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Etude ethnobotanique, biologique et chimique des plantes réputées antipaludéennes à  lubumbashi en RD Congo


par valentin Bashige Chiribagula
Lubumbashi - Pharmacien 2013
  

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III.2. RESULTATS DU CRIBLAGE CHIMIQUE

Sont repris dans le tableau suivant les résultats globaux du criblage chimique. Ce dernier a permis de mettre en évidence les groupes bioactifs suivants : alcaloïdes, flavonoïdes, leuco anthocyanes, quinones, stéroïdes, saponines, tanins & terpénoïdes. Les hétérosides cyanogènes ont été recherchés dans le but d'évaluer la toxicité de ces plantes.

Espèce végétale

PU

Alc

Flav

Leu

Quin

Ster

Sap

Tan

Ter

R+/org

R+/Pl

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t

Acacia polyacantha

ER

+

-

+

+

-

+

+

-

5/8

6/8

 

T

+

-

+

-

+

++

+

-

5/8

 
 

F

+

-

+

-

+

+

+

-

5/8

 

Albizia adiantifolia

ER

-

-

+

-

-

+

++

+

4/8

7/8

 

T

-

-

++

-

+

++

+

-

4/8

 
 

F

+

+

+

-

+

+

+

-

6/8

 

Anisophyllea pomisofera

R

-

-

-

-

-

+

++

+

3/8

4/8

 

T

-

-

-

-

+

+

+

-

3/8

 
 

F

-

-

-

-

+

+

+

-

3/8

 

Azadirachta indica

F

+

+

-

-

+

+

+

-

5/8

6/8

 

T

+

+

-

-

+

+

+

-

5/8

 
 

R

+

+

-

-

-

+

+

+

5/8

 

Bobgunia madagascariensis

F

-

++

+

-

+

+

+

-

5/8

7/8

 

T

-

+

++

-

+

+

+

-

5/8

 
 

R

-

-

+

+

-

+

+

+

5/8

 

Cajanus cajan

F

-

+

-

-

-

+

+

-

3/8

4/8

 

T

-

+

-

-

-

+

+

+

4/8

 
 

R

-

-

-

-

-

+

+

-

3/8

 

Cassia occidentalis

F

+

+

+

-

+

+

+

-

6/8

8/8

 

R

-

-

-

+

-

+

+

+

4/8

 
 

ET

-

+

+

+

-

+

+

-

5/8

 

Entada abyssinica

R

-

-

+

-

-

+

+

+

4/8

7/8

 

T

-

-

+

-

+

+

+

-

4/8

 
 

F

+

+

+

-

+

+

+

-

6/8

 

Landolfia kirkii

F

-

+

+

-

+

+

+

-

5/8

7/8

 

T

+

-

+

-

+

+

+

+

6/8

 
 

R

-

-

-

-

+

+

+

-

3/8

 

Ocimum omblei

F

-

+

-

-

-

+

+

-

3/8

3/8

 

T

-

+

-

-

+

+

+

-

3/8

 
 

R

-

+

-

-

-

+

+

+

4/8

 

Phyllanthus muellerianus

ET

-

+

-

-

+

+

+

-

4/8

5/8

 

F

-

+

-

-

+

+

+

-

4/8

 
 

R

-

+

-

-

-

+

+

+

4/8

 

Pterocarpus angolensis ET - - + - + + + - 4/8 4/8

F - - - - + + + - 4/8

R - - + - - + + + 4/8

Hcn

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

Tableau XI Résultats globaux du screening chimique

58

Au vu des résultats du tableau ci-haut, il s'observe que toutes les espèces végétales étudiées contiennent au moins trois groupes de substances bioactives sur les huit recherchés. Anisophyllea pomisofera, Cassia occidentalis, Entada abyssinica et Landolphia kirkii se révèlent être les plantes riches en groupes de substances avec six groupes identifiés pour chacune. Sept plantes sur les treize (53.8%) possèdent au moins la moitié des groupes de substances bioactives recherchées.

Par ailleurs, sur 39 tests effectués pour chaque groupe sur l'ensemble de nos échantillons, les saponines et les tannins se sont révélé les plus abondants (100%) surtout qu'ils sont connus comme largement répandus chez les végétaux (Bruneton, 2009). Ils sont suivis des stéroïdes (58.9%) alors que les quinones (10%) occupent le bas de l'échelle ; cela peut s'observer sur la figure ci-après (à 1près) :

LEUCOANTHOCYANE

FLAVONOIDE

TERPENOIDE

ALCALOIDE

SAPONINE

figure 4 taux par groupe chimique sur l'ensemble des tests

STEROIDE

QUINONE

TANIN

10%

26%

31%

46%

53%

59%

100%

100%

Six plantes contiennent les alcaloïdes, dix les flavonoïdes, huit les leuco anthocyanes, cinq les quinones, douze les terpénoïdes et les stéroïdes et treize les saponines et les tannins.

Les réactions de colorations étant semi-quantitatives ,elles nous ont permis d'apprécier l'abondance relative des flavonoïdes dans les feuilles de Bobgunia madagascariensis et de Cajanus cajan ,les leucoanthocyanes dans la tige et les feuilles respectivement de Albizia adiantifolia et Bobgunia madagascariensis ;les saponines dans la tige de Acacia polyacantha ainsi que les feuilles de Albizia adiantifolia ;enfin, les tannins dans les écorces de racines et dans les racines respectivement de Albizia adiantifolia et Anisophyllea pomisofera .

