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Cherté de la vie et réalité économique au Niger

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par Kabir BOUBACAR ISSA BABA
Institut de Stratégie dà¢â‚¬â„¢Evaluation et de la Prospective - Master 2 2011
  

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1.2.2 Les causes internes de l'inflation

A ce niveau, les causes et l'évolution des prix qui rendent la vie chère selon les différentes raisons liées au déséquilibre entre la demande et la production, le libéralisme économique seront analysées.

L'écart entre la production effective et la production potentielle est traditionnellement présenté comme un facteur important dans les tensions inflationnistes. En effet, au Niger la production des biens et services est l'un des facteurs clés du problème de l'inflation à cause de son niveau insuffisant pour satisfaire la demande. La production est de type primaire tandis que le secteur secondaire et tertiaire n'ont jamais atteint un niveau capable de permettre une bonne croissance économique. En outre, la demande de plus en plus croissante exprimée par la population joue inévitablement un rôle dans la formation des prix. Pour cerner l'impact de la demande, il serait impératif d'introduire la production réelle par habitant dans l'analyse.

Par ailleurs, pour des pays comme le Niger dont le rythme de production est perturbé par des facteurs naturels comme la pluviométrie, il serait pertinent de voir l'état de la production agricole.

1.2.2.1 La production au Niger

Au Niger, la zone agricole ne représente que le quart de la superficie du territoire entre les isohyètes 350 et 650 mm. Elles forment une longue bande de terres plus ou moins aptes à la culture s'allongeant sur plus de 1500 kilomètres d'Est en Ouest. Les terres cultivables n'occupent que 12% de la superficie totale tandis que les terres cultivées s'élèvent à 2.5%. Plusieurs facteurs expliquent la faiblesse de la production, on peut néanmoins citer la continentalité, l'irrégularité pluviométrique, la pauvreté des sols, les moyens de culture rudimentaires, des ressources financières réduites et la poussée démographique qui raréfie les terres cultivables. Les principales cultures sont:

v Les cultures vivrières composées de céréales de base que sont  le mil, le riz, le sorgho où 90% des terres cultivées leurs sont consacrées;

v Les céréales secondaires: maïs, niébé, blé;

v Les tubercules et autres: manioc, patate douce, pomme de terre, cultures potagers;

v Les cultures commerciales: arachide, oignon, souchet, poivron.

Face au taux de croissance rapide de la population (3,3%), la superficie cultivée des principales cultures vivrières a été augmentée, le rendement également. Toutefois, l'agriculture est essentiellement de régime pluvial et la production dépend des précipitations. En 2004 en particulier, une petite sécheresse est survenue grâce à une mauvaise pluviométrie à diminuer les rendements des terres cultivées. Les plantes légumineuses comme le niébé et l'arachide sont principalement plantées comme intercalaires d'accompagnement du mil et du sorgho. Le maïs et le riz sont cultivés dans les zones où l'eau est facilement disponible y compris dans les zones situées le long du fleuve Niger et dans les régions du sud avec une pluviométrie abondante. En somme au Niger, la hausse des prix due à la faiblesse de la production agricole se résume à:

· La pluviométrie qui conditionne la bonne ou la mauvaise campagne agricole;

· La pauvreté des sols car les paysans ne pratiquent pas la jachère;

· Les moyens de production archaïques: le pays ne dispose pas des moyens modernes de production (moissonneuses, batteuses, tracteurs de production);

· Le manque d'engrais nécessaire au renouvellement des sols pour une production prospère;

· L'insécurité aux frontières. Certains produits tels que le lait, le sucre et autres produits importés clandestinement du Maghreb ont connu une hausse scandaleuse depuis l'éclatement de l'insécurité au Nord et les soulèvements populaires dans certains Etats de l'Afrique du Nord;

· Le niveau d'instruction des agriculteurs qui les incite à ne pas quitter leur mode de production ancestrale et le mode d'appropriation des terres;

· Les coutumes: pendant les périodes d'organisation des cérémonies, on assiste à un épuisement des stocks des aliments d'où une hausse des prix. C'est le cas des périodes de la fête où les prix montent en raison de la demande élevée;

· La position géographique car les prix diffèrent selon les régions. Ainsi une région dont le terrain est favorable à une culture d'un produit alimentaire comme le mil par exemple aura des prix de mil moindres par rapport à celles dont le sol est moins favorable;

· Les voies de communication qui permettront l'acheminement de la production vers des zones de transformation ou de commercialisation;

· Les frais de transport qui entrainent une hausse des prix due aux coûts de l'acheminement des produits et à la pratique des «faux frais».

En général, on remarque que la cherté de la vie se fait généralement sentir lorsqu'il y a un déséquilibre entre le besoin céréalier et la disponibilité céréalière en raison soit d'un résultat de la campagne agricole, soit d'une hausse des prix à l'importation d'où l'introduction de la disponibilité céréalière dans les variables explicatives de l'inflation. Le graphique ci-dessous montre le bilan céréalier.

Graphique 3 : Bilan céréalier au Niger de 1962 à 2010

Source : Direction de la Statistique du Ministère de l'Agriculture (2011)

On constate sur ce graphique que le bilan céréalier n'est pas généralement positif; ce qui reflète un niveau de production faible pour répondre à la demande. Par conséquent le niveau de la production agricole est un facteur clé qui contribue à rendre la vie chère au Niger.

Par ailleurs, la production industrielle est aussi l'une des causes qui favorisent l'importation en raison de son bas niveau. En effet, cette dernière répond insuffisamment à des niveaux de demande exprimés par la population. A ce niveau, ce sont les coûts de production qui demeurent la principale source de la cherté des produits manufacturés. Aussi, les taxes à l'importation déclenchent une hausse des prix d'autant plus que les entrepreneurs répercutent ces dernières sur les prix des biens, et finalement, c'est les consommateurs qui supportent le fardeau. La hausse des prix des produits industriels est donc due à une inflation par les structures des coûts de production d'autant plus que, la cherté des intrants utilisés dans le processus de fabrication est pris en compte dans les coûts. Toutefois, seules les industries laitières sont suffisamment compétentes. En somme, au Niger les problèmes de l'industrie se résument comme suit:

ü Insuffisance des ressources financières;

ü Moyens de communication limités;

ü Etroitesse du marché intérieur tant pour le nombre d'habitant que pour leur pouvoir d'achat;

ü Concurrence des produits clandestinement importés du Nigeria;

ü Enclavement;

ü Le taux de pression fiscale élevé.

L'ensemble de ces problèmes constituent les principales sources du faible niveau de la production industrielle. Par conséquent, il est évident de faire face à une inflation par les coûts de production qui contribuent à rehausser les prix.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon