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Contribution des ONGS locales à  la réduction de la pauvreté, cas de l'AJEMAC en district de Karongi (2003- 2008 )

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par Florent MUGANANTAGARA
Université libre de Kigali campus de Gisenyi - Licence en développement rural 2010
  

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UNIVERSITE LIBRE DE KIGALI (ULK)

CAMPUS DE GISENYI

BP 243 Gisenyi

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET GESTION

DEPARTEMENT DE DEVELOPPEMENT RURAL

LA CONTRIBUTION DES ONGS LOCALES A LA REDUCTION DE LA PAUVRETE

Cas de l'AJEMAC en District de Karongi

(2003-2008)

Mémoire présenté et soutenu en vue de

l'obtention du diplôme de Licence en

Développement rural

Par MUGANANTAGARA Florent

Directeur : CCA KAGABIKA Boaz

Gisenyi, mai 2010

DEDICACE

A nos regrettés parents ;

A nos frères et soeurs ;

A Maman Athanasie NYIRABAGESERA, Directrice de l'ONN ;

La famille GOURGOUILLAT dont Papa Michel, Maman Annie ; leurs enfants et les membres de l' « Association les Enfants Avant-Tout » ;

Au Professeur Dr RWIGAMBA BALINDA, Représentant Légal de ULK et Fondateur de la

FRB ;

Aux Soeurs Bénédictines de KIGUFI/ Gisenyi ;

A Mademoiselle MUKESHIMANA Donatha ;

A la famille Bosco NKIKABAHIZI.

REMERCIEMENTS

Au terme de notre formation du second cycle universitaire en Développement Rural, il serait ingrat de notre part de ne pas reconnaître le concours de différentes personnalités qui ont, de près ou de loin, contribué à la réalisation de travail.

Nous rendons grâce à Dieu Tout Puissant qui, par son plan merveilleux qu'Il a tracé pour nous, ne cesse de nous mettre sur le bon chemin.

Que le Fondateur et Président de l'Université Libre de Kigali (ULK), le Professeur Docteur RWIGAMBA BALINDA ; toutes les autorités académiques et tous les professeurs de cette Université qui se sont dépensés pour notre formation puissent trouver ici l'expression de notre profonde gratitude.

Nos sincères remerciements s'adressent au CCA KAGABIKA Boaz qui, malgré ces nombreuses occupations et la conjoncture difficile actuelle, a accepté d'assurer la direction de ce mémoire. Ses conseils et remarques qui ont émané de son expérience ont été d'une grande assistance pour nous.

Notre profonde reconnaissance s'adresse à Mademoiselle NYIRABAGESERA Athanasie, Directrice de l'ONN, à nos chers parents et membres de l'« Association les Enfants Avant- Tout » et plus particulièrement, la famille GOURGOUILLAT dont Michel, Annie et leurs enfants pour tant de sacrifices consentis pendant la longue durée de notre formation.

Nous remercions également les autorités et les bénéficiaires de l'AJEMAC qui ont accepté de répondre à nos questions.

Enfin, que soit chaleureusement saluée ici la franche collaboration de tous les collègues étudiants de promotion de la deuxième licence en Développement Rural qui les a caractérisée.

MUGANANTAGARA Florent

SIGLES ET ABREVIATIONS

AJEMAC  : Association de Jeunesse en Matière Agricole et Culturelle

CCA : Chargé de Cours Associé

ASI  : Associations de Solidarité Internationale

CERAI : Centre d'Encadrement Rural pour l'Artisanat Intégré

CFJ : Centre de Formation des Jeunes

CRS  : Catholic Relief Services

ECOSOC  : Economic and Social Council

EDPRS  : Economic Development and Poverty Reduction Strategy

FAO : Food and Agricultural Organization

FARG : Fonds d'Assistance aux Rescapés du Génocide

FNUAP  : Fond des Nations Unies pour l'Assistance à la Population

FRB  : Fondation Rwigamba Balinda

JRS  : Jesuite Refugees Services

HCR : Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés

IFCIO : International Fund for Community Intervention Office

OCHA : Office for the Coordination of Humanitarian Affairs

OMD  : Objectifs du Millénaire pour le Développement

OMS  : Organisation Mondiale de la Santé

ONG  : Organisation Non Gouvernementale

ONN  : Orphelinat Noël de Nyundo

ONU  : Organisation des Nations Unies

PME  : Petites et Moyennes Entreprises

PNUD  : Programme des Nations Unies pour le Développement

PDD  : Plan de Développement du District

RDC  : République Démocratique du Congo

RAMA  : La Rwandaise d'Assurance Maladie

SIDA  : Syndrome d'Immuno Déficience Acquise

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Répartition des membres selon le sexe 35

Tableau 2 : Répartition des enquêtés selon l'âge 36

Tableau 3 : Répartition des enquêtés par ancienneté 37

Tableau 4 : Répartition des enquêtés par niveau d'études 38

Tableau 5 : Types de projets présentés à l'AJEMAC 39

Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon l'appui de l'AJEMAC 40

Tableau 7 : Répartition des enquêtés selon l'appui financier de l'AJEMAC 41

Tableau 8 : Répartition des enquêtés selon l'appui de renforcement des capacités 43

Tableau 9 : Approvisionnement en matériels ou outils de travail 44

Tableau 10 : Octroi de crédits à court et moyen terme 46

Tableau 11 : Appui dans la recherche du marché 47

Tableau 12 : Impact de l'assistance sur le revenu mensuel de ses bénéficiaires 50

Tableau 13 : répartition des enquêtés selon le nombre de repas pris par jour 52

Tableau 14 : Impact de l'assistance de l'AJEMAC sur la scolarisation des enfants selon les enquêtés 53

Tableau 15 : Répartition des enquêtés selon l'adhésion à la mutuelle de santé avant et après l'intervention de l'AJEMAC 54

Tableau 16 : Situation vestimentaire des enquêtés 56

Tableau 17 : Répartition des enquêtés selon les moyens de communication avant et après l'intervention de l'AJEMAC 57

Tableau 18 : Statut d'occupation des logements des enquêtés avant et après l'intervention de l'AJEMAC 58

Tableau 19 : Qualité de maison occupée par les enquêtés avant et après l'intervention de l'AJEMAC 60

Tableau 20 : Répartition des enquêtés selon le raccordement en électricité 61

TABLE DES MATIERES

DEDICACE i

REMERCIEMENTS ii

SIGLES ET ABREVIATIONS iii

LISTE DES TABLEAUX v

INTRODUCTION GENERALE 1

1. Choix et intérêt du sujet 1

1.1. Intérêt Personnel 1

1.2. Intérêt Académique et Scientifique 2

1.3. Intérêt social 2

2. Délimitation du sujet 2

3. Problématique 3

4. Hypothèses 5

5. Objectifs du travail 6

5.1. Objectif global 6

5.2. Objectifs spécifiques 7

6. Techniques et méthodes 7

6.1. Techniques 7

6.1.1. Technique Documentaire 8

6.1.2. Technique du questionnaire 8

6.1.3. Technique d'échantillonnage 9

6.1.4. Technique d'interview 10

6.2. Méthodes d'analyse 10

6.2.1. Méthode Strucuro-fonctionnelle 10

6.2.2. Méthode analytique 10

6.2.3. Méthode synthétique 11

6.2.4. Méthode des statistiques 11

6.2.5. Méthode comparative 11

7. Subdivision du travail 11

CHAPITRE 1. CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL 13

1.1. Définition des concepts 13

1.1.1. Contribution 13

1.1.2. ONG 14

1.1.3. Réduction 15

1.1.4. Pauvreté 15

1.2. Revue de la littérature 17

1.2.1. ONG 17

1.2.1.1. ONG reconnue à l'ONU 17

1.2.1.2. Types d'ONG et leurs divers rôles 18

1.2.1. 3. Relations entre ONG et autres institutions 19

1.2.1.4. Professionnalisation des ONG 19

1.2.2. Pauvreté 20

1.2.2.1. Sortes de pauvreté 20

1.2.2.2. Seuil de pauvreté 21

1.2.2.3. Seuil de pauvreté absolue 21

1.2.2.4. Seuil de pauvreté relative 23

1.2.2.5. Le seuil de pauvreté à travers le monde 23

1.2.3. Stratégies de réduction de la pauvreté 23

1.2.3.1. Objectif du Millénaire Développement (OMD) 24

1.2.3.2. Programmes rwandais 25

1.2.3.2.1. Vision 2020 25

1.2.3.2.2. EDPRS 26

1.2.3.2.3. PDD 26

1.3. Présentation de l'AJEMAC 27

1.3.1. Historique 27

1.3.2. Justification des activités de l'AJEMAC 28

1.3.3. Objectif de l'AJEMAC 29

1.3.4. Localisation géographique 31

Conclusion partielle 33

CHAPITRE 2. REALISATIONS DE L'AJEMAC DANS LA REDUCTION DE LA PAUVRETE DES BENEFICIAIRES DE SES ACTIVITES 34

2.1. Description de l'échantillon 34

2.1.1. Sexe 34

2.1.2. Age 35

2.1.3. Ancienneté 36

2.1.4. Répartition par niveau d'études 37

2.2. Présentation des résultats sur l'appui reçu auprès de l'AJEMAC 38

2.2.1. Types de projets dans lesquels les enquêtés sont impliqués 39

2.2.2. Appui dans l'élaboration des projets 40

2.2.3. Appui financier 41

2.2.4. Raisons du non financement 42

2.2.5. Appui dans le renforcement des capacités 42

2.2.6. Approvisionnement en matériaux 44

2.2.7. Crédits à court et moyen terme 45

2.2.8. Appui à la recherche du marché 46

Conclusion partielle 48

CHAPITRE 3. IMPACT DES REALISATIONS DE L'AJEMAC SUR L'AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE DES MENAGES BENEFICIAIRES 50

3.1. Revenu mensuel 50

3.2. Nombre de repas pris par jour 52

3.3. Scolarisation des enfants 53

3.4. Adhésion à la mutuelle de santé 54

3.5. Habillement 55

3.6. Moyens de communication 56

3.7. Statut d'occupation de la maison 58

3.8. Qualité du logement 59

3.9. Raccordement en électricité 61

Conclusion partielle 62

CONCLUSION GENERALE 64

1. Synthèse du travail 64

2. Suggestions 68

BIBLIOGRAPHIE 71

ANNEXES a

INTRODUCTION GENERALE

La Pauvreté est un phénomène qui inquiète les dirigeants de toutes les nations au niveau planétaire. Même si les pays ne ressentent pas le problème de la même manière, ils conjuguent ensemble leurs efforts pour son éradication. Les pays en développement ressentent plus les conséquences de la pauvreté et l'éradication de ce phénomène semble être de plus en plus leur cheval de bataille. L'étude sur ce sujet est d'une nécessité indiscutable. Ce travail voudrait orienter les recherches dans ce domaine car il est d'actualité.

1. Choix et intérêt du sujet

Le choix du sujet sur les ONGs locales et la réduction de la pauvreté est motivé par notre grand souci de travailler comme acteur du développement rural à travers ces institutions, à la fin de nos études. En observant les réalisations de certaines ONGs locales, nous avons ressenti le besoin d'orienter notre recherche sur l'une d'entre elles.

Notre travail revêt donc un triple intérêt à savoir: personnel, académique & scientifique et social.

1.1. Intérêt Personnel

Ce travail se veut alors être notre modeste contribution dans la recherche des voies et moyens de résoudre les problèmes qui entravent la bonne marche des ONGs locales à travers les suggestions que nous formulerons mais aussi notre contribution à la vulgarisation des bonnes pratiques des ONGs comme l'AJEMAC pour qu'elles puissent servir d'exemple aux autres.

1.2. Intérêt Académique et Scientifique

Sur le plan Académique, ce travail se justifie par le fait qu'il répond à une exigence de nombreuses institutions Universitaires à savoir la rédaction d'un mémoire de fin d'études du deuxième cycle universitaire pour l'obtention d'un diplôme académique y afférent ainsi que la jouissance de tous les privilèges. Il nous permet également de rallier la théorie à la pratique pour nous permettre d'acquérir de l'expérience surtout dans la rédaction des rapports des données recueillies sur le terrain.

Sur le plan scientifique, le travail contient des informations sur la pauvreté tout en mettant un accent sur le développement socio-économique et culturel en milieu rural rwandais à travers les ONGs locales. Sa valeur scientifique lui confère la qualité d'un outil de référence aux futurs chercheurs ainsi qu'aux acteurs de développement.

1.3. Intérêt social

La pauvreté est un phénomène socio-économique qui doit être étudié en tenant compte des réalités de chaque milieu. Dans le contexte de ce travail, la pauvreté est un sujet d'actualité au niveau du Rwanda. La réduction de la pauvreté est classée parmi les objectifs que le pays voudrait atteindre à travers son plan stratégique « 2020 ». Ce travail sera utile aux décideurs politiques, aux acteurs de développement car il présente un diagnostic et propose certaines solutions pour une meilleure lutte contre ce phénomène pour le bien-être de la société rwandaise.

2. Délimitation du sujet

Compte tenu de son champ d'étude très vaste, ce travail a été délimité dans le temps, dans l'espace et dans le domaine d'étude. Dans le temps, notre étude est délimitée sur la période de 2003 à 2008. L'année 2003 marque le début de l'application du plan stratégique de huit ans et l'année 2008 marque la fin de la première phase d'activités prévues.

Dans l'espace, nous avons voulu mener l'étude dans le District de Karongi où cette ONG mène ses activités. Dans le domaine, l'étude relève de plusieurs disciplines comme : l'entreprenariat, l'économie du développement et la sociologie des organisations voire les aspects sociaux de l'aménagement du territoire.

3. Problématique

La pauvreté est l'un des problèmes urgents que la communauté internationale s'est décidée de combattre avec toute son énergie. En effet, lors de la réunion de 180 délégués de différents Etats tenus en 2000 à New York, huit objectifs prioritaires étaient fixés afin de les atteindre de 2000 à 2015. Ce sont les fameux « Objectifs du Millénaire pour le Développement ».

La première de ces priorités était notamment la réduction de la pauvreté et plus spécialement : « Réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour (1$/jour), réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim1(*)». En effet, selon les statistiques disponibles, nombreuses institutions internationales révèlent que les conditions de vie des populations à travers le monde sont mauvaises, surtout dans le pays en développement. L'UNESCO estime par exemple que « près de 25% de la population des pays en développement soit plus d'un milliard des personnes vivent dans une situation d'extrême pauvreté 2(*)».

Ainsi, pour mieux comprendre cette situation, il faut jeter un regard sur la situation en tenant compte de certains secteurs socio-économiques (Santé, éducation et alimentation). A titre d'exemple le PNUD relève que: «douze millions d'enfants meurent chaque année avant d'atteindre leur cinquième anniversaire3(*)». Dans le domaine de l'éducation, il s'avère que beaucoup de personnes demeurent dans l'analphabétisme et selon la BANQUE MONDIALE  « Un milliard de personnes est entré dans le vingt et unième siècle sans savoir lire ni écrire4(*)».

Selon les mêmes sources et dans le domaine de l'eau, un milliard d'être humains n'a pas accès à au moins une source d'approvisionnement en eau.

La disponibilité de la nourriture équilibrée sur le plan quantitatif et qualitatif est aussi un véritable problème si l'on en croit les données du FAO, qui estime que « environ un tiers de la population est sous alimenté et ce nombre va en croissant5(*) ». Il convient de noter cependant que les efforts consentis au niveau planétaire sont anéantis par de nombreux fléaux tels que Le SIDA et les guerres. Le FNUAP va dans le même sens en soulignant: «Trois millions de personnes étaient mortes du Sida en 2001 sur les vingt-deux millions que la maladie avait tuées jusqu'à cette époque6(*)». Les mêmes sources indiquent aussi que le nombre de personnes infectées s'élevait à 40.000.000 dont 28.000.000 en Afrique subsaharienne en 2001.

Le Rwanda est classé parmi les pays les plus pauvres de la planète. Il est donc frappé par la pauvreté. Par ailleurs, les événements survenus au pays en 1994 (guerre et génocide) ont contribué à la destruction des tissus socio-économique, même si de nombreux efforts sont consentis pour la construction du pays. Selon les études menées en 2001 dans le cadre de la pauvreté à travers le pays, il s'avère qu'au Rwanda «trois personnes sur cinq, soit 60,29% vivent en dessous du seuil de la pauvreté7(*)».

Le District de Karongi, comme d'ailleurs la majorité des autres districts du Rwanda fait face aux problèmes liés à la pauvreté des populations. « Dans ce district, 55,3% de la population utilisent le lampion pour éclairer leur habitation et 36,9% font recours au bois. Comme on sait le manque d'électricité est parmi les indicateurs de l'extrême pauvreté retenus par la Banque Mondiale. Seulement 32,8% possèdent une radio, selon le recensement de la population de 20028(*)».

Dans le but de vaincre la pauvreté, le gouvernement rwandais est aidé par plusieurs de ses partenaires comme les Agences Onusiennes, les Institutions de Breton Wood, les ONGs Internationales, les Pays amis mais aussi et surtout les ONGs locales. Voilà pourquoi nous avons voulu évaluer les résultats d'AJEMAC.

Nous sommes alors parti des préoccupations suivantes :

1. Quelles sont les actions de l'AJEMAC dans la réduction de la pauvreté ?

2. Quelle est la contribution des réalisations de l'AJEMAC sur l'amélioration des conditions de vie des bénéficiaires de ses activités ?

4. Hypothèses

Comme le soulignent MASIALA ma SOLO et ses Collaborateurs, « l'Hypothèse est une réponse anticipée aux questions que le chercheur se pose au début de son projet9(*)». Ainsi, cette étude se base sur les travaux antérieurs, les rapports et les enquêtes sur le terrain pour tester les hypothèses suivantes :

§ L'appui de l'AJEMAC envers les bénéficiaires de ses actions dans leurs travaux agricoles et culturels est incontournable. Cet appui se manifeste à travers une série d'actions comme le financement des PME, le renforcement des initiatives des bénéficiaires de ses activités, le renforcement des capacités des bénéficiaires, la recherche du marché des produits qu'elle a financé etc.

§ Ces activités de l'AJEMAC ont un impact sur la réduction de la pauvreté dans les ménages bénéficiaires. Ceci s'explique par le fait que ces ménages ont amélioré leurs conditions de vie sur le plan de l'habitat, de l'éducation, de la santé, de l'habillement, de la communication,du transport, des finances, etc.

5. Objectifs du travail

Sous ce point, nous présentons l'objectif global et les objectifs spécifiques de notre travail :

5.1. Objectif global

L'objectif global de ce mémoire est d'évaluer la contribution de l'AJEMAC à la réduction de la pauvreté. Pour atteindre cet objectif global, il faut passer par les objectifs intermédiaires suivants :

5.2. Objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques sont :

§ Passer en revue différents plans stratégiques en vigueur au Rwanda ;

§ Analyser les réalisations de l'AJEMAC dans la réduction de la pauvreté des bénéficiaires de ses activités ;

§ Analyser l'impact des réalisations de l'AJEMAC sur les conditions de vie des bénéficiaires de ses activités ;

§ Formuler des suggestions pouvant servir à l'amélioration des interventions de l'AJEMAC et des conditions de vie des bénéficiaires.

6. Techniques et méthodes

Pour vérifier les hypothèses et atteindre les objectifs fixés par ce travail, l'étude recourt à certaines techniques et méthodes.

6.1. Techniques

Pour GRAWITZ, M., la technique est  «un moyen d'atteindre un but, mais qui se situe au niveau des faits ou des étapes pratiques10(*)». Les techniques que nous utilisons dans ce travail sont : l'analyse documentaire, l'échantillonnage, le questionnaire et l'interview.

6.1.1. Technique Documentaire

Selon GRAWITZ, M., «la documentation vise l'ensemble des ouvrages, des revues périodiques mis à la disposition du chercheur dans l'élaboration d'un travail scientifique11(*)». Cette technique consiste à la consultation des documents relatifs au sujet traité. De notre part, nous avons lu les ouvrages, les mémoires, les journaux, les articles en rapport avec les ONGs locales en général et AJEMAC, en particulier. Nous avons sélectionné les écrits qui nous semblaient plus pertinents et en rapport avec notre sujet d'étude.

6.1.2. Technique du questionnaire 

Raymond QUIVY et Luc CAMPENHOUDT définissent le questionnaire comme «un ensemble de questions couvrant tous les indicateurs de tous les concepts impliqués par les hypothèses12(*)». Grâce à cette technique, nous avons recueilli les informations auprès des bénéficiaires des activités de l'AJEMAC à travers des questions fermées et ouvertes.

L'enquête a été faite du 1er au 30 novembre 2008. Elle nous a permis de mieux mener notre recherche empirique. Le questionnaire a été administré sur le lieu de travail des bénéficiaires des activités de l'AJEMAC. Certains avançaient les prétextes du manque du temps pour refuser de répondre à notre questionnaire ou se résignaient seulement à le faire sans fournir des raisons. Mais la majorité des bénéficiaires y ont trouvé une opportunité d'exprimer leurs points de vue sur l'appui qu'ils reçoivent de l'AJEMAC.

Les données ont été saisies, traitées et analysées avec le logiciel Excel. Word a été utilisé pour le traitement du texte.

6.1.3. Technique d'échantillonnage 

Cette technique consiste à sélectionner un nombre déterminé ou échantillon que les chercheurs interrogent au sein d'une Population mère.

La population totale de notre enquête est composée de 670 personnes qui ont bénéficié de l'appui de l'AJEMAC de 2003 à 200813(*).

Pour déterminer la taille de notre échantillon et obtenir un échantillon qui soit représentatif possible, tout en tenant compte du temps et des moyens limités, nous nous sommes basé sur la formule d'Allain BOUCHARD ainsi libellée14(*) :

, soit 84

Où :

nc = taille de l'échantillon

N = population totale (670 personnes qui ont bénéficié de l'appui de l'AJEMAC de 2003 à 2008)

n=96 = degré de certitude

Ainsi, avons-nous pris l'échantillon de 84 personnes, soit 12,5% de la population totale de l'étude.

Nous les reconnaissions à l'aide de la méthode de boule-de-neige ; c'est-à-dire qu'un bénéficiaire des activités de l'AJEMAC enquêté nous indiquait son camarade ainsi de suite.

6.1.4. Technique d'interview 

Cette technique est utile lorsque l'on cherche des informations qualitatives relatives au sujet de recherche. Dans notre travail, nous avons interviewé le Coordinateur de l'AJEMAC, et 10 des bénéficiaires qui ont participé à l'enquête.

6.2. Méthodes d'analyse

Selon Madeleine GRAWITZ, la méthode est «un moyen de parvenir à un aspect de la vérité15(*)». Les méthodes que nous avons utilisées dans notre étude sont :

6.2.1. Méthode Strucuro-fonctionnelle 

Elle permet d'étudier la Structure et le fonctionnement d'un système. Elle nous a aidé aussi dans la présentation de l'AJEMAC, son organisation, et son fonctionnement.

6.2.2. Méthode analytique

Elle est utilisée par le chercheur pour analyser les données recueillies sur le terrain. Elle nous a permis d'analyser l'apport de l'AJEMAC dans la réduction de la pauvreté en insistant sur les domaines : santé, habitat, éducation...

6.2.3. Méthode synthétique

C'est une méthode qui consiste à présenter les résultats de manière synthétisée16(*). Elle nous a aidé lors de la rédaction de notre mémoire en présentant les synthèses de nos résultats.

6.2.4. Méthode des statistiques

Elle nous a été utile dans la transformation des données sous formes des tableaux et graphiques en recourant aux calculs de pourcentage afin de faciliter leur analyse et interprétation.

6.2.5. Méthode comparative 

Elle est utile lorsque le sujet oblige au chercheur de comparer deux situations pour en tirer des conclusions allant dans le sens d'évolution, de stagnation ou de régression. Dans notre travail, nous avons comparé les conditions de vie des ménages avant et après AJEMAC.

7. Subdivision du travail

A part l'Introduction et la conclusion générales, cette étude comporte trois chapitres qui s'articulent autour des éléments ci-après :

§ Le Premier chapitre est consacré au cadre conceptuel et théorique.

§ Le second est consacré aux réalisations de l'AJEMAC dans la réduction de la pauvreté des bénéficiaires par ses activités et vérifie aussi la première hypothèse.

§ Le troisième traite de l'impact des réalisations de l'AJEMAC sur l'amélioration des conditions de vie des ménages bénéficiaires et vérifie aussi la deuxième hypothèse.

CHAPITRE 1. CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL

Dans ce chapitre, nous avons défini les concepts clés utilisés dans ce travail et des termes en rapport avec notre sujet de recherche dans le but de permettre aux lecteurs d'en avoir une même idée que nous. Il dégage certaines théories dont la connaissance est d'une importance capitale pour une bonne compréhension de l'ensemble du travail. Ce qui permet aussi de rendre le travail suffisamment clair et d'éviter toute confusion possible.

Bref, le cadre théorique et conceptuel est très important dans le sens qu'il constitue un cadre de référence pour la récolte et l'analyse des données et précise les relations entre les concepts utilisés dans ce travail.

1.1. Définition des concepts

Sous ce titre, nous allons dégager la définition et les différentes approches conceptuelles des mots clés à notre étude qui sont contribution, ONG, réduction, pauvreté.

1.1.1. Contribution

Selon ROBERT17(*), « la contribution est la part que chacun donne pour une charge, une dépense commune ; c'est la collaboration à une oeuvre commune ; c'est l'apport d'une tâche dans la réalisation d'une action ou dans l'amélioration d'une situation quelconque. Le concept contribution vient du verbe contribuer qui signifie participer à un certain résultat par sa présence, par une action, par un apport ».

Nous pouvons ainsi dire que la contribution est l'apport observé d'un élément quelconque dans la réalisation ou l'atteinte des objectifs fixés ou des résultats attendus. La contribution des coopératives rwandaises à la réduction de la pauvreté signifie donc l'apport de celles-ci dans la réduction de la pauvreté.

1.1.2. ONG

Selon le Dictionnaire Pratique des ONG18(*), Une organisation non gouvernementale ou ONG est une organisation d'intérêt public qui ne relève ni de l' État ni d'une institution internationale.

L'habitude est de réserver le terme aux personnes morales à but non lucratif financées sur des montants importants par des fonds privés. Grâce à l'apport de la sociologie des organisations, les principaux critères définissant une ONG sont19(*) :

· l'origine privée de sa constitution

· le but non lucratif de son action ;

· l'indépendance financière ;

· l'indépendance politique ;

· la notion d'intérêt public.

Une ONG est une personne morale qui, bien que n'étant pas un Gouvernement, intervient dans le champ international. Les relations juridiques internationales sont en effet traditionnellement des relations uniquement entre États (ou entre Gouvernements). On considère parfois le Comité international de la Croix-Rouge comme l'ancêtre des ONG, bien qu'ayant un statut hybride spécifique vis-à-vis des États20(*).

Dans le cas d'organisations ayant une envergure internationale importante, on parle également d'Associations de Solidarité Internationale (ASI) ou d' organisations non gouvernementales internationales.

Dans le cas d'organisation ayant une envergure purement nationale, l'ONG devient locale et s'apparente à la société civile21(*). C'est le cas notamment de plusieurs organisations locales que nous trouvons ici au Rwanda dont l'AJEMAC.

1.1.3. Réduction

Selon le dictionnaire le Petit Robert22(*), « la réduction est l'action de réduire quelque chose. Réduire veut donc dire diminuer l'ampleur de quelque chose ».

1.1.4. Pauvreté

Pour la Banque Mondiale23(*), « la pauvreté se caractérise par un profond dénuement, un manque aigu des biens. En d'autres termes ; c'est l'incapacité de satisfaire les besoins fondamentaux qui portent sur les biens suivants :

§ alimentation, habillement, logement et biens (mobiliers, ustensiles ménagers).

§ services de base : Santé, eau potable, sanitaires, transports, éducation, etc. Quelle que soient les valeurs de la société, la satisfaction de ces besoins est naturellement souhaitable ».

Dans le même ordre d'idée, CHAMBERS, R24(*)., dit que la pauvreté est un tissu dans lequel se combinent et s'enchevêtrent le manque de capitaux, l'insuffisance de flux et des réserves de nourritures, le manque de revenus, la faiblesse physique et la maladie d'isolement, la vulnérabilité face aux imprévus et au manque d'influence.

En nous basant sur les différentes définitions, la pauvreté peut se définir comme le manque ou l'inaccessibilité des ressources permettant de satisfaire les besoins essentiels au développement humain. Ces ressources peuvent être spirituelles, intellectuelles, morales, matérielles, politiques, sociales, écologiques, etc.

Au Rwanda, la pauvreté est étroitement liée à un ensemble de problèmes imbriqués notamment la terre, la démographie, la dégradation de l'environnement, la mauvaise gestion des affaires publiques et l'insuffisance tant en volume qu'en diversité des sources de croissance. Ces problèmes et obstacles ont contribué avec le temps, à la poursuite de la dégradation des conditions de vie et de la pauvreté, qui est ainsi devenue un phénomène généralisé.

Etant donné que le capital humain constitue la ressource essentielle du Rwanda, l'éducation est de ce fait un élément important dans la notion de pauvreté.

1.2. Revue de la littérature

Le terme organisation non gouvernementale est apparu aux Nations Unies pour désigner des organisations indépendantes des états susceptibles d'être consultées par le conseil économique et social. Aujourd'hui, il recouvre un champ très large d'organisation et il n'existe donc pas de définition unique, ni qualification exacte.

1.2.1. ONG

Les petites et moyennes entreprises des populations souvent rurales sont les plus puissants agents du changement dans notre société, dès lors que leurs intérêts économiques sont bien compris par les ONG qui interviennent dans le domaine de développement. Dans cette partie, nous allons expliquer les types d'ONG et leurs divers rôles tels que fixés à leur création.

1.2.1.1. ONG reconnue à l'ONU

En l'absence de critères objectifs de la nature d'une ONG, la plupart des organisations internationales ( ONU, Union européenne, etc.) ont dressé une liste des ONG qu'elles reconnaissent comme des interlocuteurs valables. L'entrée, et éventuellement la sortie, d'une organisation de ces listes est soumise à un processus complexe. Le Conseil économique et social (ECOSOC) à l'ONU possède un comité permanent, le comité chargé des ONG qui est chargé de valider le statut des ONG en vue de leur collaboration avec cette instance. Le statut consultatif est divisé en plusieurs catégories : générale (Société Africaine du Patrimoine.

Actuellement 2 727 ONG ont le statut consultatif dit ECOSOC et 400 sont accréditées auprès de la Commission du développement durable.

Suivant les contextes du terrain, d'autres organes des Nations Unies peuvent aussi coordonner les différentes actions : Office for the Coordination of Humanitarian Affairs ( OCHA), Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et accréditer des ONG : OMS, FAO...25(*)

1.2.1.2. Types d'ONG et leurs divers rôles

Ces associations concernent les Droits de l'Homme ( Amnesty International ou ATD Quart Monde), la lutte contre la faim ( Action Contre la Faim), la protection des enfants ( World Vision), la scolarité ( Aide et Action), l'économie mondiale ( Mouvements altermondialistes comme ATTAC), l'écologie ( les Amis de la Terre) ou alors la protection de la nature ( Sea Shepherd Conservation Society ou WWF). Ces organisations sont en si grand nombre qu'elles couvrent tout le spectre politique, social et philosophique.

Les ONG ont de différents modes d'actions, ce qui conduit à les classer au moins en deux types :

· certaines sont avant tout des groupes de pression politique. Parmi celles-ci, un groupe non négligeable d'ONG n'a pas de but humanitaire mais des ambitions idéologiques ou commerciales. On y trouve des lobbys de toute nature, en particulier des lobbys économiques et patronaux.

· d'autres, souvent dénommées ONG humanitaires, mettent en place des programmes d'aides, éducatives, caritatives ou de développement par exemple. Les ONG de ce dernier type se regroupent parfois en collectif humanitaire suivant leur domaine d'intervention ou particularités, comme par exemple JRS, CARE International, CRS, Caritas et bien d'autres.

Il convient toutefois de distinguer les ONG caritatives ( Médecins sans frontières, Comité international de la Croix-Rouge), souvent spécialisées dans l'aide d'urgence, des ONG de développement engagés sur des programmes à long terme. En général ces dernières sont plus discrètes, les ONG d'urgence étant souvent plus médiatisées.

1.2.1. 3. Relations entre ONG et autres institutions

La Banque mondiale constate non seulement que « les ONG prennent de plus en plus part aux processus de développement économique et social, et que les lois et règlements des États concernant les ONG sont très divers et parfois susceptibles d'étouffer leurs activités et leur croissance ». Afin d'encourager le développement des ONG et de leurs « activités de coopération, facteurs d'amélioration et d'élargissement de l'aide au développement », La banque mondiale propose « une série de "recommandations" générales aux États en matière juridique, destinées à garantir aux ONG une existence et un fonctionnement sans entrave, indépendamment de l'État et de manière transparente et responsable »26(*).

1.2.1.4. Professionnalisation des ONG

Depuis la fin des années 1990, on a assisté à une montée en puissance des ONG : médiatisation des besoins, recours à l'humanitaire après des opérations armées27(*)...

Les ONG disposent de plus en plus de compétences techniques, qui les rendent crédibles et leur permettent d'être consultées et écoutées lors des grandes réunions internationales.

Depuis les années 2000, de grandes entreprises privées signent des partenariats avec des ONG de façon à acquérir une vision plus globale de l'environnement mondialisé, et afin de disposer de compétences les aidant à mieux percevoir les attentes des consommateurs et des marchés. Ceci est plus perceptible dans le monde britannique et japonais.

1.2.2. Pauvreté

Sur ce point, nous allons parler successivement des sortes de pauvreté, du seuil de pauvreté ainsi que des stratégies de sa réduction.

1.2.2.1. Sortes de pauvreté

Selon le PNUD28(*), la pauvreté se mesure en 3 sortes :

· pauvreté selon le manque d'alimentation : c'est la population qui ne peut pas couvrir ses besoins d'alimentation ;

· pauvreté selon le manque des capacités : c'est la population qui peut couvrir ses besoins d'alimentation, mais pas les besoins d'éducation et de santé de tous les membres de la famille ;

· pauvreté selon le manque de patrimoine : c'est la population qui, si bien peut couvrir ses besoins d'alimentation, d'éducation et de santé, ne peut pas couvrir les besoins de logement, d'habillement, des chaussures et de transport.

1.2.2.2. Seuil de pauvreté

Le seuil de pauvreté est un niveau de revenus au-dessous duquel un ménage est considéré comme pauvre29(*). Ce seuil prend des valeurs radicalement différentes selon les pays considérés : pays développés ou pays en développement. Le seuil de pauvreté peut être défini de manière absolue (en fonction d'un panier de consommation minimale) ou relative (en pourcentage du revenu médian ou moyen). Les facteurs individuels sont pris en compte pour adapter la notion à la diversité des situations, par exemple les charges familiales, l'âge, ou encore le nombre de personnes vivant dans le ménage.

1.2.2.3. Seuil de pauvreté absolue

Pour déterminer le seuil de pauvreté on cherche généralement à établir combien coûtent au total toutes les ressources essentielles qu'en moyenne un adulte consomme pendant un an. Cette approche se fonde sur l'évaluation qui est faite de la dépense minimale pour assurer un niveau de vie tolérable. Cette méthode est à l'origine du calcul du seuil de pauvreté aux États-Unis, où le seuil de pauvreté a été depuis relevé en raison de l' inflation. Dans certains pays en développement, la plus importante partie des ressources est affectée au loyer nécessaire pour vivre dans un appartement. Les économistes attirent ainsi l'attention sur le marché immobilier et sur les prix de logement à cause de leur forte influence sur le seuil de pauvreté30(*).

Il existe plusieurs méthodes d'évaluation absolue de la pauvreté. Toutes ces méthodes se basent sur des conventions normatives admises à un moment donné dans le pays ou dans une communauté donnée. Une de ces méthodes est fournie par la Banque mondiale avec comme critère un seuil normatif de un dollar (de 1990) par personne et par jour ; un seuil de deux dollars est également couramment employé. Le nombre de personnes sous ce seuil dans un pays est délicat à estimer : d'une part, les pays concernés n'ont pas les moyens de tenir des statistiques nationales détaillées, d'autre part à ce niveau de revenu il faut tenir compte d'activités non marchandes, comme l' autoconsommation ou l'accès possible à des services publics. Cette méthode s'applique essentiellement dans le cadre des comparaisons internationales entre pays31(*).

Afin de pouvoir faire des comparaisons internationales, les seuils doivent être exprimés en parité de pouvoir d'achat, ce qui permet de s'affranchir des différences de pouvoir d'achat des différentes devises. Toutefois, cette méthode est sujette à caution, puisque la consommation des ménages pauvres peut être différente de celle du ménage représentatif, servant à l'établissement des taux de parité de pouvoir d'achat.

Une autre approche de la pauvreté absolue est fondée sur la méthode du coût des besoins essentiels. Cette méthode consiste à estimer le niveau de revenu nécessaire à un individu pour satisfaire un besoin calorique normatif donné (2 450, 2 400, 2 200, 2 100 kcal ou tout autre niveau). Cette approche suppose la détermination de deux composantes du seuil de pauvreté : une composante monétaire et une composante non monétaire. Le seuil de pauvreté est la somme des deux seuils précédemment estimés32(*).

Dans certains pays industrialisés comme les États-Unis ou le Canada, c'est aussi un seuil absolu qui est utilisé ; il correspond à un panier de biens et services essentiels, et il est mis à jour en fonction de l'évolution du coût de la vie33(*).

1.2.2.4. Seuil de pauvreté relative

Cette méthode de calcul tient compte du niveau de vie d'un pays. Le plus souvent, on utilise une fraction du revenu médian : 50 % pour la France, 60 % pour l' Union européenne ( Eurostat). Le nombre de personnes sous le seuil est donc davantage une mesure de l' inégale répartition des revenus qu'une véritable mesure de la pauvreté (si le revenu de tous les habitants augmente de 20 %, le seuil augmente lui aussi de 20 %, et le taux de pauvreté reste identique). Cette mesure peut apporter un éclairage sur la pauvreté ressentie par une partie de la population, en comparaison avec les autres individus34(*).

1.2.2.5. Le seuil de pauvreté à travers le monde

La Banque mondiale, qui étudie surtout les pays en développement, retient des seuils de pauvreté absolus identiques (1 dollar/jour, 2 dollars/jour, etc.), et tient compte dans ses mesures des parités de pouvoir d'achat. Pour l' Union européenne, Eurostat utilise un seuil relatif de 60 % du revenu médian35(*).

1.2.3. Stratégies de réduction de la pauvreté

La réduction de la pauvreté est le concept fondamental qui détermine les engagements de la communauté internationale en général, et ceux des pays, en particulier, à l'égard du développement, dans le cadre des objectifs de développement pour le Millénaire. Le principal instrument de planification et d'application réside, en la matière, dans les Papiers stratégiques de réduction de la pauvreté, rédigés par un nombre croissant de pays en développement.

Du point de vue du développement durable, la réduction de la pauvreté est au coeur du volet économique, mais elle doit être comprise dans sa relation avec les trois autres éléments qui sont les volets social, environnemental et culturel. Autrement dit, les considérations économiques, tout en constituant la clé du développement durable, en sont l'un des facteurs plutôt qu'un objectif suprême.

1.2.3.1. Objectifs du Millénaire Développement (OMD)

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) tels que États membres de l' ONU les ont déclarés en septembre 2000 pour être atteint d'ici à 2015, sont au nombre huit. Il s'agit :

§ Réduire de moitié la part des individus vivant avec moins d'un dollar par jour ;

§ Assurer l' éducation primaire pour tous (100%) ;

§ Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes ;

§ Réduire la mortalité infantile ;

§ Réduire de trois-quart la mortalité maternelle ;

§ Combattre le VIH/ SIDA, le paludisme et d'autres maladies ;

§ Assurer un environnement durable ;

§ Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

1.2.3.2. Programmes rwandais

Parmi les programmes de réduction de la pauvreté en vigueur au Rwanda, nous allons expliquer la vision 2020, l'EDPRS et les Plans de Développement des Districts.

1.2.3.2.1. Vision 2020

Le plan stratégique connu sous le nom de « vision 2020 » est un plan à long terme qui est censé sortir le Rwanda du rang des pays les moins avancés vers celui des nouveaux pays développés. Ses piliers sont les suivants36(*) :

§ la construction de la nation et de son capital social ;

§ le développement d'un Etat crédible et efficace gouverné selon le principe d'un Etat de droit ;

§ développement des ressources humaines en conformité avec notre objectif de faire du Rwanda une économie prospère fondée sur le savoir et le savoir-faire ;

§ développement des infrastructures de base dont la planification urbaine ;

§ développement de l'entreprenariat et du secteur privé ; et

§ modernisation de l'agriculture et de l'élevage.

Il est évident que le développement rapide de l'entreprenariat et d'un secteur privé moderne et compétitif fondé sur la culture de l'initiative et de la créativité et centré sur une classe solide d'hommes d'affaires et d'entrepreneurs adaptés au capital formation à travers la revitalisation de l'industrie et du secteur des services, constitue un pilier solide de la vision 2020.

