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Le rôle de la chine dans le processus de reconstruction en République Démocratique du Congo

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par Arsene MONGA
Université de Lubumbashi - Licence en Relations Internationales 2009
  

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SIGLES ET ABREVIATIONS

· BM : Banque Mondiale

· CCT : Congo Chine Télécom

· CDB : China Development Bank

· CREC : China Railway Engineering Corporation

· CS : Conseil de Sécurité

· Exim Bank of China : Export-import Bank of China

· FCSA : Forum sur la Coopération Sino-africaine

· FMI : Fonds Monétaire International

· FRPC : Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance

· GECAMINES : Générale des Carrières des Mines

· IDE : Investissement Direct Etranger

· ONU : Organisation des Nations Unies

· OUA : Organisation de l'Unité Africaine

· PPTE : Pays Pauvre Très Endetté (initiative)

· PVD : Pays en Voie de Développement

· RDC : République Démocratique du Congo

· RPC : République POPULAIRE DE Chine

· SINOHYDRO

· SJV : Société de Joint-venture

· SNEL : Société Nationale d'Electricité

· UA : Union Africaine

· UE : Union Européenne

INTRODUCTION

Selon le sens commun de l'après-guerre froide et de l'ère libérale, le continent africain était destiné à une marginalisation croissante. Or, on constate que depuis quelques années, l'Afrique redevient un enjeu international de première importance pour des raisons essentiellement sécuritaires, énergétiques, migratoires ou sanitaires.

Elle est aussi redevenue un espace de compétition économique entre les grandes puissances (notamment les Etats-Unis et la Chine), dans une version globalisée du « scramble for Africa » (ruée sur l'Afrique)... A côté de ces raisons, il convient d'ajouter deux autres de taille, à savoir l'approvisionnement en matières premières et la recherche des débouchés pour les produits manufacturés.

« La Chine sera pour toujours un ami, un partenaire et un frère de l'Afrique ». Ces propos du Président Chinois HU JINTAO traduisent clairement le regain d'intérêt de la Chine pour l'Afrique et l'importance que revêt le continent noir dans la politique extérieure de l'Empire du milieu.

La Chine et l'Afrique inaugurent en effet une nouvelle ère dans leurs relations et s'engagent dans un type nouveau de partenariat stratégique. Sans passé colonial en Afrique et après d'âpres luttes pour organiser son autodétermination, s'étant engagée dans une expérience singulière et réussie de développement, la Chine marque de plus en plus sur tous les plans sa présence sur le continent africain.

Curieuse réalité pour les observateurs non avertis habitués aux pré-carrés créés et entretenus par les ex-puissances colonisatrices qui considèrent l'Afrique comme une chasse gardée, le renouveau et le dynamisme de la coopération sino-africaine provoquent enthousiasme, émerveillement et controverse de la part des dirigeants africains et bien de spécialistes des relations internationales.

Les domaines d'intervention de la Chine en Afrique sont aussi multiples que variés et sa présence y est largement perceptible. Que ce soit sur le plan diplomatique, commercial, économique, industriel ou politique, la Chine noue et renforce ses liens de coopération avec les pays africains qui voient en elle un modèle de développement.

De fait, « la Chine est le plus grand pays en développement du monde alors que l'Afrique est le continent qui regroupe le plus grand nombre de pays en développement ». Il s'agit donc là d'un prototype de coopération Sud-Sud. Bien que la Chine s'appuie sur un discours tiers-mondiste fondé sur un passé constamment rappelé de lutte commune contre l'impérialisme, la réalité révèle qu'il existe de profondes disparités entre elle et l'Afrique, disparités qui ne laissent pas présager d'une coopération d'égal à égal entre les deux parties.

De manière particulière, la Chine a effectué un retour très remarqué sur le continent, 25% de ses importations de pétrole proviennent déjà du golfe de Guinée et du Sud-Soudan, où les firmes chinoises jouent un rôle déterminant.

Les relations avec l'Angola et le Nigéria se sont renforcées de manière spectaculaire. En 2005, l'Empire du Milieu est devenu le troisième partenaire commercial du continent africain. Pékin manifeste également une forte implication dans le financement des actions de développement, notamment des infrastructures, sans poser les mêmes conditionnalités que les bailleurs classiques des pays du sud, c'est-à-dire les occidentaux.

S'il est vrai que la Chine entretient des relations très remarquables avec les Etats susvisés pour des besoins essentiellement énergétiques, il n'en demeure pas moins vrai que sa présence, depuis un temps relativement récent en République Démocratique du Congo est motivée par des considérations plutôt d'approvisionnement en ressources naturelles, notamment en ressources minérales.

Au regard de l'importance du montant débloqué par la Chine et les entreprises chinoises dans leur coopération avec la RDC (neuf milliards de dollars US), il est permis d'affirmer sans risque d'être contredit, que celle-ci est devenue la cible numéro un de la Chine en Afrique dans l'approvisionnement en matières premières. C'est bien dans ce cadre que les accords portant sur le financement, par la partie chinoise, d'infrastructures en RDC, en contrepartie de l'exploitation des ressources naturelles congolaises, ont été signés à Kinshasa, capitale de la RDC, en Août 2007 entre celle-ci et un groupement composé de trois entreprises chinoises.

Ce protocole d'accord prend en ligne de compte les besoins en infrastructures du Congo et la nécessité pour les entreprises chinoises de garantir leur approvisionnement en métaux de base.

Depuis son accession à l'indépendance, la RDC a conclu une multitude de contrats et/ou conventions, mais à travers lesquels le peuple ne se retrouve pas du tout, mieux dont les traces positives ne sont pas visibles, perceptibles dans la vie des congolais. Les ressources naturelles ont toujours existé en RDC, mais son peuple n'en a jamais bénéficié comme il se doit.

Les accords sino-congolais ont leurs faiblesses, il est vrai, mais les congolais peuvent quand même s'en réjouir et se rassurer que pour une fois l'exploitation de leurs ressources ne sera pas faite sans contrepartie, minime soit-elle. On va certes exploiter le cuivre, le cobalt etc., mais en retour on va leur laisser des routes, des hôpitaux, des chemins de fer, des logements sociaux etc. Ils ne devront pas perdre de vue que, depuis belle lurette, leurs ressources ont toujours été exploitées et seuls les décideurs et les plus grands y trouvaient leur part. Cette fois, avec les accords sino-congolais, même le plus pauvre aura le loisir de se déplacer sur une bonne route, d'être soigné dans un hôpital relativement bien équipé etc. Mais ces belles phrases ne doivent pas faire illusion et laisser croire que tout se passera comme nous l'écrivons ici. C'est ainsi que pour matérialiser tout ce dont nous parlons plus haut, il faudra veiller particulièrement à ce que la RDC assume sa part du fardeau, plutôt que d'implorer la commisération de son partenaire chinois.

Comme dit plus loin dans l'introduction, au-delà du cas congolais, il est aujourd'hui de notoriété publique que les « contrats modèles » Chinois, surtout le « troc » contre les matières premières et l'argent frais en milliards, essaiment vu peu partout en Afrique : dans l'industrie pétrolière en Algérie, Angola, au Gabon, au Nigeria, au soudan ; dans les mines au Niger, en Zambie, au Zimbabwe, au Sénégal.

En réaction aux critiques des occidentaux, surtout celles relatives à la transparence, à la concertation, aux règles régissant les rapports économiques internationaux, à la bonne gouvernance et au respect des droits de l'Homme ; les chinois disent qu'en la matière les occidentaux n'ont pas de leçons à donner pour les Congolais, parce que conscients du fait que la manifestation de mauvaise humeur de leurs partenaires traditionnels est due au fait qu'on les oblige aujourd'hui à partager le gâteau » il y a au Congo de la place pour tout le monde. Les occidentaux n'ont donc pas à s'inquiéter. Ils démontrent qu'aux termes de ces contrats, l'argent frais des chinois ne circulera pas et donc ne pourra pas aggraver la corruption, comme le prétendent les occidentaux.

Au delà de l'euphorie que suscite le renforcement des relations entre la Chine et la RDC, il est tout à fait légitime de se demander ce que les deux acteurs et beaucoup plus spécifiquement la RDC, peuvent en tirer et les bouleversements qu'il provoque dans configuration de la géopolitique mondiale. C'est là toute la question des enjeux de la coopération sino-congolaise qui est le thème de notre réflexion.

I. Choix et intérêt du sujet

A. Choix du sujet

D'entrée de jeu, il sied de faire remarquer que la problématique de reconstruction de la RDC devient de plus en plus une réalité et, aujourd'hui plus qu'hier sur toute l'étendue de ce pays, il n'y a plus qu'un seul leitmotiv : «  les cinq chantiers de la République. »

Il s'agit, en effet, d'un seul programme du gouvernement fondé principalement sur les infrastructures de base et des voies de communications (routes, voies ferrées, aéroports et ports, voies fluviales, eau et électricité, santé et éducation, habitat et emploi). C'est dans ce contexte bien précis que des besoins prioritaires sont dégagés par rapport à la reconstruction de ce pays ravagé par les années de guerre.

Actuellement, s'il est vrai que la dynamique des «  cinq chantiers » que la RDC entend matérialiser avec le concours et la collaboration de la Chine est une question d'actualité et tient toujours le haut du pavé dans l'arène aussi bien nationale qu'internationale, il est d'autant plus vrai que ce thème intéresse tout particulièrement le scientifique que nous sommes au point d'y consacrer tout un mémoire de fin d'études, afin d'en analyser les dimensions et les contours.

Voilà qui justifie le choix porté sur le sujet sous examen.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo