifeste par des sacrifices, des prières, les cérémonies institutionnalisées qu'on voue à ce dieu.

Les ancêtres ne constituent pas uniquement un chaînon intermédiaire entre Dieu et le Monde des vivants ; ils sont dieux à la taille de l'humain17(*). En effet les morts ne sont pas morts pour le peuple Yaka. Les trépassés vivent en communauté dans la kalunga (pays des morts).

Ils agissent soit pour le bien, soit le mal en défaveur des terrestres.

Les yaka ont peur des esprits vagabonds nuisibles que sont les Bitsutsu, les Tsembukombo et les matebu.

Les bitsutsu sont trépassés errants sans communauté et qui font des visites malencontreuses aux vivants.

Les Tsembu Kombo sont des hommes légendaires, ayant un bras, un oeil, un nez à moitié coupé, laids, qui jouent des vilains tours aux pécheurs et chasseurs.

Les matebu sont des âmes mortes transformées sous le charme des sorciers en diables à son service contre les hommes. Le hasard permet quelques rencontres innocents avec eux. Mais souvent ils sont invisibles et agissent sur commandement des sorciers. Les Yaka croient encore en quelques phénomènes naturels comme la foudre et l'Arc - en - ciel. Le kilokisme est le métier d'un muloki, le sorcier qui mange la chaire humaine. Il est la cause des morts et des maladies, il se sert des diables (matebu) et peut agir de près ou de loin, par acte ou par paroles.

I.1.4. Organisation Coutumière

Le propre des sociétés africaines est d'être communautaire et celle des Yaka l'est peut être davantage. Chez eux tout se tient: le social, le religieux, la politique et l'économique avec un degré de cohésion élevée et impératif. Cela tient à l'image collective ou ensemble dialectique des conceptions, des attitudes et des normes ayant trait à la communauté des ancêtres18(*).

Entre eux les Yaka entretiennent des relations basées sur la séniorité : Mbuta- mbuta, Nleki - Nleki. Ce qui veut dire : l'aîné est aîné, le cadet est cadet. Cette supériorité de l'aîné est très agissante et le cadet l'accepte dignement.

Elle se manifeste dans tous les domaines et à tous les âges.

La séniorité limite par ailleurs d'une façon draconienne tout déviationnisme ouvert.

Dans le domaine politique, les Yaka forment une monarchie de type patriarcal héréditaire comme les Luunda. A sa tête se trouve le roi : Kiamfu ; mais le pouvoir est donc par son origine une propriété collective, commune à tous. Nul n'a le droit, même le kiamfu lui-même, de supprimer un couteau ou d'en représenter un ancêtre c'est-à-dire il n'a pas de pouvoir de modifié la coutume, il n'est là que pour le faire respecter par son peuple.

Comme chez les ancêtres il y a de degrés de présence, chez les vivants il y a aussi des langages majeurs et des languages mineurs. L'exercice de ce pouvoir se fait par une décentralisation.

Le kiamfu délègue l'exercice du pouvoir à ses bilolo qui sont plus parents, enfants ou frères qu'agents administratifs.

Le royaume lui-même repose sur une structure pyramidale ayant une hiérarchie rigoureuse. Le roi a droit de vie et de mort sur ses sujets en principe. Aujourd'hui encore cette structure existe. L'impact de la colonisation n'a pas porté atteinte à l'intégrité magique du royaume.

* 5 _ Dénis, les Yaka du Kwango, p.41 in - 8 rusée Roy.Afrique Centrale, 1964

* 6 _ Dénis, les Yaka du Kwango, p.41 in - 8 rusée Roy.Afrique Centrale, 1964

* 7 _ J. Vansina, les anciens royaumes de la Savane 1er éd. p.73

* 8 _ Idem 2e éd.P.74

* 9 _ Idem 2e éd P.156

* 10 _ Dénis, Op.cit, P.16

* 11 _ Il s'agit d'une enquête effectuées dans le Kwango (territoire administratif a peuplement yaka : n°L, popokabaka, et dans une certaine mesure kenge en 1999

* 12 _ Dénis, Op.cit, P.17

* 13 _ Lundemba Philippe : Etude sociologique des relations conflictuelles Yaka - Ntandu P.44. (Yemoire de Licence) Juillet 1971

* 14 _ Idem P.46.

* 15 _ Robert Hermans SJ : Deinettes des Bayaka du nord P.6 Annales Equatorial, Mbandaka, 2003.

* 16 _ H.Decker OCP2

* 17 _ E. ROOSENS, Monde Yaka et développement économique, Communauté Incas économique et sociaux n°5-6 déc. 1963 P.4

* 18 _ Philippe Lundemba, Op.cit., p.44-45.

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