1.2.3.2.2. EDPRS

La Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté (EDPRS) est à la fois un document et un processus. Etant un document, EDPRS définit les objectifs, les priorités et les grandes politiques du pays pour les cinq prochaines années (2008-2012). Il offre une feuille de route du Gouvernement, des Partenaires au développement, du Secteur privé et de la société civile et indique les orientations du Rwanda, les besoins requis pour atteindre ces orientations, les modalités de réalisation de ces orientations, les coûts liés à leur réalisation et les moyens de financement de ce processus. En outre, il offre un cadre à mi-parcours visant la réalisation des objectifs et des aspirations de développement à long terme du pays contenus dans la Vision 2020 du Rwanda (République du Rwanda).

1.2.3.2.3. PDD

Le Plan de Développement du District (PDD) se situe dans le cadre du développement d'une planification économique durable aux niveaux locaux; la mobilisation de la population locale pour l'amener à identifier ses problèmes et les programmes appropriés pour leur solution; la responsabilisation de la population pour l'amener à participer dans l'initiation, la préparation, l'exécution et le suivi des décisions et des plans qui la concernent. Tous les districts du pays sont dotés de tels plans stratégiques en vigueur pour une période de cinq ans.

Le PDD de Karongi décrit de manière claire, la façon dont le District va se développer sur cette période de 5 ans. Il s'inspire des objectifs du millénaire, de la vision 2020et de l'EDPRS. Les principaux objectifs de ce plan sont :

§ associer les partenaires du district ;

§ constituer une banque de données à la disposition des acteurs impliqués dans le développement du District. Tandis que les problèmes cruciaux qui ont été relevés sont :

§ l'accès difficile à l'eau potable ;

§ le nombre élevé des jeunes déscolarisés ;

§ la faible production agricole et animale ;

§ l'insuffisance d'infrastructures d'échange et de communication ;

§ le mauvais état de santé de la population ;

§ les activités génératrices de revenus non diversifiées ;

§ la croissance démographique non liée a la production ;

§ le nombre élevé des vulnérables37(*).

C'est sur base de ces problèmes cruciaux relevés par le PDD de Karongi que nous allons mener notre enquête en vue de vérifier si les membres de l'AJEMAC sont plus avancés que les autres habitants de la même région qui ne sont pas membres de cette ONG.

1.3. Présentation de l'AJEMAC

Nous allons, dans cette partie de notre mémoire, donner l'historique de l'AJEMAC, la justification de ses activités, son objectif et sa localisation géographique.

1.3.1. Historique

L'Association de la jeunesse en matières agricoles et culturelles (AJEMAC) a été créée le 25 septembre 1984 et a été agréée par l'arrêté ministériel n° 08/15/85/COOP du 8 mars 1985. Son siège se trouve dans le secteur de Rubengera, District de Karongi. Les activités de l'AJEMAC couvrent l'ex commune de Mabanza ; c'est-à-dire l'ensemble du secteur Rubengera du District de Karongi et quelques cellules des secteurs avoisinant Rubengera. Son coordinateur s'appelle Bigaruka Hubert. Les fonds qu'AJEMAC utilise pour mener ses activités proviennent des aides directes et indirectes que le Rwanda reçoit de la part des bailleurs bilatéraux et/ou multilatéraux. Toutefois, c'est IFCIO (International Fund for Community Intervention Office) qui, de loin, contribue plus que les autres au budget de l'AJEMAC38(*).

1.3.2. Justification des activités de l'AJEMAC

Avec presque 400 habitants au km², le Rwanda est le pays le plus densément peuplé d'Afrique. Alors que 81,7% de la population rwandaise vit en zone rurale, son enclavement au sein de la région des Grands Lacs et son relief très accidenté aggravent la pression foncière. La situation démographique est d'autant plus critique que le développement économique n'est pas en mesure d'assurer à tous des conditions de vie décentes. La pauvreté est massive : 84% de la population rurale rwandaise vit avec moins de 1,50 $ par jour39(*).

Les politiques agricoles concernent essentiellement la promotion et la valorisation des cultures d'exportation (thé, café) au détriment des cultures permettant aux habitants de se nourrir. Bien que le gouvernement rwandais mette en place des programmes ponctuels pour le développement des petites entreprises rurales, l'accès à l'énergie, aux moyens de production, à la formation professionnelle et à la commercialisation reste inaccessible aux plus pauvres40(*).

D'autant que dans les faits, la majorité des efforts du gouvernement porte sur le milieu urbain et particulièrement sur Kigali, la capitale. Les habitants des campagnes n'ont, sans appui, aucune opportunité pour développer des activités leur permettant de sortir de leur situation de survie ; 14% d'entre eux n'ont aucune ressource. Facteur aggravant, l'économie rurale est durement touchée par la concurrence des produits d'importation à bas prix en provenance de Chine.

De grandes difficultés se posent donc en termes de travail et de revenus pour les habitants des zones rurales et tout particulièrement pour les jeunes. L'éducation, la formation professionnelle et l'emploi constituent un défi majeur dans un pays où 44,9% de la population a aujourd'hui moins de 15 ans41(*).

1.3.3. Objectif de l'AJEMAC

Selon AJEMAC42(*), l'insupportable situation d'insécurité financière des populations rurales rwandaises est telle qu'il est urgent de créer des activités génératrices d'emplois et de revenus. L'objectif principal de l'AJEMAC est de réduire la pauvreté en milieu rural par la création, le renforcement et le développement de petites et moyennes entreprises agricoles, artisanales et culturelles.

Forts de son expérience de plus de 20 années dans la partie de son intervention, AJEMAC connaît un 'impact très positif d'un soutien dans le domaine artisanal : il propose une réelle alternative aux activités agricoles, insuffisantes pour répondre aux besoins vitaux des populations rurales.

A part cet objectif principal, les activités de l'AJEMAC voudraient répondre aux objectifs spécifiques suivants :

§ Améliorer les capacités de production : Depuis de nombreuses années déjà, l'agriculture et l'artisanat ont été identifiés comme les secteurs d'activité les plus susceptibles d'être développés, mais la pénibilité du travail reste un problème majeur pour attirer les jeunes. De plus, la production n'est pas toujours suffisamment rentable pour assurer aux artisans un niveau de vie décent. L'utilisation de machine ou d'autres équipements modernes permettra de rationaliser les opérations de base et de rendre ces métiers plus attractifs et productifs.

§ Renforcer les capacités de gestion des entreprises : L'expérience de l'AJEMAC a révélé que les capacités intellectuelles des artisans étaient insuffisantes. Elle se charge de leur proposer plusieurs fois par an des formations en gestion des stocks, aux ressources humaines, à la trésorerie et en comptabilité. Les bénéficiaires étant souvent des petites entreprises familiales, alors que les hommes travaillent à la production, les formations en gestion sont particulièrement proposées aux femmes, qui renforceront de cette manière leur rôle et leur place dans l'entreprise et dans la famille. Les personnes ainsi formées sont les futurs formateurs et formatrices pour d'autres entreprises agricoles ou ateliers artisanaux.

§ Développer la commercialisation des produits : Pour assurer un revenu juste et décent aux agriculteurs et artisans, il est primordial de promouvoir la vente directe des produits sur les marchés locaux et nationaux. Accompagner les artisans dans le démarchage de nouveaux points de vente au Rwanda et dans l'obtention de marchés publics sont parmi les objectifs de l'AJEMAC. Pour cela, AJEMAC se charge d'effectuer un travail de communication et de diffusion ciblé en fonction des différents marchés (institutions publiques, clientèle urbaine...).

L'AJEMAC est donc une ONG rwandaise qui lutte contre la marginalisation du monde rural et la pauvreté. Elle soutient les actions des populations pour améliorer leurs conditions de vie dans le district de Karongi. Elle a l'ambition d'agir sur le contexte socio-économique du pays en faveur des populations rurales rwandaises en s'appuyant sur leurs initiatives concrètes.

1.3.4. Localisation géographique

La région de Mabanza qui est la limitation géographique des activités de l'AJEMAC est située dans le district de Karongi, province Ouest. Le District de Karongi est l'un des sept districts qui composent la Province de l'OUEST. Situé au centre de cette province, il est limité au Nord par les districts de Rutsiro et Ngororero, au Sud par les districts de Nyamasheke et Nyamagabe, à l'Est par les districts de Muhanga et Ruhango et à l'Ouest par la République Démocratique du Congo.

Sa situation géographique est de nature à favoriser l'activité commerciale parce qu'il est le carrefour reliant les deux provinces de l'OUEST et du SUD, sans ignorer l'importance du lac Kivu facilitant l'accès du district de Karongi à l'Est de la R.D.C.

Le District de Karongi compte 279.135 habitants dont 122.811 hommes et 156.324 femmes, répartis sur 13 secteurs administratifs, 88 cellules, 539 imidugudu avec 59.450 ménages, sur une superficie de 993 km2. Sa densité moyenne est donc 281 habitants par km2 (PDD Karongi, 2007 :9).

Son relief est accidenté, avec des montagnes qu'arrosent plusieurs cours d'eau dont les uns se dirigent vers le bassin du Congo, les autres vers celui du Nil. Les plus importants de ces cours d'eau sont : Muregeya, Musogoro, Nyabahanga et Kiraro se déversant dans le bassin du Congo, Munzanga, Mashyiga, Gatare , Mbirurume et Nyabarongo se dirigeant dans le bassin du Nil. Il faut de plus, signaler que le fleuve du Nil prend sa source dans le District de Karongi, plus précisément dans le secteur de Twumba dans le Parc National de Nyungwe.

L'altitude du District varie entre 1400 mètres au bord du lac Kivu et 2800 mètres au sommet du mont Karongi. Cette diversité lui offre l'opportunité d'avoir une multitude de cultures adaptées à chaque zone climatique.

L'économie du District de Karongi est essentiellement basée sur l'agriculture et l'élevage dont la pratique reste quasi traditionnelle, rendant difficile son développement rapide. Les principales cultures sont, selon l'altitude et la catégorie, le caféier (4.300.000 pieds ) et le macadamia (7.435 pieds dans les secteurs de Mubuga et Bwishyura), cultures de rente dans les zones basses, ainsi que les cultures vivrières qui sont le haricot, le sorgho, le soja, les légumes, les bananiers et le maïs, tandis que dans les hautes altitudes, c'est le théier comme culture de rente sur une superficie de 1.067 ha, alors que les cultures vivrières restent dominées par les pommes de terre, le petit pois, le blé et les arbres fruitiers tel que le maracuja et le prunier du Japon43(*).

Conclusion partielle

Pour permettre aux lecteurs de mieux comprendre le sujet que nous avons traité, dans ce premier chapitre intitulé « Cadre théorique et conceptuel », nous y avons défini les concepts clés et passé en revue la littérature relative à notre thème. C'est ainsi que nous avons défini les termes suivants : contribution, ONG, réduction et pauvreté, etc. Concernant la revue de la littérature, nous avons présenté une vue d'ensemble sur les ONGs et la pauvreté ainsi que les différentes stratégies envisagées en rapport des objectifs du millénaire du monde et du plan stratégique du Rwanda (vision 2020) pour le développement durable du Rwanda en général et de notre milieu d'étude en particulier. Enfin nous avons décrit le milieu de notre enquête qui est le district de Karongi.

CHAPITRE 2. REALISATIONS DE L'AJEMAC DANS LA REDUCTION DE LA PAUVRETE DES BENEFICIAIRES DE SES ACTIVITES

Dans ce chapitre, nous allons présenter les résultats obtenus lors de notre enquête auprès des bénéficiaires d'activités de l'AJEMAC sur la contribution de cette ONG locale dans la lutte contre la pauvreté en vue de vérifier la première hypothèse de notre travail ainsi libellée : « L'appui de l'AJEMAC envers les bénéficiaires de ses activités dans leurs travaux agricoles et culturels est incontournable.

Cet appui se manifeste à travers une série d'actions comme le financement des PME, le renforcement des initiatives des bénéficiaires, le regroupement de ses bénéficiaires en coopératives, le renforcement des capacités de ses bénéficiaires, la recherche du marché des produit qu'elle a financé et la couverture d'autres besoins sociaux ». Avant de passer à la vérification proprement dite de l'hypothèse, il importe d'abord de décrire l'échantillon.

2.1. Description de l'échantillon

Pour décrire notre échantillon, nous avons donné sa répartition par sexe, âge, ancienneté et niveau d'études.

2.1.1. Sexe

Le paramètre sexe a été jugé utile dans notre étude pour savoir si la différence de sexe peut jouer un rôle dans notre étude. C'est-e-dire si l'AJEMAC ne pratique pas une discrimination entre les sexes.

Tableau 1 : Répartition des membres selon le sexe

Sexe

Effectif

Pourcentage

Masculin

60

71.4

Féminin

24

28.6

Total

84

100

Source : Notre enquête, 2008

Les résultats de ce tableau nous montrent que les deux sexes sont représentés de façon inégale : 71.4% pour les hommes et 28.6% pour les femmes.

Ces statistiques ne reflètent pas la réalité de la société rwandaise où les femmes sont légèrement plus nombreuses que les hommes, avec toutefois une tendance à l'équilibre des deux sexes. D'après l'interview que nous a accordé M. Bigaruka Hubert, Coordinateur de l'AJEMAC, nous avons appris que la plupart des entreprises qu'ils appuient sont du domaine de l'artisanat et, selon lui, les hommes sont intéressés par l'artisanat plus que les femmes.

2.1.2. Age

Pour pouvoir répartir nos enquêtés par leur âge, nous leur avons posé la question de savoir leur âge comme le montre le tableau ci-après. En effet, l'âge peut influencer la réponse des enquêtés car, il est l'un des paramètres qui prouvent la maturité des gens.

Tableau 2 : Répartition des enquêtés selon l'âge

Age

Effectif

Pourcentage

Moins de 25 ans

21

25.0

De 25-50 ans

60

71.4

Plus de 50 ans

3

3.6

Total

84

100

Source : Notre enquête, 2008

La classe modale de notre échantillon est composée des personnes âgées de 25 à 50 ans, soit 71.4% de notre échantillon. La classe de moins de 25 ans représente 25% et celle de plus de 50 ans représente 3.6%.

