WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le bien-fondé d'une juridiction internationale spécialisée en droit de l'environnement.

( Télécharger le fichier original )
par Anne-Sophie LE GALL
Université de Strasbourg - Master 2 Droit de là¢â‚¬â„¢environnement, des territoires et des risques 2016
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Titre II: Sources d'inspiration de la nouvelle juridiction

Dans la mesure où la création d'une juridiction internationale spécialisée en droit de l'environnement est susceptible de s'inspirer des tribunaux moraux, il est intéressant d'étudier à la fois le projet de statut du Tribunal de la Nature de Michel Prieur, et le fonctionnement actuel du Tribunal international des droits de la nature. Cette nouvelle juridiction pourrait aussi s'inspirer de juridictions nationales spécialisées en droit de l'environnement, telles que la Land and Environment Court australienne.

Chapitre Ier : Le projet de statut du Tribunal de la Nature

Le Tribunal de la Nature présente de nombreux avantages. Cependant, il reste un tribunal moral, sans réel pouvoir de sanction.

Il a pour premier avantage d'être composé d'une Commission et d'une Cour qui sont toutes deux composées d'experts en environnement international.

En outre, les réclamations sont examinées par une Commission composée de 10 experts ou personnalités reconnus dans le domaine de l'environnement au plan national et international devant représenter les différentes régions du monde et assurer un équilibre homme femme197. La Commission désigne en son sein deux rapporteurs qui proposent à la Commission soit un rejet motivé soit l'admission de la réclamation198.

196 Site internet du Tribunal Monsanto, Comment?

197 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Articles 3 et 4.

52

198 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 4.

Le bien-fondé d'une juridiction internationale spécialisée en droit de l'environnement

La Commission désigne les membres de la Cour, dans une liste d'experts et de personnalités d'au moins 10 noms ayant une autorité internationale de par les fonctions qu'ils ont exercées et/ou du fait de leurs travaux scientifiques et/ou juridiques concernant l'environnement199. Les personnes ou entités mises en cause par une réclamation peuvent désigner un membre supplémentaire de la Cour, lorsque la Cour ne compte aucun membre de leur nationalité200.

De plus, le Tribunal de la Nature a une compétence large, puisqu'il reçoit toutes les réclamations dénonçant une grave atteinte à l'environnement sur le territoire terrestre, maritime ou aérien d'un Etat et/ou dans un espace ne relevant d'aucune juridiction nationale, commise par une personne physique ou morale, publique ou privée, y compris dans le cas d'atteintes commises à l'étranger201.

Cependant, pour être susceptibles d'une réclamation devant le Tribunal, les dommages à l'environnement doivent revêtir une certaine gravité et constituer une atteinte, soit aux droits des générations futures, soit à des biens communs non appropriés202.

Ainsi, le Tribunal de la Nature a une compétence large en matière de personnes publiques et privées, physiques et morales, et en matière civile, administrative et pénale.

Par ailleurs, le projet de statut propose une définition des éléments de l'environnement, à savoir l'eau, l'air, les espèces, le patrimoine génétique, les habitats naturels, les écosystèmes et processus écologiques, la continuité des corridors écologiques, le sol et sous-sol et les ressources et milieux naturels203.

Cependant, le Tribunal de la Nature présente aussi des inconvénients. En outre, il reste un tribunal de conscience ou d'opinion204.

Ce tribunal n'a en effet pas pour objet de sanctionner ou stigmatiser les pollueurs mais d'alerter et d'informer la population. Pourtant, le projet de statut note dans son préambule les carences du système juridictionnel existant, tant à l'échelle nationale qu'internationale. Il constate que l'accès effectif aux recours judiciaires n'est pas réalisé de façon satisfaisante au plan international et que de nombreuses atteintes à l'environnement restent encore inconnues et/ou impunies. Le but du tribunal est d'oeuvrer à la prévention de nouveaux crimes contre l'environnement en condamnant publiquement et moralement ceux qui échappent, de droit ou de fait, à la justice nationale et internationale.

199 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Articles 5 et 7.

200 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 8.

201 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 12.

202 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 15 (3).

203 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 15 (1).

53

204 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Objectifs généraux.

Le bien-fondé d'une juridiction internationale spécialisée en droit de l'environnement

Les dommages à l'environnement sont passibles d'une condamnation morale même si leur(s) auteur(s) a agi par négligence ou sans intention de nuire et que son comportement soit licite ou illicite en vertu du droit national205. Le Tribunal apprécie les responsabilités du ou des auteurs en cause en tenant compte du fait que les Etats ont des responsabilités communes mais différenciées.

Dans la mesure du possible, la Cour se réunit sur le territoire de l'Etat dans lequel une réclamation a été formulée, afin de donner le maximum de visibilité et transparence à la situation jugée206.

La Cour prononce une condamnation morale selon la gravité des faits et le niveau de dommage, de menaces et/ou de détérioration de l'environnement. Dans tous les cas, elle préconise des solutions alternatives et/ou des actions réparatrices et tire les leçons que suggère l'affaire, examinée dans la perspective d'une éducation pour tous à l'environnement207.

Le projet de statut définit les condamnations morales que la Cour peut prononcer, le cas échéant cumulativement, à savoir, de la plus légère à la plus grave : une mise en garde; un blâme; la reconnaissance publique d'une violation des droits humains, la reconnaissance d'un crime contre les générations futures, la reconnaissance d'un crime contre le patrimoine culturel mondial ou encore la reconnaissance d'un crime d'écocide208.

Ainsi, si cette initiative est louable au regard d'un objectif de protection de l'environnement à l'échelle internationale, elle est clairement insuffisante dans la mesure où elle ne permet pas la réparation des préjudices subis par les victimes d'atteinte à l'environnement, ni la sanction financière des pollueurs.

Par ailleurs, le projet de statut fait référence aux grands principes du droit de l'environnement, sans les définir.

En effet, le projet de statut précise le droit matériel que doit appliquer la Cour, à savoir les principes généraux du droit, la coutume ou encore les conventions internationales. En particulier, il fait référence aux principes généraux du droit de l'environnement tels que le principe de prévention, le principe pollueur-payeur, le principe de précaution, le principe de participation du public aux décisions environnementales, le principe d'accès à la justice en matière d'environnement, le principe de non-régression du droit de l'environnement. Cependant il ne définit aucun de ces principes209.

Enfin, le Tribunal de la Nature étant un tribunal moral, il tient aussi compte de sources non juridiques que ne pourrait appliquer une juridiction internationale.

En effet, la Cour tient compte aussi du consensus émergeant de la société civile, traduisant une communauté de vues ou d'expériences sur l'indispensable réaction collective en vue de stopper la dégradation continue de la planète terre210.

205 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 16.

206 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 20.

207 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 26.

208 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 27.

209 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 14.

54

210 Projet de statut du Tribunal international de conscience de la nature, Article 14.

Le bien-fondé d'une juridiction internationale spécialisée en droit de l'environnement

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery