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Quel est l'impact de l'impression 3D sur la supply chain ?


par Stéphane RUFER
Université Paris Dauphine - Master II "Supply Chain International" 2014
  

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B. Le marché de l'impression 3D : un marché en pleine croissance

Les imprimantes 3D vont-elles révolutionner la Supply Chain ? En tout cas, cette révolution est en marche et arrive à grands pas. Le cabinet Gartner prévoit 90.000 ventes d'imprimantes 3D dans le monde pour l'année 2014 (+43%).

Les différents rapports Wohlers du nom de leur auteur Terry Wohlers, un consultant en impression 3D, rappellent depuis vingt-cinq ans les données du marché sur cette technologie et ses applications. Le rapport 2013 en particulier fournit des chiffres intéressants sur les revenus générés par l'économie de la fabrication additive et sur ses prévisions de croissance.

10 Milliards de $, c'est ce que représentera le marché global de la 3D en 2020 (source : Le Point du 16 janvier 2014). A titre de comparaison, l'année 2012 a généré 2,2Milliards de $ : une croissance fulgurante avec un passage à 6 Milliards de $ prévueen 2017 (source Wohlers).

Parc machines : une croissance exponentielle

Le potentiel du marché de l'impression 3D

Deux grands acteurs se partagent ce marché juteux. Stratasys, le plus gros, valorisé aujourd'hui à 3 milliards de dollars (50 % du marché des imprimantes professionnelles), aujourd'hui le Google de l'impression 3D. Derrière lui, 3D Systems pèse 500 millions de dollars.On lui doit notamment l'imprimante 3D personnelle Cube. D'autres acteurs proposent par ailleurs des services d'impression (CA total de 2 Milliards de $) tels que Sculpteo et Shapeways.

La France se place aujourd'hui en 7ème position (3% du parc mondial) parmi les pays les mieux équipés en imprimantes 3D.38% de ces imprimantes se trouvent aux Etats-Unis tandis que 28% sont réparties entre le Japon, l'Allemagne et la Chine.

En 2013, environ 30% des produits finis (essentiellement dans l'industrie aéronautique et automobile) ont eu recours à l'impression tridimensionnelle, et d'ici 2016 et 2020, ces estimations pourraient atteindre respectivement 50 et 80%.

Quatre marchés géographiques majeurs vont être concernés : l'Amérique, l'Europe, l'Asie-Pacifique et le reste du monde. Les pays émergents comme la Chine et l'Inde réfléchissent sérieusement à cette nouvelle technologie et commencent sérieusement à investir dans des programmes de R&D dans ces domaines. Une véritable nécessité si la production délocalisée dans ces pays venait un jour à rejoindre les pays qui consomment les produits.

C. Le PersonalManufacturing ou Home Fabrication

Si l'on constate que l'impression 3D se cantonne aujourd'hui au monde industriel, les chiffres penchent plutôt vers une démocratisation rapide des imprimantes individuelles. En effet, les ventes d'imprimantes 3D, dites grand public ont augmenté de plus de 300 % entre 2009 et 2013 avec des prix passant de 20 000 € à moins de 300 €.

Les progrès réalisés sur les procédés d'impression ainsi que la chute des prix des imprimantes 3D individuelles (à partir de 300 €) sont les signes de l'expansion de ce marché qui représente aujourd'hui un milliard de dollars. Par ailleurs, hier encore, très difficiles à calibrer et à manipuler, certaines imprimantes sont, aujourd'hui, presque aussi faciles d'accès que les imprimantes classiques.

Les imprimantes personnelles permettent aujourd'hui d'imprimer :

· Les objets du quotidien

Le site thingiverse.com propose aujourd'hui des modèles en téléchargement gratuit. Il suffit de les télécharger et de les envoyer à son imprimante qui se charge du reste. Une étude de la MichiganTechnologicalUniversity a montré que l'achat d'une imprimante 3D pour imprimer de tels objets s'avère rentable pour le consommateur. Après avoir imprimé une vingtaine d'objet de ce type et comparé leur prix de revient au coût d'objet similaire sur Internet, la MichiganTechnologicalUniversity assure que cela permet d'amortir une imprimante 3D dans une fourchette allant de quatre mois à deux ans, tout en assurant un retour sur investissement de l'ordre de 40% à 200 %. Si l'étude ne prend pas en compte le temps de calibrage ou l'ajustement des fichiers 3D, il ne fait pas de doute que l'impression 3D à la maison se pose comme une alternative à la fabrication d'accessoires et de certains objets du quotidien.

· Les pièces de rechange pour nos objets cassés

De nombreux objets de notre quotidien, en particulier les pièces plastiques, peuvent se casser. La plupart du temps, ces pièces sont introuvables dans le commerce car le fabriquant a tout intérêt à ce que l'on remplace l'objet plutôt que d'en assurer la réparation.

Ainsi, en donnant une seconde vie à certains objets de notre quotidien, l'impression 3D permet aux particuliers de réaliser des économies substantielles.

Issus du mouvement Open Source, les fabricants d'imprimantes personnelles sont aujourd'hui très nombreux : Makerbot, Cube, Ultimaker, Printrbot, Bucanneer, Stratasys, etc ... et proposent une gamme d'imprimantes très variée à des prix allant de 300 € à plus de 2000 €. Tout comme les services d'impression 3D (tels que Sculpteo en France), ces fabricants contribuent fortement à rendre l'impression 3D accessible à tous.

Avec le rachat en juillet 2013 de Makerbot par Stratasys pour 400 millions de $, l'ambition de Stratasysest clairement affichée : devenir leader de l'impression 3D personnelle. On peut aujourd'hui le comparer à Apple, qui, dans les années 1980, avait démocratisé l'ordinateur personnel avec l'Apple 1, le premier ordinateur accessible à tous.

Avec l'impression 3D individuelle, et bientôt personnelle, il sera désormais possible de recréer des pièces détachées, personnaliser non plus par un désir stimulé mais par nos besoins et usages, lutter contre l'obsolescence programmée, en un mot entrer dans l'ère de ce que l'on pourrait appeler « la série de l'objet unique ».

Ces machines, pas plus encombrantes qu'un micro-onde, ont un pouvoir stupéfiant : celui de transformer notre situation de basique consommateur passif en inventif consom'acteur, pour reprendre le terme de Francis Pisani.Les élites de ce mouvement populaire sont aujourd'hui appelés les « makers », autrement dit les hackers du matériel.

L'impression 3D à la maison, via des imprimantes 3D pour particuliers, est le dernier pas vers la démocratisation de la technologie. Elle atteste d'un réel engouement vers l'adoption massive de cette technologie.

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