Ces groupes d'âges reflètent l'objectif de l'AJEMAC qui est une ONG pour la jeunesse. En effet, les agriculteurs ou artisans qu'ils assistent doivent refléter cette réalité. Même les 3.6% de bénéficiaires qui ont plus de 50 ans, étaient bénéficiaires de puis plus de 20 ans. Le coordinateur de l'AJEMAC nous a expliqué que, selon leur règlement d'ordre intérieur, qu'ils ne peuvent pas recruter un bénéficiaire qui a plus de 35 ans.

2.1.3. Ancienneté

Pour pouvoir répartir nos enquêtés par leur ancienneté, nous leur avons posé la question de savoir si leur ancienneté marque la différence dans la considération par l'organisation :

Tableau 3 : Répartition des enquêtés par ancienneté

Ancienneté

Effectif

Pourcentage

Moins de 5 ans

17

20.2

5 ans

2

2.4

Plus de 5 ans

65

77.4

Total

84

100

Source : Notre enquête, 2008

Ce tableau nous montre que presque la majorité des bénéficiaires qui constituent notre échantillon (77.4%) ont été enrôlés comme bénéficiaires depuis plus de 5 ans. Les nouveaux représentent 20.2%.

Ceci est dû, en effet, au fait que l'AJEMAC a l'habitude d'accompagner ses bénéficiaires. « Nous recrutons rarement. Nous préférons rester avec nos bénéficiaires pour les aider à arriver à un certain niveau de développement », a dit le Coordinateur de l'AJEMAC.

Cette information nous amène à conclure que nous pourrons évaluer l'impact de l'intervention de l'AJEMAC vu que la majorité de ses bénéficiaires ont plus de 5 ans de participation au développement encouragé par cette ONG.

2.1.4. Répartition par niveau d'études

Pour pouvoir répartir nos enquêtés par leur niveau d'étude, nous leur avons posé la question de savoir leur niveau d'études car celui-ci joue un grand rôle dans le jugement des valeurs et de compréhension des phénomènes.

Tableau 4 : Répartition des enquêtés par niveau d'études

Niveau d'étude

Effectif

Pourcentage

Non scolarisé

0

0.0

Etudes primaires

41

48.8

Etudes professionnelles

32

38.1

Etudes secondaires

11

13.1

Niveau supérieur

0

0.0

Total

84

100

Source : Notre enquête, 2008

D'après ce tableau, nous remarquons que la plupart de nos enquêtés ont fait des études primaires (48.8%) ou secondaires (38.1%). Peu (13.1%) ont un niveau secondaire mais personne n'a un niveau supérieur. Il n'y a pas non plus d'analphabète dans les bénéficiaires de l'AJEMAC. Les études professionnelles sont plus représentées dans les artisans tandis que les études primaires sont surreprésentées dans l'agriculture. Cette information nous aide non seulement à connaître le niveau d'études de nos enquêtés, mais aussi elle nous aide à voir si les enquêtés sont capables de répondre clairement à nos questions et de résoudre certains problèmes de compréhension qu'ils peuvent rencontrer.

2.2. Présentation des résultats sur l'appui reçu auprès de l'AJEMAC

Apres avoir décrit notre échantillon, nous passons directement à la vérification de la première hypothèse en mesurant les indicateurs qui nous permettront de la conformer ou de l'infirmer à la fin du chapitre.

2.2.1. Types de projets dans lesquels les enquêtés sont impliqués

Dans le but d'avoir des informations relatives à la politique l'AJEMAC en matière de sélection de ses bénéficiaires, nous avons voulu savoir d'abord les types de projets pour lesquels les enquêtés cherchent l'appui auprès de l'AJEMAC. Le tableau ci-après nous présente les alternatives.

Tableau 5 : Types de projets présentés à l'AJEMAC

Type de projet

Effectif

Pourcentage

Agriculture

21

25,0

Pisciculture

2

2,4

Elevage

6

7,1

Commerce

17

20,2

Artisanat

35

41,7

Autres

3

3,6

Total

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

D'après ce tableau, nous constatons que les petits entrepreneurs de la région d'intervention de l'AJEMAC apportent toute sorte de projets pour solliciter un appui auprès de cette ONG. De différentes rubriques présentes, l'artisanat occupe la première position (41,7), l'agriculture la deuxième position (25%) ensuite vient le commerce (20,2%) tandis que l'élevage intervient en quatrième position (7,1%). La prédominance des artisans parmi les personnes assistées par l'AJEMAC s'explique par le fait que la majorité d'entre elles n'ont pas fait beaucoup d'études. Ainsi par exemple, il est difficile pour quelqu'un qui n'a fait que l'école primaire ou la formation professionnelle (CERAI & CFJ) de faire autre chose que l'artisanat.

Les répondants affirment que la sélection de projets à appuyer est faite sur base des critères bien définis et objectifs. Ils ont cité notamment la rentabilité du projet et sa capacité à générer de l'emploi à un nombre plus ou moins élevé de personnes dans le but de diminuer le chômage. La majorité des enquêtés est satisfaite de ces critères et dit qu'il n'y a pas d'injustice : « celui qui ne remplit pas les conditions exigées pour recevoir un appui n'est pas retenu » nous a affirmé un entrepreneur que nous avons interviewé.

2.2.2. Appui dans l'élaboration des projets

A travers cette section, il est question de savoir si nos enquêtés ont tous déjà bénéficié de l'appui auprès de l'AJEMAC. Le tableau ci-après nous en donne les détails.

Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon l'appui de l'AJEMAC

Appui dans l'élaboration du projet

Effectif

Pourcentage

Oui

84

100

Non

0

0

Total

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Les résultats de notre recherche montrent que la totalité de nos enquêtés (100%) ont reçu une assistance de l'AJEMAC dans l'élaboration de leurs projets.

Le Coordinateur de cette ONG nous a dit que le projet octroie un appui technique dans l'élaboration des projets aux entrepreneurs qui le veulent. Normalement, tous ceux qui sollicitent une assistance financière à cette ONG apportent les « drafts » de leurs projets pour les corrections éventuelles. C'est dans ce cadre que nos enquêtés ont tous affirmé avoir bénéficié d'un appui dans l'élaboration de leurs projets de la part de l'AJEMAC.

2.2.3. Appui financier

Apres avoir récolté les informations sur l'assistance reçue de la part de l'AJEMAC, nous avons directement posé une autre question visant à déterminer ceux, parmi nos enquêtés, qui ont reçu au moins une aide financière, en terme d'argent.

Tableau 7 : Répartition des enquêtés selon l'appui financier de l'AJEMAC

Appui financier

Effectif

Pourcentage

Oui

84

100

Non

0

0

Total

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

D'après ce tableau, nous remarquons que la totalité de nos enquêtés ont reçu une aide financière au moins une fois pour leurs projets de la part de l'AJEMAC. Il y'en a ceux qui ont été financés plusieurs fois.

Selon le Coordinateur de l'AJEMAC, tous les projets qui ont été sélectionnés ont reçu une assistance financière. Cependant, le montant à allouer aux bénéficiaires, varie d'un projet à l'autre. Le projet AJEMAC accorde tantôt 50% du coût devis, tantôt 25% et même 10%, suivant la rentabilité du projet et suivant les fonds disponibles. Ceux qui n'ont pas été retenus restent sur la liste d'attente. Ils auront probablement la chance d'être financés au tour suivant. Les entrepreneurs que nous avons interviewés mais qui n'ont pas eu la chance d'être financés, ont affirmé que leurs projets sont sur la liste d'attente et sont optimiste d'être sélectionné au moment opportun.

2.2.4. Raisons du non financement

Nous avions également prévu une question sur les raisons qui seraient à la base du refus de financement de certains projets, mais cette question ne nous a pas donné des résultats intéressants puisque tous nos enquêtés ont été financés.

Cependant, il existe des projets qui ont été rejetés mais, leurs propriétaires n'ont pas fait l'objet de notre enquête. Nous avons enquêté uniquement les bénéficiaires actuels de l'AJEMAC.

Selon les propos du Coordinateur de cette ONG, les projets qui n'ont pas été financés ne l'ont pas été parce que les fonds destinés au financement des projets étaient insuffisants.

2.2.5. Appui dans le renforcement des capacités

Le renforcement des capacités de ses bénéficiaires est l'une des activités de prédilection de l'AJEMAC. Les techniques de gestion de petites entreprises sont acquises à travers différents séminaires et voyages d'études offerts par cet ONG à ses bénéficiaires. Le tableau suivant nous résume cette situation. 

Tableau 8 : Répartition des enquêtés selon l'appui de renforcement des capacités

Appui dans le renforcement des capacités

Effectif

Pourcentage

Formation

84

100.0

Voyage d'études

58

69.0

Plaidoyer

84

100.0

Supervision

84

100.0

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Dans le renforcement des capacités, les résultats de notre recherche montre que l'AJEMAC appuie ses bénéficiaires de façon suivante : la formation, le plaidoyer ainsi que la supervision à 100% tandis les voyages d'études sont financées à 69%.

Selon le Coordinateur de l'AJEMAC, le projet organise des formations sur la gestion des stocks, des ressources humaines, la trésorerie et la comptabilité à tous ses bénéficiaires. Outre les séminaires sur la gestion de petites et moyennes entreprises, les entrepreneurs bénéficient des voyages d'études vers les autres entrepreneurs. Ils visitent généralement les bénéficiaires des autres ONGs qui interviennent dans le domaine du développement rural mais aussi, les artisans visitent également certains pays voisins comme le Kenya et le Burundi pour échanger l'expérience avec les artisans de ces pays ». Les différentes formations et voyages d'études dont bénéficient les entrepreneurs assistés par AJEMAC sont un moyen de les aider à améliorer la qualité et la quantité de la production. Nous avons voulu savoir si AJEMAC a un programme régulier de formation pour ses bénéficiaires. Les employés de l'AJEMAC que nous avons interviewés ont répondu positivement.

2.2.6. Approvisionnement en matériaux

La grande majorité de l'équipement des entreprises assistées par AJEMAC est achetée dans le magasin de l'AJEMAC à un prix qui écarte toute concurrence. Le tableau ci-dessous nous renseigne sur cette préoccupation.

Tableau 9 : Approvisionnement en matériels ou outils de travail

Matériels

Effectif

Pourcentage

Tout

65

77,4

Quelques uns

19

22,6

Aucun

0

0

Total

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Dans ce tableau, nous remarquons qu'une grande partie du matériel utilisé dans les travaux de différentes entreprises assistées par AJEMAC est achetée dans son magasin. Le matériel le plus couramment utilisé est composé de houes, pelles, machettes, paniers à filets, ciseaux, charrettes, balance, scies, marteaux, etc. Les 77% des enquêtés ont affirmé que tout le matériel qu'ils utilisent est acheté à l'AJEMAC tandis que 23% achètent une partie de leur matériel chez les autres commerçants non pas parce qu'ils sont à un prix bas par rapport à celui du magasin de l'AJEMAC mais parce que le stock du magasin de l'ONG est épuisé.

A propos du prix, ce magasin offre toujours les meilleurs prix par rapport à ces concurrents. Par exemple, une houe qui se vend à 2000 Frw chez les autres commerçants, est vendue à 1850 Frw à la coopérative, selon les propos d'un employé de ce magasin.

Ces résultats ne sont pas différents de ceux auxquels a abouti la recherche effectuée par M. Innocent NZAMURAMBAHO qui a trouvé que les coopératives de théiculteurs aident leurs membres dans l'approvisionnement du matériel et outils de travail44(*).

2.2.7. Crédits à court et moyen terme

L'AJEMAC octroie des crédits à court et à moyen terme aux personnes qui présentent une certaine garantie ou crédibilité surtout quand ils sont solvables. Le tableau 11 nous en dit plus.

Tableau 10 : Octroi de crédits à court et moyen terme

Types des crédits

Effectif

Pourcentage

Credit à court terme

41

48.8

Crédits à moyen terme

12

14.3

Pas d'accès au crédit

31

36.9

Total

84

100%

Source : Résultats de notre enquête, 2008

L'AJEMAC a créé une coopérative d'épargne et de crédit appelée INKUNGA et dont les taux d'intérêt sont extrêmement réduits (5%). Cette COOPEC n'octroie des crédits qu'aux seuls bénéficiaires d'activités de l'AJEMAC. Si l'on compare à la banque populaire qui demande 14% d'intérêt, on remarque la nette différence qui existe entre les deux taux d'intérêt. De ce tableau, il est clair que la majorité de nos enquêtés a reçu un crédit. 48.8% ont reçu un crédit à court terme et 14.3% ont reçu un crédit à moyen terme.

2.2.8. Appui à la recherche du marché

L'AJEMAC n'accorde pas seulement des crédits mais elle appuie aussi les adhérents à chercher le marché pour leurs productions.

Tableau 11 : Appui dans la recherche du marché

Appui dans la recherche du marché

Effectif

Pourcentage

Installation des points de vente

53

63.1

Appui à l'obtention des marchés publics

7

8.3

Appui à la participation aux expositions

24

28.6

Total

84

100.0

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Les résultats de notre recherche ont montré que la totalité des bénéficiaires des activités de l'AJEMAC reçoivent une assistance dans l'écoulement de leur produit. Dans notre interview avec le Coordinateur de cette ONG, nous avons appris qu'elle accompagne les artisans dans le démarchage de nouveaux points de vente au Rwanda et dans l'obtention de marchés publics. Cette information a été confirmée par 63.1% de nos enquêtés qui affirment avoir reçu un appui dans les points de vente et 8.3% qui affirment avoir reçu une assurance de l'AJEMAC pour se voir octroyés différents marchés publics.

L'AJEMAC se charge d'effectuer un travail de communication et de diffusion ciblé en fonction des différents marchés (institutions publiques, clientèle urbaine...). Elle fait participer ses bénéficiaires à toutes les expositions organisées dans le pays et 28.6% de nos enquêtés ont affirmé avoir participé aux différentes expositions grâce à l'appui de l'AJEMAC. Leurs articles : machines de brasserie, machines de presse, les machines de menuiserie, jus de bananes, les sauce-tomates conservées, les divers objets d'art, ... attirent observateurs et acheteurs pendant lesdites expositions. Ils ont même reçu le prix de l'innovation au cours de l'exposition d'Août 2006 comme nous l'a affirmé le Coordinateur du de l'AJEMAC.

Conclusion partielle

Nous arrivons ainsi à la fin de notre deuxième chapitre qui était consacré à la vérification de la première hypothèse selon laquelle « l'appui de l'AJEMAC envers les bénéficiaires de ses activités dans leurs travaux agricoles et culturels est incontournable. Cet appui se livre à travers une série d'actions comme le financement des PME, le renforcement des initiatives des bénéficiaires de ses activités, le renforcement des capacités de ses bénéficiaires, la recherche du marché des produit qu'elle a financé, etc. ».

Après enquête et interviews, nous avons constaté les résultats suivants :

§ les projets qu'AJEMAC a appuyé se répartissent comme suit : Agriculture : 25%, Pisciculture : 2.4%, Elevage : 7.1%, Commerce : 20.2%, Artisanat : 41.7%, Autres : 3.6%. Tous ces projets visent à réduire la pauvreté des membres de l'AJEMAC.

§ 100% de nos enquêtés ont été assistés dans l'élaboration de leurs projets, ce qui a abouti à leur financement puisqu'ils étaient bien faits.

§ L'ensemble des bénéficiaires de l'AJEMAC ont au moins une fois bénéficié d'un appui financier pour leurs projets ; L'appui dans le domaine du renforcement des capacités se présente comme suit : Formation : 100%, Voyage d'études : 69%, Plaidoyer : 100%, Supervision : 100%. Cet appui contribue à la rentabilité de leurs projets.

§ Plus de ¾ des bénéficiaires de l'AJEMAC achètent l'ensemble du matériel qu'ils utilisent dans leurs travaux dans le magasin de cet ONG ;

§ 63.1% des bénéficiaires de l'AJEMAC ont reçu au moins un crédit à la COOPEC de cette ONG ; Ces crédits ont permis à leurs bénéficiaires de financer d'autres activités.

§ La totalité des bénéficiaires de l'AJEMAC ont reçu un appui dans la recherche du marché de leurs produits. Ils écoulent facilement et enregistrent des bénéfices.

D'après les résultats que nous avons obtenus grâce aux techniques du questionnaire et d'interview, notre hypothèse a été vérifiée et confirmée. L'appui de l'AJEMAC envers les bénéficiaires de ses activités dans leurs travaux agricoles et culturels est incontournable. Il est à la base de l'amélioration des conditions de vie des ménages de ces bénéficiaires dont l'impact sera analysé au chapitre suivant.

CHAPITRE 3. IMPACT DES REALISATIONS DE L'AJEMAC SUR L'AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE DES MENAGES BENEFICIAIRES

Notre enquête sur les réalisations de l'AJEMAC dans le développement socioéconomique de ses bénéficiaires a montré que cette ONG a des activités tangibles. Dans ce troisième chapitre, nous allons mesurer l'impact que ces réalisations ont eu sur les conditions de vies de ses bénéficiaires et voir s'il est proportionnel aux efforts consentis. Nous allons, chaque fois, comparer la situation socioéconomique d'avant à celle d'après AJEMAC sur tous les critères retenus pour vérifier la deuxième hypothèse de notre travail.

3.1. Revenu mensuel

Le premier changement qui engendre les autres, réside à notre avis au revenu car si celui-ci augmente, les conditions de vie s'améliore toute chose étant égale par ailleurs.

Tableau 12 : Impact de l'assistance sur le revenu mensuel de ses bénéficiaires

Revenu mensuel

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Moins de 25000/mois

77

91,7

9

10,7

25000 - 100000/mois

6

7,1

50

59,5

+ de 100000/mois

1

1,2

25

29,8

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

D'après les résultats de notre enquête qui sont repris dans le tableau 12, nous en déduisons les statistiques suivantes :

§ Le pourcentage des enquêtés qui avaient un revenu mensuel inférieur à 25.000 Frw par mois a fortement diminué passant de 91,7% avant l'assistance de l'AJEMAC à 10,7% après cette assistance ;

§ Ceux qui ont un revenu mensuel compris entre 25.000 Frw et 100.000 Frw est passé de 7,1% à 59,5% respectivement avant et après l'assistance de l'AJEMAC tandis que ;

§ Ceux qui ont un revenu de plus de 100.000 Frw par moi qui n'étaient que 1,2% de nos enquêtés avant l'assistance de l'AJEMAC se sont majorés jusqu'à atteindre 29,8% après cette assistance.

Nous déduisons que la population assistée par l'AJEMAC est composée de personnes ordinaires avec un revenu moyen. Le revenu mensuel est généralement considéré comme un phénomène multidimensionnel. La dimension pécuniaire est la plus fréquemment prise en compte. Et c'est celle-là que nous avons également prise en considération.

D'autres études ont abouti aux mêmes résultats comme celle effectuée par KANYAMUSORO Baziga sur la contribution des coopératives rwandaises à la réduction de la pauvreté. Cas de la coopérative terimbere muhinzi (COTEMU) en district de Nyabihu, 2004-200845(*). Dans son étude, il a constaté que le revenu mensuel des membres de la COTEMU était supérieur à celui des autres habitants de la même région.

3.2. Nombre de repas pris par jour

Le nombre de repas pris par jour est aussi un indicateur qui souligne l'amélioration des conditions de vie d'un ménage. Plus la fréquence de prise de repas augmente, plus cela montre ou témoigne la croissance du revenu et par conséquent l'élévation du niveau de vie.

Tableau 13 : répartition des enquêtés selon le nombre de repas pris par jour

Repas par jour

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Un

51

60,7

8

9,5

Deux

22

26,2

57

67,9

Trois

11

13,1

19

22,6

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Une alimentation équilibrée est la condition indispensable d'une bonne santé. Sans une alimentation convenable, les enfants ne peuvent pas se développer et les adultes ne peuvent pas travailler ou mener une vie active normale. Pour cela, il faut leur donner à manger tous les jours une quantité adéquate d'aliments nutritifs. Sans entrer en profondeur des Kcal nécessaires selon les normes de l'OMS, nous nous sommes basés sur le nombre de repas pris par jour pour déterminer la situation alimentaire des membres de l'AJEMAC.

D'après les résultats de notre enquête, nous constatons que 60,7% de nos enquêtés mangeaient une seule fois par jour avant l'assistance de l'AJEMAC. Aujourd'hui, seuls 9,5% de nos enquêtés mange une seule fois par jour. Les autres mangent deux ou trois fois, ce qui est un signe d'un impact positif de l'intervention de l'AJEMAC.

3.3. Scolarisation des enfants

Un autre impact enregistré que signalent les enquêtés est la scolarisation de leurs enfants qui a évolué très positivement après l'intervention de l'AJEMAC. C'est ce que nous présente le tableau ci-desous.

Tableau 14 : Impact de l'assistance de l'AJEMAC sur la scolarisation des enfants selon les enquêtés

La scolarisation des enfants

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Difficile

69

82,1

26

31,0

Abordable

15

17,9

58

69,0

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Avant l'assistance de l'AJEMAC, 82,1% de nos enquêtés jugent que la scolarisation de leurs enfants était difficile. Grâce aux microcrédits qu'octroie l'AJEMAC et qui par conséquent a entraîné l'augmentation des revenus mensuels, la scolarisation des enfants des familles de ses membres est devenue plus facile. Cependant, une bonne partie de nos enquêtés (31%) affirment que les difficultés de la scolarisation de leurs enfants persistent. Selon un de nos enquêtés que nous avons interviewé sur ce sujet rapporte ce qui suit : « ceci est dû au fait que l'on a assisté à une hausse vertigineuse des frais scolaires ces dernières années liées à la flambée des prix des denrées alimentaires ».

Cependant, malgré la persistance des problèmes de scolarisation des enfants, la contribution de l'AJEMAC est remarquable si l'on considère que le pourcentage des gens qui ont des difficultés est passé de 82,1 à 31% soit une diminution de 51,1%.

3.4. Adhésion à la mutuelle de santé

L'adhésion à la mutuelle de santé est devenue dans notre pays un impératif. Mais certains de nos enquêtés éprouvent toujours des difficultés à adhérer à la mutuelle par manque de fonds d'adhésion surtout pour les familles qui ont plusieurs enfants. Le tableau suivant indique le degré de participation à la mutuelle de santé des assistés par l'AJEMAC.

Tableau 15 : Répartition des enquêtés selon l'adhésion à la mutuelle de santé avant et après l'intervention de l'AJEMAC

Adhésion à la mutuelle de santé

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Oui

13

15,5

81

96,4

Non

71

84,5

3

3,6

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

D'après ce tableau, nous remarquons que :

§ seuls 15,5% de nos enquêtés adhéraient à la mutuelle de santé avant l'assistance qu'ils ont reçu de la part de l'AJEMAC. Après l'assistance de l'AJEMAC, 96,4% de nos enquêtés ont leurs cartes de mutuelle de santé ;

§ les 84,5% de nos enquêtés n'étaient pas assurés par la mutuelle de santé avant le soutien de l'AJEMAC et aujourd'hui seuls 3,6% n'ont pas d'assurance mutuelle de santé.

Ces résultats ont été influencés par le fait que l'adhésion à la mutuelle de santé est devenue un impératif non seulement dans le District de Karongi mais partout dans le pays. Cependant, le taux d'adhésion aux mutuelles de santé dans le District de Karongi est, d'après le rapport de juin 2008 de 64,8%. Si l'on compare l'adhésion à la mutuelle de santé de nos enquêtés avec le reste de la population, on remarque une nette différence. Les 3.6% « qui n'ont pas payé la mutuelle sont pris en charge par un membre de leur famille qui est enrôlé dans les autres formes d'assurance maladie comme RAMA ou MMI » selon le Coordinateur.

L'évolution obtenue avec l'implication de l'AJEMAC est donc incontournable si l'on estime que les assurés ont passés de 15 à 96%. Sauf que cette réussite n'est pas à imputée seulement à l'intervention de l'AJEMAC parce que dans le reste de la population, le taux a également évolué, de 7% (2004) à 64,8%. Elle est partagée entre l'implication des autorités locales et l'AJEMAC.

3.5. Habillement

A la question de savoir si l'adhésion à l'AJEMAC a permis à ses bénéficiaires d'améliorer leur habillement, les réactions des enquêtés sont consignées dans le tableau qui suit. 

Tableau 16 : Situation vestimentaire des enquêtés

Appréciation de la situation vestimentaire par les enquêtés

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Insuffisant

75

89,3

27

32,1

Suffisant

9

10,7

57

67,9

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Les résultats de notre enquête montrent que 89,3% avaient des problèmes de se vêtir avant l'assistance de l'AJEMAC contre 32,1% après cette assistance. Nous constatons donc que pour les 2/3 des bénéficiaires de l'AJEMAC l'habillement est devenu un besoin satisfait. Avant cette assistance, seul 10,7% pouvaient s'acheter suffisamment des vêtements et un bénéficiaire a ajouté : « En plus des vêtements, nous portons des chaussures et nous avons la possibilité d'en acheter d'autres ».

3.6. Moyens de communication

La communication est devenue un facteur incontournable dans la réduction de la pauvreté. A la question de savoir comment apprécier les moyens de communication utilisés actuellement, les enquêtés ont prouvé que ces moyens se sont améliorés après l'intervention de l'AJEMAC comme le montre le tableau suivant.

Tableau 17 : Répartition des enquêtés selon les moyens de communication avant et après l'intervention de l'AJEMAC

Moyens de communications

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Aucun

33

39,3

0

0

Mobile

25

29.8

66

78,6

Tél. fixe

1

1,2

1

1,2

Internet

13

15,5

15

17,9

Poste

12

14,3

2

2,4

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

D'après ce tableau, nous remarquons les résultats suivants :

§ les 39,3% de nos enquêtés n'avaient pas de moyen de communication moderne avant l'assistance de l'AJEMAC. Avec cette assistance, tout le monde utilise au moins un des moyens de communication réparti comme suit :

§ le nombre des utilisateurs des téléphones mobiles a triplé (de 29,8 à 78,6%) ;

§ les utilisateurs des téléphones fixes n'ont pas changé (1,2%) ;

§ les utilisateurs de l'Internet sont passés de 15,5 à 17,9% ;

§ les utilisateurs de la poste ont diminué allant de 14,3 à 2,4%.

Toutefois, l'augmentation des utilisateurs des téléphones mobiles n'est pas à imputer seulement à l'assistance de l'AJEMAC puisque même le reste de la population s'est ruée vers cette communication. De toute façon, l'AJEMAC n'est pas étrangère à cette évolution de 29,8 à 78,6% en seulement 5 ans. Les utilisateurs des téléphones fixes n'ont pas changé (1,2%) et ceci est dû au fait que les nouvelles technologies de l'information préfèrent les téléphones mobiles qu'aux fixes.

Par contre, l'effectif de ceux qui ne recouraient à aucun moyen moderne dans leurs communications a chuté de 39,3% à 0. Ceci s'explique par le fait que, selon un des bénéficiaires de l'intervention de l'AJEMAC que nous avons interviewé, « il devient de plus en plus impossible de faire du business sans moyens de communication adéquate ».

3.7. Statut d'occupation de la maison

Parmi les indicateurs de la pauvreté, le statut d'occupation ou la qualité du logement occupe une place révélatrice. Ainsi, à la question de savoir comment se présente la situation des enquêtés concernant le statut d'occupation de leurs logements avant et après l'intervention de l'AJEMAC, le tableau ci-après indique les alternatives suivantes :

Tableau 18 : Statut d'occupation des logements des enquêtés avant et après l'intervention de l'AJEMAC

Mode d'occupation de la maison

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Propriétaire

45

53,6

67

79,8

Locataire

39

46,4

17

20,2

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

D'après ce tableau, nous remarquons que les enquêtés qui avaient leurs propres maisons sont passés de 53,6% à 79,8% respectivement avant et après l'assistance de l'AJEMAC.

La région d'intervention de l'AJEMAC est presque entièrement rural. Seuls quelques centres de négoces comme Rubengera et Kibirizi ou d'autres petits centres commerciaux donnent l'impression de vie urbaine. C'est cette vie rurale qui explique le nombre minime de ceux qui vivent comme locataires.

A la campagne, la grande partie de la population vit dans leurs propres maisons contrairement à la ville, où les citadins vivent comme locataires en grande partie. Toutefois, le nombre de locataires a diminué de 46,4 à 20,2%. C'est un développement considérable, si l'on considère que 79,8% des bénéficiaires de l'AJEMAC vivent dans leurs propres maisons.

3.8. Qualité du logement

Pour connaître le niveau de vie des habitants d'une agglomération, le statut d'occupation d'un logement seul ne suffit pas pour en démontrer ; il faut également pousser la recherche un peu plus loin pour connaître la qualité de la maison qu'ils occupent. C'est la raison d'être du tableau ci-dessous.

Tableau 19 : Qualité de maison occupée par les enquêtés avant et après l'intervention de l'AJEMAC

Qualité de la maison

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Maisons en matériaux durables

35

41,7

67

79,8

Huttes en matériaux non durables

10

11,9

0

0

Sans réponses

39

46,4

17

20,2

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

Notre enquête sur la qualité de la maison des bénéficiaires de l'AJEMAC nous a présenté la situation suivante :

§ les 41,7% des enquêtés avant l'intervention de l'AJEMAC, avaient des maisons en matériaux durables contre 79,8% après l'assistance ;

§ 11,9% avant l'assistance du projet avaient des huttes qui ont disparu après assistance de l'AJEMAC.

Dans notre enquête, nous avons pris une maison en dur comme une maison en briques (cuites ou adobes) couverte de tôles ou des tuiles et cimentée tandis qu'une hutte est une maison qui ne remplit pas ces conditions et surtout non cimentée.

On remarque donc que les maisons en matériaux durables ont fortement augmenté passant de 41,7 à 79,8% respectivement avant et après l'assistance de l'AJEMAC. Ce développement est à imputer à l'action de cette ONG. En effet, un des bénéficiaires que nous avons interviewé nous a révélé que « les bénéficiaires de l'AJEMAC peuvent demander des microcrédits ou profiter d'un événement comme l'exposition-vente pour acheter du ciment ou des tôles destinés à l'amélioration de leurs habitations ». Ce qui fait que leurs maisons passent de l'état « hutte » à l'état « maison en dur ».

3.9. Raccordement en électricité

L'accès à l'électricité est l'un des indicateurs du développement social les plus révélateurs. A la question de savoir les bénéficiaires des activités de l'AJEMAC sont raccordés en électricité, les réponses sont reprises dans le tableau ci-dessous.

Tableau 20 : Répartition des enquêtés selon le raccordement en électricité

Raccordement en électricité

Avant l'assistance de l'AJEMAC

Après l'assistance de l'AJEMAC

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Oui

12

14,3

18

21,4

Non

72

85,7

66

78,6

Total

84

100

84

100

Source : Résultats de notre enquête, 2008

D'après les résultas de notre enquête contenus dans ce tableau, on constate une légère évolution des bénéficiaires qui ont l'électricité dans leurs maisons : ils sont passés de 14,3 à 21,4% respectivement avant et à après l'assistance de l'AJEMAC. C'est un indicateur du niveau de vie de ces bénéficiaires si l'on considère que le taux de raccordement en électricité dans le District de Karongi est de 3,3% d'après le PDD46(*).

Conclusion partielle

Nous arrivons ainsi à la fin de notre troisième chapitre qui était consacré à la vérification de la deuxième hypothèse selon laquelle « les activités de l'AJEMAC ont un impact sur la réduction de la pauvreté dans les ménages de ses bénéficiaires. Ceci s'explique par le fait que ces ménages ont amélioré leurs conditions de vie sur le plan habitat, éducation, santé, habillement, communication, transport, finance, etc.».

Après enquête et interviews, nous avons constaté les résultats suivants :

§ le revenu mensuel des bénéficiaires de l'AJEMAC a fortement augmenté avec l'assistance de cette ONG ;

§ le nombre de ceux qui mangent une seule fois par jour a chuté de 60,7% à 9,5% respectivement avant et après l'assistance de l'AJEMAC ;

§ la scolarisation des enfants est devenue plus facile pour 69% après l'assistance de l'AJEMAC contre 17,9% avant cette assistance ;

§ L'adhésion à la mutuelle de santé est passée de 15,5% à 96,4% avec l'assistance de l'AJEMAC ;

§ 89,3% avaient des problèmes de se vêtir avant l'assistance de l'AJEMAC contre 32,1% après cette assistance ;

§ Tous les bénéficiaires de l'AJEMAC ont un moyen moderne de communication alors que 39,3% n'en avaient pas avant cette assistance ;

§ Les bénéficiaires qui avaient leurs propres maisons sont passés de 53,6% à 79,8% après l'intervention de l'AJEMAC;

§ Les maisons en matériaux durables ont fortement augmenté passant de 41,7 à 79,8% respectivement avant et après l'assistance de l'AJEMAC ;

§ Il y a eu une légère évolution des bénéficiaires dont leurs maisons sont raccordées en électricité qui sont passées de 14,3 à 21,4%.

D'après les résultats que nous avons obtenus grâce aux techniques du questionnaire et d'interview, nous constatons que tous les critères que nous avions fixés pour analyser notre deuxième hypothèse, l'ont vérifiée et l'ont confirmée. L'appui de l'AJEMAC a eu un impact sur la réduction de la pauvreté dans les ménages des bénéficiaires.

CONCLUSION GENERALE

1. Synthèse du travail

Tout au début de ce travail, nous avons tracé le cadre général du thème. A cet égard, nous sommes conscients que l'effort des ONGs locales est incontournable dans la lutte pour la réduction de la pauvreté. En reprenant ici les étapes essentielles et les conclusions générales, nous allons rendre compte du chemin parcouru.

Au départ, notre intérêt a été éveillé par un souci d'évaluer l'impact des ONGs locales dans la réduction de la pauvreté. Ce souci a suscité un débat non encore vraiment tranché : celui du rapport entre les activités menées et l'amélioration des conditions de vie obtenue.

Cependant, les appréciations des uns et des autres qui ont mené des études semblables n'étaient pas étayées par l'existence d'études de cas. C'est ainsi que nous avons choisi de mener notre recherche sur le cas précis de l'AJEMAC en vue de la vulgarisation des bonnes pratiques des uns pour qu'elles puissent servir d'exemple aux autres. En choisissant d'étudier ces facteurs, nous avons tenté de répondre à ces deux questions qui nous ont guidé tout au long de notre travail :

§ Quelles sont les actions de l'AJEMAC dans la réduction de la pauvreté ?

§ Quelle est la contribution des actions de l'AJEMAC sur l'amélioration des conditions de vie des bénéficiaires de ses activités ?

C'est ainsi que nous avons avancé les deux hypothèses suivantes :

§ l'appui de l'AJEMAC envers les bénéficiaires de ses activités dans leurs travaux agricoles et culturels est incontournable. Cet appui se livre à travers une série d'actions comme le financement des PME, le renforcement des initiatives des bénéficiaires, le renforcement des capacités de ses bénéficiaires, la recherche du marché des produits qu'elle a financés, etc.

§ les activités de l'AJEMAC ont un impact sur la réduction de la pauvreté dans les ménages de ses bénéficiaires. Ceci s'explique par le fait que ces ménages ont amélioré leurs conditions de vie sur le plan habitat, éducation, santé, habillement, communication, transport, finance etc.

Dans notre recherche, nous nous sommes fixé l'objectif principal d'évaluer la contribution de l'AJEMAC à la réduction de la pauvreté. A côté de cet objectif global, les objectifs spécifiques sont :

§ Analyser les réalisations de l'AJEMAC dans la réduction de la pauvreté des bénéficiaires de ses activités ;

§ analyser l'impact des réalisations de l'AJEMAC sur les conditions de vie des bénéficiaires de ses activités ;

§ formuler des suggestions pouvant contribuer à l'amélioration des stratégies d'intervention de l'AJEMAC sur les conditions de vie des adhérents.

Parmi plusieurs possibilités d'approches qui s'offraient à nos yeux, nous avons surtout choisi la technique documentaire, la technique du questionnaire, la technique d'échantillonnage et la technique d'interview pour nous aider dans la collecte des données. Quant aux méthodes, nous avons fait recours aux méthodes structuro-fonctionnelle, analytique, statistique et comparative pour nous aider dans l'analyse des données.

Pour permettre aux lecteurs de mieux comprendre le sujet que nous avons traité, dans ce premier chapitre intitulé « Cadre théorique et conceptuel », nous y avons défini les concepts clés et passé en revue la littérature consacrée à notre thème. C'est ainsi que nous avons défini la contribution, ONG, réduction et pauvreté comme concepts clés de notre recherche.

Outre la définition des concepts, nous avons donné une vue d'ensemble sur les éléments en rapport avec notre thème. Sur les ONGs, nous avons parlé des types d'ONGs et leurs divers rôles au niveau tant national qu'international.

Sur la pauvreté, nous avons expliqué les sortes de pauvreté, le seuil de pauvreté et les stratégies de réduction de la pauvreté. C'est ainsi que nous avons expliqué les objectifs millénaires pour le développement, la Vison 2020, l'EDPRS et le Plan de Développement du District.

Après recherche et documentation, les deux hypothèses ont été respectivement confirmées par le deuxième et le troisième chapitres et dont les informations recueillies ont été annoncées dans les conclusions partielles.

Dans le deuxième chapitre, nous avons d'abord décrit le déroulement de l'enquête que nous avons menée. Après enquête, documentation et interviews, nous avons abouti aux résultats suivants :

§ les 84 enquêtés ont bénéficié d'une assistance de l'AJEMAC de 2003 à 2008 ;

§ les projets que AJEMAC a appuyé se répartissent comme suit : Agriculture : 25%, Pisciculture : 2,4%, Elevage : 7,1%, Commerce : 20,2%, Artisanat : 41,7%, Autres : 3,6%

§ tous les bénéficiaires ont été assistés dans l'élaboration de leurs projets ;

§ l'ensemble des bénéficiaires de l'AJEMAC ont au moins une fois bénéficié d'un appui financier pour leurs projets ;

§ l'appui dans le domaine du renforcement des capacités se présente comme suit : Formation : 100%, Voyage d'études : 69%, Plaidoyer : 100%, Supervision : 100%

§ plus de ¾ des bénéficiaires de l'AJEMAC achètent l'ensemble du matériel qu'ils utilisent dans leurs travaux dans le magasin de cet ONG ;

§ les 63,1% des bénéficiaires de l'AJEMAC ont reçu au moins un crédit à la COOPEC de cette ONG ;

§ la totalité des bénéficiaires de l'AJEMAC ont reçu un appui dans la recherche du marché de leurs produits ;

D'après les résultats que nous avons obtenus grâce aux techniques du questionnaire et d'interview, notre hypothèse a été vérifiée et confirmée. L'appui de l'AJEMAC envers les bénéficiaires de ses activités dans leurs travaux agricoles et culturels est incontournable. Il est à la base de l'amélioration des conditions de vie des ménages de ces bénéficiaires.

Dans le troisième chapitre, nous avons mené une évaluation de l'intervention de l'AJEMAC auprès des bénéficiaires de ses activités. Après l'enquête, la documentation et l'interview, nous avons trouvé les résultats suivants :

§ le revenu mensuel des bénéficiaires de l'AJEMAC a fortement augmenté avec l'assistance de cette ONG ;

§ le nombre de ceux qui mangent une seule fois par jour a chuté de 60,7% à 9,5% respectivement avant et après l'assistance de l'AJEMAC ;

§ la scolarisation des enfants est devenue plus simple pour 69% après l'assistance de l'AJEMAC contre 17,9% avant cette assistance ;

§ l'adhésion à la mutuelle de santé est passée de 15,5% à 96,4% avec l'assistance de l'AJEMAC ;

§ les 89,3% avaient des problèmes de se vêtir avant l'assistance de l'AJEMAC contre 32,1% après cette assistance ;

§ tous les bénéficiaires de l'AJEMAC ont un moyen moderne de communication alors que 39.3% n'en avaient pas avant cette assistance ;

§ le nombre des bénéficiaires qui avaient leurs propres maisons est passé de 53,6% à 79,8% ;

§ les maisons en matériaux durables ont fortement augmenté passant de 41,7 à 79,8% respectivement avant et après l'assistance de l'AJEMAC ;

§ il y a eu une légère évolution des bénéficiaires qui ont le raccordement en électricité dans leurs maisons : le nombre est passés de 14,3 à 21,4%.

D'après les résultats que nous avons obtenus grâce aux techniques du questionnaire et d'interview, nous constatons que tous les critères que nous avions fixés pour vérifier notre deuxième hypothèse ont été confirmés. L'appui de l'AJEMAC a eu un impact sur la réduction de la pauvreté dans les ménages de ses bénéficiaires.

C'est cependant malgré la contribution de l'AJEMAC à la réduction de la pauvreté des bénéficiaires, leurs difficultés persistent. C'est pourquoi nous suggérons ce qui suit :

2. Suggestions 

Dans le cadre de contribuer à l'amélioration de l'assistance de l'AJEMAC à la réduction de la pauvreté des bénéficiaires de ses activités, nous formulons les suggestions suivantes aux différents intervenants:

2.1. A l'AJEMAC

§ Modifier la politique de recrutement des bénéficiaires afin de la rendre plus inclusive parce qu'il a été constaté que d'autres métiers comme la pêche, la mécanique, la couture et bien d'autres ne sont pas représentés dans les projets appuyés par AJEMAC.

§ Elaborer un plan annuel de formation et y allouer un budget parce qu'il a été constaté que les entrepreneurs ont beaucoup besoin de connaissances supplémentaires vu leur niveau d'études qui est bas. Il faudra aussi prévoir des stages et études classiques pour ceux qui en ont manifesté l'intérêt.

§ Pour que l'impact de l'action de l'AJEMAC arrive à un nombre plus grand de la population du District de Karongi, sa COOPEC devrait accorder les crédits à tous ceux qui remplissent les critères d'octroi et non pas seulement réserver cette opportunité aux seuls bénéficiaires.

2.2. Aux bénéficiaires

§ Multiplier les réunions avec la coordination de l'AJEMAC pour être associés au processus de prise de décisions ;

§ Multiplier les efforts dans l'esprit d'entreprenariat personnel.

3. Perspective des recherches futures

Par ailleurs, notre cheminement, qu'elle soit basée sur toutes les techniques et méthodes que nous avons expliquées, laisse de nombreux champs non encore explorés qui pourraient donner matière à d'autres recherches. C'est le cas notamment d'une recherche complète sur la complémentarité entre l'action de l'Etat et des ONGs locales dans la lutte contre la pauvreté, car il a été constaté que dans certains pays ils se concurrencent. Il faudra alors pousser plus loin les recherches sur l'évaluation de la contribution des ONGs locales à la réduction de la pauvreté comme le cas de l'AJEMAC à la création d'emplois dans le District de Karongi  et l'importance des ONGs locales dans la lutte contre la pauvreté au Rwanda.

BIBLIOGRAPHIE

1. OUVRAGES GENERAUX

1. BANQUE MONDIALE, Qualité de Croissance, De Boeck, Bruxelles, 2002

2. BOUCHARD A., Les techniques d'échantillonnage, Paris, Carthala, 1991

3. BRUNEL, S., « Du local au global: le rôle ambigu des Organisations non-gouvernementales [ONG] dans le développement », in Historiens et Géographes, Bruxelles, n° 395 juillet-août 2006, pp. 17-23

4. CHAMBERS, R., Développement rural : la pauvreté cachée, Carthala, Paris, 1990

5. GRAWITZ, M., Méthode de science sociale, éd. Dalloz, Paris, 1996

6. MASIALA ma SOLO et al., Rédaction et Présentation d'un travail scientifique ; éd. Enfance et Paix, Kinshasa, 1988

7. QUIVY, R et CAMPEHNHOUDT, L.V., Manuel de recherche en Science social, éd. Dunod, Paris, 2002

8. PNUD, La pauvreté dans le monde, UNDP, NY, 2006

 

2. RAPPORTS

1. PNUD, Rapport sur le développement dans le monde, éd. De Boeck ; Bruxelles ; 2002

2. PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, éd. De Boeck ; Bruxelles; 1998

3. UNESCO, Alphabétisation ; éd. UNESCO ; Paris, 2000

4. FAO, Rapport Mondial sur l'alimentation ; ed. FAO, Rome, 2000

5. FNUAP, Etat de la Population mondiale ; ed. FNUAP, New York, 2002

6. MINECOFIN , Enquête sur les conditions de vie des ménages au Rwanda, Kigali, MINECOFIN, 2002

7. MINECOFIN, Indicateurs de Développement du Rwanda ; 7ème édition, Kigali, MINECOFIN, 2004

8. CICR- Unité de Production et de Marketing, Présentation du CICR, Genève, CICR, 2002

9. BANQUE MONDIALE, Rapport sur le développement dans le monde 2000/2001, Eska, Washington DC, 2001

10. PNUD, Human development report 2007/2008, PNUD, New York, 2008

11. WORLD BANK, Development Indicators, WB, NY, 2008

12. KARONGi, Plan de Développement du District, Karongi, 2007

13. MINECOFIN, Enquête sur les conditions de vie des ménages au Rwanda, Kigali, MINECOFIN, 2006

14. AJEMAC, Rapport d'activités pour l'année 2007, Karongi, AJEMAC, 2008

3. MEMOIRES

1. NZAMURAMBAHO I., Rôle des coopératives des theiculteurs dans la stabilisation des prix du thé au Rwanda. Cas de la coopérative des theiculteurs de Gisovu-Muko (COOTHEGIM), 2002-2007, ULK, Mémoire, inédit.

2. KANYAMUSORO B., La contribution des coopératives rwandaises à la réduction de la pauvreté. Cas de la coopérative terimbere muhinzi (COTEMU) en district de Nyabihu, 2004-2008, ULK, Mémoire, inédit.

4. DICTIONNAIRES

1. ROBERT, P., Le Petit Robert1, éd. Le Robert, Paris, 1991

2. RUBIO, F., Dictionnaire pratique des ONG, Paris, éd. Ellipses, 2004

5. SOURCES ELECTRONIQUES

§ Frenquently Asked Questions, consultée le 5 oct. 2008 sur le site http://www.ecosoc.org

§ Gouvernement rwandais, Vision 2020, consulté en ligne sur le site web http://www.google.rw/search ?q=cache:1rJHwGUgHRsJ :www.usaid-rwanda.rw/SO2/VI le 13 juin 2008

ANNEXES

Annexe 1 : GUIDE D'INTERVIEW

Les informations à recueillir auprès des autorités et des bénéficiaires d'activités de l'AJEMAC

Quel est l'appui de l'AJEMAC envers les bénéficiaires de ses activités ou la collectivité sur les points suivants :

§ Financement des PME ;

§ Appui aux initiatives des bénéficiaires de ses activités ;

§ Renforcement des capacités de bénéficiaires de ses activités ;

§ Appuis à la situation financière des ménages ;

§ La production agricole ;

§ L'approvisionnement en intrants agricoles ;

§ Le marché pour les produits obtenus grâce à son appui ;

§ La protection de l'environnement ;

§ La couverture d'autres besoins agricoles : la formation, les voyages d'études, la promotion de l'épargne et du crédit ;

§ La couverture d'autres besoins sociaux : les mutuelles de santé, la prévention et la lutte contre les maladies endémiques ;

Annexe 2 : QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX MEMBRES DE LA AJEMAC

Identification:

Question

1&2

Age / Sexe .........................................................

3

Depuis combien de temps avez-vous commencé à bénéficier des activités de l'AJEMAC ?

§ Cinq ans

§ Plus de cinq ans

§ Moins de cinq ans

4

Niveau de scolarisation :

§ Non scolarisé

§ Niveau primaire

§ Niveau secondaire

§ Niveau supérieur/Universitaire

Appui reçu auprès de l'AJEMAC

Questionnaires

5

Quel genre de projet avez-vous présenté à l'AJEMAC ?

§ Agriculture

§ Pisciculture

§ Elevage

§ Commerce

§ Artisanat

§ Autres

6

Avez-vous reçu un appui de l'AJEMAC dans l'élaboration de votre projet ?

§ Oui

§ Non

7

Avez-vous reçu un appui de l'AJEMAC dans le financement de votre projet ?

§ Oui

§ Non

8

Sinon, quelle est la raison qui est à la base de votre manque de financement ?

§ Projet mal étudié

§ Projet non rentable

§ Insuffisance de fonds pour le financement des projets

§ Je ne sais pas

9

Quelle sorte d'appui de l'AJEMAC avez-vous reçu dans le renforcement des capacités ?

§ Formation

§ Voyage d'études

§ Plaidoyer

§ Supervision

10

Achetez-vous vos matériaux au magasin de l'AJEMAC ?

§ Tout

§ Quelques uns

§ Aucun

11

Avez-vous reçu au moins un crédit de la part de l'AJEMAC

§ Crédit à court terme

§ Crédit à moyen terme

§ Pas de crédit

12

Comment l'AJEMAC participe-t-elle à la recherche du marché de vos produits ?

§ En installant des points de vente

§ En assurant ses membres pour les marchés publics

§ En assistant ses membres qui souhaitent participer à des expositions

Contribution à la réduction de la pauvreté

Questions

Indices

Avant AJEMAC

Après AJEMAC

13

Quel est votre revenu mensuel

§ - 25000

§ 25000-100000

§ + 100000

 
 

14

Combien de repas par jours ?

§ Un

§ Deux

§ Trois

 
 

15

Comment est la scolarisation de vos enfants

§ Difficile

§ Abordable

 
 

16

Etes-vous assuré à la mutuelle de santé

§ Oui

§ Non

 
 

17

Combien de vêtements par an

§ Insuffisant

§ Suffisant

 
 

18

De quel moyen de communication disposez-vous

§ Aucun

§ Mobile

§ Tél. fixe

§ Internet

§ Poste

 
 

19

Quel est le statut d'occupation de la maison que vous habitez

§ Locataire

§ Propriétaire

§ Gratuit

 
 

20

Si vous êtes propriétaire, quelle sorte de maison

§ En dur

§ Hutte

 
 

21

Avez-vous de l'électricité

§ Oui

§ Non

 
 

* 1 PNUD, Rapport sur le développement dans le monde, éd. De Boeck, Bruxelles, 2002, p. 32

* 2 PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, éd. De Boeck, Bruxelles, 1998. p. 22

* 3 BANQUE MONDIALE, Qualité de Croissance, De Boeck, Bruxelles, 2002, p. 98

* 4 UNESCO, Alphabétisation, éd. UNESCO, Paris, 2000, p. 9

* 5 FAO, Rapport Mondial sur l'alimentation, Rome, ed. FAO, 2000, p. 36

* 6 .FNUAP, Etat de la Population mondiale, New York, ed. FNUAP, 2002, p. 21

* 7 MINECOFIN, Enquête sur les conditions de vie des ménages au Rwanda, Kigali, MINECOFIN, 2002, p.45

* 8 MINECOFIN, Indicateurs de Développement du Rwanda, 7ème édition, Kigali, MINECOFIN, 2004, p. 12

* 9 MASIALA ma SOLO et al. , La Rédaction et la Présentation d'un travail scientifique, éd. Enfance et Paix, Kinshasa, 2003, p.30

* 10 GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, éd. Dalloz, Paris, 1996, p. 34

* 11 GRAWITZ, M., Op. Cit., p. 36

* 12 QUIVY, R. et CAMPEHNHOUD, L.V.,  Manuel de recherche en Sciences sociales, éd .Dunod, Paris, 1998, p. 87

* 13 AJEMAC, Rapport d'activités pour l'année 2007, Karongi, AJEMAC, 2008, p. 22

* 14 BOUCHARD A., Les techniques d'échantillonnage, Paris, Carthala, 199, p. 39

* 15 GRAWITZ, M, Op. Cit. , p. 33

* 16 GRAWITZ, M, Op. Cit. , p. 49

* 17 ROBERT, P., Le Petit Robert1, éd. Le Robert, Paris, 1991, p. 385.

* 18 RUBIO, F., Dictionnaire pratique des ONG, Paris, éd. Ellipses, 2004, p. 244

* 19 Idem, p. 246

* 20 CICR, Présentation du CICR, Genève, CICR, 2002, p. 25

* 21 RUBIO, F., Op. Cit., p. 245

* 22 ROBERT, P., Op. Cit., p.1352.

* 23 BAQUE MONDIALE, Rapport sur le développement dans le monde 2000/2001, Eska, Washington DC, 2001, P.16

* 24 CHAMBERS, R., Développement rural : la pauvreté cachée, Carthala, Paris, 1990, p. 52.

* 25 Frenquently Asked Questions, consultée le 5 oct. 2008 sur le site http://www.ecosoc.org

* 26 BRUNEL, S., « Du local au global: le rôle ambigu des Organisations Non-Gouvernementales [ONG] dans le développement », in Historiens et Géographes, Bruxelles, n° 395 du juillet-août 2006, p. 19

* 27 BRUNEL, S., Op. Cit., p. 22

* 28 PNUD, La pauvreté dans le monde, Mexico, UNDP, 2006, p. 29

* 29 PNUD, Human development report 2007/2008, PNUD, 2008, pp. 229-242

* 30 Idem, p. 230

* 31 PNUD, Op. Cit., p. 230

* 32 Idem, p. 232

* 33 PNUD, Op. Cit., p. 233

* 34 Idem, p. 234

* 35 WORLD BANK, Development Indicators, NY, WB, 2008, p. 52

* 36 Gouvernement rwandais, Vision 2020, consulté en ligne sur le site web http://www.google.rw/search ?q=cache:1rJHwGUgHRsJ :www.usaid-rwanda.rw/SO2/VI le 13 juin 2008

* 37 DISTRICT de KARONGI, Plan de Développement du District, Karongi, 2007, p. 35

* 38 Dans une interview avec M. Hubert BIGARUKA, Coordinateur de l'AJEMAC, nous avons noté que IFCIO donne 80% du budget total de l'AJEMAC.

* 39 MINECOFIN, Enquête sur les conditions de vie des ménages au Rwanda ; Kigali, 2006, p.30

* 40 AJEMAC, Rapport d'activités pour l'année 2007, Karongi, 2008, p.12

* 41 AJEMAC, Op. Cit., p. 12

* 42 Idem, p. 13

* 43 DISTRICT DE KARAONGI, Plan du développement du District, KARONGI, 2007, p.12

* 44 NZAMURAMBAHO I., Rôle des coopératives des theiculteurs dans la stabilisation des prix du thé au Rwanda. Cas de la coopérative des theiculteurs de Gisovu-Muko (COOTHEGIM), 2002-2007, ULK, Mémoire, inédit, p. 47

* 45 KANYAMUSORO B., La contribution des coopératives rwandaises à la réduction de la pauvreté. Cas de la coopérative terimbere muhinzi (COTEMU) en district de Nyabihu, 2004-2008, ULK, Mémoire, inédit, p. 56

* 46 DISCTRICT KARONGI, Op. Cit., p. 18






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