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Adolescents placés : des familles à  l'épreuve du lien


par Rozenn Léauté
ITES Brest - DEES 2015
  

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- Annexes -

Annexe 1 - Questionnaire aux éducatrices

QUESTIONS OUVERTES :

I. Pour les enfants qui ont déjà mis à mal leur placement dans le passé (colonne n°4), quels moyens ont été mis en place (par le PFS, la famille d'accueil, les parents ou l'enfant) afin d'améliorer la situation de l'enfant ?

II. J'ai pu constater que le placement pouvait se fragiliser au moment de l'adolescence. Cependant, ma vision est sans doute altérée par mon manque d'expérience. Qu'en pensez-vous ?

III. Pour vous, un placement en famille d'accueil doit-il perdurer, et si oui, quels sont vos outils pour qu'il fonctionne à long terme ?

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Annexe 2 - Tableau des droits de visite

 

Mère

Père

Maéva

Oui

NON (inconnu)

Luc

Oui (1 Week-end / 2)

Oui (1 Week-end / 2)

Mélissa

NON

NON

Pascale

Oui (1h / 15 jours)

Myriam Victor

Oui (2h / mois)

NON (décédé)

Adrien

Oui (1h / 15 jours)

Oui (Week-ends + vacances)

David Eric

NON

NON (décédé)

NON (pas reconnu Eric)

Julie

Oui (rares)

Oui (rares)

Enry Jules

Oui (Week-ends + vacances)

Oui (Vacances)

Tania

Oui

NON (décédé)

Samuel

Oui (1h / semaine)

NON

Yvan Damien

Oui (1h / mois)

Oui (1h / mois)

Ludovic

Oui (si contact)

Oui (1 week-end / mois)

Enriqué

Oui (1 week-end / 2)

NON (inconnu)

Célia Louane

NON

NON

Alexia

Oui (1h30 / 15 jours + domicile 2h / semaine)

Nadège

Oui (2h/2mois + appels skype)

NON (inconnu)

Amélie

Oui (2h / 15 jours)

NON (incarcéré)

Mathieu

Oui (1h30 / 15jours)

NON (inconnu)

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Annexe 3 - Prises de notes lors du 1er temps de parole avec 3 assistants familiaux, le 05/03/2015

- Jules : aura 14 ans en mai. 8ème année dans sa famille d'accueil. A mis à mal son placement dernièrement, la FA se demandait si elle allait pouvoir continuer, mais ça se passe mieux. Scolarisé en 5ème SEGPA. Difficultés à se concentrer.. ? il faut toujours qu'il ait une copine. Il se masturbe la porte ouverte. Recommence à faire caca dans sa culotte. « Il y a 2 ans, il avait téléchargé 60 films pornos sur la tablette d'une jeune !! ». Son assistante familiale trouve qu'il évolue plutôt bien par rapport à son âge, mais dit qu'il est rattrapé par son passé et qu'il redevient petit.

- Adrien : aura 15 ans en avril. Il est dans sa famille d'accueil depuis 2 ans. Arrêt du placement imminent. Scolarisé en IME. Troubles du comportement, troubles de la personnalité, immaturité psycho-affective. ? « Depuis 6-7 mois, éveil sexuel, recherche identitaire » le mythe d'oedipe qui revient. Son assistant familial trouve que plus il grandit, plus il régresse intellectuellement.

- Amélie : aura 14 ans en mai. Scolarisée en ITEP. Elle est depuis 5 ans chez sa FA. Arrêt du placement imminent. Troubles du comportement. ? La sexualité, ça a toujours été problématique. États dépressifs ? Non, Mme S n'a pas remarqué.

- Tous trois, mentent beaucoup. Ils semblent réellement croire à leurs mensonges

parfois.

- Internet, c'est problématique : Jules films pornos, accès à Internet sur son tel. Adrien images sur ordinateur. Amélie images sur ordinateur.

- Chez Mme T, la famille d'accueil de Jules, ils parlent librement de sexualité à table (expliquer que si une fille dit non, on ne doit pas insister sinon c'est du viol, parler de la pilule, le préservatif...). Adrien a un bouquin et une bande dessinée chez Mr C et chez son père, traitant de la question. Amélie, la question est traitée à l'ITEP.

- Autonomie : Ils aimeraient pouvoir faire ce qu'ils veulent. Mais une fois seuls, c'est l'angoisse pour Amélie, Jules se perd, et Adrien fait semblant de partir puis revient très vite.

- Agressivité verbale pour les 3 jeunes, depuis 2-3 ans environ. Ils répondent. Peuvent traiter la famille d'accueil de « nulle » quand ils sont énervés.

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- Arrêter le placement serait vécu comme un échec pour les 3 assistants familiaux.

- Intolérance à la frustration pour beaucoup. Ce qui peut donner lieu à des vols pour Adrien (magasins) par exemple et pour Amélie (soutiens-gorge de l'autre jeune accueillie). Pas de notion d'argent ?

- Hygiène : Jules pas propre. Amélie reste longtemps sous la douche sans vraiment se laver. Adrien difficile aussi.

- Attachement : Amélie, « on n'arrive pas à s'attacher à elle ». Jules, « il doit être attaché mais il ne dit pas ». Adrien le montre plus .

- Estime de soi : rapport au corps. Amélie plutôt à l'aise avec son corps, Adrien aime se parfumer, Jules fait aussi attention à ses habits.

- Nourriture : c'est récurent chez les enfants placés. Adrien et Amélie mangent beaucoup. Jules ça va.

- Relations affectives : Amélie, besoin qu'on la voit, qu'on la remarque, d'avoir des petits copains. Pour se remplir Amélie et Adrien.

- Ambivalence : Amélie identification à la mère par rapport aux vêtements. « Maman elle est nulle » et après elle la défend. Jules ne supporte pas qu'on dénigre son père surtout, alors qu'il a pu dire des choses. Dit qu'on va tout répéter. Ils idéalisent leurs parents. Adrien, lui, invente des choses pour attaquer son père. Jules protège beaucoup sa mère, sauf quand il est en colère.

C'est lourd de garder pour eux. Les assistants familiaux font le constat qu'ils finissent toujours par faire passer les messages de comment cela se passe chez les parents, « au bout d'un moment, il faut que ça sorte. »

- Dans les discussions qu'on a avec eux, ils retiennent souvent qu'un mot, en oubliant ce qui a été dit autour. Ils ont beaucoup de discussions par rapport à des enfants vivant en famille, tout est analysé.

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Annexe 4 - Prises de notes lors du 2ème temps de parole avec 4 assistants familiaux, le 26/03/2015

- Ce que l'assistant familial attend de l'éducateur : un soutien, des réponses (et aussi des services médicaux), une sécurité. Ressentent le besoin d'appeler dès qu'il se passe quelque chose. « Pour aussi montrer au jeune qu'on n'est pas tout seul ». « Au PFS, on a beaucoup de chance, il y a un bon soutien, ça va très vite. Et parfois, le chef de service intervient, étape supplémentaire pour l'enfant. Les chefs de services sont très présents ».

- L'éducateur fait le tiers avec les parents.

- L'assistant familial a la « tête dans le guidon ». Le fait d'être 2 avec leur conjoint/e, peut donner un point de vue extérieur.

- Comment pourrions-nous travailler mieux ensemble ? L'assistante familial d'Amélie trouvait bien les après-midi que je faisais avec elle, cela lui permettait de « souffler ».

- Venir chez vous ? « Non, au PFS c'est bien, lieu neutre, pas impliquer les autres membres de la famille, ou autres enfants placés ».

- Hygiène : « on râle, on fait la morale, on répète tout le temps la même chose ». Mr C fait laver les culotte d'Adrien lui-même quand il y a de l'encoprésie. Mr R, progressivement a fait payer les couches d'Yvan (frère de Damien), depuis, il a totalement arrêté d'uriner sur lui.

La parole des spécialistes peut fonctionner (un orthodontiste pour que Damien se lave les dents).

- Sexualité : génère de l'agressivité. Ils ont peur que leurs jeunes passent le pas d'une agression. Le mari de Mme T a beaucoup discuté avec Jules pour qu'il cesse ses comportements déviants, afin de protéger la jeune fille accueillie. Mr C arrête le placement d'Adrien pour protéger sa femme et ses enfants d'une éventuelle agression.

Chez Mr R, Yvan s'est déjà masturbé sur le pallier devant la porte de chambre de son frère. Il l'a repris immédiatement. Cela ne s'est pas reproduit, mais Mr R trouve qu'Yvan se rapproche de plus en plus de sa femme. A l'école, il lui est arrivé de mimer les actes sexuels avec ses copains.

Soupçon de l'ITEP vis-à-vis d'Amélie qui irait dans les toilettes avec des garçons (ça a été le

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cas auparavant). Question de la pilule ? Compliqué car elle n'a pas encore 14 ans, et Mme S a peur qu'elle se sente ensuite « tout permis » et qu'elle ait des rapports sexuels non protégés.

- Internet : Les enfants sont déjà fragiles. L'accès à internet et à des pages pornographiques, peuvent accentuer leurs problématiques sexuelles. Mr R : « avec internet, on ne peut pas protéger, alors qu'on est dans le protection de l'enfance ».

- Téléphone portable : pas de coupure avec les parents. « on sent notre vie privée mise en danger. Ils peuvent très bien nous filmer et mettre sur Internet. ». De plus, cela provoque des troubles du sommeil.

- Arrêt de placement, souvent à l'adolescence ??? « oui, oui c'est un cap ! C'est très compliqué ! ». Mme T trouve que ça peut être décourageant parfois quand « on n'avance pas ». Concernant Amélie, Mme S est plutôt contente d'avoir tenu : « tout le monde pensait qu'au bout d'un an.... ça fait quand même 5 ans. J'ai tenu ! On espère qu'elle en gardera quelque chose. Mais maintenant j'attends qu'une chose c'est que les relais arrivent ».

- Les relais : « c'est un confort ».

- « le métier était plus simple avant ». Il y a aujourd'hui plus de compte à rendre. Même si les professionnels sont conscients que c'est pour un meilleur suivi de l'enfant, ils trouvent que c'est plus compliqué de ce fait. Et puis, « les problématiques des enfants confiés sont de plus en plus complexes. Ils sont beaucoup plus abîmes car ils restent trop longtemps dans leur famille ».

- Revendication de retourner chez leurs parents. Veulent leur liberté. « faire ce que je veux », ils ont les exemples des parents (exemple la mère d'Amélie). Expliquer qu'on ne peut pas faire ce qu'on veut dans la vie. Ils sont hors-réalité : Jules dit à Mme : « Chez maman, j'aurais le droit de fumer. Chez maman, j'ai une télé. » etc. Le retour chez les parents se fait de plus en plus. Une jeune chez Mme S d'Amélie a été accueillie de ses 20 mois à ses 15 ans, puis retour chez sa mère. Ça a tenu 3 mois seulement. La différence de vie a dû lui faire un choc.

Ils ne montrent pas trop leur désir de retour sauf Adrien et Damien.

- Les assistants familiaux n'ont pas vécus beaucoup de fugues.

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