WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Peur de l'échec et intention entrepreneuriale des étudiants de la faculté d'économie de l'université officielle de Bukavu.


par John MUKANGA UTSHUDI
Université officielle de Bukavu - Graduat en sciences économiques et de gestion 2019
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CHAPITRE PREMIER: REVUE DE LA LITTERATURE

Ce chapitre sera consacré à la littérature relative à l'intention entrepreneuriale, à la peur de l'échec, ainsi qu'au lien qui existe entre ces deux concepts. Nous allons tenter également de donner une théorie expliquant la variable dépendante de notre sujet de recherche ainsi que fournir une hypothèse a notre question de problématique.

I.1. INTENTION ENTREPRENEURIALE

Le concept intention a été définie de plusieurs façons et selon différents auteurs.

D'après Robert (1996), l'intention se définit comme le fait de poursuivre un but ou un résultat de l'action envisagée. En effet, les intentions traduisent une véritable motivation à l'action. Ajzen (1991) dans sa théorie du comportement planifié définit l'intention comme une volonté ; un désir d'agir qui conduit à la réalisation de l'acte (comportement planifié).

Elle est un désir qui dirige l'attention d'un individu à un but spécifique; C'est une volonté qui aboutit à un but (Bird et Jelinek, 1988). Il s'agit de ce fait d'un mouvement par lequel l'esprit tend vers l'objet qu'il s'est intériorisé.

En ce qui concerne cette recherche, l'accent est placé uniquement sur l'intention entrepreneuriale. Elle est certes la volonté d'une personne de créer une entreprise ou une organisation dans le futur (Hernandez, 1991).

Beaucoup d'études se sont focalisées sur l'intention entrepreneuriale. Ces études concernent Spécifiquement une population estudiantine (Kolvereid, 1996 ; Autio et al. 1997; Krueger et al. 2000 ; Emin, 2001 ; Filion, 2003 ; Tournés, 2003 ; Audet 2004 ; Weber et al. 2009 ; Boissin et al. 2009). Les deux principales théories qui ont inspirées ces chercheurs sont : la théorie de l'évènement entrepreneurial Shapero et Sokol (1982) et la théorie de comportement planifié d'Ajzen (1991).

Kolvereid (1996) identifie des éléments qui influencent l'intention entrepreneuriale et tente de comprendre cette influence sur l'intention et sa concrétisation dans un acte entrepreneurial. Ainsi, l'auteur montre que l'intention d'entreprendre dépend de l'attitude, de la norme sociale et du contrôle comportemental perçu. En coopération avec Tkachev, l'étude a été reconduite en 1999, sur un échantillon de 567 étudiants russes. L'étude reflète des résultats similaires. Le poids de la faisabilité perçue est plus fort que l'attitude sur l'intention.

Krueger et al. 2000, appliquant la méthode d'Ajzen sur le choix de carrière d'une centaine d'anciens élevés des écoles de commerce aux Etats unis, ont analysé la faisabilité perçue et les

6

attitudes pouvant déterminer significativement l'intention pour aboutir au même résultat que ceux de Kolvereid. D'après ces auteurs, la faisabilité a plus d'effet sur l'intention que les attitudes comportementales.

Les recherches antérieures réalisées dans la ville de Bukavu sur l'intention entrepreneuriale (Basubi, 2014 ; Chokola, 2013) prouvent qu'une faible intention entrepreneuriale se fait remarquée chez les étudiants de la ville de Bukavu. L'étude menée par Basubi (2014) sur les étudiants de l'Université Evangélique en Afrique, montre que les normes sociales et le contrôle comportemental perçu déterminent significativement l'intention entrepreneuriale. Pour Chokola (2013), la faisabilité perçue explique environ 56% de la variance de l'intention de créer l'entreprise dans le futur chez les étudiants de la ville de Bukavu.

D'autres auteurs ont montré qu'outre les variables de l'intention citées par les théories d'Ajzen et de Shapero, il y a d'autres facteurs pouvant traduire l'intention entrepreneuriale. Ils ont montré la grande influence que peut avoir l'enseignement entrepreneurial sur l'intention.

Pour Weber et al. (2009), l'enseignement de l'entrepreneuriat augmente l'intention entrepreneuriale. Ainsi, les auteurs développent un modèle théorique de l'apprentissage dans lequel l'enseignement de l'entrepreneuriat génère des signaux qui permettent aux étudiants d'évaluer leur propre aptitude aux tâches entrepreneuriales.

Selon l'étude de Tournes (2003), l'enseignement de l'entrepreneuriat est, parmi d'autres facteurs contextuels, une des variables explicatives et prédictives de l'intention entrepreneuriale. Dans son modèle, l'intention entrepreneuriale est appréhendée à partir d'un modèle hypothético-déductif au sein duquel trois groupes de variables sont retenus. Dans le cadre de cette étude, nous nous basons sur la théorie du comportement planifié pour expliquer l'intention entrepreneuriale.

Il est fort à constater que dans ces théories, il y a une forte sous-évaluation de la place des opportunités dans l'acte entrepreneurial qui, quelque fois devancent l'intention. Dans le cadre de ce travail, nous allons nous focaliser sur la théorie du comportement planifié d'Ajzen.

