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Histoire de la production du coton dans les cercles de la moyenne vallée du fleuve Sénégal de 1920à  1960.

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par Insa BA
Université Cheikh Anta DIOP - Master 2 2014
  

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b)-Les sources archéologiques

L'apport le plus fructueux à la perception de l'histoire de la culture cotonnière c'est sans commune mesure l'archéologie .Elle a permis de revisiter l'histoire du coton au plus loin vers les sources. On distingue dans ce domaine deux grands ensembles :

-D'une part l'art rupestre au Sahara qui nous documente sur les traits vestimentaires des habitants, d'autre part divers sites en particulier en Nubie et en Afrique soudanienne où on a retrouvé les vestiges directement liés au coton.

L'art rupestre du Sahara selon J.Kizerbo est « le premier livre d'histoire de l'Afrique ».

Cet art est symbolisé par une multitude de représentations et de peintures murales que l'on a retrouvées sur les murs pierreux disséminés dans tout le Sahara occidental et central.

Ces oeuvres qui datent du VIIème siècle ou peut être du VIIIème siècle, ont fait l'objet d'une nomenclature et d'un classement chronologique effectué par la mission Henri Lhote en 1956 -1957.33(*) Elles ne fournissent aucune orientation précise sur les plantes faisant l'objet d'une cueillette ou d'une culture.

Par contre, elles montrent la façon dont les occupants de la localité étaient vêtus. Celles que nous avons maintenues, sont localisées de trois zones proches les unes des autres sur les bordures méridionales du Tassili.

Les personnages de la période la plus ancienne des chasseurs négroïdes armés d'arcs et de bâton, portent un pagne très court. Les hommes de la période « Tête rondes » sont souvent nus, le corps orné de dessin. Ils peuvent néanmoins porter les caches visages, des petits pagnes et des jambières en particulier lors des fêtes comme les danseurs et les danseuses masqués de « Safar ».

Les femmes sont parfois forts également accoutrées comme la célèbre « Dame blanche » ou « Déesse cornue » qui porte un cache sexe, des brassards, des manchons et des archières.

La femme masquée est vêtue de façon plus ordinaire, par contre sa ceinture rappelle certains caches sexes répandues dans toute l'Afrique soudanienne jusqu'à l'époque contemporaine.

Joseph Kizerbo (1980 : 715) captivé par cette garde-robe, souligne cette ressemblance : les femmes portent souvent un vêtement réduit au minimum, portant parfois le lampé de bande de coton passée parfois entre les jambes sur une ceinture et retombait devant et derrière, familier aux jeunes filles de la région soudanienne.

Deux autres oeuvres découverts à Tissali, apportent un élément de taille avec la bandelette multicolore de leur coiffure. Il s'agit du soldat grec et des édiles.

Voici ce qu'a écrit Lhote à leur propos : « Nous avons retrouvé dans d'autres sites de Jabbaren des figurations masculines de même styles malheureusement très efficace mais où apparait la coiffure particulière des homes, constitués par une sorte de casque formés de bandes multicolores que surmontent une culotte à fond arrondi ». 34(*)

Les hommes de la seconde période, celle des « Pasteurs bovidés » sont très différents des précédents aussi bien par leur type physique qui évoque celui des peuls que par leur vêtement. Ces derniers sont divers, depuis les simples parures de fibres tressées jusqu'à la longue tunique en passant par des pagnes courts. L'oeuvre la plus significative de cette période des boudés est la célèbre peinture baptisée « les jeunes filles aux robes sans couture ».

Ces oeuvres ne permettent pas de connaitre la nature de ou des fibres utilisés et l'on en est réduit à ce domaine des suppositions ; la première qui vient à l'esprit est celle de la laine : 

« Des béliers sont représentés sur les fresques dès la période bubale. Cependant, sans que l'on ait pu déterminer leurs caractères sauvages ou domestiques »35(*) au dire de Lhote.

A l'époque des pasteurs de bovidés par contre, l'élevage des moutons est avéré. Faut- il en déduire que tous les habitants du Sahara ont connu l'usage de la laine plutôt que le coton ou à l'exclusion de celui-ci .Nous ne devons pas manquer de remarquer que le climat de la période la plus humide, permettait la culture ou la cueillette du coton. Cette hypothèse comme Kizerbo qui sans se prononcer, fait allusion au coton des lampés.

Quant à la technique du tressage ou du tissage, on doit différencier deux grandes périodes, : celle des Têtes rondes et celle des Pasteurs ainsi que des types d'ouvrages.

Dans la description qu'il donne des parures de la « Dame blanche », H.Lhote parle de tissage : « les chevilles sont ornées de larges tresses qui devaient être en fibres comme des manchon ».36(*)

Le lempé de la « femme masquée » et également les bandes multicolores des coiffés de juge de paix et du Guerrier grec semble plutôt tissés , et surtout évoquent irrésistiblement les bandelettes de cotonnade unies ou multicolores .Il est possible que le tissage des bandes étroites, soit venu de l'Egypte où l'on sait que les momies37(*) ,étaient enveloppées de bandelettes de lin .On remarque paradoxalement que la technique utilisée semble plutôt être le tressage pour les oeuvres dites à l'influence égyptienne et le tissage pour les autres , ce qui permet d'envisager une origine saharienne pour celui-ci.

D'autres vestiges significatifs ont été retrouvés dans des sites divers allant de la Nubie aux pays dogon en passant par l'Ethiopie, l'Egypte et le lac Tchad. Ces restes apportent une civilisation essentielle du coton en Afrique. Le vestige le plus ancien a été retrouvé en Nubie. Cette région de pays de « Kouch » est située pour sa grande partie dans la moitié nord de l'actuel Soudan, débordant un peu le sud de l'Egypte. Elle constitue, vraisemblablement avec le Soudan central le berceau du peuplement de l'Afrique équatoriale au Paléolithique et au Néolithique, tendant à migrer de l'une à l'autre région selon les phases climatiques.

Des restes de coton ont été retrouvés en Haute Egypte à Affia, site circonscrit sur la rive occidentale de l'actuel lac Nasser entre Aswan et Abu simbel : « les premières preuves de l'existence du coton en Afrique se trouvent en Nubie à Afia, (un établissement du groupe A), qui date du IIIème millénaire, on a découvert des semences de coton ainsi que des fibres de coton dans la fumure de chèvre et de mouton. Il est vrai qu'on retrouve là-bas en rapport étroit avec les tombes du groupe A non seulement des morceaux de cuir et des peaux, mais aussi des morceaux de simples tissus tissés.

Celles-ci n'ont pas été examinées de plus près comme il existe aucune indication des personnes du groupe A, concernant le coton filé (fusaïole)38(*) ou tissé, il est possible qu'on connait le coton, mais qu'on les donnait à manger aux animaux »39(*)

Des vestiges plus récents confirment l'ancienneté de la culture du coton dans la région. Dans les caveaux funéraires nubiens datant du nouvel empire (vers 1580-1100 av JC) l'archéologue Firth découvrit « une quantité de matériel du venteux qui ressemblerait à la laine provenant à la graine (le coton) ». Ce qui l'amena à conclure que ces caveaux auraient pu servir d'entrepôt, pour les graines ou même pour le coton » (Firth, 1987 : 14).Ces divers restes sont autant de signes témoignant, sinon du caractère indigène de la culture, du moins de l'ancienneté dans la région.

* 33 Lhote (H). « L'art rupestre de l'Afrique mineure et du Sahara », in l'âge de pierre, 1960, pp 92- 147.

L'auteur différencie quatre ères dont une seule nous concerne celle des têtes rondes appartenant à la plus ancienne (VIII éme millénaire), dont les personnages sont négroïdes, et celles des pasteurs bovidés (4000 à 1200 av JC).

* 34 Lhote (H). , .Op. Cit, p.77.

* 35 Lhote (H), Op. Cit, p. 79.

* 36 Lhote (H), p136.

* 37 Précisons cependant que, pendant l'Egypte pharaonique, les morts étaient conservés au moyen de matières balsamiques, pour l'embaumement ; voir entre autres, Leca A. P., Les momies, Paris, Hachette, 1976, px. « Pigmentation des anciens Egyptiens. Test par mélanine », Bulletin de l'IFAN, série B.T.XXXV, n 3, 1973, p. 515-531.

* 38 Petit disque d'un trou central, servant à filer le coton à la main.

* 39 Nous nous referons pour cette partie sur les découvertes archéologiques de Nubie, au compte rendu qu'en a donné K.F. S .Schaelder dans un ouvrage publié à Munich et traduit en français .Le tissage en Afrique au sud du Sahara, 1987, p14.

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