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De la nécessité de la renaissance de la RDC face à  l'impératif de la recomposition stratégique africaine et globale post-blocs

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par Rossy MUKENDI TSHIMANGA
Université pédagogique nationale (RDC) - Licence en relations internationales 2008
  

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1.4. Le facteur diplomatique

La diplomatie est au coeur des relations internationales. C'est par elle généralement que les Etats procèdent aux ajustements des leurs intérêts respectifs. Etant aux antipodes de la violence ou de la force, la diplomatie demeure en tout temps et en tout lieu l'expression d'une vision géopolitique clairement définie. C'est ce qui fait dire à Jules Cambon cité par François Scheer que, tant que les gouvernements des divers pays auront des rapports entre eux, il leur faudra des agents pour les représenter et les renseigner, et qu'on leur donne le nom qu'on voudra, ces agents feront de la diplomatie61(*).

Cependant, si l'action extérieure est dans le monde d'aujourd'hui la condition dont dépend le succès de tout le reste comme l'affirme Marcelle Merle62(*), celle -ci devra en toute évidence être conduite de façon suivie, sérieuse et pas trop maladroite. Raison pour laquelle les Etats veillent en permanence sur la qualité de leurs appareils diplomatiques (centrale et antenne de représentation) ainsi que sur la situation matérielle et financière des diplomates.

En RD Congo, la diplomatie se trouve dans un état sinistre, lamentable au point d'infléchir la notion même de la noblesse inhérente à la fonction. N'étant extérieure que de part sa destination, cette défectuosité de la diplomatie congolaise ne peut trouver d'explication cohérente que dans l'informalisation qui affecte le pays depuis plusieurs années et qui se ressent encore dans ces premiers instants de la troisième république.

En effet, outre l'inexistence d'une politique étrangère ou d'une ligne de conduite extérieure claire, la diplomatie congolaise et rongée par plusieurs autres maux encore. Il s'agit entre autres : d'un personnel pléthorique et démotivé à la centrale et dans les missions diplomatiques, des salaires impayés, le non rapatriement des diplomates et leurs familles, des nominations fantaisistes, de l'arbitraire, du favoritisme, du tribalisme, etc63(*).

Les missions diplomatiques sont laissées à l'abandon et la fonction elle-même demeure toujours personnalisée malgré les changements politiques de la dernière décennie. L'attitude des politiciens congolais pendant la transition 1+4 aura été encore plus machinale, en soumettant la désignation des diplomates de la république aux combines incongrues des composantes et entités. Il a fallu recourir à des concertations afin de définir le quota de chaque groupe aux motifs d'éviter une nouvelle crise et de sauver le processus politique. A quoi devrait donc servir pareille diplomatie ? A qui le diplomate devrait-il rendre compte ? Et de qui devrait-il recevoir des instructions ?

A cette ère de la globalisation, la diplomatie permanente demeure encore un facteur insurmontable et c'est par elle que le Congo pourra parvenir à se créer des rapports de forces favorables et indispensables à sa stabilité, sa prospérité et sa puissance à l'échelle tant locale, régionale que globale. La redynamisation de l'appareil diplomatique congolaise est une nécessité à laquelle ne pourrait se soustraire le gouvernement de la république.

Pour y parvenir effectivement, nous convenons avec Tshibasu Mfuadi que, pour mener une bonne diplomatie, à la hauteur de sa grandeur et de ses ambitions, la RD Congo aurait l'obligation de mettre en place des moyens humains et financiers nécessaires64(*).

a. Moyens humains : Professionnalisation de la fonction du diplomate

La RD Congo ne doit pas continuer à mener une diplomatie sans diplomates, c'est-à-dire que la gestion quotidienne des affaires étrangères doit être confiée à un personnel qualifié. Le savoir faire, la capacité de mobiliser des soutiens politiques extérieurs et l'expertise technique sont plus que jamais nécessaires. Et le bannissement de l'improvisation et de l'amateurisme doit constituer le fer de lance de ce projet de restauration.

