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De la nécessité de la renaissance de la RDC face à  l'impératif de la recomposition stratégique africaine et globale post-blocs

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par Rossy MUKENDI TSHIMANGA
Université pédagogique nationale (RDC) - Licence en relations internationales 2008
  

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Section 2 : Le monde post-blocs : Gouvernance et enjeux

Il est question de relever dans cette section les traits caractéristiques du monde de l'après guerre froide. Et à ce titre nous abordons la problématique de sa gouvernance, faisons le point sur sa configuration géopolitique ainsi que sur ses principaux enjeux, et enfin évoquons la situation particulière du continent africain où la plupart des Etats sont en faillite et ont du mal à s'assumer et à s'affirmer dans ce système international en transition.

2.1. Problématique de la gouvernance mondiale.

L'ambition de construire un ordre mondial ou mieux de créer des conditions de gouvernance mondiale est une constante dans les relations internationales. Depuis le XVIIème, les Etats souverains qui sont apparus à la suite des traités de westphalie cherchent résolument à construire un ordre international stable et sécurisant pour tous. Il faut trouver un équilibre acceptable entre différents acteurs pour éviter la guerre et favoriser la satisfaction des intérêts des uns et des autres.

Dans ses analyses sur le nouvel ordre mondial, Henry Kissinger souligne le caractère séculaire de ce désir de recomposition stratégique du monde. Il semblerait, écrit-il, qu'à chaque siècle surgisse, avec une régularité qui ferait croire à une loi de la nature, un pays ayant la puissance, la volonté et l'élan intellectuel et moral nécessaire pour modeler le système international conformément à ses valeurs propres.

Il note, en effet, que si le XVII ième siècle a été celui de la France de Richelieu qui fonda l'ordre mondial sur l'Etat nation et déterminé par la recherche de l'intérêt national comme but ultime ; le XVIII ième siècle britannique avec la notion d'équilibre des forces ; le XIX ieme siècle d'abord celui de Metternich qui reconstruisit le concert européen, et Allemand ensuite avec Bismarck qui le démantela et transforma l'ordre mondial en un jeu impitoyable de politique de puissance ; le XX ieme siècle aura été fortement influencé par les Etats-Unis14(*).

Mais cette constatation ne doit pas pour autant éclipser la particularité du monde bipolaire dans lequel soviétiques et américains proposaient des modèles de sociétés contradictoires. Socialistes et libéraux se sont affrontés idéologiquement pendant près d'un demi siècle tout en évitant à l'humanité les souffrances et les atrocités d'une troisième guerre mondiale à caractère nucléaire.

Jusqu'à l'implosion de l'union soviétique, écrit Jean Ziegler, un homme sur trois, sur terre, vivait sous un régime communiste. Or les régimes communistes récusaient la démocratie pluraliste, le suffrage universel et l'exercice des libertés publiques qui le fondent. Les régimes communistes accordaient la priorité absolue au progrès social de leurs populations15(*).

Devrions-nous alors considérer l'implosion de l'union soviétique comme un acte consécrateur de l'ère hégémonique américaine ? La pax americana serait-elle véritablement opérationnelle ?

A ces questions Bertrand Badie reste sceptique et considère que, l'incertitude est d'autant plus grande, depuis 1989, que les lois les plus simples de l'arithmétique on été défiées : la disparition d'un pole ne signifiait peut être pas la domination sans partage du monde par celui qui faisait face. Deux moins un ne valait pas toujours un16(*).

Cette position est également partagée par Henry Kissinger et André Kaspi. Le premier estime que ce qui est nouveau dans ce nouvel ordre planétaire ce que pour la première fois, les Etats-Unis ne peuvent ni prendre leurs distances avec le monde ni le dominer17(*). Le second affirme que les Etats-Unis ne veulent plus être le gendarme du monde comme ils l'on été, au moins pour une partie de la planète, de 1945 à 1975, tout au plus se contentent-ils de jouer les shérifs18(*).

Mais à la différence de Badie qui rattache cette situation à la transformation du « power politics » en « protest politics » car, l'apparence unipolaire a surtout conduit à une curieuse mutation : dès qu'il se révèle unique, le pole hégémonique est davantage sujet à contestation qu'objet de sollicitation19(*) ; André Kaspi table sur la volonté d'autolimitation de la puissance américaine. Il admet que l'hégémonie se heurte à des limites mais que ces limites sont celles que les américains se fixent eux-mêmes, dans la mesure où ils ne souhaitent pas utiliser n'importe comment tous les moyens que la nature et l'histoire leur ont accordés20(*).

Malgré ces vicissitudes, une réalité demeure évidente : les Etats-Unis sont de loin supérieurs à toutes les autres nations du monde. Il est la seule puissance globale du monde post blocs. A l'aube du nouveau millénaire, ils jouissent d'une prééminence avec laquelle les plus grandes empires du passé eux-mêmes ne sauraient rivaliser. Qu'il s'agisse d'armement ou de dynamisme économique, de science ou de technologie, d'enseignement supérieur ou de culture populaire, l'Amérique exerce un ascendant sans précédent su l'ensemble de la planète.

Le bilan de cette puissance tel qu'établit par Annie Zwang révèle que, les Etats-Unis possèdent la supériorité militaire (ils sont la puissance spatiale majeure) ; leur budget militaire pourtant en diminution équivaut encore à plus de 4% du PNB. Ils s'appuient sur un formidable arsenal, y compris nucléaire, accentué par la désorganisation de leur rival russe. Leur stratégie repose sur deux axes : le contrôle des mers et des océans grâce à des flottes présentes sur «  les points chauds » du globe, et grâce à la permanence de forces dans les zones à risque. Le pacifique est surveillé par la septième flotte (pacifique nord) et par la troisième (mère de chine). La sixième flotte est en méditerranée et la deuxième dans l'atlantique.

Leur action est renforcée par d'importants services de renseignement et par un système de communication très sophistiqué avec des satellites espions. Les Etats-Unis sont les premiers vendeurs d'armes de la planète et assurent près de la moitié du marché21(*).

Cette ascendance se manifeste également au niveau des institutions internationales dont l'ONU principalement. Le gouvernement de Washington finance 26% du budget ordinaire de fonctionnement de l'ONU, l'essentiel du budget spécial pour des opérations de maintien de la paix (les 72000 casques bleus actifs dans 18 pays) et une grande partie des budgets des vingt-deux organisations spécialisées. Quant au Programme Alimentaire Mondial qui a nourri 91 millions de personne en 2004, Washington y contribue à hauteur de 60% essentiellement en livrant des aliments prélevés sur le surplus américain22(*).

Sans la puissance américaine, fait remarquer Thierry de Mont Brial, l'effectivité des résolutions de cette organisation, tout au moins dans les cas les plus graves, serait encore plus faibles qu'elles ne les sont23(*).

En effet, si l'empire américaine ou la « pax americana » parait informelle et même illusoire, son leadership, sa prépondérance ou son hégémonie dans l'international post blocs par contre, reste évidente. Les Etats-Unis constituent le centre d'impulsion dans la conduite des affaires mondiales malgré les oppositions, les contestations et même les prétentions de certains acteurs de vouloir se constituer en pole politico stratégique autonome ou en contre hégémonie. Sa puissance lui permet de se représenter dans toutes les grandes aires géopolitiques du monde et d'y jouer un rôle déterminant voire décisif.

* 14 Kissinger.H, Op Cit, p9

* 15 Ziegler. J, L'empire de la honte, fayard, Paris, 2005, p25.

* 16 Badie. B, Op cit, p30.

* 17 Kissinger.H, Op Cit, p11

* 18 Kapsi. A, Op Cit, p199

* 19 Badie. B, Op Cit, p31.

* 20 Kaspi. A, Op Cit, p202.

* 21 Zwang. A, Les Etats-Unis et le monde : rapport de puissance 1898-1998, Ellipse, Paris, 2000, p 130.

* 22 Ziegler. J, Op Cit, p68

* 23 Mont Brial. T, Op Cit, p408.

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