59

La présence des alcaloïdes, stéroïdes et anthocyanes chez Acacia polyacantha rencontre les travaux de Robineux (1989) .La présence des tanins ceux de watt (1962) et les quinones, les travaux de schmelzer (2008).

La présence des stéroïdes, tanins, terpénoïdes, dans Albizia adiantifolia rencontre les résultats trouvés par Kambu (1990). Ainsi que Haddad et coll. (2002) ; celle de terpénoïdes, stéroïdes et alcaloïdes trouvés chez Azadirachta indica sont en accord avec les travaux de Ornelas(1987) ; Adjanohoun et coll. (1986) ; Karhagomba et coll. (2008).

Par ailleurs, la présence des saponines et flavonoïdes chez Bobgunia madagascariensis est en harmonie avec les recherches de Bousquet et Coll. (1972) ainsi que Boret, (1987).

La présence des flavonoïdes dans Cajanus cajan justifie les travaux antérieurs ayant conduit à l'isolement des isoflvones : cajaisoflavone (Bhanumati et coll. ,1979) et cajanone (Newinger, 2000).

En outre, Il s'est avéré que Cassia occidentalis renferme les alcaloïdes, les flavonoïdes, les quinones, les saponines et les tanins ces résultats sont en accord avec les études antérieures (Sauvain, 1989 ; Ali, 2007).

L'identification des alcaloïdes, saponines et terpénoïdes chez Entada abyssinica est en connivence avec les résultats d'Ilunga (2004).

La présence des flavonoïdes, leuco anthocyanes, stéroïdes et saponines chez Landolphia kirkii confirme les résultats de Manya(2008) alors que la présence des alcaloïdes rencontre les résultats de watt (1962).

La présence des flavonoïdes chez Pterocarpus Angolensis se conforme à la publication de Paul (2004) et l'identification des saponines et flavonoïdes chez Zizyphus resinosa corrobore les travaux d'Eldryd (2004).

La présence des flavonoïdes, tannins et terpénoïdes dans Phyllanthus Muellerianus confirme les résultats trouvés par Kahumba (2000) alors que l'absence des hétérosides cyanogènes est en opposition aux résultats du même auteur. Cette adversité des résultats peut se justifier. Effet, la composition chimique des espèces analysées à des moments et/ou des endroits différents pourraient dépendre de nombreux facteurs notamment le sol, la période de récolte, l'organe ou l'âge de la plante, le conditionnement de la matière végétale, etc. (N'guessan, 2009 ; Chifundera, 1926).

Eu égard à la littérature à laquelle nous avons pu accéder, force est de constater que nous avons la particularité d'avoir identifié les leucoanthocyane chez Bobgunia madagascariensis, les flavonoïdes, stéroïdes et terpénoïdes chez Ocimum omblei. Les

60

différents groupes chimiques rencontrés dans les espèces qui ont été analysées sont reconnus avoir de nombreuses propriétés pharmacologiques (Bruneton, 2009). Nous sommes porté à croire que cela pourrait justifier les diverses utilisations ethnobotaniques de plantes retenues (voir tableau IX).

Par ailleurs, la pondération des composés bioactifs par organe utilisé, par plante, peut s'apprécier sur le graphique ci-après :

bobgunia madagascariensis

anisophyllea pomisophera

phyllanthus muellerianus

pterocarpus angolensis

azadirachtaa indica

acacia polyacantha

cassia occidentalis

albizia adiantifolia

entada abyssinica

zizyphus resinosa

ocimum omblei

landolfia kirkii

feuille tige ou ecorce de tige racine ou ecorce de racine

figure 5taux de préence de composé bioactif par organe

50%

50%

50%

50%

38%

38%

38%

63%

63%

38%

38%

38%

50%

50%

50%

50%

50%

50%

50%

50%

50%

50%

50%

63%

63%

63%

63%

63%

63%

63%

63%

63%

75%

75%

75%

75%

Il ressort de cette figure que deux organes renferment un grand nombre des composés bio actifs : les feuilles (chez Albizzia adiantifolia, Cassia occidentalis et Entada abyssinica) et la tige (chez Landolphia kirkii) à raison de 75%.

Le taux le plus élevé en principes bioactifs dans les racines est de 63% (chez Acacia polyacantha et Azadirachta indica). Ceci laisse constater que les principes bioactifs se

L'autre témoin contient Quinimax® qui est un mélange de principaux alcaloides de quinquina (quinine, quinidine, cinchonine et cinchonidine). Ils ont été utilisés pour s'assurer de

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trouvent préférentiellement dans les parties aériennes. Acacia polyacantha, Azadirachta indica, Bobgunia madagascariensis et Cassia occidentalis présentent des taux les plus élevés en principe bioactifs (15/24, soit 62.5% toutes les parties étudiées réunies) lorsque Anisophyllea pomisofera présente le taux le plus bas (10/25 soit 41.6%). L'absence des hétérosides cyanogènes est un bon présage quant à la consommation de ces plantes.

Le Criblage chimique a permis de mettre en évidence, les groupes chimiques dont les molécules ont déjà présenté des propriétés antipaludéennes notamment, les alcaloïdes comme quinine, tetrandine (Van et Ye, 1989) ; les terpénoïdes comme la berbérine, l'artemisinine et dérivés ainsi que les quinones (Nkunyam ,1992).

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