Il est d'autant plus vrai que l'élargissement des champs de la politique étrangère dans les relations internationales contemporaines nécessite davantage des technicités dans la conduite des négociations au point qu'il soit devenu impossible d'attendre des seuls agents du Ministère des affaires étrangères et de la Coopération internationale une universelle compétence. Mais cela ne fait pas du diplomate un acteur suranné, car lui seul maîtrise mieux que quiconque la mécanique des négociations. Il faudrait simplement associer au travail perpétuel de ce dernier l'expertise voulue pour plus de solidité et de rentabilité dans l'action extérieure du pays.

Il faudrait également que le gouvernement de la république s'interdise de faire de la diplomatie un dépotoir ou un fourre-tout à laquelle seraient destinés tous ceux qui ne trouveraient pas des postes à occuper à l'intérieur soit encore comme un mécanisme ou une stratégie de mise en quarantaine des potentiels adversaires politiques. Comme l'écrit Henry Mova Sakany, c'est le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale qui doit assumer la responsabilité de la politique dans son élaboration, responsable politiquement devant le chef de l'Etat et le parlement. Il répondra de toutes les actions entreprises pour engager le Congo à l'extérieur. Il doit marquer de son empreinte la politique étrangère congolaise65(*).

Il s'agit pratiquement d'insister sur la gestion rationnelle et responsable de l'ensemble du personnel diplomatique congolais, de la centrale aux antennes de représentation, que nous estimons constituer le pilier du processus de renaissance du pays dans son volet international.

b. Moyens financiers

Toujours dans cette perspective managériale de professionnalisation et d'efficience, il serait raisonnable que le gouvernement alloue au secteur de la diplomatie un budget nécessaire et conséquent en vue d'assurer un traitement de qualité à son personnel, d'acquérir des infrastructures et des outils modernes de travail mais surtout de mener à bien des actions dans l'intérêt supérieur de la nation.

Il est inadmissible que le fonctionnaire congolais qui doit s'engager dans la bataille diplomatique contre des éventuelles unités opposées au processus de renaissance ou à tout projet de puissance du Congo avenir soit continuellement clochardisé. Le caractère contre productif de cette diplomatie congolaise trouve principalement son explication dans les conditions de traitement déplorable des fonctionnaires en mission à l'étranger. Ceux-ci consacrent tout leur temps à rechercher les moyens de survie et passent finalement à coté de l'essentiel. Ils sont dans ce contexte exposés à la compromission, à la corruption et à divers autres égarements qui les discréditent et ternissent du même coup l'image de la nation.

Dans ce cadre, un nombre limité mais équilibré des postes diplomatiques à l'étranger et un personnel qualifié, bien rémunéré et suffisamment équipé vaudra mieux qu'un pléthore budgétivore, démotivé et peu rentable. Le recours au mécanisme d'accréditation multiple ou de zone diplomatique devrait grandement servir dans l'allégement des charges mais surtout dans le renforcement des actions des actions de l'appareil diplomatique congolais. Convient-il d'ailleurs de souligner ici et à la suite du Professeur Mpasi Makenga que, l'absence de mission permanente dans un ou plusieurs pays n'est pas synonyme d'inimitié ou de déconsidération car le recours à la diplomatie active dans les rapports entre souveraineté relève davantage de l'opportunité, de la stratégie et surtout des moyens66(*).

Nous considérons qu'une meilleure politique étrangère de la république démocratique du Congo ne sera possible que dans l'hypothèse d'un réaménagement de l'appareil diplomatique congolaise entendu comme machine ou outil de conversion des aspirations républicaines en actions stratégiques au service de la puissance, de la croissance et de l'identité de l'Etat.

* 61 Scheer.F, Au temps du monde fini, in les diplomates, négocier dans un monde chaotique, Autrement, Paris, 2008, p23

* 62 Merle M, Politique étrangère, traité de sciences politiques 4, PUF, Paris, 1985, p531

* 63 Dakwa C, Qui sauvera la diplomatie congolaise ? , sur www.congoindependant. Com, consulté le 24 juin 2008

* 64 Tshibasu M , La calvaire d'un diplomate du Congo-Zaïre, l'Harmattan, Paris, 2006, p175

* 65 Mova Sakany H, Op Cit, pp366-367

* 66 Mpasi Makenga B, Droits et pratiques diplomatiques et consulaires, cours inédit, G3 RI, FSSAP, UPN, Kinshasa, 2005-2006.

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