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De la nécessité de la renaissance de la RDC face à  l'impératif de la recomposition stratégique africaine et globale post-blocs

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par Rossy MUKENDI TSHIMANGA
Université pédagogique nationale (RDC) - Licence en relations internationales 2008
  

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PREMIER CHAPITRE :

REALITES ET DYNAIMQUES DU MONDE POST-BLOCS.

La renaissance de la RD Congo qui se décline en termes de réinvention du système d'organisation interne de l'Etat dépend d'un ensemble de variables déterminantes qui sont à la fois d'ordre interne et externe. Si le premier est fonction de la volonté politique des acteurs nationaux, la seconde est liée à l'état ou à la nature de l'environnement international en l'occurrence le contexte post guerre froide.

De même que l'organisation d'une entreprise tient à la taille et aux exigences du marché, nous pensons que la reconstruction de l'Etat congolais devrait forcement se référer aux réalités et dynamiques du système international en présence pour éviter un éventuel déphasage. Raison pour laquelle nous nous attelons au préalable dans ce chapitre à examiner le monde d'après guerre froide qui lie en partie le destin de la nation congolaise.

Section 1 : le système mondial post-blocs : continuité ou rupture ?

Le qualificatif post blocs ou post-bipolaire ou même post-guerre froide désigne le système ou la phase des relations internationales qui succède au duopole américano-soviétique. Succession qui relève des changements, des bouleversements ou des mutations intervenus dans l'organisation des rapports des forces entre les nations du monde.

En effet, si le monde bipolaire reposait sur des critères de lisibilité et de prévisibilité et aussi de résolution des conflits diplomatico-stratégiques qui l'imposait6(*) ; les qualités nécessaires pour maîtriser le monde à naître, par contre, ont partie lié avec l'abstraction : l'avenir est impossible à fixer de façon concrète et l'analyse des rapports entre l'espoir et la réalité envisageable relève, par essence, de la conjecture7(*).

Pendant la guerre froide puis la coexistence pacifique, écrit Bertrand Badie, chaque camp s'organisait, de gré ou de force, pour contenir ou défier celui qui lui faisait face. A l'intérieur des deux blocs, le leader assurait la protection du plus petit ou du plus faible, aménageait des alliances, construisait sa puissance de manière à se mesurer à l'autre champion. Aussi la bipolarité était-elle centripète et chaque pole exerçait-il un évident magnétisme qui se cristallisait dans des valeurs communément partagées et qui entraînait selon la formule consacrée, un univers de stabilité hégémonique. Mais depuis 1989, ajoute-t-il, nul ne sait vraiment dans quel système le monde évolue8(*).

La société internationale de l'après guerre froide ne ressemble en rien à celle de la guerre froide : qu'il s'agisse de sa structure, de son fonctionnement, de ses principes ou des valeurs dont elle s'inspire. Le monde a changé mais demeure instable, incertain et imprévisible. Sa caractéristique fondamentale est la complexité : privé de ses repères traditionnels, il est à la recherche d'un nouvel équilibre, d'un nouvel ordre international, sous peine d'être menacé par l'anarchie ou de basculer dans le chaos9(*).

Tous ces troubles que nous observons ne peuvent pas être regardés comme autant de suspensions momentanées d'un statu quo salutaire, prévient Henry Kissinger. Ils révèlent au contraire une transformation inéluctable de l'ordre mondial, résultant des modifications structurelles internes qui touchent un certain nombre de ses participants majeurs, en même temps que la démocratisation de la politique, de la globalisation de l'économie et de l'instantanéité des communications10(*).

Ces analyses attestent avec suffisance la rupture entre ces deux mondes, entre ces deux systèmes, entre ces deux périodes de l'histoire des relations internationales. Mais cette rupture n'est pas absolue pour autant, plusieurs données semblent perdurer et lier à ce titre le nouveau système en construction et l'ancien en vertu de ce que Thierry de Mont Brial appelle la loi de « conservation » ou des « invariants »11(*).

Les données permanentes de la scène et du jeu tant au niveau des acteurs internationaux que des méthodes diplomatiques peuvent se résumer ainsi : les rivalités entre grandes puissances et compétition entre Etats n'ont pas cessé ; le recours à la force ou à la violence demeure lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts nationaux importants ; la souveraineté en voie d'érosion n'est pas morte ; le sous développement, la misère et la pauvreté sont loin d'être éradiqués dans les sociétés de l'hémisphère Nord et de l'hémisphère sud, et les inégalités entre Etats se sont aggravées. Si le soft power de James Nye prend de plus en plus d'importance, le hard power n'a pas disparu12(*).

Soulignons également cette forte tendance au réarmement (projet du bouclier antimissile américain, la question du nucléaire coréen et iranien, ...) ainsi qu'un fort relent de l'endiguement développé par certaines puissances euro américaines vis-à-vis de la Chine, de la Russie, etc.

Cependant, le désordre institutionnel ne semble être une panacée pour aucun membre de la communauté internationale. Qu'il s'agisse des puissants, des faibles ou même des Etats en effondrement comme le Congo Kinshasa, l'heure est à la restructuration, à la recomposition du système international soit à la recherche d'un nouvel ordre mondial devant garantir paix, stabilité et prospérité aux sociétés parties. Ainsi pour Daniel Colard, «  le monde est appelé à faire sa perestroïka et à procéder à son aggiornamento : à problèmes et défis nouveaux, système international nouveau. Gérer les transitions est une tâche délicate pour éviter les dérapages et les déstabilisations. Et les adaptations passent par la durée, le facteur temps jouant un rôle essentiel »13(*).

En effet, face à cette absence de modélisation de l'ordre international en présence, trois questions fondamentales semblent s'imposer à priori pour comprendre l'environnement dans lequel la RDC est appelée à évoluer et duquel dépend également en partie la réussite de son processus de reconstruction. Il s'agit de dire : Dans quel monde sommes-nous entrés avec l'implosion du bloc socialiste ? Quels sont les grands enjeux de ce système ? Qu'elle est, finalement la santé de l'Afrique face aux crises de la mondialisation ?

* 6 Biyoya Makutu. P, Initiation à la géostratégie théorique, cours inédits, L1 RI, SSAP, UPN, 2006-2007, p15.

* 7 Kissinger, La diplomatie, Fayard, Paris, 1994.

* 8 Badie. B, les pièges de l'unipolarité, « in l'Etat du monde 2005 », la découverte, Paris, 2004, p30.

* 9 Sary Ngoy. B, Politique étrangère des grandes puissances, cours inédits, L1 RI, SSAP, UPN, Kinshasa, 2006-2007, p38

* 10 Kissinger. H, La nouvelle puissance américaine, Fayard, Paris, 2002, p438.

* 11 Thierrry de Mont Brial, L'action et le système du monde, PUF, Paris, 2002, p238.

* 12 Sary Ngoy, Op Cit, p38.

* 13 Mova Sakany.H, Congo : survie et grandeur, pari d'une géopolitique nouvelle dans la mondialisation, Safari, Kinshasa, 2001, p414.

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