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Sagesse et pouvoir. une herméneutique du pouvoir

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par Antoine BASUNGA Nzinga
ITCJ - Baccalauréat canonique en théologie 2010
  

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0. Problématique

Dans son livre Israël et la Sagesse, G. Von Rad commence par dire que « nul ne vivrait un seul jour sans de sensibles désagréments, s'il ne pouvait se laisser diriger par une vaste connaissance empirique. Ce savoir tiré de l'expérience lui enseigne à comprendre ce qui se passe dans son entourage, à prévoir les réactions des proches, à engranger ses propres forces au bon moment, à distinguer l'événement exceptionnel de l'habitude, et bien d'autres choses encore »1(*). L'homme en tant qu'être social est de facto appelé à une quête de vie relationnelle harmonieuse. Cette quête de vie, qui se forge au milieu des aléas d'une expérience finie, peut acquérir un caractère obligatoire, dès lors qu'elle est favorable à tout le peuple ou encore à une grande partie de la communauté. Le savoir sur lequel se fonde l'harmonie de la vie commune d'un peuple peut, dans la suite, non seulement être élevé au rang du patrimoine langagier collectif à ce peuple, mais aussi se matérialiser dans une culture littéraire toujours susceptible d'être réinterprétée à nouveau frais pour une vie sociale plus dynamique. Ainsi, ce patrimoine est parfois désigné du nom de culture, de tradition ou encore de sagesse commune. En ce sens, nous pensons que tous les peuples sont parvenus à une synthèse de la « sagesse ». Notre choix de la Sagesse de Salomon, trouve sa justification dans le contexte d'un travail de théologie : il manifeste le besoin de partir de la « tradition biblique »2(*) pour retrouver l'expérience fondamentale du salut offert par Dieu en Jésus-Christ. De même que la Sagesse commence, progresse et finit avec la crainte (entendons par là l'amour) de Dieu, de même le Livre de la Sagesse s'ouvre sur une invitation à l'amour de la justice en Dieu (Sg 1,1), la source de toute Sagesse. La Sagesse est un don de Dieu. Elle est la meilleure compagne que l'homme puisse apprivoiser. Avec un ton quelque peu philosophique, celui d'un homme qui a su se mettre à l'école du Seigneur, l'auteur nous présente l'expérience d'un homme apaisé, conscient des responsabilités qu'il a envers ses semblables. L'auteur convie ses lecteurs à reconnaître ce que représente concrètement la Sagesse. Après plusieurs reprises mentions (Sg 1, 4-6 ; 3, 11), dans les premières pages de l'ouvrage qui porte son nom, la Sagesse va faire l'objet d'une longue présentation à partir du chapitre 6, notamment dans ses caractéristiques, sa source de provenance et les fruits qu'elle est à même de procurer à l'expérience humaine. Sg 6,22 pose clairement la question à laquelle l'auteur s'engage, avec toute audace, à donner une réponse: « Mais qu'est-ce que la Sagesse et quelle est son origine ? Je vais l'annoncer sans vous cacher les mystères » (6,22). Dans l'exposé qui nous est proposé, un élément surprend : la conception du pouvoir qui intervient à plusieurs reprises sous la plume de l'auteur. L'usage réguler du concept du pouvoir défit assez celui des politiques du monde actuel où le pouvoir a perdu sa juste valeur d'être un don de Dieu. Il est plus utilisé comme un moyen efficace pour dominer les multitudes. L'enseignement de la Sagesse dévoilé ici, ne peut, en aucun cas, laisser insensible celui qui vit sous le regard du Dieu-vivant, d'autant plus que nous sommes dans une époque où le pouvoir conduit souvent le peuple dans l'obscurantisme et la mort. Or, dit saint Irénée de Lyon, « La gloire de Dieu c'est l'homme vivant ; la vie de l'homme, c'est de contempler Dieu ». Pourtant, se servir, être servi sont les nouveaux paradigmes qui règlent la conduite des nos politiques3(*). Aujourd'hui, le pouvoir est le plus souvent utilisé comme un instrument d'oppression, au détriment de la tâche idéale et éminente tâche qui lui revient en propre, à savoir oeuvrer au plus grand bien du peuple. L'exercice du pouvoir semble fausser des perspectives. Telle est la réalité du drame politique, tendon d'Achille d'une Afrique appelée à se restructurer. Le problème qui nous préoccupe est en réalité le problème de la société africaine dont nous voulons être le porte-parole en tant que jeune théologien Africain. Lorsqu'on vit sur la terre africaine et que l'on partage le vécu quotidien de ce peuple, on n'a plus besoin d'être un visionnaire ou de fournir un effort exceptionnel pour se rendre compte du dysfonctionnement de l'appareil politique. Ce dysfonctionnement perpétue l'injustice, la pauvreté et le non respect de la dignité de la personne humaine en tant qu'elle est « imago Dei ». Dans un continent où la vie est reconnue comme valeur primordiale, l'on ne peut pas ne pas s'étonner du clivage qui sépare les différentes couches sociales. Les pauvres sont à la merci des puissants (6,6). Ceux-ci jouissent du pouvoir et des biens de la création, tandis que ceux-là croupissent dans une misère dévitalisante. Un clivage radical qui s'étend des plus petites organisations sociales aux plus grandes instances étatiques. L'abus de pouvoir érigé en système de gouvernement ouvre la porte à des pratiques qui font fi de tout ce qu'il y a d'honorable en l'Homme.

Pourtant, qu'on le veuille ou non, la personne humaine est et reste la finalité ultime de toute organisation sociale. Le livre de la Sagesse nous permet de rencontrer un homme dont la vision politique nous interpelle. Le Roi Salomon, tel qu'il est décrit dans la deuxième partie du Livre de la Sagesse, notamment en Sg 6,1- 7, 21, aiguise notre conscience critique, face à la mauvaise gouvernance dont l'Afrique actuelle est victime. L'exercice du pouvoir tel qu'il le présente dans le Livre de la Sagesse, doit libérer la conscience. Il nous fait découvrir que la situation politique actuelle est loin d'être une fatalité, mais tout simplement la conséquence d'un manque. Voilà pourquoi la démarche que nous entreprenons doit être un effort assidu  de retour vers les vrais fondamentaux du pouvoir, qui invitent au service et à la promotion de l'humain par la bonne gouvernance.

* 1 _ G. Von Rad, Israël et la Sagesse, Genève, Labor et Fides, 1970, p. 9.

* 2 _ Au regard de la foi catholique, après la définition du Concile de Trente, le Livre de la Sagesse fait partie des Ecritures sacrées et canoniques. Néanmoins il n'a pas toujours été considéré comme tel dans certains milieux ecclésiastiques, enclins à accorder une autorité moindre ou à réfuter tout caractère sacré aux « deutérocanoniques », à savoir l'Ecclésiastique ou Siracide, la Sagesse, Baruch, Judith, Tobie, le premier et le second livre des Maccabées, les sections grecques des livres d'Esther et de Daniel. Aussi diverses confessions chrétiennes, surtout protestantes, le rangent-ils délibérément parmi les « Apocryphes » de l'AT. Cf. C. Larcher, Etudes sur le Livre de la Sagesse, Paris, Librairie Lecoffre, 1969, pp. 11-84.

* 3 _ En affirmant ceci, nous sommes pleinement conscients des efforts individuels de certains dirigeants dans la visée d'un monde plus humain.

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