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Relation inflation-chômage: une vérification empirique de la courbe de Phillips en RDC de 1990 à  2011

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par Junior NDUAYA MATUNGA
Université de Kinshasa - ECONOMIE MATHEMATIQUE 2013
  

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I.1.4- LES CRITIQUES DE LA LECTURE KEYNÉSIENNE DE LA COURBE DE PHILLIPS

I.1.4.1- LA CRITIQUE DES NÉOCLASSIQUES

Par critique néoclassique, on entend essentiellement celle que fait M. Friedman en 1967-1968. Mais, il peut s'agir aussi de celle, un peu différente, de F. Hayek. Nous proposons deux présentations complémentaires de la lecture que fait M. Friedman de la courbe de Phillips.

1- La lecture friedmanienne en relation avec la stagflation

La stagflation des années 1970-1980 se traduit graphiquement par une succession de plusieurs courbes de Phillips toujours plus élevées : pour un même taux de chômage, le taux d'inflation ne cesse d'augmenter. La lecture de Friedman peut être résumée de la manière suivante. Les politiques keynésiennes peuvent améliorer la situation de l'emploi à court terme mais elles sont inefficaces dans le long terme et même néfastes puisqu'elles n'améliorent pas la situation de l'emploi tout en nuisant à la stabilité des prix. En effet, la baisse du taux de chômage en deçà de son niveau « naturel » passe par une accélération de l'inflation. On retourne toujours au niveau de chômage : la verticale en ce point est appelée « courbe de Phillips de long terme de Milton Friedman » qu'on peut voir sur le Graphique I.3.

2- La critique de M. Friedman sur les termes d'arbitrage inflation vs chômage.

Comme tous les Néoclassiques, M. Friedman estime que l'équilibre du marché du travail est commandé par le taux de salaire réel et non pas par le taux de salaire nominal. Pour être réaliste, le taux de salaire réel dont il est question n'est pas le taux nominal déflaté du taux d'inflation effectif mais le taux nominal déflaté de l'inflation anticipée. Si bien que M. Friedman substitue à la courbe de Phillips originelle qui met en relation le taux de chômage avec le taux de croissance du salaire nominal une famille de courbes qui mettent en relation le taux de chômage avec la croissance du taux de salaire réel pour différents taux d'inflation anticipée possibles. On parle alors de « courbe de Phillips augmentée des anticipations de prix». L'hypothèse que fait M. Friedman concernant la formation des anticipations est celle des anticipations adaptatives15(*).

L'analyse Friedmanienne aboutit à la courbe de Phillips donnée par le Graphique I.316(*) :

Courbe de phillips de long-terme

Taux d'inflation

2

Courbes de phillips de court-terme

1

Taux de chômage

Taux de chômage naturel

Selon Friedman (1968), la courbe de Phillips semblerait fournir un moyen d'action sur une variable réelle(le taux de chômage) à partir d'une variable monétaire (le niveau des salaires nominaux ou le niveau des prix). Or la théorie monétariste rappelle qu'il existe une dichotomie entre la sphère réelle et la sphère monétaire. Friedman précise que la courbe Phillips ne ferait que traduire le lien qui existe entre emploi et productivité marginale du travail. Le taux de croissance du salaire réel ainsi une fonction croissante du taux de chômage. Le chômage implique que l'emploi baisse et donc que la productivité marginale du travail augmente, et avec elle le salaire réel (règle d'équilibre de la concurrence pure et parfaite). Compte tenu de cette dernière hypothèse, le chômage serait forcément volontaire.

Pour rendre compte des fluctuations conjoncturelles, Friedman et les monétaristes vont modifier la relation de Phillips en supposant qu'il existe un décalage dans le temps entre le moment où les salaires sont fixés et celui où les prix sont connus.

En conclusion, la courbe de Phillips s'explique chez M. Friedman par le comportement des individus en tant qu'offreurs de travail. Ceux-ci sont supposés rationnels mais ils forment des anticipations qui peuvent être entachées d'erreur. Ce sont ces erreurs d'anticipation qui font écarter le taux de chômage de sa valeur «naturelle » Un, c'est-à-dire de la valeur qui correspond à l'équilibre « naturel » du marché du travail compte tenu des structures de l'économie. C'est un chômage volontaire et structurel.

* 15 Friedman suppose que les anticipations des agents économiques sont imparfaites. Les anticipations autorégressives sont auto-correctrices quand la valeur anticipée de la variable dépend de la précédente anticipation et de la moyenne des erreurs constatées d'anticipation faites dans le passé. Les anticipations auto-correctrices sont adaptatives quand elles sont modifiées d'une période à l'autre en fonction de l'erreur commise lors de la période précédente.

* 16 Dans un premier temps, la politique monétaire fonctionne et relance l'économie, permettent une baisse du taux de chômage au prix d'une inflation plus élevée. On retrouve le mouvement le long de la courbe (flèche 1). Mais lorsque les agents économiques intègrent dans leurs calculs leurs erreurs et les tensions inflationnistes, ils réclament des hausses de salaire qui ont pour conséquence une hausse du chômage. Le chômage retrouve son niveau « naturel », mais les prix restent à un niveau élevé (flèche 2). On atteint donc une nouvelle courbe de Phillips, supérieure à la première, symbolisant une inflation plus forte. A long terme, la courbe de Phillips ne peut qu'être verticale.

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