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Etude ethnobotanique, biologique et chimique des plantes réputées antipaludéennes à  lubumbashi en RD Congo

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par valentin Bashige Chiribagula
Lubumbashi - Pharmacien 2013
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III.1.3.DONNEES RELATIVES À L'ART DE GUERIR

Les informations récoltées lors des entretiens avec les personnes ressources, ont également porté sur la manière dont la plante est utilisée pour soigner la malaria (partie utilisée, mode de préparation et d'administration, forme médicamenteuse, mode d'utilisation ainsi que la posologie). Le tableau qui suit reprend l'ensemble de ces informations.

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Tableau X Données relatives à l'art de guérir

 
 
 

Espèce

PU

Mode de préparation

Mode d'utilisation

posologie

Références

Acacia polyacantha

ER

Décoction, infusion

Boisson

1v 3×/J pdt 4J

T2, 11,18

Albizia adiantifolia

ER

décoction

Boisson Fumigation Bain

1v 2×/J pdt 3à4J 5l/J pdt 5J 20l/J pdt 5J

T, 4, 6, 15,

17,18

Anisophyllea pomisofera

R

Macération, décoction

Boisson

0.5v4à5×/J pdt4J

T 9, 11,19

Azadirachta indica

F&R

Décoction, macération

Boisson

1v 2×/J pdt 3J

T20

Bobgunia

madagascariensis

F

Pulvérisation,

décoction, macération

Mélanger au repas Boisson

Bain

1càc 2×/J pdt 3J 1v 3×/J pdt 4J 20l 1×/J pdt 5J

T3, 12 18,19

Cajanus cajan

F

Pilage puis macération

Boisson

1v 3×/J pdt 4J

T16, 19,21

Cassia occidentalis

F, ET&R

décoction

boisson

1v 3×/J pdt 4J

T4, 5, 6, 12,13

Entada abyssinica.

R

pulvérisation

Instillation (oreille, nez)

1/5càc2×/J pdt 3J

T10 ,14

Landolfia kirkii

F

Macération, décoction

boisson

0.5v3×/J pdt 4J

T13

Ocimum omblei

F

Broyage,

décoction, macération, infusion

Cataplasme Boisson

Lavement, bain

4v 3×/J pdt 4J 0.5v 2×/J pdt 3à4J 20l/J pdt 5J

T5, 6, 7,9

 

Phyllanthus muellerianus

F&ET

Décoction broyage

Boisson

Fomentation

0.5v 3×/J pdt 4J

T1, 6, 7,19

Pterocarpus angolensis

ET

décoction

Boisson

2v 2×/J pdt 3à4J

T19

Zizyphus resinosa

R

Macération, décoction

Boisson

0.5v 2×/J pdt 3à4J

T20

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Il ressort du tableau X que les 20 personnes ressources recourent aux feuilles, écorce de tige, racine et écorce de racine pour exercer leur art dans la prise en charge du paludisme .La feuille constitue l'organe la plus utilisée avec53.8% ; toutefois, la racine entière (racine et écorce de racine) s'utilisent à la même fréquence. Ces résultats sont proches des ceux obtenus par Adjanohoun et Aké (1979) qui avaient trouvé que les feuilles étaient sollicitées majoritairement soit dans 59.1% des cas. L'utilisation préférentielle des racines serait liée au fait qu'elles se retrouvent toujours présente durant toute l'année quel que soit la saison et offrent alors une assurance de récolte répondant à la fréquence de sollicitations. Les feuilles quant à elles, offrent la facilité de récolte pour autant que c'est parmi les organes les plus visibles des ceux permanents ; avis que nous partageons avec Michel Sauvain (Sauvain, 1989 ; Petit Larousse Des Plantes, 2009).

Il ressort du tableau précédent que les personnes ressources consultées utilisent plusieurs modes de préparations notamment : la décoction, l'infusion, la macération, la pulvérisation. La décoction est le mode le plus utilisé avec un taux de 85% (comme fréquence de citation) alors que, l'infusion, la pulvérisation et le broyage sont peu utilisés (15%).Ce taux est supérieur à celui trouvé par Adjanohoun et Aké Assi (1979) qui avaient trouvé que la décoction était préférentiellement utilisée à raison de 32.9%.

De ces préparations découlent 3 formes usuelles notamment les solutions, les poudres et les broyats, la solution étant la forme la plus usuelle (elle représente 80% des préparations proposées).Contrairement à la pharmacotechnie moderne où c'est la forme sèche qui est la plus utilisée(Le Hir, 2001), la thérapie traditionnelle recourt préférentiellement à la forme liquide (Adjanohoun et Aké, 1979) . En effet, la forme liquide se conserve moins longtemps que celle solide.

La voie la plus utilisée reste la voie per os (12/20) par boisson. À côté d'elle, se trouvent : la fomentation, l'instillation, la fumigation, le bain, le cataplasme et le lavement. Cette réalité se rapproche de celle rencontrée en biomédecine où la voie orale reste la plus sollicitée (Moulin et Coquerel ,2004).

La posologie s'exprime en volume et non en masse comme il en est de coutume pour la médecine moderne. Bien qu'il soit possible d'avoir une correspondance en biomédecine, il y a toujours risque de commettre une erreur. Les expressions de la dose sont : le verre, la cuillère à café, le bassin. Force est de constater que la durée de traitement ne dépasse pas 5 jours alors que la quinine (molécule tête de série des antipaludiques) se prend pendant 7 jours. Cela soulève une interrogation : est-ce un indice de performance élevée ou une

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preuve de non atteinte de la dose thérapeutique ? Seules les études plus approfondies dont la nôtre ne fait que poser les jalons pourront résoudre cette énigme.

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