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Les déterminants de la croissance économique au Sénégal.

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par Oumar DIOUF
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Master 2 en Méthodes Statistiques et Econométriques 2013
  

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Chapitre 2 : Situation économique du Sénégal

Cinquante ans après l'indépendance, le Sénégal fait toujours face à pas mal de défis dont notamment celui de l'éradication de la pauvreté. Cette période a été marquée par une faiblesse des taux moyens de croissance du PIB réel et du PIB réel par tête évalués respectivement à 2,7% et à -0,12%. Le PIB par habitant qui était de 615$ en 1960 (en dollar constant de 2000) est retombé à 560$ en 2010. La performance de l'économie sénégalaise estimée par comparaison avec le niveau de vie de la population reste de loin insuffisante comparée aux potentialités réelles du pays et à celui des autres pays ayant été au même niveau de développement que le Sénégal en 1960.

Le Sénégal possède la quatrième économie de la sous-région ouest africaine après le Nigéria, la Côte d'Ivoire et le Ghana. Il fait cependant partie des Pays les moins avancés (PMA), son économie est très tournée vers l'Europe et l'Inde. Ses principaux partenaires économiques sont la France, l'Inde et l'Italie.

Comparé aux autres pays du continent africain, le Sénégal est très pauvre en ressources naturelles. Ses principales recettes proviennent de la pêche et du tourisme. Mais compte tenu de sa situation géographique et de sa stabilité politique, le Sénégal fait partie des pays africains les plus industrialisés avec la présence de multinationales majoritairement d'origine française et dans une moindre mesure américaine.

Le secteur agricole emploie environ 70 % de la population sénégalaise. Cependant la part du secteur primaire dans le Produit intérieur brut (PIB) ne cesse de décroître. La diminution de la pluviométrie et la crise du secteur de l'arachide, principale culture de rente du pays, ont réduit la contribution de l'agriculture à moins de 20 % du PIB. La pêche qui reste cependant un secteur clé de l'économie familiale sénégalaise subit également les conséquences de la dégradation des ressources halieutiques (surexploitées) et de l'augmentation récente de la facture énergétique. L'essentiel de la richesse produite se concentre dans les services et la construction et se localise à Dakar et dans sa périphérie.

Par ailleurs, les transferts financiers venus de la diaspora sénégalaise (l'émigration en Europe et aux États-Unis) représentent aujourd'hui une rente non négligeable. On estime que le flux financier généré par l'émigration sénégalaise est au moins égal au volume d'aides de la coopération internationale (soit 37 dollars par habitant et par an).

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Des pays comme la Tunisie et le Bostwana ont pu améliorer significativement les conditions de vie de leurs populations grâce à une croissance économique rapide et continue. Sans une croissance économique soutenue et durable, ces objectifs ne seront pas réalisés. Ainsi la comparaison de la croissance, de ses mécanismes, de ses déterminants et de ses sources est à inscrire au centre de l'action des concepteurs des politiques économiques.

Etant donné que la croissance n'est ni une fatalité ni tributaire des ressources naturelles dont est doté un pays mais dépend principalement des politiques et des choix faits par le pays, de la volonté et de la détermination des citoyens.

Le Sénégal est membre notamment de la Banque mondiale, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Section 1 : Analyse de la croissance et les limites du modèle économique Sénégalais

1. Analyse de la croissance depuis 1960

Etant un phénomène de long terme, la croissance économique s'appuie sur des politiques structurelles. Pour comprendre un tel phénomène, il s'agit d'aller à sa source. L'évolution du revenu des pays économiquement similaires au Sénégal dans les années 60 montre que la mise en place de réformes structurelles permet d'atteindre des objectifs de progrès économique indéniable (exemple : la Corée du Sud a opéré des changements radicaux à partir de 1970 qui ont permis d'avoir 20 fois le PIB par tête d'un pays comme le Sénégal).

Figure 1: GDP per capita in 2014 US$ (converted to 2014 price level with updated 2011 PPPs)

40 000

35 000

30 000

25 000

20 000

15 000

10 000

5 000

0

1960 1963 1966 1969 1972 1975 1978 1981 1984 1987 1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011

Senegal Tunisia Ghana Thailand Vietnam Philippines Malaysia South Korea

Source: The Conference Board Total Economy Database

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La Corée du Sud et la Malaisie, grâce à leurs forts taux de croissance, ont réalisé d'énormes progrès sociaux entre 1960 et 2010, ce qui leur ont permis d'améliorer considérablement les conditions de vie de leur population. D'ailleurs, ils figurent parmi les 13 économies recensées par la Commission sur la croissance et le développement des Nations unies ayant réalisé une croissance économique moyenne de 7% durant un quart de siècle. Pour comprendre pourquoi l'économie sénégalaise n'a pas réalisé une telle prouesse, il faut identifier les facteurs explicatifs de la croissance de l'économie sénégalaise. La méthodologie de la comptabilité de croissance permet, à cet effet, d'analyser la croissance de la production à long terme. Elle représente une technique qui décompose la croissance de la production au cours d'une certaine période selon la contribution du capital, du travail et de la productivité globale des facteurs(PGF). Cette décomposition de la croissance entre 1980 et 2010 permet de constater une évolution heurtée de la PGF avec une légère amélioration en fin de période. Toutefois, sa progression demeure très faible pour rendre la croissance économique soutenue.

Les contributions de chacun des termes entrant dans le processus de production du Sénégal et de la Corée du Sud montrent nettement que la croissance économique soutenue de la Corée du Sud est largement portée par la productivité globale des facteurs (PGF) : sur une croissance économique moyenne de 5,6% entre 1990 et 2009, la productivité globale des facteurs (Total Facteur Productivity) y a contribué à hauteur de 3,16% contrairement au Sénégal où la PGF a contribué négativement à la croissance économique.

Figure 2 : Total Factor Productivity (TFP)

-1,0

-2,0

-3,0

-4,0

-5,0

-6,0

-7,0

0,0

2,0

1,0

1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009

Total Factor Productivity

TFP

Source : The Conference Board Total Economy Database

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Plus globalement, les efforts déployés en matière de progrès technique et d'accumulation du capital ont permis aux pays asiatiques d'enregistrer de fortes performances économiques.

Si le Sénégal n'a pu suivre ses semblables dans le chemin de croissance, c'est parce que la productivité du travail est faible.

La productivité au Sénégal entre 1980 et 2009 indique que la période post-dévaluation a été beaucoup plus productive, laissant entrevoir que les réformes issues du changement de parité ont eu quelques effets positifs notamment dans le secteur tertiaire. Par contre, le secteur primaire n'a pas eu le même succès et a même enregistré une contribution négative à la productivité. Toutefois, cette tendance baissière s'est nettement atténuée durant la période 1995-2009.

Tableau 2 : La productivité du Sénégal entre 1980 et 2009

 

Primaire

Secondaire

Tertiaire

Total

1980-2009

-3,1%

4,6%

11,3%

12,8%

1980-1994

-2,5%

1,2%

-4,8%

-6,1%

1995-2009

-1,8%

3,0%

16,4%

17,6%

source: DPEE

Figure 3 : Evolution et décomposition de la productivité

1995-2009

1980-2009 1980-1994

Primaire Secondaire Tertiare

20,0%

15,0%

10,0%

5,0%

0,0%

-5,0%

-10,0%

Source : DPEE

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon