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Le crédit-bail dans l'espace OHADA

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par Joel PENDA DISSAK
Université de Douala - Master II professionnel juriste conseil d'entreprise 2008
  

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Paragraphe II : Un contrat multimodal et susceptible de confusion

A - Les types de crédit-bail et l'existence d'autres variantes

Le crédit-bail mobilier

Afin de réaliser ses investissements, l'entreprise cherche un équilibre entre l'autofinancement et le crédit à moyen ou à long terme. Elle peut également recourir au crédit-bail, c'est-à-dire louer le bien concerné en assortissant le contrat de location d'une promesse de vente à l'échéance. Ce mode de financement, très souple dans son utilisation constitue un financement sur mesure, qui vient en synergie avec les autres sources de financement.

Dans le cas d'un crédit-bail mobilier, une personne, physique ou morale, désirant effectuer un investissement d'équipement passe avec une société financière spécialisée un contrat aux termes duquel cette société achète le matériel choisi par l'utilisateur aux conditions techniques et au prix débattu par celui-ci avec le fournisseur de son choix.

Ce matériel directement livré et mis en place chez l'utilisateur lui est loué par la société de crédit-bail pour une durée déterminée à l'issue de laquelle l'entreprise locataire a la faculté de l'acquérir pour un prix fixé au contrat sensiblement égal à sa valeur résiduelle d'amortissement, c'est-à-dire généralement inférieur à sa valeur vénale en fin de contrat.

Le crédit-bail immobilier

L'industriel ou le commerçant qui a besoin de locaux peut les acheter ou les louer en concluant un bail commercial ; ou se les faire concéder en concluant un contrat de concession immobilière. Il peut aussi les obtenir en concluant un contrat de crédit-bail. Dans ce cas il va les louer avec la perspective finale de les acquérir. Suivant le même schéma de réalisation que le crédit-bail mobilier, le crédit-bail immobilier permet au commerçant ou à l'industriel de réaliser un investissement immobilier en traitant avec la société de financement qui achète ou fait construire au profit de l'utilisateur et selon ses indications l'immeuble dont il a besoin, puis elle le lui loue moyennant une période correspondant à son amortissement fiscal en lui ouvrant une option d'achat lui permettant d'en devenir propriétaire.

Schématiquement l'opération de crédit-bail immobilier peut se définir comme celle par laquelle une entreprise donne en location des biens immobiliers à usage professionnel, achetés par elle ou construits pour son compte, lorsque ces opérations quelle que soit leur qualification permettent au locataire de devenir propriétaire de tout ou partie des biens loués au plus tard à l'expiration du bail ; soit par cession en exécution d'une promesse unilatérale de vente, soit par acquisition directe ou indirecte des droits de propriété du terrain sur lequel ont été édifiés le ou les immeubles loués, soit par transfert de plein droit de la propriété de construction édifiée sur le terrain appartenant audit locataire.

Le crédit-bail immobilier peut mettre en oeuvre des procédés différenciés qui le séparent du crédit-bail mobilier. Ils présentent une certaine complexité qui s'explique par le fait que le crédit-bail immobilier mette en relation plusieurs acteurs ainsi qu'une combinaison de différents contrats.

a) Le crédit-bail immobilier direct

Le crédit-bail immobilier direct se présente lui-même de différentes façons. Ainsi il se peut que l'entreprise industrielle ou commerciale n'ait ni terrain, ni immeuble construit, et qu'elle s'adresse donc à la société de crédit-bail pour l'obtention de l'ensemble. Mais il se peut aussi qu'elle dispose déjà du terrain et ne s'adresse à la société de crédit-bail que pour les constructions. Nous nous intéresserons à l'hypothèse où l'entreprise n'a ni terrain ni construction.

Sollicitée par l'entreprise utilisatrice, la société de crédit-bail préalablement à la promesse de son concours commencera par apprécier la surface financière de l'entreprise. Si celle-ci s'avère convenable, le contrat sera conclu, et son exécution correspondra à deux étapes.

La première étape concerne l'achat du terrain et la construction de l'immeuble. La société de crédit-bail n'intervient pas directement, elle va donner mandat à l'entreprise utilisatrice d'agir sous son contrôle et pour son compte. C'est donc la future entreprise utilisatrice qui sollicitera le permis de construire et toutes les autres sollicitations nécessaires. C'est également elle qui achètera le terrain, sauf à ce que le prix en soit payé par la société de crédit-bail. C'est encore la société utilisatrice qui fera construire les terrains

avec les entrepreneurs, sauf à ce qu'ici encore ce soit la société de crédit-bail qui en paye le prix

En laissant à la société utilisatrice le soin de traiter avec les partenaires, le créditbailleur cherche à dégager sa responsabilité de l'opération. A raison de l'initiative qui lui a été laissée dans la construction et l'entretien de l'immeuble, le preneur exonère la société de crédit-bail de toute responsabilité survenant au sujet de la conception de cette construction, de la qualité des matériaux, de la réalisation de la construction et des vices cachés.

La deuxième étape est accentuée sur l'exécution du contrat de bail. Cette étape commence après la réception des travaux, la durée de ce bail peut varier entre 12, 15 voire 30 ans. La société de crédit-bail n'est pas un bailleur ordinaire, puisque pour elle l'opération est surtout financière. Sa préoccupation sera donc de réduire au maximum ses obligations de bailleur et de mettre celles-ci autant que possible sur le locataire, et de récupérer les sommes qu'elle a investies, ainsi que de toucher sa rémunération. L'entreprise utilisatrice assure les obligations de tout locataire, mais de façon plus contraignante.

b) Le crédit-bail immobilier indirect

Ce procédé beaucoup plus complexe fait intervenir une société civile immobilière qui va être interposée entre les parties, et qui dissocie l'opération de crédit-bail immobilier en ce sens que ce n'est pas le même organisme qui donne à bail et qui consent la promesse unilatérale de vente. Conformément à cette méthode, l'entreprise utilisatrice et la société de crédit-bail se mettent d'accord pour la constitution d'une société civile immobilière. Son capital est formé pour sa plus grande part, par l'entreprise utilisatrice, et le surplus par la société de crédit-bail qui est désignée comme gérant.

Outre son capital, la société civile immobilière bénéficiera d'avances de la société de crédit-bail et des crédits éventuellement accordés par les organismes prêteurs. Avec toutes ces ressources la société civile achètera le terrain et entreprendra les constructions, non sans avoir conclu au préalable avec la future société utilisatrice, une convention par laquelle cette dernière s'engage à prendre les locaux à bail. Une fois les locaux achevés, commence alors la période de location. Elle est consentie par la société civile à l'entreprise utilisatrice,

mais simultanément la société de crédit-bail lui consent une promesse de vente de ses parts dans la société civile.

Cette promesse peut être levée par la société utilisatrice à l'expiration du bail ou en cours de bail après une période de location obligatoire. Au terme convenu, l'entreprise utilisatrice dispose également des mêmes possibilités que celles déjà mentionnées dans le cas du crédit-bail mobilier.

Le crédit-bail immobilier indirect présente quelques variantes. Il peut arriver que la société de crédit-bail construise elle-même l'immeuble puis le donne en location simple à l'entreprise utilisatrice, et enfin consent à celle-ci une promesse de vente de ses parts dans la société civile, de telle sorte qu'au terme du bail à construction, la société civile placée sous le contrôle de l'entreprise utilisatrice accède gratuitement à la propriété des constructions. Le procédé de crédit-bail indirect présente l'avantage d'associer la société de crédit-bail et l'entreprise utilisatrice dans les efforts financiers, et à titre d'inconvénients on peut lui reprocher sa lourdeur.

les variantes du crédit-bail a) Le lease-back

Il se présente comme une technique dérivée du crédit-bail. Il se définit comme une technique de financement par laquelle un établissement de crédit spécialisé achète à un utilisateur un bien et le lui remet aussitôt à disposition en vertu d'un contrat de crédit-bail à l'issue duquel l'utilisateur locataire peut, en levant l'option d'achat stipulée à son profit, redevenir propriétaire du bien. La cession-bail123 se distingue du crédit-bail, auquel elle fait néanmoins appel, par deux caractéristiques :

-- il s'agit d'une opération bilatérale et non triangulaire : le locataire est en effet aussi le fournisseur ;

-- c'est une opération au caractère financier plus affirmé : aucun bien matériel nouveau n'est mis en circulation.

123 Autre appellation du lease-back

La cession du bien par l'utilisateur dans le cadre d'une convention de cession-bail ne saurait emporter renonciation implicite aux clauses du contrat de vente passé avec le fournisseur et notamment à une condition d'essai à laquelle celui-ci était subordonné124.

b) Le crédit-bail adossé

Encore appelé crédit-bail fournisseur, le crédit-bail adossé est le mécanisme dans lequel un fabricant vend un matériel qu'il a construit à une société de crédit-bail, qui par la suite l'achète et le paye comptant. Après quoi la société de crédit-bail remet ce matériel à la disposition du fabricant qui, ainsi devenu locataire de sa propre production, va donc souslouer ce bien à un de ses clients dans les conditions identiques à celles du contrat de créditbail dont elle est bénéficiaire. Cette opération est effectuée, soit parce que l'utilisateur ne présente pas une solvabilité suffisante pour obtenir lui-même un crédit-bail, soit parce que le client ne veut traiter qu'avec son fournisseur alors même que ce dernier ne souhaite pas supporter la charge du crédit. Dans ces deux hypothèses, le fournisseur prend125 la place de l'utilisateur dans le contrat de crédit-bail.

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