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Histoire de la production du coton dans les cercles de la moyenne vallée du fleuve Sénégal de 1920à  1960.


par Insa BA
Cheikh Anta DIOP - Master 2 2014
  

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e)-Les sources arabes

Nous disposons de nombreux écrits arabes concernant le monde noir du VIIème au XVème Siècle, avec un minimum au XIVème Siècle. Cette période correspond au renouveau des échanges entre le monde méditerranéen et le monde noir après la conquête de l'Afrique Septentrionale par les musulmans et avant l'arrivée des Européens sur la côte atlantique qui a détourné les voies du commerce noir vers l'océan.

Au 16e siècle, le centre économique de l'Europe se déplace de la Méditerranée (débouché des routes de la soie, des épices et de l'or) vers l'Océan Atlantique.

Les états du Maghreb et du Soudan qui vivaient du commerce transsaharien dont la Méditerranée était le centre, voient leurs économies péricliter. C'est la victoire de la caravelle sur la caravane.

L'Océan Atlantique devient ainsi la plaque tournante du commerce international avec surtout le développement de la traite négrière et du commerce des épices avec l'Asie ; les Portugais se substituent progressivement aux Arabes dans le contrôle des activités économiques entre la côte de l'Océan Indien et l'Asie.

Ces écrits sont l'oeuvre d'auteurs qui pour la plus part n'ont pas été sur place, mais ils s'informent auprès des voyageurs, commerçants ou caravaniers le plus souvent qui relatent ce qu'ils ont vu ou entendu dire ; quelques-uns sont bien documentés comme Al Bakri à la fin du XIème siècle ou AL Oumary au début du XIVème siècle.

Deux écrivains ont été sur place et donnent donc un témoignage direct : Ibn Batuta au XIV éme Siècle et Léo Africain au début du XVIème siècle. Leurs récits fournissent des indications sur le coton et sa culture, sur l'artisanat, sur les vêtements portés par les autochtones, enfin sur les autres usages des cotonnades. Ils n'évoquent pas la question de l'origine de la culture du coton en Afrique, mais montrent clairement le rôle joué par l'islam dans la diffusion du port du vêtement.53(*)

Notons cependant que si les arabes ont introduit sa culture tout autour de la méditerranéen lors de la conquête, sa fibre ne remplaça le lin que progressivement en Afrique du Nord où il reste longtemps un textile de luxe.

En effet, nous retrouvons dans les écrits d'Al Bekri l'usage du coton dans certaines régions du Soudan. Selon l'auteur : « Outre le roi et son héritier...les aitres qu'eux se vêtent de pagnes de coton, de soie ou de brocart selon leur moyen »54(*) Et il précise encore que le coton est peu abondant, bien que chaque maison pousse un cotonnier. Mais aussi les gens de Silla (actuel Bakel) font le commerce..., de gracieux pagnes de coton appelés shaggiyyat. »55(*)

Ces écrits forment la base de la documentation des auteurs qui ont étudié l'histoire de la culture du coton en Afrique subsaharienne à l'époque médiévale, en particulier Ch. Monteil et R. Mauny .Ils sont le support principal de la thèse selon laquelle ce sont les Arabes qui auraient diffusé cette culture en Afrique noire par le commerce caravanier.

Un autre chercheur cependant J. Veuillet, auteur d'une étude antérieure aux précédentes : l'introduction de la culture cotonnière en Afrique Occidentale, avait émis en se fondant sur les mêmes textes un point de vue inverse, à première vue, il semble bien que l'usage du coton et la culture du cotonnier dans la vallée du Sénégal soit antérieur à l'islamisation de ce pays

Les écrits arabes apportent de précieuses indications sur le coton, ils comportent néanmoins de graves lacunes et imprécisions, du fait des conditions dans lesquelles ils ont été rédigés.

Les Arabes ignorant tout du monde noir, à l'exception de l'Abyssinie. Ils n'ont aucun repaire ni culturel ni géographique : les localisations en particulier sont très imprécises comme cette carte ébauchée de Ibn Saïd au XIIIème siècle.

* 53 Cuoq., (J.) Recueil des sources arabes concernant l'Afrique occidentale du VIIIe au XVI siècle (Bilal al Soudan), Paris, Edition CNRS, 1975, p.100.

* 54 Idem, pp.250.

* 55Idem, pp109-110 .

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