Théorie du comportement planifié (Ajzen, 1991)

Elle s'appuie sur le modèle de l'action raisonnée élaboré par Ajzen et Fishbein (1980) et confère à l' intention de l'individu la place centrale dans la genèse du comportement. Ajzen (1991) postule que l'intention prédit ce dernier à travers trois composantes:

7

? Les attitudes associées au comportement : facteurs psychologiques/individuels

Ils impliquent l'évaluation que fait l'individu du comportement souhaité. Les attitudes personnelles dépendent de la perception de conséquences, des résultats de l'exécution du comportement désirées. Les attitudes renvoient au concept de désirabilité de Shapero et Sokol (1982).

L'attitude d'un étudiant envers la création future d'une entreprise repose sur ses valeurs, ses caractéristiques professionnelles et sur sa vision de l'entrepreneuriat (Tournes, 2006).

? Les normes subjectives : Facteurs Socioculturels

Elles résultent des perceptions de la pression sociales, ce sont les souhaits de la famille, des amis et du milieu professionnel ou académique concernant le devenir entrepreneurial. Celles-ci renvoient également à la désirabilité de Shapero et Sokol (1982). L'intention pour réaliser un comportement dépend en partie de l'influence des personnes proches à l'égard de ce comportement. La norme subjective génère les croyances normatives de l'individu. Cette composante de l'intention entrepreneuriale fut mise en doute par certains auteurs. Leurs tests sur la théorie du comportement planifié montrent que la norme subjective n'a pas d'effet significatifs pour expliquer la formation de l'intention de créer une entreprise (Boissin et Emin, 2007 ; Boissin et alii, 2005 ; Cunner et Armitage, 1998). Dans la théorie de Shapero, modélisé par Krueger (1993), ce facteur ne constitue qu'une dimension de la désirabilité de l'évènement entrepreneurial.

? Le contrôle du comportement perçu

Ajzen (1991) affirme que l'intention ne peut se concrétiser que si elle est sous le contrôle de la volonté de l'individu. Les perceptions du contrôle comportemental impliquent les degrés de connaissances et de contrôle qu'a un individu de ses aptitudes, de ses expériences, de ses obstacles antérieurs ainsi que des ressources nécessaires en vue de concrétiser le comportement voulu. Ces perceptions s'apparentent au concept de faisabilité de Shapero et Sokol (1982) et au concept d'auto efficacité de Bandura (1977).

Cette théorie a suscité des nombreuses critiques qui se résument en ce terme : la théorie du comportement planifié néglige les variables émotionnelles comme la peur et les sentiments négatifs ou positifs et les a évaluées de façon limitée.

Des facteurs autres que ceux favorisant la réalisation du comportement peuvent surgir et entraver ledit acte envisagé. C'est dans ce cadre que s'inscrit la peur de l'échec. Un facteur puissant qui peut mettre fin à un processus de création future d'une entreprise. Certains

8

théoriciens (Helms 2003, Patzelt et Shepherd 2011) prouvent que la faisabilité perçue (contrôle comportemental perçu) renforce l'intention entrepreneuriale en réduisant la peur de l'échec. Plus la personne est motivé moins sera l'impact de la peur de l'échec sur son intention. De même, une forte peur de l'échec aurait un impact négatif sur les attitudes personnelles étant donné que les deux sont de facteurs émotionnels.

Vu les limites de cette théorie, nous en dérivons la théorie de la psychologie cognitive utilisée dans le domaine de l'entrepreneuriat par Bird (1988) pour expliquer les facteurs non développés par cette dernière.

La théorie de la psychologie cognitive

L'étude de l'intention entrepreneuriale produite par Bird (1988) basée sur la théorie de la psychologie cognitive, donne une importance particulière aux variables individuelles et contextuelles dans l'étude de l'intention entrepreneuriale. Elle tente de décrire l'intention d'adopter un comportement donné. L'intention est devenue le lien entre les croyances (qui traduisent les attitudes) et les comportements (Fishbein et Ajzen, 1975). Pour Bird, c'est l'assemblage des facteurs personnels et contextuels, qui apprêtent les individus à avoir une intention de créer une entreprise. Parallèlement, les facteurs personnels identifient les expériences entrepreneuriales antérieures, les traits de personnalité et les compétences de l'individu. Les facteurs contextuels se rapportent aux variables sociales, politiques et économiques, telles que les déplacements, les changements des marchés et les politiques gouvernementales. Les intentions sont structurées par l'association de deux types de pensées : rationnelle et intuitive. L'intention entrepreneuriale, selon Bird (1992), sollicite la volonté personnelle et des aptitudes pour vérifier la faisabilité d'une idée.

L'intention ne représente pas une action mais elle définit une volonté ou un désir qui peut mener vers l'action. C'est un facteur envisagé et préféré, mais non encore certain. S'appuyant sur les travaux de Giddens, l'action peut précéder l'intention ou pour le moins l'intention n'implique pas nécessairement l'action. L'individu n'a pas forcément conscience du but qu'il poursuit et peut éprouver des difficultés pour exprimer son « intention réelle ». Toutefois, un comportement ou un acte peut être planifié mais ne pas donner lieu à une création de l'entreprise. Dans certains cas, l'intention ne se forme que peu de temps avant la décision réelle et dans d'autres cas, l'intention ne mène jamais à un comportement réel de création d'entreprise.

9

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant ou l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses"   Milan Kundera