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L'Espagne en France. Les centres culturels espagnols dans l'hexagone au XXe siècle.

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par Julien JACQUES
Université Paris I Panthéon-Sorbonne - Master 2 recherche Histoire des relations internationales et des mondes étrangers 2015
  

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CHAPITRE I

L'IMMIGRATION ESPAGNOLE EN FRANCE À L'ÉPOQUE CONTEMPORAINE

Dans ce premier chapitre, consacré à l'immigration espagnole, nous allons étudier, d'abord, les vagues successives d'immigration pour des raisons politiques ou économiques. En France, les exilés espagnols se réunissent et essaient, tant bien que mal, de s'adapter à ce nouveau pays en créant de nombreuses associations d'entre-aide ou culturelles, que nous analyserons dans un second temps. Ces analyses donnent une première vision de l'influence de l'Espagne dans l'Hexagone.

A) Les vagues d'immigrations espagnoles

Les vagues de migrations entre la France et l'Espagne sont très anciennes. Jean Sagnes nous rappelle que, déjà au IXe siècle, des colons espagnols s'installèrent en Languedoc et en Roussillon à l'appel des Carolingiens pour repeupler ces régions après les guerres qui les ont dévastées1(*) ; puis au Bas Moyen-Âge, ce furent les habitants de ces régions qui vinrent dans la péninsule ibérique pour habiter les terres reprises aux Musulmans pendant la Reconquista2(*). Avant que la France ne devienne une terre d'exil pour de nombreux Espagnols, ce furent d'abord les Français qui, à l'époque contemporaine, émigrèrent de l'autre côté des Pyrénées. A partir de 1851 et du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, les Républicains français s'exilèrent en Espagne. Puis en 1871, la péninsule ibérique devient terre d'accueil pour les sympathisants de la Commune, suivis quelques années plus tard par les religieux interdits d'enseignements, dans les premières années du XXe siècle, ou encore par les collaborateurs de l'Allemagne nazie après la Seconde Guerre mondiale3(*).

A l'époque contemporaine, les premiers Espagnols arrivèrent en France dès les années 1820 pour des raisons politiques. En effet, suite à la réaction absolutiste du roi Ferdinand VII, de nombreux libéraux préférèrent fuir l'Espagne pour venir s'installer principalement en Aquitaine4(*). La France de la deuxième moitié du XIXe siècle a connu de grands mouvements d'immigration. Résultat direct des guerres carlistes5(*), de nombreux exilés formèrent une communauté importante en Roussillon et à Bordeaux où la colonie espagnole comptait des armateurs, des financiers, des hommes de lettres et des artistes6(*) dont l'illustre peintre Francisco de Goya7(*). A l'aube du XXe siècle, la communauté espagnole représentait 9% (environ 105.000 personnes) de l'ensemble des étrangers vivant en France à cette époque-là ; 12% d'entre eux vivaient dans le département de l'Hérault8(*). Pendant la Première Guerre mondiale, par nécessité, l'Office national français de la Main-d'oeuvre agricole fit appel à plus de 145.000 Espagnols qui vinrent s'installer en France jusqu'en 19189(*). Ainsi en 1926, on en dénombrait 322.600 sur l'ensemble du territoire français et ils représentaient la troisième colonie étrangère après les Italiens et les Belges, soit 13% de l'ensemble des étrangers. Comme nous l'avons vu, l'aire d'implantation principale des immigrés espagnols en France se situait dans les régions du Midi où, après la guerre, le manque de main-d'oeuvre fut important. Ainsi, pour Jean-Marc Delaunay, « les Espagnols, malgré la concurrence italienne, prirent possession du quart sud-ouest de la France entre 1850 et 19501(*)0 ». Puis ils se dispersèrent à travers le pays, vers la vallée du Rhône et la région parisienne en particulier, même si, encore dans les années 1930, « les deux tiers de la colonie espagnole en France se concentrent au sud d'une ligne Bordeaux-Nice1(*)1 ».

Le XXe siècle connut également d'amples mouvements d'exilés espagnols se réfugiant en France (graphique 1). Pourtant les autorités espagnoles furent hostiles aux fortes vagues d'émigration et estimèrent « que l'avenir des travailleurs espagnols est en Espagne même1(*)2 ». L'Espagne sanctionna l'émigration mais rien n'empêcha un exode massif vers la France. En 1923, de nombreux opposants politiques à la dictature de Primo de Rivera choisirent la France pour s'exiler1(*)3, puis la Seconde République obligea les monarchistes et la famille royale à quitter le pays. Ensuite ce fut la guerre civile espagnole1(*)4 (1936-1939) qui amena son lot de réfugiés notamment en 1938-1939. En effet, après la prise de la Catalogne par le général Franco, « une marée humaine d'un demi-million de personnes se présente aux postes frontières1(*)5 » et reste à ce jour comme « l'une des immigrations forcées les plus saisissantes pour la conscience française1(*)6 ». Dans les années postérieures, l'Espagne, comme la Grèce ou le Portugal, ne profita pas de l'essor des Trente Glorieuses qui galvanisait l'économie de l'Europe. De ce fait la France attira, la communauté espagnole comptait 441.658 individus lors du recensement de 19621(*)7 et parvint même à devenir la première communauté étrangère en France en 1968 avec plus de 600.000 représentants1(*)8. Mais, dans les années 1970, le phénomène s'amenuisa puisque la France fut frappée par la dépression économique, mettant ainsi fin à l'immigration de main-d'oeuvre, alors que l'Espagne pu jouir de la reprise après la mort de Franco en 1975 et au revirement démocratique, principalement illustré par la Movida, révolution socio-culturelle centrée à Madrid1(*)9. Ainsi la population espagnole en France ne cessa de diminuer, en 1982, on dénombre 327.156 Espagnols en France, sans tenir compte de la plupart de ceux des générations précédentes qui obtinrent leur naturalisation2(*)0 ou qui repartirent en Espagne, et en 1999, les Espagnols ne formèrent que la sixième communauté étrangère en France avec 161.700 ressortissants (soit 5% de la population totale d'immigrés)2(*)1.

La population espagnole en France depuis 1851.

Source : Isabelle Bouhet, Naïk Miret, Nathalie Kotlok, La population espagnole en France. Étude statistique des résultats du RGP de 1999, 2004, p.9. [en ligne] < https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00183786/document> (consulté le 14 mars 2015).

Que pense la France de cette arrivée massive de réfugiés espagnols sur son territoire ? Yves Denéchère précise que les Français n'ont jamais été contre la présence de travailleurs étrangers en période de croissance économique ; ceci s'est vérifié pendant les années 19202(*)2 et nous pouvons penser qu'il en est de même pendant les Trente Glorieuses. D'ailleurs, les lois françaises de 1889 et du 10 août 19272(*)3 sur la naturalisation permirent à beaucoup d'Espagnols de devenir français. En 1931, ce sont 27.000 Espagnols qui accédèrent à la nationalité française, soit 7,4% des 361.000 naturalisations accordées cette année-là2(*)4. Dans les années 1930, avancer le chiffre de 200.000 Français d'origine espagnole de première ou deuxième génération n'est pas une sous-estimation2(*)5. Mais dès que la crise économique affaiblit le pays, le point de vue des Français sur l'immigration est différent et les actions pour diminuer le nombre d'immigrés se multiplient. Par exemple, dans les années 1930, les autorités françaises fermèrent la frontière pyrénéenne et encouragèrent les Espagnols à rentrer chez eux2(*)6. Toutefois, la France resta une terre d'exil et elle refusa de renier son titre de terre d'asile. Yves Denéchère nous relate une anecdote sur des Espagnols qui seraient arrivés en France, en 1935, avec de faux papiers. Le gouvernement français demanda à l'ambassadeur de France à Madrid, Herbette, de le signaler aux autorités espagnoles sans donner de noms « afin de respecter le droit d'asile français2(*)7 ».

Enfin, il nous semble important de dire quelques mots sur l'immigration hispano-américaine en France car elle participe à l'image de l'espagnol. Les immigrants, qui arrivèrent d'Amérique latine dans la seconde moitié du XXe siècle, cherchèrent à fuir les dictatures qui s'installaient sur le continent sud-américain. Nombreux parmi eux furent des artistes et émergèrent dans le paysage culturel français, participant ainsi à l'image et à l'influence des cultures hispaniques dans l'Hexagone2(*)8. Ces communautés élargirent celles des hispanophones installées en France. Par exemple, en 1973, suite au coup d'État militaire d'Augusto Pinochet contre le président socialiste Salvador Allende, la communauté chilienne en France, alors très minoritaire, gonfla ses rangs et comptait 2.300 personnes en 1975 puis 6.300 en 19822(*)9. Ainsi dans les années 1980, la communauté chilienne représentait la première communauté d'Amérique latine devant la brésilienne, l'argentine et la mexicaine. A partir du milieu des années 1980, ce furent les flux migratoires en provenance de la Colombie, du Pérou et de l'Équateur qui s'intensifièrent en Europe en général et en France en particulier3(*)0, notamment en raison des difficultés économiques que traversaient ces pays dans les dernières années du XXe siècle.

Par l'importance de ces vagues d'immigrations ibériques vers le sol français, il se constitua une très large communauté d'Espagnols en France. En arrivant dans l'Hexagone, ces immigrants apportèrent leurs idées, leurs revendications et des pans de leur culture. De ce fait, de très nombreuses associations politiques mais surtout culturelles se développèrent sur l'ensemble du territoire français.

B) Les associations espagnoles en France

En mai 1929, l'archevêque de Tolède et primat d'Espagne, le cardinal Segura, interpella le roi Alphonse XIII sur l'abandon par l'Espagne de ses ressortissants en France3(*)1. Ces derniers oublieraient trop vite leur culture et leur langue à cause de l'absence de centres culturels espagnols en France. Il est vrai qu'il n'y avait aucun centre culturel dépendant de l'État espagnol avant les années 1930 et la construction du Collège d'Espagne à la Cité Universitaire de Paris. Pourtant, depuis plusieurs décennies déjà, les initiatives privées proliféraient pour prendre en charge les ressortissants espagnols installés en France. Jean Sagnes mentionne une association culturelle espagnole à Béziers dès 18893(*)2. Jean-Marc Delaunay remonte encore plus loin dans le passé et nous apprend qu'à Bordeaux, dans les années 1820-1830, une famille d'immigrés espagnols, la famille Silvela, avait créé un collège espagnol pour les enfants d'Espagnols émigrés3(*)3. En vertu de la loi d'octobre 1886, il était interdit, pour les ressortissants étrangers, d'enseigner dans le secteur public. Ainsi les centres d'enseignement privés se développèrent, notamment depuis les premières années du XXe siècle. En 1911, l'association Alianza española (le modèle français est plus que visible3(*)4), projetait d'inaugurer des écoles primaires et des cours d'adultes à Bordeaux. Malgré l'accord du recteur d'Académie Raymond Thamin, qui avait peur d'éventuelles représailles de l'autre côté des Pyrénées, le ministère de l'Instruction publique et le ministère des Affaires étrangères le désavouèrent en refusant et en mettant fin à ce dossier en 1913. Ces deux ministères étaient parfaitement d'accord sur le fait que jamais ils ne laisseraient l'opportunité au consul d'Espagne de prendre la main sur ce type d'établissement3(*)5. Bien avant l'appel du cardinal Segura, des voix se levèrent, en Espagne, pour parler de la nécessité de scolariser les enfants espagnols réfugiés en France. En 1912, cette fois sur le modèle italien de la Società Dante Alighieri3(*)6, l'association Liga Cervantina Universal fut créée avec le soutien d'intellectuels comme celui de Rafael Altamira, alors directeur général de l'enseignement primaire. Par manque de moyen, ce fut un échec3(*)7 mais ces idées germèrent dans l'esprit des dirigeants espagnols. En ce début de siècle, les initiatives privées continuèrent, Jean-Marc Delaunay, qui a très bien étudié la question sur cette période, mentionne encore, en 1912, que l'association Centro Amical de Unión Española ouvrit une école maternelle à Paris, près de la place de l'Odéon, dans l'hôtel Saint-Sulpice, propriété d'un espagnol, Domingo Miralles3(*)8. A Montmartre, entre 1913 et 1914, le centre ouvrier de la Mission espagnole de France organisait des cours d'espagnol donnés par des femmes espagnoles ou hispano-américaines3(*)9. Enfin, avant la Première guerre mondiale, deux instituts linguistiques privés à Paris, gérés par des Espagnols, proposaient des cours d'espagnols payants : l'Académie Gaya avec quatre-vingt trois élèves en 1912 et l'Académie Bermejo, avec trente et un élèves à la même date4(*)0.

Le phénomène de création d'associations espagnoles s'intensifia davantage après la Seconde Guerre mondiale comme l'illustre la taille des dossiers des Archives diplomatiques relatifs à ce sujet4(*)1 qui renferment un nombre conséquent de notes et de demandes de reconnaissance d'associations espagnoles. Premièrement, ce furent des associations politiques (de réfugiés républicains ou socialistes), des associations ouvrières ou de soutien aux victimes du franquisme4(*)2 qui se multiplièrent. Puis de nombreuses associations d'entre-aide demandèrent également le droit d'exister comme la demande d'autorisation, en 1944, de l'Association d'assistance aux émigrés espagnols4(*)3 ou encore celle, plus surprenante, de l'Association de l'Union des femmes antifascistes espagnoles4(*)4 en 1950. Conjointement à ces types d'associations, de nombreuses associations espagnoles culturelles émergèrent sur l'ensemble du territoire français. En janvier 1945, Hernandez Ramos, alors ancien consul de la République d'Espagne à Bordeaux, soumit au président de la Commission parlementaire des Affaires étrangères, Vincent Auriol, une présentation des statuts de la Casa de España de Bordeaux pour répondre « au besoin d'avoir un foyer espagnol qui puisse réunir tous les exilés et les Républicains espagnols résidents en France4(*)5 ». Pour répondre aux buts culturels, cette association possédait une section culturelle avec un lycée et une bibliothèque. En novembre 1955, une autre association Casa de España souhaitait voir le jour à Narbonne mais la Direction d'Europe nota que pour accorder une autorisation, « il serait au moins souhaitable que la Casa de España fut invitée à supprimer l'allusion à une représentation consulaire espagnole démocratique et à rédiger ses statuts avec plus de soin4(*)6 ». Nous avons encore la mention, dans une note, d'une Association des Artistes et des Intellectuels espagnols en France4(*)7 ou, dans une autre, de la demande d'un centre récréatif espagnol à Decazeville4(*)8. Nous connaissons le fort régionalisme qui a toujours existé en Espagne, même dans l'exil, certains Espagnols sont plus attachés à leur identité communautaire qu'à leur identité espagnole. Plusieurs associations espagnoles se créèrent autour de ce sentiment telle la Casa Central de la Mancha à Toulouse en avril 19474(*)9 ou encore l'association d'intellectuels catalans Cultura Catalana fondée à Paris en mai 19455(*)0. Enfin, pour terminer cette partie sur les associations espagnoles en France, quelques mots sur le Cercle Garcia Lorca. Il s'agit d'une association franco-espagnole basée à Alger et créée en septembre 1944 par Guy Menant, ancien député et membre du cabinet du Commissaire aux Affaires étrangères et par Elena Francisca de Ribiere y La Souchere, secrétaire de la Délégation provisoire de l'Union des Partis espagnols d'Afrique du Nord, pour contribuer au resserrement de l'amitié hispano-française au moyen d'une intensification des échanges culturels5(*)1. Cette association démontre que le rapprochement entre la France et l'Espagne pouvait passer par des initiatives privées. Dans ce but, l'association organisait des représentations théâtrales, des conférences, des expositions artistiques et favorisait la publication de traductions, de revues, de journaux, d'articles et de bulletins.

Ainsi, le nombre d'associations espagnoles, après la Libération, fut important et cette multitude ne fut pas toujours facile à gérer pour les autorités françaises. En 1947, l'administration française fut plus sévère dans la délivrance d'autorisation d'associations espagnoles notamment d'exilés républicains car « leur reconnaissance équivaut à donner une investiture officielle à des groupements de réfugiés dont l'activité est susceptible de [...] créer des difficultés diplomatiques5(*)2 ». De plus, il fut avéré que, parfois, le statut des associations espagnoles ne correspondait pas aux activités réelles de celles-ci et que certaines d'entre elles renfermaient un groupe armé comme cette association dans le Midi qui, sous prétexte « de placement et d'embauchage d'Espagnols dans les forêts et dans l'agriculture » était en fait un réseau d'anciens F.F.I espagnols, contrôlé par le parti communiste espagnol5(*)3. Légalement, les associations politiques auraient dû être interdites et, toutes devaient faire l'objet d'un rapport du Commissaire de police, de notes du Préfet concerné et du ministère de l'Intérieur et d'un avis favorable du ministère des Affaires étrangères, notamment sur les profils des membres5(*)4. Malgré ces contraintes, les autorisations administratives furent souvent octroyées, « afin de faire apparaître les activités de ces associations au grand jour et de menacer celles-ci d'un retrait éventuel5(*)5 ».

A la fin de ce chapitre nous avons pu nous apercevoir que la France a toujours été un lieu d'exil privilégié des Espagnols et ce depuis longtemps. L'immigration espagnole a permis très progressivement de remplir les espaces géographiques et professionnels laissés vacants par les aléas de l'Histoire. En France, ces nouveaux arrivants ont apporté leur culture et par le biais de naturalisation ou de mariage, le sang ibérique est parfaitement constitutif de l'identité française actuelle.

* 1 Jean Sagnes, « Jalons pour une approche de l'influence de l'Espagne sur la France contemporaine », in Jean Sagnes (dir.), Images et Influences de l'Espagne dans la France contemporaine, Actes du colloque national d'histoire de Béziers du 5 juin 1993, Presses universitaires de Perpignan, Perpignan, 1994, p.7-26.

* 2 Id.

* 3 Id.

* 4 Id.

* 5 1ere guerre : 1833-1840. En 1830, le roi Ferdinand VII abolit la loi salique pour permettre à sa fille Isabelle de monter sur le trône à sa mort en 1833. Le frère cadet du roi, Charles (Carlos en espagnol) n'acceptant pas que la couronne lui échappe, rallie les conservateurs contre Isabelle II, qui finira par l'emporter.

2e guerre : 1846-1849. Celui qui se faisait appeler Charles V laisse ses prétentions au trône à son fils, Charles VI, qui reprend le conflit contre Isabelle.

3e guerre : 1872-1876. Isabelle est forcée d'abdiquer et de se réfugier en France en 1868 face à la révolution menée par Joan Prim. Amédée de Savoie est choisi pour roi mais les carlistes, mené par le fils de Charles VI, reprennent le conflit pour prendre le trône. Amédée finit par abdiquer, laissant place à une république instable qui s'effondre en 1874 par un coup d'État militaire qui intronise Alphonse XII, fils d'Isabelle II, roi d'Espagne, mettant fin ainsi aux guerres carlistes.

* 6 Jean Sagnes, « Jalons pour une approche de l'influence de l'Espagne sur la France contemporaine », op.cit.

* 7 Aujourd'hui sa maison accueille l'institut Cervantès de Bordeaux.

* 8 Jean Sagnes, « Jalons pour une approche de l'influence de l'Espagne sur la France contemporaine », op.cit.

* 9 Yves Denéchère, La politique espagnole de la France de 1931 à 1936..., op.cit, p.107.

* 10 Jean-Marc Delaunay, « L'Espagne dans la politique générale française au XXe siècle. Une réflexion sur la bilatéralité entre les nations », in Jean Sagnes (dir.), Images et Influences de l'Espagne dans la France contemporaine, Actes du colloque national d'histoire de Béziers du 5 juin 1993, Presses universitaires de Perpignan, Perpignan, 1994, p.34-54.

* 11 Yves Denéchère, La politique espagnole de la France de 1931 à 1936..., op.cit, p.108.

* 12 Id.

* 13 Lui-même termine sa vie à Paris après sa démission en 1930.

* 14 L'histoire espagnole des années 1920 et 1930 est très mouvementée. Dans les années 1920, l'Espagne connaît une forte instabilité ministérielle et plusieurs attentats anarchistes. En 1923, le général Primo de Rivera réalise un coup d'État à Barcelone. Dans la confusion, le gouvernement abdique laissant à Primo de Rivera, avec le soutien du roi Alphonse XIII, le soin de constituer un nouveau gouvernement. Face aux mauvais résultats, l'armée laisse tomber le général qui est contraint de donner sa démission en 1930.

Alphonse XIII rétablit un régime constitutionnel mais les élections donnent la victoire aux Républicains. La famille royale fuit en France et la Seconde République est proclamée en avril 1931. Dans un contexte international incertain, la gauche radicale craint le retour d'une dictature fasciste tandis que la droite conservatrice a peur d'une révolution bolchévique. Ainsi des généraux coalisés tentent ensemble de prendre le pouvoir par la force. C'est un échec mais en réaction, les ouvriers prennent les armes en 1936 et créent des milices armées pour lutter contre les conservateurs. La guerre civile se termine en 1939 avec la prise de la Catalogne et la chute de Madrid, le général Franco établit une dictature depuis Burgos.

* 15 Jean Sagnes, « Jalons pour une approche de l'influence de l'Espagne sur la France contemporaine », op.cit.

* 16 Jean-Marc Delaunay, « L'Espagne dans la politique générale française au XXe siècle. Une réflexion sur la bilatéralité entre les nations », op.cit.

* 17 Jean Sagnes, « Jalons pour une approche de l'influence de l'Espagne sur la France contemporaine », op.cit.

* 18 Jean-Marc Delaunay, « L'Espagne dans la politique générale française au XXe siècle. Une réflexion sur la bilatéralité entre les nations », op.cit.

* 19 La « nouvelle vague » madrilène est née, peu de temps après la mort de Franco, dans les quartiers populaires. La liberté retrouvée, une atmosphère underground s'empara des expressions artistiques traditionnelles comme la peinture, la littérature ou le cinéma mais investit également la bande-dessinée, le théâtre de rue, la musique ainsi que le journalisme, la photographie et la mode. Sur le sujet : Bartolomé Bennassar, Bernard Bessière, Espagne. Histoire. Société. Culture, La Découverte, Paris, 2012, p.189-202.

* 20 Jean Sagnes, « Jalons pour une approche de l'influence de l'Espagne sur la France contemporaine », op.cit.

* 21 Isabelle Bouhet, Naïk Miret, Nathalie Kotlok, La population espagnole en France. Étude statistique des résultats du RGP de 1999, 2004, p.11. [en ligne] < https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00183786/document> (consulté le 14 mars 2015).

* 22 Yves Denéchère, La politique espagnole de la France de 1931 à 1936..., op.cit, p.112.

* 23 Cette dernière loi facilite les procédures administratives.

* 24 Yves Denéchère, La politique espagnole de la France de 1931 à 1936..., op.cit, p.108.

* 25 Id.

* 26 Ibid. p.112.

* 27 Ibid. p.120.

* 28 Se référer au chapitre 2 de ce mémoire.

* 29 Olga Gonzalez, « Les étapes de la migration latino-américaine en France », Rencontre autour du numéro Hommes&migrations n°1270, Migrations latino-américaines, mai 2008. Version numérique [en ligne] < http://www.ameriquelatine.msh-paris.fr/spip.php?article198> (consulté le 11 mars 2015).

* 30 Id.

* 31 Yves Denéchère, La politique espagnole de la France de 1931 à 1936..., op.cit, p.110.

* 32 Jean Sagnes, « Jalons pour une approche de l'influence de l'Espagne sur la France contemporaine », op.cit.

* 33 Jean-Marc Delaunay, Méfiance cordiale, les relations franco-espagnoles de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, volume 1, « Les relations métropolitaines », L'Harmattan, Paris, 2010, p.629.

* 34 L'Alliance française, créée en 1883, est une association privée et indépendante qui diffuse la langue et la culture française à l'étranger. Créées par des initiatives locales dans les pays étrangers, elles sont régies par le droit associatif de chaque pays et sont indépendantes structurellement et financièrement. Seule la franchise « alliance française » leur est fournie par l'Alliance française de Paris (aujourd'hui siège de la Fondation Alliance française).

* 35 Jean-Marc Delaunay, Méfiance cordiale, les relations franco-espagnoles de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, op.cit., p.629.

* 36 La Società Dante Alighieri est fondée en 1889 pour favoriser la diffusion de la langue et de la culture italienne dans le monde. Présente dans le monde grâce à des comités à but non lucratif, elle subsiste grâce aux bénévolats de ses membres.

< http://www.dantealighierigeneve.ch/presentation.html>.

* 37 Jean-Marc Delaunay, Méfiance cordiale, les relations franco-espagnoles de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, op.cit., p.629.

* 38 Ibid. p.630.

* 39 Id.

* 40 Id.

* 41 AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n°103 relatif aux associations espagnoles en France. Série EU Europe 1949-1955, Sous-série Espagne, 187QO, n° 220.

* 42 Id.

* 43 Lettre d'Elena Francisca de Ribiere y la Souchere, secrétaire de la Délégation provisoire de l'Union des Partis espagnols d'Afrique du Nord, à Jacques Soustelle, directeur du Palais Bruce à Alger, AMAE La Courneuve, Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n°103 relatif aux associations espagnoles en France, 24 août 1944.

* 44 Note de la Direction d'Europe à la Direction des Affaires administratives et sociales, AMAE La Courneuve, Série EU Europe 1949-1955, Sous-série Espagne, 187QO, n° 220, 12 août 1950.

* 45 Projets de statuts établis le 7 octobre 1944 par le Comité exécutif de la Casa de España, soumis à Vincent Auriol, président de la Commission parlementaire des Affaires étrangères à l'Assemblée consultative française, AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n° 103 relative aux associations espagnoles en France, 10 janvier 1945.

* 46 Note de la Direction d'Europe à la Direction des Affaires administratives et sociales sur l'association Casa de España à Narbonne. AMAE La Courneuve, Série EU Europe 1949-1955, Sous-série Espagne, 187QO, n° 220, 4 novembre 1955.

* 47 Note de la Direction d'Europe à la Direction des Affaires administratives et sociales, AMAE La Courneuve, Série EU Europe 1949-1955, Sous-série Espagne, 187QO, n° 220, 11 octobre 1950.

* 48 Note de la Direction d'Europe à la Direction des conventions administratives et sociales sur l'autorisation d'un centre récréatif à Decazeville. AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n° 103 relative aux associations espagnoles en France, 19 décembre 1946.

* 49 Note de la Direction d'Europe à la Direction des conventions administratives et sociales sur la Casa Central de la Mancha à Toulouse. AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n° 103 relative aux associations espagnoles en France, 8 avril 1947.

* 50 Note de la Direction d'Europe à la Direction générale des Relations culturelles sur la subvention accordée à l'association Cultura Catalana. AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n° 103 relative aux associations espagnoles en France, 2 mai 1946.

* 51 Note du Commissaire divisionnaire et chef de la Police des renseignements généraux du district d'Alger au Directeur de la Sécurité générale de l'Algérie. AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n° 103 relative aux associations espagnoles en France, 19 octobre 1944.

* 52 Note de la Direction d'Europe pour monsieur Paris, AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n° 103 relative aux associations espagnoles en France, 25 novembre 1947.

* 53 Note de la Direction d'Europe sur les associations espagnoles, AMAE La Courneuve. Série Z Europe 1944-1949, Sous-série Espagne, 187QO, n° 103 relative aux associations espagnoles en France, 28 novembre 1947.

* 54 Id.

* 55 Id.

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