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Koutougou,un terroir Temberma enclavé dans la Kéran

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par Tchoou Adong NOYOULEWA
Université de Lomé - Maà®trise de géographie rurale 2005
  

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1.4.4- La chefferie à Koutougou

Il faut dire que les personnes âgées bénéficient dans notre zone d'étude comme il est souvent le cas dans les sociétés africaines, d'un respect dû à leur âge. Ce sont les sources de référence dans presque tous les domaines de la vie (CHAUVEAU J-P. & RICHARD J., 1983). Ce sont eux qui décident s'il faut accorder ou non l'hospitalité à un étranger.

Ils sont également les garants des us et coutumes et dépositaires des secrets des anciens. Le plus vieux du clan est le maître des cérémonies, le gardien de la « boîte médicale » de la famille. Il préside les réunions des sages.

C'est aussi le critère qui détermine le choix du chef. Certes ce choix se fait dans la famille royale mais le trône revient de droit au plus âgé des enfants de chef défunt. D'ailleurs, un regard rétrospectif sur l'histoire de la royauté dans ce milieu montre même que le premier occupant du milieu qui est Owa M'poh n'a jamais été chef. Bien au contraire, cette tâche a été remplie par un certain Ottoura, un vieux qui a dû suivre l'élan de dispersion des Temberma. Installé comme tous ses frères à Tapountè, il fut choisi comme chef à cause de son âge avancé.

A sa mort, la régence fut assurée par M'boukpagou qui lui habitait Koutamagou jusqu'à ce que, démobilisé de l'armée française, N'tcha Alfa, descendant du premier chef revint reprendre le trône. Il régna entre 1957 et 1978 puis mourut. Son premier fils Alfa Oubati qui vivait jusque là dans l'ouest des Plateaux regagna la terre familiale et fut fait chef le 14 mai 1979. C'est donc lui qui dirige le canton de Koutougou jusqu'à nos jours.

Mais outre le chef canton, tous les villages ont un chef qui doit obéissance et respect au chef canton. Dans l'ensemble, il faut préciser que l'autorité du chef dans cette société est encore vivante. Il est de ce fait l'organisateur de la vie de tout le canton et y représente le pouvoir central. Cependant la plupart des décisions se prennent en conseil des sages qui réunit tous les chefs de villages ainsi que les délégués du Comité Villageois de Développement (CVD). Quelle est la hauteur de participation de la femme aux prises de décisions dans cette organisation ?

1.4.5- La femme dans la société Temberma

Quoique dominant en effectif, la femme Temberma est réduite à jouer les rôles de la ménagère. C'est elle qui s'occupe de l'éducation des enfants, de la cuisine et surtout de la cueillette des produits des champs.

Comme tel, elle n'est informée des grandes décisions même la concernant que pour les exécuter. A son mariage qui intervient après les cérémonies d'initiation qui ont lieu autour de 14 ans, elle devient la propriété de son mari qui s'est acquitté d'une dot de deux boeufs et d'autres objets. En cas de veuvage, elle regagne le toit d'un des beaux frères qui doit prendre soin des enfants pour assurer au frère disparu la postérité de son nom.

Dans l'ensemble, même de nos jours, personne ne semble s'inquiéter de son sort ; surtout pas les hommes qui trouvent d'ailleurs qu'elle n'a rien d'autre à faire que de s'occuper de la maison. C'est ce qui justifie le fort taux de déperdition scolaire au niveau des filles. En effet, sur les 19 filles inscrites au début de l'année scolaire 2004-2005, seule 09 ont pu passer les examens de fin d'année soit une déperdition de 52,6%. On verra par ailleurs que dans le

mode d'accès à la terre, aucun de nos enquêtés n'a affirmé pouvoir léguer des terres à une femme. Même s'ils affirment à 97,4% que cette dernière peut disposer de parcelle d'exploitation, le mode d'acquisition diffère. Elle peut se voir offrir un lopin de terre par son époux (93,1% le disent). Mais attention, elle ne peut pas tout mettre en valeur. Certes, d'autres pensent qu'elle peut tout cultiver (2,6%) mais la plupart (97,4%) affirment qu'elle ne doit y mettre que des vivriers et surtout des oléagineux contre 1,8% qui toléreraient la culture du coton par une femme.

A quoi s'en tenir au terme de la présentation et de l'analyse des réalités physiques et humaines du terroir de KOUTOUGOU ?

Au total, le terroir de Koutougou, terroir du versant sud de la chaîne de l'Atakora abrite environ 2000 Temberma dont l'évolution en nombre est une des plus lente de la région (0,18%/an) et qui profitent de la diversité des facteurs physiques pour mener une vie paisible. Il ne fait plus l'ombre d'aucun doute que la richesse des sols, le climat tropical sec, le réseau hydrographique lâche et la végétation de forêt sèche (BRUNEL J-F.1981) sont autant d'atouts qui ont exercé un attrait sur ce groupe qui a décidé de quitter son site primaire de Nadoba (versant nord de la même montagne) pour aller à la recherche du gibier. Ce qui néanmoins reste encore non expliqué, c'est la façon dont ce peuple gère ses terres de nos jours de même que l'usage qu'il en fait. Quels sont donc les liens qui unissent les Temberma de KOUTOUGOU à leurs terres et comment les aménagent-ils pour en faire en dernière analyse une unité géographique distincte des autres ? Quelles activités mènent-ils et quels sont les outils qu'ils utilisent ? Comment s'organisent-ils entre eux pour créer les moyens de subsistance qui sont les leurs ? Enfin, quelles sont les structures agraires en vigueur dans le milieu ?

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus