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Quel est l'impact de l'impression 3D sur la supply chain ?


par Stéphane RUFER
Université Paris Dauphine - Master II "Supply Chain International" 2014
  

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B. Des coûts de mise en oeuvre et des temps de conception plus faibles

Le coût de production unitaire n'est pas forcément l'endroit où il faut aller chercher un intérêt pour cette nouvelle technologie. En revanche, le coût de mise en oeuvre est beaucoup plus faible, ce qui peut avoir de gros intérêts pour les séries courtes.

Un moule pour injection plastique peut coûter quelques dizaines de milliers d'euros pour des produits un peu complexes et nécessite l'utilisation de diverses techniques de découpe (sculpture, fraisage, etc ...) elles-mêmes coûteuses en outillage. Le plasturgiste voudra toujours injecter quelques milliers de pièces pour rentabiliser son réglage. Si le client n'a besoin que de quelques dizaines ou centaines de pièces (comme c'est le cas dans beaucoup d'industries de niches aujourd'hui), cela induit des surcoûts très élevés !!!

En plus des coûts prohibitifs liés à la création des moules, il faut compter des commandes minimales pour la création de l'objet (généralement 10 000 pièces). Ce sont des barrières qui rebutent au départ de nombreuses personnes désireuses de concrétiser leur idée.

A contrario, l'impression 3D permet la fabrication d'un produit unique ou d'une petite série à des coûts raisonnables. Airbus, par exemple, utilise déjà l'impression 3D pour fabriquer des pièces d'avion en quantité limitée. (voir « Airbus explores building planes with Giant 3D Printers » sur le site Forbes.com).

Concernant le temps pour mettre le produit à la dispositiondu consommateur, il est plus faible.

Attention à ne pas confondre le temps de fabrication et le temps de disponibilité pour l'utilisateur  ou le client (durée entre sa date de commande et la date de disponibilité réelle).

Dans de nombreux articles consacrés à l'impression 3D, un constat sous forme de remarque négative est souvent abordé : la lenteur de l'impression de l'objet concerné, qui est en moyenne, en fonction de la taille du produit et du nombre de pièces réalisées, de 4 et 8 heures.

A noter tout d'abord que toutes les nouvelles imprimantes présentées lors de ces derniers mois augmentent leur vitesse d'impression et la problématique liée aux vitesses d'impression devrait être aisémentrésolue dans les prochaines années.

Analysons ensuite le scénario suivant : un client vient de casser une pièce utile au bon fonctionnement de son outil, de son jouet ou tout autre article. Il doit rechercher les informations  concernant le fournisseur, les références du produit, prendre contact avec celui-ci, s'assurer de la disponibilité de la pièce en question, négocier le prix, accepter le délai de livraison, etc ...

Même en imaginant qu'aucun obstacle(non-disponibilité du produit, grève, retard de livraison) ne se glisse dans le processus, le délai d'approvisionnement de ce produit sera toujours plus long que la démarche d'impression du produit avec une imprimante 3D.

Il est primordial donc de ne pas confondredélai de disponibilité des produits et délai  d'impression du produit.

C. Le retour sur investissement

Une méthode de calcul mise en place par Mr Faraggi de Wcom, une société qui accompagne les entreprises dans le cadre de leurs projets de déploiement d'activités à base d'utilisation d'imprimante 3D, permet de déterminer le point du ROI (Return On Investment).

Il compare pour cela la fabrication selon la méthode classique avec la fabrication par impression 3D. Les résultats sont les suivants :

Return on Investment for Additive Manufacturing

Cette méthode de calcul permet d'analyser la faisabilité d'un projet et de déterminer si la fabrication par imprimante 3D est bien rentable.

Nous voyonstrès clairement dans ces courbes que cela dépend du volume (nombre d'unités nécessaires) mais aussi des matériaux utilisés. Cette technologie est donc particulièrement appropriée pour permettre aux industriels de concevoir des produits de petites séries. Ce que confirme également le graphique réalisé par Deloitte UniversityPress ci-dessous.

Rentabilité de la fabrication additive par rapport à la fabrication traditionnelle

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